Chapitre 186
Miller, la capitale du royaume de Rinse, fut fortement ébranlée par une rumeur.
« Le comte Roan Lancephil a remporté la guerre des fiefs ! »
C’était tout bonnement incroyable.
Tous étaient conscients des grandes capacités de Roan.
Mais malgré cela, personne ne s’attendait à ce qu’il renverse le cours d’une guerre dont l’issue semblait déjà scellée, et qu’il en sorte victorieux — et de manière éclatante, qui plus est.
À cause de cela, quelques personnes lancèrent des regards soupçonneux, se demandant si Roan n’avait pas su par avance que cette guerre éclaterait.
Mais comme il s’agissait de Roan, dont la popularité parmi les résidents du château de Miller était immense, ces regards méfiants ne purent prendre de l’ampleur et disparurent rapidement.
« Est-ce que le seigneur va tout récupérer, du comté de Lancephil jusqu’au comté de Chase ? »
« Bien entendu. C’est essentiellement la règle de la guerre des fiefs dans notre royaume. »
« Hoho. Cela signifierait donc que la taille du fief du comte Roan Lancephil est plus grande que celle des quatre ducs ? »
« Non. C’est seulement la taille du fief qui est ainsi. Son emplacement est dans un endroit complètement reculé. »
« C’est vrai. C’est un lieu qui touche entièrement la frontière. »
Les habitants de Miller discutaient avec ferveur des exploits de ce noble à l’ascension fulgurante, de ce grand noble qu’était Roan, qui en était venu à posséder un fief gigantesque.
« Puisque la guerre des fiefs est terminée, le seigneur devrait bientôt arriver à Miller, n’est-ce pas ? »
« Exactement. Il entrera au palais, fera son rapport à Sa Majesté le roi, et recevra officiellement son titre de noblesse. »
« Kuha. Impressionnant. Vraiment impressionnant. Commencer comme un simple lancier pour devenir un comte du royaume. »
Plusieurs jeunes hommes levèrent le pouce.
À ce moment-là, un vieil homme fronça le nez et demanda :
« Au fait, où est passé le seigneur Io Lancephil ? Alors même que son successeur, le comte Roan Lancephil, a accompli une œuvre aussi grandiose…… »
Déjà, diverses rumeurs concernant Io Lancephil, qui avait soudainement disparu de la circulation, circulaient parmi les résidents du château.
Des histoires allant de la retraite à l’exil, jusqu’à celles évoquant la mort ou l’assassinat.
Diverses spéculations allaient bon train, mais personne ne connaissait la véritable histoire cachée derrière ces voiles.
« Le seigneur ne réapparaîtrait-il pas bientôt, une fois que le comte Roan Lancephil sera de retour ? Mais plus que cela…… »
Un jeune homme répondit banalement, puis changea de sujet.
« Est-ce que les autres nobles, y compris les quatre ducs, vont rester tranquilles ? »
C’étaient eux qui avaient rejeté, encore et encore, le simple roturier devenu baron.
Il était impossible qu’ils laissent faire et observent tranquillement Roan, qui venait de renaître en tant que grand noble en un instant.
À ces mots, le vieil homme qui avait évoqué Io juste avant claqua de la langue et secoua la tête.
« Les quatre ducs et les autres nobles ? Le vrai problème, ce n’est pas eux. »
À ces mots, tout le monde déglutit et hocha la tête.
Ils avaient plus ou moins saisi de quoi le vieil homme allait parler.
Le vieil homme, avec une expression plutôt grave, parla comme pour chuchoter.
« Le sénat. Ces ombres qui pourraient sortir des ténèbres. » 1
« Hhmm. »
Beaucoup de gens, avec des gémissements, hochèrent la tête.
Le sénat du royaume de Rinse.
Un groupe composé de vieux nobles ayant servi au moins trois rois.
Bien que le nombre de nobles affiliés fût très restreint, le pouvoir qu’ils détenaient ne pouvait être ignoré pour autant.
Bien qu’ils fussent éloignés du pouvoir politique réel, en partie par leur propre volonté et en partie par celle des autres, ces nobles du sénat étaient des entités capables de provoquer une influence énorme à tout moment.
Bien qu’aucun problème ne fût survenu jusqu’à présent, car il s’agissait d’êtres très anciens sans dessein particulier dans les affaires du monde, le royaume de Rinse aurait pu être mis en pièces s’ils s’étaient immiscés dans la compétition pour la succession au trône.
« Si le sénat devait s’accrocher et faire trébucher le comte Roan Lancephil…… »
« Si c’est Sa Majesté le roi actuel, il pourrait faire en sorte que l’octroi de la noblesse lui-même soit comme s’il n’avait jamais eu lieu. »
Avec des expressions graves, une histoire encore plus sérieuse circula.
À ce moment-là, le plus jeune homme parmi ceux qui écoutaient fronça les sourcils.
« Même s’il s’agit du sénat, montreraient-ils ouvertement leur hostilité, monsieur ? »
De nombreuses personnes hochèrent la tête à ces mots.
C’étaient des paroles sensées.
En premier lieu, ils étaient ceux qui restaient loin de la politique parce qu’ils n’avaient aucun intérêt pour les affaires du monde.
Il n’y avait aucune raison pour qu’ils placent soudainement un obstacle.
De plus, il y avait ce qu’on appelle le regard du peuple.
Actuellement, Roan était, dans le royaume de Rinse et surtout parmi les roturiers, rien de moins qu’un héros.
Presser et opprimer ce Roan ?
Même du point de vue du sénat, ce n’était certainement pas une chose facile à entreprendre.
À ces mots, le vieil homme qui menait la conversation murmura d’une voix basse, accompagnée d’un court soupir.
« Qui sait cela aussi ? Les vieux hommes comme moi sont naturellement versatiles. »
Mais parce que la voix était si basse, personne n’entendit ces mots.
Les gens se concentrèrent à nouveau avec ardeur sur les histoires concernant Roan.
Et tous ensemble, ils souhaitèrent qu’il entre rapidement dans la capitale, Miller.
Que des roturiers ordinaires attendent un noble avec autant de passion était une chose extrêmement rare.
*****
« Directeur Clay. De quoi s’agit-il, monsieur ? »
Le capitaine de la garde de Mediasis, Pichio, au nom des nombreuses personnes présentes, demanda d’une voix prudente.
Clay, qui venait d’inspecter la lettre apportée par un oiseau messager, sourit joyeusement et répondit.
« C’est un ordre demandant à un groupe de vassaux, dont le capitaine Pichio et moi-même, d’entrer dans la capitale, Miller. »
La lettre était un message envoyé par Roan.
« Ah…… »
Pichio laissa échapper une exclamation étouffée.
La capitale, Miller.
Pour Pichio, qui était issu de la garde des frontières du royaume d’Istel, Miller était une histoire concernant un monde lointain.
Il avait même pensé que c’était un endroit où il n’aurait jamais besoin d’aller de toute sa vie.
« Est-ce aussi grâce à mon seigneur ? »
Pichio inspira profondément.
Pour une raison quelconque, son cœur battait la chamade.
Son respect pour Roan jaillit à nouveau.
Soudain.
« Suis-je peut-être aussi inclus dans la liste des noms entrant dans la capitale ? »
Celui qui posa la question d’une voix calme était le capitaine de la troupe Tenebra, Keep.
Clay, avec une expression signifiant que c’était évident, hocha la tête.
« Le commandant Keep est celui qui a accompli le plus grand exploit dans cette guerre des fiefs. Bien sûr que vous êtes inclus dans la liste, monsieur. »
À ces mots, Keep secoua la tête.
« Alors, veuillez transmettre au seigneur que je ne peux pas aller à Miller. »
« Eh ? Vous n’irez pas à la capitale, monsieur ? »
Clay, avec un air légèrement surpris, demanda en retour.
Keep hocha volontiers la tête.
« Grâce aux actions de nous, les membres de la troupe Tenebra, nous avons pu étouffer dans l’œuf l’émeute de la guilde des mercenaires du Sud de Rinse. Par la suite, nous avons enfermé les éléments problématiques et avons nouvellement formé la guilde des mercenaires de l’Est de Rinse avec le reste des mercenaires. »
« Oui. Je suis bien au courant de cela, monsieur. »
Clay hocha lentement la tête.
À l’instant même où Roan et le comte Jonathan Chase menaient une bataille féroce à l’ouest du fief de Lancephil, une bataille qui n’en était pas tout à fait une se déroulait également au château de Mediasis.
Les cadres de la guilde des mercenaires du Sud de Rinse, infiltrés sur ordre de Jonathan, avaient tenté de capturer les vassaux de Roan, dont Clay, pour en faire des otages.
Heureusement, Clay et Keep, qui étaient au courant depuis longtemps, avaient tenté une attaque préventive avec les membres de la troupe Tenebra qu’ils avaient infiltrés dans la guilde, et avaient rapidement pu capturer l’ensemble de la guilde.
Ce fut une action rapide que personne n’avait prédite.
« Je prévois maintenant d’élever la nouvelle guilde des mercenaires de l’Est de Rinse pour en faire la plus grande guilde de mercenaires du royaume. »
« Même ainsi, entrer à Miller revient essentiellement à rencontrer Sa Majesté le roi, monsieur. C’est un lieu hautement honorable et précieux…… »
Alors que Clay continuait ses longs discours pour le persuader, Keep secoua à nouveau la tête.
« Plutôt qu’un tel endroit, l’avenir de mon seigneur et du fief est beaucoup plus important pour moi, monsieur. »
« Hhm. »
Avec un gémissement étouffé, Clay hocha la tête.
« Cette pensée tournée vers notre seigneur, c’est vraiment digne du commandant de la troupe Tenebra, monsieur. »
La troupe Tenebra.
Comme le suggérait le nom de la troupe de l’ombre, Keep était déjà devenu l’ombre de Roan.
« Si mon nom est peut-être aussi sur la liste, je souhaite moi aussi me concentrer sur le travail que j’ai reçu, monsieur. »
« Je suis dans le même cas. Ce n’est pas le moment de partir tranquillement en excursion à la capitale. Je dois chercher des choses à faire pour le seigneur et le fief, monsieur. »
À sa suite, les vassaux principaux exprimèrent des paroles similaires à celles de Keep.
C’était un événement inattendu.
Pour les citoyens du royaume, entrer au palais et rencontrer le roi était un honneur incroyable.
« Mais même ainsi, ils refuseraient cet honneur pour le seigneur ? »
Clay eut une expression légèrement surprise.
À ce moment-là, Pichio, qui observait la situation, sourit faiblement et regarda Clay.
« Directeur Clay. Je…… »
« Le capitaine Pichio restera-t-il aussi ici ? »
Clay coupa ses paroles et demanda.
Pichio hocha légèrement la tête.
« Oui. Si je quitte mon poste, une brèche pourrait être ouverte dans l’ordre public du château de Mediasis, où se trouve le château du seigneur. La situation étant ce qu’elle est, je devrais me concentrer sur la mission que j’ai acceptée. »
Bien que la guerre des fiefs fût terminée, le groupe qui suivait Jonathan et celui qui avait trahi la maison du comte Lancephil avec Kali étaient toujours dispersés dans tout le fief et agissaient en secret.
S’ils s’enivraient de victoire et relâchaient leur garde, la possibilité de subir un grand préjudice était élevée.
« C’est regrettable, mais je devrais faire ce qui est le plus important. »
Pichio serra fermement les dents.
Plutôt que son propre honneur, il avait choisi la voie pour Roan et le fief.
Clay regarda Pichio, Keep et les autres, et exhala intérieurement un court soupir.
« La loyauté de chacun est incroyable. »
Tout en s’en émerveillant grandement, il ressentit soudain un sentiment de crainte.
Les capacités de Roan, comme sa force et sa perspicacité, étaient des points que Clay reconnaissait aussi grandement.
Son attrait humain était également suffisant.
Puisqu’il en arrivait au point où il retroussait personnellement ses manches pour intervenir en faveur des résidents des bidonvilles.
Mais susciter une telle loyauté inconditionnelle était quelque chose d’presque impossible avec seulement de telles raisons.
« Il se pourrait que la plus grande force et l’arme secrète du seigneur ne soient pas le maniement de la lance ou les stratégies, mais…… »
Les yeux de Clay brillèrent d’une lueur.
« Ces gens. »
Qu’il s’agisse de génies ou de gens ordinaires, les personnes autour de Roan suivaient et respectaient Roan avec sincérité.
Cette force, qui s’était accumulée petit à petit, s’était développée avant que quiconque ne le remarque, au point que même les puissantes maisons nobles ne pouvaient l’ignorer.
« Mon cœur se sent un peu compliqué. »
Clay fit intérieurement un sourire amer.
Il n’était toujours pas capable de voir clairement dans son propre cœur.
*****
« Uhehehehe. »
Montrant ses quatre canines en faisant la moue, Gank laissa échapper un rire bizarre.
Marrak, qui était assis sur un chariot géant et inclinait une coupe, claqua de la langue comme pour dire qu’il était pathétique.
« Qu’est-ce qu’il y a de si drôle pour que tu ries ? »
Sa voix était légèrement teintée d’agacement.
Sans tact, Gank continua d’éclater de ce rire bizarre.
« Uhehehe. Comme on a vraiment eu une nourriture incroyable sans une seule bataille, on ne peut pas s’empêcher de se sentir bien. »
Dès que ses mots furent terminés, Marrak claqua de la langue avec un air mécontent.
« Tch tch tch. C’est parce que tu es comme ça qu’on nous traite d’orcs stupides. »
Sa voix était froide.
À ce stade, même Gank réalisa que l’ambiance était inhabituelle.
Il murmura d’une voix légèrement intimidée.
« Même si celui qui a mis en place ce travail était le chef de tribu…… »
De plus, le travail avait été parfaitement conclu comme Marrak et Chris l’avaient prévu au départ.
Gank ne pouvait pas comprendre pourquoi Marrak était agacé, non, en colère.
Marrak posa la coupe qu’il tenait et leva la main droite.
Le chariot qui avançait lentement s’arrêta.
Dans la foulée, les guerriers orcs qui suivaient derrière s’arrêtèrent également.
Marrak regarda droit dans les yeux Gank et demanda d’une voix basse.
« Petit morveux. Au moment où tu as rencontré ce bâtard d’humain appelé Roan, quel genre de pensée as-tu eue ? »
« Roan ? Ah, tu veux dire ce type appelé le maître de Chris ? »
« Ouais. Je parle de ce vainqueur de la guerre des fiefs et de ce bâtard de comte du royaume de Rinse. »
Marrak hocha lentement la tête.
Gank réfléchit un instant, puis fit la moue avec ses lèvres épaisses.
« Juste qu’il avait l’air viril ? Un sentiment comme s’il était vraiment audacieux ? Enfin, même ainsi, ce n’est qu’un gamin humain. »
« Huu…… »
Marrak exhala un long soupir.
Avalant de force le rugissement qui montait jusqu’à sa gorge, il secoua la tête.
« Gank. Écoute bien. Cette fois, j’avais prévu d’étendre notre territoire dans la région nord du royaume de Rinse si l’occasion se présentait, tout en travaillant avec le bâtard appelé Chris. Pas immédiatement, bien sûr, mais…… »
Marrak tapota légèrement une canine saillante avec le bout de son doigt et continua.
« J’avais largement confiance pour le faire. C’était un plan pour faire baisser la garde aux bâtards humains et ensuite agir comme je le souhaitais. Mais…… »
La lueur dans ses yeux brilla intensément.
« Au moment où j’ai rencontré Roan, j’ai senti que quelque chose n’allait pas. »
« Juste qu, quoi…… ? »
L’intérieur de la tête de Gank était toujours sombre.
Marrak exhala un court soupir.
« Roan. Ce bâtard était un bien plus grand bâtard que je ne l’avais pensé. J’ai pu le dire au moment où je l’ai rencontré. Ce regard qui semblait percer à travers tout et voir même mon intérieur, cette pression incroyable se déversant de son corps, cette prestance douce mais puissante qui fait même s’agenouiller le cœur…… »
Le poing serré trembla violemment.
« Le regarder avec légèreté était une erreur de jugement totale. »
Le visage de Marrak se crispa méchamment.
Le moment où il apprit pour la première fois l’existence de Roan fut lorsque le royaume de Byron et le royaume d’Istel envahirent le royaume de Rinse.
À cette époque, Roan commanda à Chris de faire une requête demandant d’attaquer l’arrière-garde et les réserves de provisions du royaume de Byron.
Un humain faisant une requête à un orc.
C’était un événement sans précédent et quelque chose de difficile à croire facilement.
À cause de cela, Marrak pensa que Roan était un humain médiocre.
Bien qu’il se soit exclamé devant l’audace et le talent de Chris, il avait jugé Roan comme un gamin méprisable.
À cause de cela, il pensa que, tant qu’il le cajolerait bien, il pourrait l’avaler d’une seule bouchée quand il le voudrait.
Marrak pensait que Roan était dans le creux de sa main.
Mais.
« Celui qui était dans le creux d’une main, c’était moi. »
Celui avec qui on avait joué, c’était lui-même.
Marrak avait simplement harcelé l’arrière-garde du royaume de Byron selon le désir de Roan, et il avait simplement intimidé l’arrière-garde de Jonathan selon le souhait de Roan.
Marrak regarda Gank.
« Gank. Peut-être avons-nous attaché des ailes à un tigre. »
Sa voix était aussi lourde et étouffée que son expression.
Cependant, Gank clignait toujours des yeux, vide.
Marrak sourit laborieusement et ouvrit sa poitrine.
Même s’il regrettait maintenant, c’était futile.
Par nature, les orcs avaient le tempérament de faire tout ce qu’ils résolvaient une fois, peu importe ce qui arrivait.
« Si j’ai prévu de me déchaîner joyeusement, alors je devrais me déchaîner. »
Ils ne pouvaient pas continuer à vivre une vie à être chassés ici et là et à s’enfuir.
Il était nécessaire de montrer aux humains la force des orcs.
« Eh bien, si des ailes sont attachées à un tigre, c’est un idiot, un idiot. »
Il n’y avait rien à craindre.
Marrak serra fermement son poing.
Humains contre orcs.
Ainsi, le prélude de cette guerre était en train de naître.
*****
La capitale, Miller, était pleine d’une chaleur ardente comme un four.
C’était parce que la nouvelle de l’entrée de Roan dans la capitale avait finalement été transmise.
De magnifiques décorations florales avaient été installées sur la large rue qui continuait de la porte nord jusqu’au palais, et une foule incroyable se pressait aux alentours.
Ce n’était pas la cérémonie d’accueil de l’entrée du baron Roan Tale au château.
C’était la cérémonie d’accueil de l’entrée au palais du grand noble du royaume, le comte Roan Lancephil.
Le cadre était différent de la cérémonie d’entrée et de la célébration triomphale.
Une taille et une brillance incroyables.
La différence entre un comte et un baron était plus grande que celle du ciel et de la terre.
« Le voilà qui arrive ! »
« C’est le comte Lancephil ! »
La foule dans la rue pointa du doigt la porte nord et cria.
« Waaaah ! »
« Roan Lancephil ! Roan Lancephil ! »
Une acclamation incroyable explosa.
Mais.
« Ah…… »
« C’est…… »
Les résidents de Miller écarquillèrent tous les yeux et fermèrent la bouche.
L’acclamation disparut comme si elle avait été balayée.
Les expressions de chacun étaient à moitié hébétées.
Eux, observant la vue de la légion de Tale et de la légion de Lancephil entrant à l’intérieur de la porte du château avec Roan en tête, déglutirent.
Une légion cramoisie.
La légion cramoisie dont ils n’avaient entendu parler que dans les rumeurs était là.
La vue de tout ce qui était cramoisi, des casques aux armures, et même le port de capes cramoisies.
De plus, la cavalerie avait mis des armures cramoisies sur la tête des chevaux et les infanteries avaient chacune enroulé un ruban cramoisi sur leurs armes.
« C’est la légion cramoisie…… ce sont eux, la légion cramoisie ! »
Quelqu’un cria à pleins poumons.
L’acclamation, qui avait disparu un instant, explosa comme si elle avait attendu.
« Waaaaaah ! »
« Légion cramoisie ! Légion cramoisie ! »
Une chaleur incroyable.
Roan, aux acclamations qui pleuvaient de toutes les directions, fit un sourire.
Sous le casque, une expression satisfaite apparut.
« C’est bien que j’aie écouté les paroles de Brian. »
À l’origine, ceux qui étaient équipés d’armures cramoisies étaient seulement la légion de Tale qui avait participé à la soumission de Poskein.
C’était parce qu’ils avaient pu utiliser le sang de Sethus.
La légion de Lancephil, qui s’était jointe plus tard, portait des armures de couleurs variées.
Grâce à cela, la légion de Tale et la légion de Lancephil ressemblaient à des légions complètement différentes.
Brian Miles, voyant cette vue, émit une suggestion demandant de teindre même les armures des soldats de la légion de Lancephil.
Même sans cela, Roan était connu comme le fantôme cramoisi, ou le dieu de la guerre cramoisi, et la légion de Roan était connue comme la légion cramoisie.
C’était une opinion selon laquelle il n’était pas juste que seule la légion de Lancephil soit équipée d’armures de couleurs variées parmi celles-ci.
Roan, parce que c’étaient des paroles sensées, donna immédiatement l’ordre et fit teindre l’armure de chaque soldat en cramoisi.
Bien qu’il n’y ait pas d’effet particulier à part le fait que c’était rouge puisqu’elle n’était pas teinte avec le sang de Sethus, il fut capable d’élever le sentiment d’appartenance et la loyauté des soldats de la légion de Lancephil juste en les teignant.
De plus, la splendeur de la légion elle-même devint beaucoup plus grande.
Une légion cramoisie.
C’était parce que la vague cramoisie devenait plus féroce et grandiose.
« Oh ! Comte Roan Lancephil ! »
Lorsqu’ils marchèrent entre la foule accueillante et arrivèrent devant le palais, le premier prince Simon Rinse leva les bras et s’agita.
Il avait un air honnêtement heureux.
« Vous êtes vraiment un homme surprenant. »
Maintenant, même Simon ne le traitait plus négligemment de manière informelle.
Il avait commencé à recevoir Roan en tant que comte du royaume.
« Bien que j’aimerais immédiatement lever un verre de boisson en ce moment, Sa Majesté le roi attend. »
Simon secoua la tête comme s’il était regrettable et s’écarta.
« Parlons à nouveau après avoir salué Sa Majesté. »
« Oui. Prince Simon. »
Roan répondit brièvement et bougea lentement ses pieds.
Les regards des nobles environnants se déversèrent de manière cinglante.
Admiration, crainte, envie, rage, agacement……
Chacun montrait toutes sortes d’émotions sans altération.
Roan fit intérieurement un sourire amer.
« D’un certain point de vue, ce sont vraiment des gens sincères et purs. »
Le lot appelé les nobles était vraiment honnête envers ses sentiments.
« Les sournois sont, comme prévu, juste les quatre ducs, marquis et comtes…… »
Comme prévu, ils étaient plus habiles à cacher leurs émotions plus leurs titres de noblesse étaient élevés.
Ils montraient tous des sourires forcés envers Roan.
« Vous devriez tous bien vous préparer, messieurs. »
Roan roula légèrement et serra son poing.
Ils penseraient tous que la guerre des fiefs était terminée.
Cependant, la vraie guerre féroce commençait à partir de maintenant.
« Puisque la guerre ne consiste pas seulement à frapper et à se battre avec juste des épées, des lames, des lances et des boucliers. »
Roan, avec les choses qu’il avait gagnées comme base, avait l’intention de sauter vers un endroit encore plus élevé.
« Oh ! Comte Roan Lancephil ! »
Lorsqu’ils entrèrent dans la grande salle, le roi Deni Von Rinse leva ses deux mains et l’accueillit.
« Je salue Sa Majesté le roi. »
Roan marcha devant le trône puis s’agenouilla sur un genou.
« J’ai bien entendu parler de vos exploits. »
Pendant un moment, Deni III loua les capacités et le travail acharné de Roan.
Même lui, qui n’avait aucun intérêt pour la politique, avait faiblement pris un intérêt pour Roan, qui au fil des quelques années avait constamment montré de la proéminence.
Un bavardage sans fin continua.
À la fin, le duc Francis Wilson, qui ne pouvait plus le supporter, fronça légèrement les sourcils et jeta un regard tranchant.
« Hhm. »
Deni III remarqua instinctivement le regard froid de Francis.
Souriant maladroitement, il laissa échapper une toux.
« Hm. Hm. Il semble que je me sois trop excité et que j’aie parlé un peu longuement. »
Deni III regarda doucement Roan, qui était toujours agenouillé sur un genou.
« Avant d’être officiellement accordé la noblesse, avez-vous peut-être quelque chose que vous souhaitez de moi en tant que comte du royaume ? »
C’était simplement une question formelle.
Mais Roan, qui avait déjà quelque chose en tête, leva la tête comme s’il avait attendu.
« Oui. Ce petit vassal a un petit souhait, votre majesté. »
« Hhm ? »
Deni III fit une expression légèrement surprise.
Cela, pour les trois princes, y compris Simon et les autres nobles, était aussi la même chose.
Ils n’avaient pas su qu’il répondrait possiblement qu’il souhaitait quelque chose à une question posée par formalité.
Francis reprit ses esprits en premier, puis hocha légèrement la tête.
Voyant cette vue, Deni III demanda d’une voix basse.
« Quel est ce souhait ? »
À ces mots, Roan répondit d’une voix douce mais puissante.
« Veuillez reconnaître…… »
Ses yeux brillèrent et projetèrent une lumière.
« Les choses que j’ai gagnées comme étant les miennes. »
Des mots audacieux.
En bref, cela signifiait de ne pas convoiter ses choses.
Y compris les quatre ducs, les teints des nobles supérieurs se solidifièrent rigidement.
« Nous nous sommes fait avoir. »
« Nous avons perdu l’avance. »
En fait, ils avaient prévu d’opiner à Deni III et de réduire la taille de son fief ou de prendre les soldats qu’il avait rassemblés comme il le souhaitait.
Les yeux de nombreux nobles bougèrent rapidement.
Roan, souriant intérieurement, parla une fois de plus avec une manière et une voix audacieuses.
« Mes choses sont les miennes. »
Que ce soit le fief, les soldats, les ressources ou les talents.
Non, à tout le moins, même les choses au-delà de cela.
Bien sûr, il ne cracha pas négligemment les derniers mots.
Ce n’était pas le moment.
Mais même avec juste la déclaration en ce moment, il y avait beaucoup de possibilité que cela devienne une cause de problème.
Bien sûr, le second prince Tommy Rinse, qui était resté silencieux, cria et rugit instantanément.
« Toi ! Le royaume de Rinse est celui de Sa Majesté le roi ! Nulle part il n’y a quoi que ce soit qui soit à toi ! Que ce soit les fiefs, les citoyens des fiefs, les ressources ou les soldats. Tu les empruntes simplement à Sa Majesté le roi pour un moment ! »
Le rugissement résonna dans la grande salle.
Peu de nobles hochèrent la tête et furent d’accord.
À ce moment-là, Roan tourna la tête et regarda Tommy.
La lumière dans ses yeux était toujours audacieuse.
Il sourit faiblement et parla d’une voix basse.
« Prince Tommy. Veuillez surveiller vos paroles. »
« Qu, quoi ? ! »
Tommy, faisant des yeux de lapin choqués, bégaya ses mots. 2
Roan sourit joyeusement et ajouta comme pour déclarer.
« Je suis un comte du royaume de Rinse. »
< Égalité (5) > Fin.
Traducteur : CSV
Correcteur : Pyrenose
1. le sénat ici est écrit de la même manière que le sénat de la République romaine.
2. Pour ceux qui sont trop paresseux pour chercher sur Google : yeux de lapin choqués