Chapitre 313
Il existait un palais capable de rivaliser avec celui de l'Empire d'Estia. Au sein de son vaste jardin, que l'on aurait pu qualifier de prairie, deux hommes profitaient d'une promenade.
« Est-il vraiment nécessaire que ce soit vous qui partiez ? »
Un homme d'âge mûr, aux cheveux parsemés de gris, posa la question avec une expression soucieuse. Il poussa un soupir, les mains croisées dans le dos, tandis que le jeune homme à ses côtés inclinait la tête avec un air contrit.
« Cette fois, je dois m'en charger personnellement. »
« Mhmm. »
L'homme d'âge mûr ferma les yeux en marmonnant, puis, peu après :
« Si vous quittez la capitale impériale, qui veillera sur l'Empire ? »
Son expression et sa voix trahissaient toujours son inquiétude, mais le jeune homme esquissa un sourire doux.
« Vous n'avez pas à vous en soucier. Le personnel qualifié de l'Académie accomplit un travail remarquable dans ses domaines respectifs, conformément aux tâches qui leur ont été assignées. D'ailleurs... »
Il observa discrètement l'homme d'âge mûr de profil et poursuivit :
« Désormais, même sans moi, l'Empire n'aurait aucun probl... »
Avant qu'il ne puisse terminer,
« Arrêtez. Je me souviens vous avoir dit de ne jamais prononcer de tels mots. »
La voix de l'homme d'âge mûr se fit sévère. En entendant cela, le jeune homme baissa la tête en poussant un court soupir.
« Je vous présente mes excuses. »
Une voix douce résonna, puis l'homme d'âge mûr eut une toux sèche et agita la main.
« Je ne suis pas en colère contre vous, ne vous méprenez pas. C'est juste que... »
Regardant le jeune homme droit dans les yeux, il continua :
« Comte Crew Hail. Je veux que vous gardiez cela à l'esprit en permanence. Le fait que notre Empire de Lucia ait pu se relever, tout comme le fait que nous ayons pu lever des forces suffisantes pour tenir tête à l'Empire d'Estia, tout cela, nous vous le devons. »
Il saisit fermement les deux épaules du jeune homme, le comte Crew Hail.
« Cet appel à la croisade peut être considéré comme une opportunité capitale, celle que notre empire attendait. C'est l'occasion pour nous de dévoiler la véritable puissance de notre nation. »
Sa voix tremblait légèrement tandis que Crew hochait la tête avec un faible sourire.
« C'est précisément pour cette raison que je m'y rends en personne, Votre Majesté. »
L'homme d'âge mûr n'était autre que l'actuel empereur de l'Empire de Lucia, Palmer De Lucia. Crew plongea son regard dans celui de Palmer alors qu'il ajoutait :
« Je montrerai au monde entier la puissance de l'Empire de Lucia. »
Palmer répondit par un sourire en tapotant l'épaule de Crew.
« Puisque vous y allez de toute façon, profitez-en pour faire rayonner votre renommée. »
C'était une pensée qui l'habitait depuis longtemps.
« Nous limitons sa renommée pour qu'elle ne dépasse pas les frontières de l'empire parce qu'il le souhaite lui-même, mais... »
Palmer brûlait d'envie de faire connaître au monde entier les exploits de cet homme exceptionnel qu'était Crew, mais au lieu d'une réponse, Crew se contenta de sourire.
« Vous pourriez rencontrer vos frères si la chance vous sourit. »
Repensant aux histoires que Crew lui avait racontées, Palmer s'exprima avec précaution. Crew répondit par un léger sourire et un signe de tête.
« Si la chance est avec moi, oui. »
Fouillant prudemment dans ses souvenirs, Palmer posa une question.
« Ce n'étaient pas des frères de sang, mais vous avez été formés par le même maître, n'est-ce pas ? »
« C'est exact. J'étais le premier disciple, et il y en avait deux autres après moi. »
« Vous disiez que vous étiez d'un niveau similaire, n'est-ce pas ? »
Palmer enchaîna avec une autre question. Lorsque Crew hocha la tête avec un sourire timide, Palmer fut une fois de plus stupéfait.
« Dire qu'il existe deux autres personnes avec des compétences semblables aux vôtres... J'adorerais les prendre sous mon aile, mais s'ils possèdent de telles capacités, ils servent probablement déjà quelqu'un ou sont occupés à poursuivre leurs propres rêves et objectifs. »
« C'est fort probable. »
Crew hocha la tête avec un sourire amer.
« L'un d'eux a déjà perdu la vie, Votre Majesté. »
Son cœur se serra, mais ce n'était pas une sensation agréable. Ignorant ses émotions, mais arborant lui aussi un regard empreint de regret, Palmer se lécha les lèvres et remit ses mains derrière son dos.
« Soyez prudent lors de votre voyage. Je vous attendrai ici, au sein du palais impérial. »
À ces mots, Crew mit un genou à terre.
« Je m'en vais faire connaître le nom de Lucia au monde entier. »
Après un salut poli, il fit volte-face et s'éloigna d'un pas lent. Au loin, il pouvait apercevoir l'entrée du jardin. Dès l'instant où il franchirait cette porte, les préparatifs de la cérémonie de marche commenceraient.
« Cela fait un moment que je ne suis pas sorti. »
Un léger sourire étira ses lèvres tandis que ses yeux enfoncés brillaient d'un éclat vif.
« Croisés... »
Des plans complexes surgissaient et disparaissaient sans cesse dans son esprit.
« Une tempête majeure va s'abattre sur le continent. »
Selon ses prédictions, une guerre d'une ampleur inédite allait ravager le continent. Cependant, cela ne signifiait pas qu'il était inquiet ou effrayé par ce qui allait arriver. C'était là la conviction et la fierté qu'il nourrissait envers ses propres capacités.
Soudain, il pensa à ses deux frères.
« Marino semble bien se porter... »
Une lueur de tristesse effleura ses yeux alors qu'il levait le regard vers le ciel.
« Maknae, vas-tu bien ? »
Mais bientôt, il secoua la tête.
« Plutôt que le ciel... »
Il baissa alors les yeux vers le sol.
« Est-ce ici ? »
Un regard amer et plein de regrets envahit son visage tandis qu'un profond soupir s'échappait de ses lèvres.
« Si j'en ai le temps, je veux au moins déposer une fleur sur sa tombe, mais... »
Cela ne semblait pas être une tâche aisée.
« Pardonne à ce frère inutile. »
Il présenta des excuses sincères.
« Mon frère bien-aimé, Clay. »
Sa voix basse s'infiltra dans la terre.
***
« U, un elfe noir ?! »
« Des elfes noirs ?! »
Les nobles qui remplissaient la salle du trône hurlèrent, les yeux écarquillés. Contrairement à Roan Lancephil et Manus Persion, ils ignoraient que les elfes noirs étaient réapparus dans le monde. En revanche, le roi, Aived Fon Persion, assis sur son trône, parut légèrement surpris, mais retrouva rapidement son expression habituelle.
« Il avait cette même réaction lorsque la nouvelle de la mort du prince Reitas est arrivée. C'est étrange... »
Se sentant quelque peu troublé, Roan plissa les yeux tandis que divers doutes l'assaillaient. Cependant, ce n'était pas le moment de se laisser distraire ; il fit pivoter son poignet pour ramener la Lance Travias.
Soudain, les visages des chevaliers entourant le trône se déformèrent, et Pseiad ne fit pas exception : une peau gris foncé apparut sous son masque. Leur véritable identité était celle d'elfes noirs.
« Ah... »
« Comment est-ce possible... »
Les nobles du royaume de Persion, incapables de poursuivre, affichaient des visages empreints de désespoir. Avec un léger sourire, Roan fixa le duc Pseiad Cetale, ou plutôt, l'elfe noir qui s'était déguisé en Pseiad.
L'elfe noir soutint le regard de Roan avec une expression intriguée.
« J'ai longtemps entendu parler de vous, Roan Lancephil. »
Il dégaina l'épée à sa taille, révélant la blessure sur son flanc, déjà presque entièrement cicatrisée.
« Je m'appelle Lorand, un chevalier honorable des elfes noirs. »
Lorand.
C'était l'elfe noir qui avait sauvé Reitas après avoir visité l'île de Teloi et plongé le royaume dans la confusion. Roan secoua la tête en réponse avec un faible sourire.
« Honorable, hein... »
Les manches de Roan flottèrent doucement tandis que des flammes rouge-noir s'élevaient le long de la Lance Travias.
Hwarurururuk !
« Une affirmation risible. »
C'était effectivement risible ; ce n'était pas un mot qui pouvait être prononcé par ceux qui s'alliaient aux orcs et révéraient le Dragon Fou Lunark pour plonger le monde intermédiaire dans le chaos. Lorand ricana et pointa Roan de son épée.
« Je me demande combien de temps vous pourrez rester détendu. »
Il était détendu et débordait de confiance. Malheureusement, Lorand sous-estimait Roan.
« Peu importe sa force, il reste un humain... »
C'était un malentendu colossal, né du fait qu'il n'avait pas encore appris la nouvelle de l'annihilation du Régiment Noir et de ses généraux.
L'épée de Lorand scintilla de lumière et, peu après :
« Tuez-le. »
Un ordre insensé fut donné.
Taat !
Les elfes noirs déguisés en chevaliers bondirent du sol et se précipitèrent vers Roan. Leurs mouvements étaient effectivement plus agiles et puissants que ceux des soldats du Régiment Noir, sans parler des humains ou des orcs.
Leurs lames traçaient des trajectoires acérées.
Sphat !
Des dizaines d'épées semblèrent fusionner dans la dimension d'une manière étrange tout en fonçant sur Roan.
« Hiik ! »
« Huhup ! »
Plusieurs nobles, postés plus loin, haletèrent et détournèrent le regard, terrifiés. C'était une réaction justifiée pour des fonctionnaires qui n'avaient jamais connu la bataille, mais Manus, lui, tira rapidement son épée et s'avança pour aider Roan.
Cependant, il réalisa vite que c'était inutile.
« Imbéciles. »
Roan lâcha ce mot avec dédain et fit un pas en avant avec son pied droit. Au même moment, son corps décrivit un large cercle alors qu'il pivotait rapidement.
Slash !
Les flammes rouge-noir qui jaillissaient de la pointe de la lance déchirèrent la dimension, emportant avec elles les épées des elfes noirs.
Lorsque la pointe de la lance entra en contact avec les lames, des sons étranges, comme si la matière fondait, parvinrent aux oreilles des spectateurs au lieu du fracas habituel. En plus de ces bruits, des volutes de fumée s'échappaient des lames des elfes noirs.
« Hup ! »
« Q, quoi ! »
Les elfes noirs qui s'étaient élancés avec vigueur vers Roan virent leurs lames fondre en fumée et froncèrent les sourcils. Cependant, ils ne pouvaient rester stupéfaits, car Roan était là, immobile, en train de pivoter. La pointe de la lance traversa l'espace et dansa dans un flou tandis que les flammes rouge-noir faisaient éclore des fleurs de mort.
« E, esquivez ! »
« Repliez-vous ! »
Tout en criant, les elfes noirs tordirent leurs corps en urgence, mais l'élan de leur charge vigoureuse ne leur laissait aucun espace pour esquiver.
Slash ! Sphat !
Sans la moindre hésitation, la pointe de la lance transperça les cœurs et les cous des elfes noirs.
Chiiiiiiik !
Eux aussi se transformèrent en poignées de fumée, tout comme leurs lames.
Tout cela s'était produit en un instant.
Gloups.
Lorand, qui observait la scène, déglutit inconsciemment.
« É, était-il à ce point puissant ? »
C'était bien au-delà des rumeurs.
Bien qu'il sût que Roan était assez fort pour être considéré comme l'un des meilleurs parmi les humains, Lorand pensait toujours qu'il resterait dans les limites de la condition humaine. S'il s'agissait de lui, qui tirait fierté de ses grandes compétences même parmi les guerriers elfes noirs, il n'aurait naturellement aucun mal à s'en occuper – c'est ce qu'il croyait.
En fait, il pensait que ses subordonnés proches et dignes de confiance suffiraient amplement à trancher la gorge de Roan, et ce n'est qu'à cet instant que Lorand comprit à quel point sa décision avait été insensée.
« Maudit soit-il. »
Ses yeux roulaient rapidement. Il y en avait environ dix près du trône ; auparavant, il aurait pensé que c'était largement suffisant, mais plus maintenant.
« À ce rythme, je vais mourir. »
Il devait trouver une autre méthode, son cœur battant la chamade sous l'effet de l'urgence.
Soudain, une idée lui vint.
« C'est ça ! »
Les yeux de Lorand s'illuminèrent tandis que son regard se portait sur Aived, affalé sur le côté du trône.
« Je vais prendre ce roi stupide en otage. »
La décision fut rapide, et ses mains furent plus promptes que sa pensée. Avant que quiconque ne puisse réagir, la main de Lorand s'élança pour saisir le cou d'Aived.
Cependant, Roan avait déjà anticipé ce mouvement.
« Oh que non ! »
Il bondit rapidement et s'élança avec la Lance Travias.
Paat !
Roan disparut avant de réapparaître instantanément près du trône. C'était la magie de téléportation qu'il pouvait utiliser grâce à l'anneau de Brant.
« Kuuk ! Bon sang ! »
Voyant Roan apparaître juste devant lui, Lorand serra les dents, ses pensées s'embrouillant.
« Dois-je saisir le cou d'Aived tel quel ? Ou attaquer Roan ? Ou peut-être devrais-je simplement battre en retraite ? »
Il y avait trop d'options, ce qui créa une légère hésitation. Mais de son côté, Roan n'avait qu'un seul objectif.
« Tuer. »
Sans la moindre hésitation, il porta un coup d'estoc avec la Lance Travias vers sa poitrine.
« Daaaaaaaamnnn ! »
Lorand hurla et tordit son corps. Plus important que la victoire, il s'agissait de rester en vie ; il poussa sur la pointe de ses pieds et bondit en arrière.
« Tuez-le ! »
Lorsqu'il cria à ses subordonnés restants, les elfes noirs qui étaient restés là à regarder, hébétés, se précipitèrent enfin vers Roan. Ou plutôt, ils tentèrent de le faire jusqu'à ce qu'ils en soient empêchés.
« Vous osez ! »
Manus s'approcha d'eux en un clin d'œil et fit tournoyer sa lame qui dansa dans les airs.
Kang ! Kagang !
Le bruit de l'acier qui s'entrechoque résonna tandis que les épées des elfes noirs étaient repoussées. Bien qu'il fût loin d'égaler Roan, Manus était lui aussi un maître de l'escrime, ce qui avait sauvé le royaume de Persion du bord du gouffre.
Son escrime raffinée supprima les elfes noirs et les força à reculer. Grâce à cela, Roan put se concentrer sur Lorand sans se soucier de ses arrières, et finalement, ce fut Lorand qui se retrouva en péril.
« Maudit, je ne voulais pas utiliser ça, mais... »
Sa main gauche plongea dans sa poche intérieure et toucha une petite bille.
« Si j'utilise la boule magique, je peux m'échapper. »
C'était un objet personnellement fabriqué et offert par Lunark. Il ne pouvait être utilisé qu'une seule fois, mais il contenait une magie de téléportation permettant de s'échapper n'importe où et n'importe quand.
Cependant, il y avait un problème.
« Si j'utilise ça, mon espérance de vie sera réduite de moitié ! »
C'était le prix inévitable pour utiliser la magie des dragons avec le corps d'un elfe.
« Bon sang, mais c'est toujours mieux que de mourir ici. »
Lorand ne pouvait plus hésiter, car Roan était déjà juste devant lui. Il écrasa rapidement la boule magique du bout des doigts, et à cet instant,
Paaaaat !
Un pilier de lumière blanche enveloppa Lorand et s'éleva vers le ciel.
« Kukukuku ! Roan ! Je te revaudrai ça, c'est promis ! »
Son rire étrange s'insinua dans les oreilles.
« U, une magie de téléportation ? »
L'un des nobles reconnut le pilier de lumière et hurla.
« À plus tard ! »
Une fois de plus, la voix de Lorand résonna tandis que le brillant pilier de lumière s'estompait.
Mais alors,
« Sans ma permission... »
Roan bondit du sol et se jeta vers le pilier de lumière.
« Tu n'iras nulle part. »
Sa main droite pénétra dans le pilier de lumière qui s'estompait, après quoi,
Slam !
Un bruit sourd résonna et le pilier de lumière s'effondra. La lumière se brisa littéralement en morceaux et retomba sur le sol. C'était une scène étrange, mais ce qui surprit encore plus les autres, c'était ce qui se passait près de la main de Roan.
« Kuuk ! Kuuk ! »
Un homme poussait des gémissements de douleur : Lorand. Avec le cou saisi par Roan, il agitait ses bras dans tous les sens.
« C, comment... J'étais en pleine téléportation... »
Lorand secoua la tête, incrédule, mais Roan répondit par un léger sourire tout en resserrant sa prise.
« Dans ce monde, il y a des choses surprenantes... »
Ses doigts s'enfoncèrent dans le cou de Lorand.
« Difficiles à comprendre. Celle-ci n'en est qu'une parmi d'autres. »
« Kuuk ! »
Lorand se débattit violemment, mais cela ne lui permit pas d'échapper à la main de Roan. Une lueur cramoisie envahit ses yeux, mais même alors, il cherchait désespérément un moyen de survivre.
« P, premièrement, gagnons un peu de temps. »
Il fixa alors Roan droit dans les yeux.
« Roan Lancephil. Tu sais aussi bien que moi à quel point ce monde est pourri. Si nous ne faisons rien, le monde intermédiaire... »
Mais avant qu'il ne puisse terminer, des flammes rouge-noir jaillirent des doigts de Roan. Les flammes dévorèrent immédiatement le visage et le corps de Lorand, ne lui laissant aucune chance de gagner du temps.
« Kuaaaaaak ! »
En proie à une douleur intense et atroce, il hurla et se débattit. D'un regard calme, Roan observa la scène et murmura :
« Je n'ai pas besoin que tu me racontes d'autres absurdités – j'en ai déjà entendu assez. »
Aussitôt après, les flammes redoublèrent d'intensité.
Chiiiiik !
De la fumée s'éleva tandis que Lorand disparaissait. Ce fut une annihilation complète, ne laissant même pas de cendres derrière elle – une démonstration de puissance absolue.
Tous ceux qui étaient réunis dans la salle fixaient Roan avec stupéfaction, tout comme Manus, qui avait été en plein combat contre les elfes noirs. Manus fit face à Roan, le regard empli d'admiration.
« Tu es vraiment incro... »
Cependant, avant qu'il ne puisse terminer, l'un des elfes noirs qui s'était effondré au sol après un coup se précipita vers Manus, désespéré, une épée brisée à la main. Normalement, cela n'aurait représenté aucune menace, mais le problème était que Manus ne pouvait pas réagir correctement, ses yeux étant fixés sur Roan.
« Ah ! »
« Non ! »
Les nobles poussèrent des gémissements de regret, et comme l'elfe noir surgissait derrière Manus, même Roan ne pouvait rien faire d'extrême. Manus était exposé à toute embuscade, mais alors, cela arriva.
Bam !
Un bruit d'impact résonna et l'elfe noir, qui avait tracé une trajectoire de charge acérée, fut projeté en arrière.
Kwaaang !
Il fut projeté contre le mur dans un fracas tonitruant.
« Ohh... »
« Ah... »
Les nobles murmurèrent, leurs yeux fixés sur la silhouette derrière Manus, et il en fut de même pour Roan. Avec un léger sourire, Roan observa la personne qui avait balayé les elfes noirs.
« Je savais qu'il y avait quelque chose. »
Une voix douce s'échappa de ses lèvres. En entendant cela, Manus, qui regardait Roan, se retourna avec une expression curieuse.
« Ah... »
À cet instant, un souffle de choc s'échappa de ses lèvres. La personne qui protégeait son dos n'était autre qu'Aived Fon Persion, son propre père.
« C, comment... ? »
Il était si surpris qu'il ne trouva même pas les mots pour terminer sa phrase. Aived, qui s'était montré si nonchalant, étira ses bras avant de tapoter l'épaule de Manus et de faire face à Roan.
« Dans ce monde, il y a des choses surprenantes... »
Sa voix basse et grave résonna dans la salle du trône.
« Difficiles à comprendre. Celle-ci n'en est qu'une parmi d'autres. »
C'étaient les mêmes mots que Roan venait de prononcer.
Un silence trouble envahit la pièce.
<Alliance (5)> Fin.
Traducteur : Lunargrasp
Correcteur : Deathwing