Chapitre 183
« Ils bougent enfin. »
Clay posa un papier de la taille d’une paume et esquissa un sourire étrange.
Il s’y attendait, mais c’était bel et bien arrivé.
« Guilde des mercenaires du Sud de Rinse. Vous avez attendu bien longtemps. »
Il savait plus ou moins qu’ils agissaient sous les ordres secrets de quelqu’un.
Mais à travers l’actuelle guerre de fief, l’identité de cette main invisible avait été révélée au grand jour.
« Comte Jonathan Chase. Vous vous êtes vraiment beaucoup agité, monseigneur. »
Le transfert de la Guilde des mercenaires du Sud de Rinse vers le château de Mediasis avait eu lieu à l’époque où Roan n’était encore qu’un baron.
Vu de la politique centrale, c’était une période sans grand intérêt.
Et pourtant, le comte Jonathan Chase se méfiait de Roan depuis ce temps-là.
« Eh bien, même si la guilde de mercenaires qu’il a laborieusement implantée est devenue inutile… »
Le sourire qui étirait les lèvres de Clay s’accentua.
Actuellement, la Guilde des mercenaires du Sud de Rinse était sous une surveillance méticuleuse.
Ils ne se contentaient pas de contrôler les allées et venues, ils fouillaient leurs documents privés aussi facilement que l’on fouille un tiroir chez soi.
Bien que ce fût grâce aux capacités des Agens et des druides, ceux qui jouaient le rôle le plus important étaient en réalité les membres de la troupe Tenebra.
Quelques membres de la troupe Tenebra, une unité d’espionnage, s’étaient infiltrés au sein de la Guilde des mercenaires du Sud de Rinse.
Et ce, depuis un bon moment déjà.
Ils avaient accumulé les succès étape par étape et, finalement, trois de leurs agents avaient accédé à des postes de direction au sein de la guilde.
Surtout.
« Dans le cas de Lepis, agent sous le nom de Griffith, il est devenu un poids lourd, entrant dans le top cinq de la guilde. »
Il bénéficiait également de l’affection de Powell, l’actuel maître de guilde.
« Huhuhu. La guilde des mercenaires a déjà été essentiellement prise en main par nos soins. »
Même du point de vue de Roan et de ses subordonnés, c’était un plan dans lequel ils avaient mis tout leur cœur et leur âme depuis longtemps.
Rangeant la lettre, Clay vérifia minutieusement la suite du plan.
À cet instant.
Toc. Toc. Toc.
Un bruit de frappe résonna doucement.
« Monseigneur, le capitaine Pichio de la garde de Mediasis est arrivé. »
« Dites-lui d’entrer. »
Clay se leva de son siège en penchant légèrement la tête.
Bientôt, la porte s’ouvrit et Pichio apparut, l’expression légèrement crispée.
Après avoir rencontré l’armée de protection Lancephil dans la région de Landingham aux côtés de Roan, Pichio était revenu au château de Mediasis.
« Quel est le problème, capitaine Pichio ? »
Clay lui offrit un siège tout en l’interrogeant d’une voix douce.
Pichio, le visage figé, répondit :
« En patrouillant dans le château, j’ai eu un mauvais pressentiment, monseigneur. »
C’était une sensation qu’il n’avait jamais eue auparavant.
Ce n’était pas dû au fait qu’il revenait après une longue absence.
« Un mauvais… pressentiment ? »
Clay fronça légèrement les sourcils.
Des mots brusques et décousus.
Mais il n’avait aucune intention de l’ignorer ou de le renvoyer.
C’était Clay, en fait, qui avait appris à Roan l’instinct prodigieux de Pichio.
« Je ne peux pas faire la sourde oreille aux paroles du capitaine Pichio, c’est certain. »
Il s’assit tranquillement et fixa les yeux de Pichio.
Pichio répondit rapidement.
« J’ai observé la Guilde des mercenaires du Sud de Rinse, monseigneur, et les actions du maître de guilde et des cadres étaient suspectes. Je n’ai aucune preuve formelle ni aucun élément concret, mais j’ai senti qu’ils tramaient quelque chose. Et ce n’était vraiment pas un bon pressentiment. »
Même en le disant, il trouvait cela ridicule.
Mais à cause de ce malaise qui lui envahissait la tête et la poitrine, il ne pouvait se retenir.
« Hah… »
Clay laissa échapper une exclamation discrète.
Il n’avait pas prévu que l’instinct de Pichio puisse être à ce point transcendant.
« Est-ce seulement possible pour un être humain ? »
Il secoua bientôt la tête.
« Bien que j’aie lu de nombreux types d’ouvrages sans distinction, je n’ai jamais vu un homme doté d’une telle capacité… ah ! »
Soudain, Clay écarquilla les yeux et fixa Pichio.
« Capitaine Pichio. Vous avez dit que vous aviez perdu vos parents très jeune et que vous aviez vécu seul, n’est-ce pas ? »
« C’est exact, monseigneur. Mes parents ont attrapé une épidémie l’année de mes onze ans et sont décédés. »
Pichio fut légèrement décontenancé par cette question abrupte, mais hocha la tête.
D’une voix calme, Clay demanda prudemment :
« Quel genre de personnes étaient vos parents ? »
« Hein ? Mes parents ? »
Demanda Pichio avec un air perplexe.
Clay hocha la tête avec une expression sérieuse.
Devant son visage et son attitude, Pichio ne pouvait pas répondre à la légère.
« C’étaient des gens ordinaires, monseigneur. Comme tout le monde, ils cultivaient la terre et cueillaient des herbes. Ah ! Mais en revanche, ils savaient lire. J’ai entendu dire qu’ils tenaient autrefois une boutique assez importante dans la capitale du Royaume d’Istel. Ils ont probablement appris à lire à cette époque. »
« Hmm. Y avait-il d’autres caractéristiques uniques ? »
Demanda Clay une nouvelle fois.
Pichio réfléchit un instant, puis secoua la tête.
« Vraiment rien de tel, monseigneur. Pourquoi me demandez-vous cela ? »
« Ah… non. Je me demandais quel genre de personnes pouvaient être les parents d’un homme aussi brillant que le capitaine Pichio, c’est tout. »
« Ah… oui. »
La lueur dans les yeux de Pichio était toujours pleine d’interrogations, mais il n’insista pas.
Ce n’était pas là l’essentiel pour le moment.
Clay ne put en demander davantage et se tut.
« Un instinct anormalement développé. C’est assurément… »
Dans sa tête, d’innombrables tomes qu’il avait lus jusqu’à présent défilèrent.
Parmi eux, une histoire lui revint en mémoire avec une clarté fulgurante.
« La capacité des sorciers. »
Les sorciers.
C’était le nom donné à ceux qui, par une capacité spirituelle — un système de sorts différent de celui des mages, souvent appelé sorcellerie — gouvernaient ou contrôlaient l’esprit des hommes ou régissaient les âmes.
Bien que les druides, qui contrôlaient la nature, fussent à l’origine des sorciers, ils s’en étaient désormais séparés et différenciés.
La raison en était que les sorciers subissaient un ostracisme encore plus grand que les druides.
À l’origine, les familles royales, les nobles et les classes dirigeantes éprouvaient une répulsion sévère envers les sorciers qui contrôlaient librement l’esprit des hommes.
À cette époque, un événement dans l’Empire d’Estia, où un groupe de sorciers avait tenté de contrôler l’esprit des membres de la famille royale pour accroître leur faction, fut découvert, et les classes dirigeantes de tout le continent unirent leurs forces pour exterminer les sorciers.
Le petit nombre de sorciers qui survécut dissimula son identité et se cacha du monde.
« Peut-être le capitaine Pichio est-il un descendant des sorciers. »
Pour l’instant, ce n’était qu’une supposition.
En fait, aucun cas de sorcier s’étant révélé n’avait été rapporté jusqu’à présent.
« Tout comme nous, druides, avons caché nos identités et nous sommes retirés au plus profond des forêts, les sorciers doivent eux aussi poursuivre leur existence quelque part. »
Clay se mordit légèrement la lèvre inférieure.
Bien qu’il ne le sût pas encore, les sorciers agissaient déjà dans l’ombre.
Surtout Bradley Webster, l’un des quatre ducs du Royaume de Rinse, qui cachait déjà des sorciers comme arme secrète.
« Quoi qu’il en soit, c’est un homme qui mérite d’être gardé à ses côtés et surveillé. »
Clay fixa Pichio et esquissa un léger sourire.
« Capitaine Pichio. Ce sentiment désagréable et suspect que vous avez ressenti est… »
Pour l’instant, il fallait terminer le travail concernant la Guilde des mercenaires du Sud de Rinse.
Pendant un moment, Clay et Pichio discutèrent longuement.
******
« Les questions ont été résolues dans une certaine mesure. »
Roan était assis sur un grand fauteuil, plongé dans une profonde réflexion.
Cela avait toujours été étrange.
« Pourquoi quelqu’un d’aussi exceptionnel que Walter n’a-t-il pas pu se montrer dans ma vie passée ? »
Il n’avait même jamais entendu ce nom.
Cette partie avait été étrange dès l’instant où il avait rencontré Walter.
« Je pensais qu’il était peut-être mort prématurément, mais… »
En observant la situation actuelle, il était certain qu’il était mort de la main de son père, Kali Owells, dans sa vie passée.
« C’est vrai. Puisque Kali est devenu le propriétaire du fief Lancephil dans ma vie passée. »
Probablement, Walter avait résisté jusqu’au bout et avait fini par être décapité.
Bien qu’on ne pût savoir si c’était de la main de Kali ou sur un ordre.
Mais c’était sans doute pour cette raison qu’il n’avait pas pu entendre le nom de Walter dans sa vie passée.
La question était résolue.
Mais.
« Le prix est trop élevé. »
Le bras de Walter coupé et son trou de mana détruit.
C’était clairement dû à une erreur de jugement de Roan.
Il avait jugé que la rage de Walter envers son père Kali était significative.
Il avait pensé qu’il pourrait tuer Kali ou au moins le capturer si c’était le cas.
« Moi aussi, je ne connaissais pas très bien Walter. »
Certes, Roan avait connu une grande ascension, passant de simple lancier à commandant d’escouade, adjudant, commandant de troupe et commandant de légion.
Mais malgré tout, rien ne pouvait être parfait.
Jusqu’à présent, Roan avait comblé ses lacunes grâce aux subordonnés qui l’entouraient.
Mais cet événement, au moins, était quelque chose qui s’était produit sous sa propre décision, et le prix à payer avait été la grave blessure de Walter.
« J’ai contracté une lourde dette. »
Roan serra les poings.
Maintenant que les choses en étaient arrivées là, il devait lui-même prendre la responsabilité de Walter.
Bien que son bras gauche ait été coupé et son trou de mana détruit, sa vie ne s’arrêtait pas pour autant.
« Ce serait bien s’il devenait stratège ou tacticien, et ce serait bien même s’il devenait officier administratif. Sinon, même druide ou mage, c’est bien aussi. Si c’est Walter, avec son talent, il y parviendra sans aucun doute. »
À tout le moins, et contrairement à sa vie passée, il prévoyait de faire résonner le nom de Walter dans tout le royaume, non, dans tout le continent, dans cette vie.
En fait, Roan avait annoncé les actes que Walter avait endurés et accomplis au nom du comte Lancephil juste après l’incident des jets de pierres par les habitants du château de Pavor.
Après l’annonce, un grand nombre d’habitants s’étaient rués vers le manoir où Walter était soigné pour demander pardon.
Bien sûr, même si les habitants qui avaient perdu des proches à cause de Kali assimilaient toujours Kali et Walter pour le maudire et le condamner, embrasser tout le monde était impossible.
« Prétendre que l’on recevra l’amour et le soutien de tous serait de la cupidité. »
Une bonne personne pour quelqu’un peut aussi être une mauvaise personne pour un autre.
« Pour cette raison, la générosité d’embrasser même les gens du camp adverse est nécessaire. »
C’est pourquoi Roan avait ouvert le trésor du château du seigneur pour les défunts sacrifiés lors de la guerre de fief et pour leurs familles, alors que la légion Tale et la légion Lancephil se réorganisaient.
Il n’avait pas agi avec parcimonie.
Au point que l’on disait que les morts étaient devenus plus riches que les vivants, il avait distribué la richesse sans compter.
Grâce à cela, la loyauté des familles des défunts, ainsi que celle des soldats de la légion Tale et de la légion Lancephil envers Roan, s’était considérablement accrue.
Ils avaient réalisé une fois de plus que Roan était quelqu’un qui ne les oublierait jamais et ne leur tournerait jamais le dos, même s’ils mouraient.
« Monseigneur. La préparation de la réunion est terminée. »
Alors que ses pensées devenaient plus profondes, Austin s’approcha et inclina la tête.
Accompagné d’un court soupir, Roan se mit en marche.
Ce n’était pas encore le moment de se laisser submerger par la sentimentalité.
« Selon la manière dont je mettrai fin à la guerre de fief, la position et les plans ultérieurs changeront. »
Roan n’avait aucune intention de se satisfaire du fief Lancephil.
Bien qu’il ne restât pas beaucoup de temps, il prévoyait de charger jusqu’au comté de Chase.
En entrant dans la salle de réunion, les commandants au-dessus du rang de millier dégageaient une pression féroce.
Les traces d’un débat enflammé jusqu’à l’arrivée de Roan étaient évidentes.
« Monseigneur. Nous devons immédiatement charger vers l’armée principale de l’ennemi ! »
« Avant cela, nous devons nettoyer les régions voisines et pousser ces bâtards à battre en retraite par eux-mêmes. »
« Et si nous utilisions la marine pour frapper leurs arrières, monseigneur ? »
Comme s’ils n’attendaient que cela, toutes sortes de propositions fusèrent.
Roan s’assit tranquillement et écouta toutes ces propositions.
Pendant un long moment, le débat houleux se poursuivit.
Finalement, Austin, qui ne pouvait plus regarder, intervint.
« Tout le monde, cela suffit. Maintenant, écoutons l’opinion du seigneur. »
À ces mots, les commandants qui avaient élevé la voix se turent en toussotant.
Roan les fixa tranquillement, puis esquissa un léger sourire.
« Ce sont toutes d’excellentes propositions. »
À ces mots, de nombreux commandants hochèrent la tête avec des expressions fières.
Tapotant la table de son index, Roan ajouta :
« Pour l’instant, je prévois de mener une attaque frontale sur l’armée principale de la légion de Chase. »
Aussitôt ces mots prononcés, le baron Bernard Landingham ouvrit prudemment la bouche.
« Mais monseigneur, leur armée principale maintient encore une force solide. Si nous devions mener une grande bataille, les pertes de notre côté ne seraient pas négligeables non plus. »
À ces mots, Roan sourit joyeusement et répondit brièvement.
« À cet endroit… »
Une expression et une voix lourdes de sens.
« J’ai planté une ombre. »
*****
« Bon sang. C’est quoi ce spectacle ? »
« Tu l’as dit. Je pensais que je serais en train de serrer des p*tes et de boire du vin au château de Pavor à cette heure… tch ! »
« Dire qu’on mange encore de la soupe à l’eau dans les champs. »
« Tout ça, c’est à cause de ces idiots des forces Owells. »
Des expressions et des voix inquiétantes.
Les yeux des soldats de la légion de Chase étaient féroces.
Les soldats rassemblés en un lieu, buvant leur soupe claire, pointaient du doigt les soldats des forces Owells assis dans le coin opposé.
« Même ces choses-là doivent avoir faim ! »
Des mots prononcés délibérément à voix haute.
Soudain.
« Ces fils de p*te, vraiment ! »
L’un des soldats des forces Owells qui était resté silencieux se leva.
Le visage rouge vif.
Sous l’effet d’une rage et d’une honte insupportables, tout son corps tremblait violemment.
« Retiens-toi. Retiens-toi. »
« Hé, assieds-toi. »
Les autres soldats des forces Owells sourirent amèrement et tirèrent le bras de leur camarade.
Le soldat qui avait bondi de son siège fixa les soldats de la légion de Chase, puis laissa échapper un court soupir.
Finalement, il ne put que se rasseoir.
À cet instant, les soldats de la légion de Chase ricanèrent et crachèrent des insultes.
« Hmph. Bâtard de fou. Tu oses me fixer ? Si tu avais une telle résolution, tu aurais dû te battre pour ta vie. »
« Tu l’as dit. Cette lâche p*te a abandonné ses camarades juste parce qu’il a eu peur. »
« De toute façon, ces p*tes qui ne sont que des apparences auraient dû toutes se faire tabasser dans la vallée d’Arslan. »
L’ambiance devint beaucoup plus glaciale.
« Hahahaha ! »
« Kukuku. »
Les rires des soldats de la légion de Chase rampaient sur le sol comme un serpent et se faufilaient dans les oreilles des soldats des forces Owells.
« Désolé. Je ne peux plus me retenir. »
Le soldat qui s’était levé juste avant s’élança à nouveau.
Tat !
Serrant ses deux poings, il courut vers les soldats de la légion de Chase.
« Hein ?! Cette p*te ! »
Les soldats de la légion de Chase se levèrent rapidement et firent face au soldat des forces Owells qui courait vers eux.
En un rien de temps, les soldats s’emmêlèrent et roulèrent sur le sol.
Tudung !
Les marmites de soupe et les bols roulèrent bruyamment.
« Ne nous insultez pas ! »
« Qu’est-ce qu’il dit ! Cette lâche p*te ! »
« Tu veux mourir ?! »
« Je vais vraiment te mettre en pièces aujourd’hui ! »
Accompagnés d’insultes, les coups de poing et de pied fusèrent.
« Vous… vous fils de p*te ! »
« Je ne peux pas supporter plus que ça ! »
« Hé ! Attrapez-les ! »
Finalement, les soldats des forces Owells qui observaient attaquèrent eux aussi avec des insultes.
La petite bagarre entre les deux groupes se transforma bientôt en une grande mêlée entre la légion de Chase et les forces Owells.
Cela ne faisait que deux jours que Kali était revenu au camp de la légion de Chase avec les soldats vaincus.
Le comte Jonathan Chase, les commandants de la légion de Chase et même les soldats ordinaires n’avaient pas une bonne opinion de Kali et des soldats des forces Owells.
C’était parce que ceux qui avaient défilé si haut sur leurs chevaux avaient subi une défaite cuisante et étaient revenus.
Et parce que les troupes de la légion de Chase qui étaient parties ensemble avaient été presque anéanties, les sentiments ne pouvaient être bons.
Bien que des bagarres mineures entre les soldats de la légion de Chase et ceux des forces Owells aient éclaté par la suite, les commandants firent semblant de ne rien savoir ou étouffèrent l’affaire.
C’était parce qu’ils partageaient les mêmes sentiments que les soldats ordinaires.
Mais c’est précisément à cause d’une gestion aussi complaisante qu’une grande bagarre et une scission avaient éclaté.
Deng ! Deng ! Deng !
Au son du gong, de nombreux commandants accoururent.
Mais les soldats, qui avaient déjà perdu toute raison, ne se séparèrent pas facilement.
Se frappant et se donnant des coups de pied, ils crachaient des insultes.
« Meurs ! Espèce de sale gosse des forces Owells ! »
« Espèce de bâtard arrogant de la légion de Chase ! »
C’était un véritable pandémonium.
À cet instant.
De l’endroit où ils étaient enchevêtrés et se battaient, des soldats se retiraient subtilement vers l’extérieur du camp.
C’étaient les soldats de la légion de Chase qui avaient provoqué le début de cette bagarre.
Ceux qui incitaient les soldats des forces Owells tout en mangeant la soupe à l’eau.
« Eit ! Stupides gosses Owells ! »
« Meurs ! Meurs ! »
Crachant inutilement des insultes à pleins poumons, ils se replièrent furtivement.
Des sourires étranges flottaient sur leurs visages.
Parmi eux, un homme murmura d’une voix basse.
« Regrettable, regrettable. Alors que provoquer la discorde entre la légion de Chase et les forces Owells est tout à notre actif. »
« Tu as raison. Dire qu’on ne peut pas s’en vanter ouvertement… »
Un autre soldat se lécha les lèvres comme s’il regrettait.
À cet instant, le soldat qui était le plus haut gradé du groupe et le cadre dirigeant de ce plan sourit joyeusement et parla.
« C’est… »
C’était une voix imprégnée de fierté.
« Le destin même de notre troupe Tenebra. »
Il tapota légèrement l’épaule des soldats, puis fit un signe du menton.
« Maintenant, dépêchons-nous. Nous devons sortir avant d’être découverts. »
Il leur restait encore du travail.
Ainsi, l’ombre qui avait été plantée dans la légion de Chase disparut furtivement en suivant la lumière du soleil.
Même après cela, des bagarres grandes et petites éclatèrent sans cesse dans le camp de la légion de Chase.
Le moral de la légion chuta aussi bas que possible et sa discipline se relâcha également.
À un point tel qu’ils ne pouvaient plus réagir correctement aux changements à l’extérieur du camp.
Et profitant d’un tel chaos.
Vvuuuuuu !
Accompagné d’un grand son de cor, Roan et la légion cramoisie apparurent.
Enfin, une bataille qui n’était pas une ruse contre une ruse, un stratagème contre un stratagème, mais une bataille frontale s’ouvrit.
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