Chapitre 184
Il n'y avait ni stratagèmes ni ruses.
C'était une épreuve de force pure et simple.
Avec les vastes collines pour théâtre, la légion pourpre et la légion Chase déployèrent une bataille grandiose.
« Aile gauche, en avant ! »
« Troupe Kavets au front ! Troupe Efron sur la gauche ! »
« Ne vous laissez pas repousser ! Taemusas, chargez ! »
Les ordres pressants se succédaient sans relâche.
Par des signaux manuels, des drapeaux, et au son des gongs, des tambours et des cloches, des ordres complexes étaient transmis avec célérité.
Doudoudoudoudou !
La cavalerie contourna rapidement les ailes gauche et droite, tandis que l'infanterie, menée par les Taemusas, percuta le corps principal de la légion ennemie de plein fouet.
« Maudit soit-il ! Arrêtez-les ! Ne reculez pas ! »
« Tuez-les ! Je vous ordonne de les tuer ! »
Les commandants de la légion Chase hurlaient comme des possédés, pressant leurs soldats.
Mais la légion Chase, dont le moral était tombé au plus bas à cause de discordes internes, ne faisait pas le poids face à la légion pourpre.
« Kouhhouk ! »
« Kouk ! »
Dans un bruit sourd, les soldats de la légion Chase s'effondraient sans espoir.
Au cœur de ce maelström, un individu menait une centaine de soldats, balayant le champ de bataille.
Une flamme pourpre s'élevait le long de la pointe de sa lance.
Ce jeune homme, qui tranchait les gorges des soldats ennemis avec un maniement de la lance impeccable et une équitation exceptionnelle, était Roan.
À la tête de sa troupe directe, l'Amaranth, il acculait personnellement les soldats ennemis.
D'un certain point de vue, c'était une action pour le moins téméraire.
Roan était l'un des protagonistes directs de cette guerre de fiefs et le commandant en chef de la légion.
S'il venait à être frappé par une lame perdue, tué ou blessé, la guerre de fiefs s'achèverait sur la victoire du Comte Jonathan Chase.
Le Baron Bernard Landingham et les nombreux commandants qui connaissaient cette vérité tentèrent d'empêcher Roan de se jeter lui-même dans la bataille, mais leurs efforts furent vains.
« Je ne suis pas un homme qui donne des ordres aux soldats, mais un homme qui les mène. »
Tels furent les mots de Roan.
Roan chargea sans retenue vers le centre de l'armée ennemie.
La légion Tale et la légion Lancephil, témoins de la charge de Roan, s'embrasèrent de ferveur.
« Suivez le dos du seigneur ! »
« Suivons le dos du seigneur ! »
Le moral, déjà excellent, monta en flèche, comme pour percer les cieux.
Devenant véritablement une immense boule de feu, ils balayèrent le champ de bataille.
D'un autre côté.
« Ouuuh. O-où est notre seigneur ? »
« O-où est le Comte Chase ? »
« Où est le Vicomte Owells ? »
Jonathan Chase, au lieu d'être en première ligne, s'était replié à l'arrière, là où il était en sécurité.
La situation de Kali Owells était bien pire.
Ayant dû assumer la responsabilité de la défaite cuisante lors de la bataille d'Arslan, il avait été déchu du commandement de sa troupe.
Les soldats survivants des forces Owells étaient dans le même état.
Repoussés à l'arrière, ils ne faisaient que se tourner les pouces.
Grâce à cela, le moral et l'esprit des soldats de la légion Chase étaient tombés au plus bas.
Boum !
Dans une explosion, les soldats de la légion Chase furent projetés au loin.
On pouvait voir des têtes et des corps voler, enveloppés de flammes.
Utilisant la technique de mana Flamdor, Roan attisait la chaleur sans retenue.
Si la chaleur venait à faiblir, il pourrait simplement utiliser l'énergie de l'eau.
Une charge véritablement déchaînée et inarrêtable se poursuivait.
« Kouk ! »
« Kouk ! »
Chaque fois que la lance de Travias se mouvait, deux ou trois soldats perdaient la tête et s'effondraient.
Il en allait de même pour les chevaliers de la légion Chase.
Même les chevaliers, l'esprit brisé, ne parvenaient pas à démontrer l'étendue de leurs compétences.
Roan affronta légèrement deux chevaliers et fit tournoyer sa lance.
Chang ! Chajang ! Chang !
Dans un fracas métallique, attaques et parades s'enchaînaient.
À cet instant, les membres de la troupe Amaranth surgirent des deux côtés.
Ssskouk !
Dans un bruit sinistre, les pointes de lance leur transpercèrent la poitrine.
L'Amaranth, la troupe directe de Roan, était la plus puissante, composée majoritairement de Taemusas.
Chacun levant ses armes, ils pressèrent l'armée ennemie avec une force magistrale.
Depuis le début de la grande bataille, un combat à sens unique continuait de se dérouler.
« Monsieur le Comte Chase. »
Kali, qui observait la situation, se mordit les lèvres.
Regardant droit vers Jonathan, il cria d'une voix empreinte d'une colère contenue.
« Permettez-nous de charger ! »
Il ne pouvait tout simplement plus supporter cela.
Le bâtard qui l'avait précipité en enfer se trouvait sous ses yeux.
« Je trancherai la tête de Roan et vous la rapporterai, monsieur ! »
Sa voix était pleine d'intentions meurtrières.
Une pression audacieuse s'en dégageait.
Jonathan ne répondit pas immédiatement et fixa le champ de bataille.
« Ce n'est pas facile. »
Bien qu'il ne voulût pas l'admettre, la situation était clairement désavantageuse.
Non, ce n'était pas seulement la situation tactique qui était défavorable.
« Si je perds cette bataille, je finirai par perdre les régions occidentales du fief Lancephil. »
Actuellement, Jonathan occupait la moitié du fief Lancephil, les régions occidentales.
Mais s'il perdait cette grande bataille, la probabilité de perdre son influence sur ces terres était élevée.
« Même si je n'ai pas battu en retraite et que je suis resté pour combattre à cause de cela… »
Même en sachant que le moral et l'esprit de la légion étaient en lambeaux, il n'avait d'autre choix que de se battre.
Au moment où il reculerait, la victoire de la guerre de fiefs reviendrait entièrement à Roan.
« Je pensais qu'il lui faudrait un certain temps avant de trouver notre camp, mais… »
Durant ce laps de temps, il prévoyait de réorganiser la légion pour lancer une contre-attaque.
Mais comme s'il avait deviné l'emplacement du camp dès le début, ou plutôt comme s'il avait tout observé, Roan était apparu au moment où la légion était la plus désorganisée.
« Est-ce grâce aux druides ? Ou aux réseaux d'espionnage ? »
Jonathan se posa la question, puis secoua la tête.
Ce n'était pas là l'essentiel.
« Maudit soit-il. »
Mais même ainsi, la colère et l'orgueil blessé ne pouvaient être apaisés.
Où les choses avaient-elles mal tourné ?
« Quand un simple lancier a fait trébucher Benjamin Doyle, j'aurais dû me débarrasser de lui. »
À ce moment-là, il aurait pu lui briser la nuque d'un seul doigt.
« À cet instant, si Io Lancephil, ce vieux bâtard, n'avait pas semé le trouble… »
En y réfléchissant, celui qui avait interféré pour l'empêcher d'agir était Io Lancephil.
Le mauvais sort était vraiment un mauvais sort.
« Je ne peux pas reculer comme ça. »
Même s'il devait battre en retraite le moment venu, il fallait d'abord épuiser les forces de Roan.
Jonathan expira brièvement et regarda Kali.
« Es-tu confiant ? »
À cette question posée avec légèreté, Kali hocha la tête.
« Je le suis, monsieur. »
Même s'il ne l'était pas, il devait l'être.
Le cœur de Kali était impatient.
C'était un problème si ses alliés gagnaient, et c'en était un s'ils perdaient.
« Si nous perdons, tout sera fini. Mais même ainsi, si le Comte Chase bat Roan sans mon aide… »
Il deviendrait une pièce inutile.
Il serait jeté comme un rebut, c'était évident.
Par tous les moyens, il devait s'immiscer dans la bataille et accomplir un exploit majeur.
Jonathan lisait dans le cœur de Kali.
« Mène tes soldats et charge. Ce serait merveilleux si tu m'apportais la victoire. »
Le désir ardent de cette issue se lisait dans ses yeux.
Kali fit un salut rapide.
« Je le ferai très certainement, monsieur. »
Il monta rapidement sur son cheval de guerre et leva haut son épée.
« Chargez ! »
Un ordre hurlé à pleins poumons.
Comme s'ils n'attendaient que cela, les soldats des forces Owells rugirent de toutes leurs forces.
« Waaaaaah ! »
C'était un cri qui libérait leurs sentiments étouffés.
Doudoudoudoudoudou !
Avec Kali en tête, les forces Owells entamèrent leur charge.
Bien que leur nombre ne dépassât pas le millier, leur moral était au plus haut.
La rage accumulée jusqu'alors s'était transformée en détermination.
Boum !
Dans un fracas, la légion pourpre et les forces Owells s'entrechoquèrent.
« Meurs ! »
« Meurs ! »
Ssskouk ! Sssgouk !
Épées et lances transperçaient les poitrines.
Les gorges étaient tranchées, les membres sectionnés.
C'était un spectacle atroce.
Kali se fraya un chemin avec férocité.
Son objectif était Roan.
Dans son champ de vision, il n'y avait que Roan.
« Roan ! »
Un rugissement tonitruant secoua le champ de bataille.
Roan, qui venait d'abattre un chevalier, tourna la tête et fixa Kali.
« Bâtard lâche, tu n'as que du coffre. »
Avec un sourire froid, Roan éperonna son cheval.
Roan et Kali.
Débordant d'une aura féroce, les deux se précipitèrent l'un vers l'autre.
Et enfin.
Chang !
Dans un fracas de métal, le combat décisif commença.
Chang ! Chajang ! Chang !
La lance et l'épée s'entrechoquèrent, faisant jaillir des étincelles.
Un échange féroce d'attaques et de parades s'ensuivit.
« Petit morveux ! »
Kali fit tournoyer son épée dans un rugissement.
La trajectoire de l'épée était complexe et étourdissante.
Une situation où un poignet pouvait voler à la moindre inattention.
« Je vais au moins te tuer, bâtard ! »
Actuellement, Kali était dans un état où il ne se souciait plus ni du pouvoir ni de l'ambition.
Il concentrait tous ses sens sur Roan devant lui.
Le talent de l'escrimeur Kali, autrefois loué par Io comme le plus grand, se révélait enfin.
Boum !
Lorsque la lance et l'épée se rencontrèrent, un son d'explosion, plutôt qu'un choc métallique, retentit.
« Kouk. »
Sentant la force brutale à travers ses paumes, Roan serra les dents.
« Est-ce là sa véritable force ? »
Elle était indéniablement grande.
Cependant, Kali était tombé sur le mauvais adversaire.
Bien que la force brute de Roan fût également impressionnante, il possédait les Larmes de Kalian ainsi que l'anneau de Brent.
Spat !
Alors qu'il insufflait du mana dans les Larmes de Kalian, le monde entier se colora d'une lumière dorée.
Simultanément, le flux de mana qui palpitait dans le corps de Kali devint transparent, presque comme s'il pouvait le saisir.
« Alors c'est ainsi qu'il utilise son mana. »
Roan sourit intérieurement et inspira profondément.
La chaleur dans son corps parcourut ses paumes et se déversa dans la lance de Travias.
« Gauche, droite, centre, haut, milieu. »
Utilisant les Larmes de Kalian, Roan saisit précisément le flux d'attaque de Kali.
Spat. Pabat. Pat.
Le fracas métallique disparut, remplacé par le sifflement de l'air déchiré.
« Oh ! »
« Re-regardez ça ! »
Les soldats à proximité pointèrent Roan et Kali du doigt, stupéfaits.
L'escrime brillante de Kali, qui frappait sans répit.
Bien que cela fût impressionnant, le plus remarquable était en fait Roan.
Avec une expression beaucoup trop détendue, Roan esquivait toutes les frappes de Kali.
Et cela, sans même bouger son cheval, uniquement en déplaçant sa taille et son cou.
« Maudit soit-il ! »
Kali cracha une insulte.
Plus de vingt coups avaient successivement tranché et poignardé le vide.
Son poignet, son coude et son épaule le lançaient de douleur.
« Les compétences de ce bâtard étaient-elles à ce niveau ? »
Son intérieur bouillonnait de rage.
Bien qu'il eût l'impression de pouvoir lui trancher la gorge à tout instant, la réalité n'était qu'une succession de coups dans le vide.
À cet instant.
« À droite ! »
Les yeux de Kali s'illuminèrent.
Son regard se posa sur le côté gauche de Roan.
Un chevalier des forces Owells s'approchait de ce côté.
« Le bâtard est distrait par mes attaques. Approche discrètement et poignarde son flanc ! »
Ce n'était pas le moment de se soucier de l'honneur ou de la lâcheté.
Sur le champ de bataille, la victoire était la priorité, et la survie, la seconde.
Enfin, le chevalier des forces Owells fut à portée.
« Meurs ! »
Dans un cri glacial, il porta un coup d'estoc avec son épée longue.
« Aah ! »
« Non ! »
Les soldats de la légion Tale et de la légion Lancephil crièrent, choqués.
Aux yeux de tous, c'était un instant fatal.
Mais l'expression de Roan était, en réalité, très détendue.
Sssg.
Roan, qui semblait ne fixer que Kali et se concentrer uniquement sur ses attaques, fit pivoter sa taille avec légèreté et esquiva de justesse l'épée longue du chevalier.
Non seulement cela, mais il leva son genou et dévia l'épée.
« Hein ?! »
À l'instant où le chevalier, ayant perdu son arme, regarda le ciel avec un air hébété.
La frappe de Kali, qui pressait Roan avec férocité, percuta violemment l'épée longue qui avait été projetée en l'air.
Kkang !
Un lourd fracas métallique résonna.
L'épée longue changea de trajectoire et vola vers le chevalier des forces Owells.
« Hein ? »
Le chevalier, sans même avoir pu esquiver, cligna simplement des yeux.
Ssskouk.
Dans un bruit atroce, la longue lame lui transperça le visage.
« Ah ! »
« Comment… »
« Quelle malchance. »
Les soldats qui observaient s'exclamèrent.
Ils pensaient que cette série d'événements n'était qu'une coïncidence.
Cependant, tout cela était une situation créée par Roan.
Après avoir saisi la trajectoire de la frappe de Kali en un instant, il avait dévié l'épée longue du chevalier des forces Owells.
« Maudit soit-il ! »
Kali cracha une insulte, le visage complètement déformé par la rage.
Roan sourit froidement et pointa Kali avec la pointe de sa lance.
« Je devrais en finir bientôt. »
« Toi, espèce de fils de… »
Kali bégaya, hors de lui.
N'y prêtant aucune attention, Roan abaissa son corps et fit tournoyer la lance de Travias.
Sssuug !
La lance s'allongea en un instant.
La pointe trancha l'arête du nez de Kali.
« Kouk ! »
Kali pencha rapidement la tête et fit tournoyer son épée.
Chang ! Chajang ! Chang !
Les sons métalliques résonnèrent à nouveau.
La lance de Travias répétait ses mouvements, s'allongeant, se rétractant, s'épaississant et s'affinant, agitant les yeux de Kali.
Spat !
Finalement, la pointe de la lance entailla l'épaule de Kali sur une longue ligne avant de passer outre.
« Kououk ! »
Kali serra les dents et recula.
Mais Roan n'était pas du genre à regarder cela tranquillement.
« Penses-tu encore à t'enfuir ? »
Éperonnant son cheval, Roan se colla au flanc gauche de Kali.
Avec une expression crispée, Kali fit tournoyer son épée.
Chang !
Roan la bloqua légèrement avec sa lance, puis fixa droit dans les yeux de Kali.
« Pensais-tu que j'allais esquiver ! »
Son dernier vestige d'orgueil.
Kali fixa également Roan droit dans les yeux.
À cet instant.
« Lumière. »
Les lèvres de Roan bougèrent légèrement.
Simultanément, deux boules de lumière de la taille d'un ongle apparurent devant, non, juste devant les yeux de Kali.
« Kouk ! »
Devant la douleur incroyable, comme si ses yeux brûlaient, Kali ferma instinctivement les paupières.
L'épée qui repoussait la lance trembla violemment.
Roan ne manqua pas cet instant.
Paat !
La lance dessina une longue ligne et fendit l'air.
Et enfin.
Ssskouk.
La pointe de la lance transperça l'abdomen de Kali.
« Kouhouk ! »
Avalant de l'air, Kali écarquilla les yeux.
Simultanément, il rassembla son mana et durcit son abdomen.
Mais ce n'était qu'une mesure temporaire.
Sa vie s'éteindrait à l'instant où Roan ferait pivoter et retirerait sa lance.
« P-penses-tu… qu'à un bâtard de bas étage comme… je vais… kououk. »
Étendant sa main tremblante, Kali agrippa l'armure de Roan.
Il voulait au moins attraper son col.
« Un bâtard de bas étage, est-ce là… »
Roan écarta la main de Kali du bout des doigts et secoua la tête.
« Il n'y a ni homme de bas étage ni homme précieux en ce monde. »
Une voix froide.
Le poignet tenant la lance pivota petit à petit.
« Il n'y a que des hommes. »
Roan tenta de retirer sa lance ainsi.
Soudain, Kali leva brusquement les mains.
« A-attends ! Sais-tu peut-être ce qui est arrivé à mon fils ? »
Il parlait de Walter.
Le visage figé, Roan répondit.
« Il est mort. »
Bien sûr, c'était un mensonge.
Non, même ainsi, ce n'était pas un mensonge complet.
« Puisque le fils de Kali est mort. »
Celui qui avait survécu était Walter, le chevalier de Roan.
« Kali. Je ne peux pas te laisser partir avec un cœur léger et tranquille. »
Il voulait que Kali soit tourmenté et qu'il regrette ses fautes, même de l'autre côté.
Kali, comme s'il ne pouvait le croire, secoua la tête.
« Non, impossible… il n'y a aucun moyen que ce soit vrai. »
Sa voix et ses mains tremblaient.
Roan observa cette scène en silence, puis retira directement sa lance.
Sssuug !
Instantanément, un large trou apparut sur l'abdomen de Kali.
Les muscles et les veines qu'il maintenait laborieusement avec son mana se relâchèrent.
« Tousse. »
Kali cracha une touffe de sang et baissa la tête.
Une mort pathétique.
Kali Owells, qui, aveuglé par l'ambition, avait sacrifié jusqu'à sa propre famille.
Avec un large trou ouvert dans l'abdomen, il perdit la vie sur le champ de bataille.
Ssskouk !
La lame de la lance fendit une fois de plus l'air et trancha le cou de Kali.
Roan leva la lance de Travias bien haut.
« Roan Lancephil a tranché le cou du commandant ennemi Kali Owells ! »
Une voix puissante résonna sur tout le champ de bataille.
« Waaaaaah ! »
« Roan ! Roan ! »
Les soldats de la légion Tale et de la légion Lancephil crièrent et acclamèrent, remontant leur moral.
Les soldats de la légion Chase et des forces Owells, déjà impuissants, perdirent tout esprit de combat à la mort de Kali.
« Pressez-les ! »
« Attaquez ! Attaquez ! »
Les commandants de la légion pourpre encouragèrent les soldats et poussèrent l'armée ennemie.
La victoire parfaite était à portée de main.
À cet instant, un soldat cria.
« Jonathan Chase s'enfuit, monsieur ! »
C'était une voix urgente.
Lorsque Roan tourna la tête, il vit Jonathan, qui se tenait à l'arrière, mener les chevaliers vers le camp de l'armée principale.
Austin s'approcha précipitamment.
« Je vais le poursuivre, monsieur ! »
Comme prévu, son regard brûlait d'ardeur.
Il craignait de perdre Jonathan.
Cependant, Roan affichait une expression apaisée et calme.
Il fixa le camp à l'ouest et esquissa un léger sourire.
« Il n'est pas nécessaire de le poursuivre. »
À travers les Larmes de Kalian, le camp lointain apparaissait clairement, comme s'il était juste devant lui.
Au camp de la légion Chase, une lumière vive clignotait.
« Voulez-vous dire que nous devrions simplement le laisser s'échapper, monsieur ? »
Austin inclina la tête, perplexe.
Roan sourit joyeusement et répondit brièvement.
« À l'ouest… »
Une voix douce.
« Le chevalier de lumière est là. »
< Égalité (3) > Fin.