Chapitre 179
« Jusqu’ici, tout se déroule comme prévu, monsieur. »
« Bien. »
À l’annonce de son adjudant, Kali Owells afficha une expression satisfaite.
Son regard se porta au-delà des collines.
Une forêt étendue, et une montagne escarpée qui surgissait brusquement derrière elle.
C’était la vallée d’Arslan.
« Le bâtard de Roan est arrivé de l’autre côté de la vallée, et… »
Si seulement son fils, Walter Owells, et la troupe sous ses ordres prenaient position, tous les préparatifs seraient achevés.
« Walter. Que fais-tu ? Ce n’est pas le moment de traîner. »
Une lueur froide passa dans ses yeux.
À cet instant.
« Monsieur le Vicomte ! »
Accompagné d’une voix enjouée, Demis Izy fit son apparition.
Il jeta un coup d’œil inutile à l’intérieur de la tente, puis sortit une lettre d’une seule page de la poche de sa poitrine.
« C’est la lettre envoyée par Sir Walter. »
« Hhm. »
D’un bref grognement, Kali s’empara de la missive.
Le contenu était court et simple.
Pourtant, cela suffisait à combler le cœur de Kali.
« Bien. Les choses se résolvent comme il faut. »
Les autres commandants à l’intérieur de la tente demandèrent d’une voix prudente :
« Est-ce la nouvelle que nous attendions, monsieur ? »
« Est-il arrivé ? »
À ces mots, Kali sourit faiblement et hocha la tête.
« Oui. Il dit avoir pris position sur les arrières du bâtard de Roan. »
Aussitôt ces mots prononcés, de nombreux commandants serrèrent les poings.
Enfin, le piège parfait était tendu.
Kali fit quelques pas et se posta devant une table.
Sur celle-ci était étalée une carte, bien moins précise que celle de Roan.
Le doigt de Kali s’agita fébrilement.
« Regardez bien. Nous sommes actuellement positionnés sur les collines à l’ouest de la vallée d’Arslan. Le bâtard de Roan est positionné sur les collines opposées, à l’est. Et Walter approche précisément par derrière. »
Comme les collines étaient très étendues, il n’était pas facile pour Roan de repérer Walter.
Du moins, c’est ce que pensaient Kali et ses adjudants.
Kali pointa l’espace large et long qui traversait la vallée d’Arslan.
« Nous allons attirer le bâtard de Roan à l’intérieur de cette vallée. »
Comme jusqu’à présent, il prévoyait d’utiliser une troupe à petite échelle pour engager le combat, puis de battre en retraite.
De toute façon, Roan ne savait pas que Kali et l’armée principale des forces Owells étaient arrivés ici. Non, il ne pouvait pas le savoir.
Bien sûr, c’était également l’avis de Kali et de ses adjudants.
« Une fois que les bâtards seront entrés dans la vallée en poursuivant nos alliés et qu’ils auront chargé dans les forêts du côté ouest, nous mettrons le feu. »
Les commandants hochèrent tous la tête.
Grâce au temps printanier chaud et sec qui perdurait, les forêts étaient totalement asséchées.
Il suffisait d’une simple étincelle pour embraser toute la forêt.
Kali poursuivit :
« Au même moment, Walter chargera et mettra également le feu aux forêts du côté est. »
Si tout se déroulait comme prévu, Roan, la légion de Tale et la légion Lancephil seraient piégés dans un brasier.
« L’armée principale des forces Owells et la troupe de Walter encercleront les deux côtés des forêts et massacreront Roan ainsi que les ennemis qui tenteront de s’enfuir. »
C’était le premier plan que Kali avait élaboré.
À ce moment-là, Demis, qui était resté silencieux, pointa les deux montagnes de la vallée d’Arslan.
« Monsieur, ne devrions-nous pas placer une embuscade au sommet des deux montagnes ? »
À ces mots, Kali secoua vivement la tête.
« La montagne est trop abrupte, il n’y a aucun avantage majeur à cela. »
Il n’y avait pas assez d’espace pour qu’un nombre suffisant de soldats puisse infliger des dégâts à l’ennemi.
De plus, même s’ils prenaient position, ils ne pourraient pas rassembler des éléments comme des arbres ou des pierres à projeter en contrebas.
Demis hocha la tête et se retira.
Si Kali le disait, c’était ainsi.
Personne ne connaissait la région de Lancephil aussi bien que Kali.
Une légère anticipation flottait sur tous les visages.
« Si cela se passe ainsi, ce sera une victoire éclatante. »
« Nous pourrions porter un coup fatal à l’armée principale de l’ennemi. »
Une victoire totale, suffisante pour sceller l’issue de la guerre des fiefs.
À ce moment, l’un des commandants hésita, puis ouvrit prudemment la bouche.
« Mais… »
Soudain, les yeux de tous les commandants se tournèrent vers le jeune officier.
Il observa les regards qui se posaient sur lui, puis ajouta d’une voix basse :
« Que ferons-nous s’il se met à pleuvoir, monsieur ? »
Alors, l’attaque par le feu qu’ils avaient si laborieusement préparée partirait en fumée.
L’ambiance joyeuse se refroidit instantanément.
C’était une situation où il avait gâché la bataille avant même qu’elle ne commence.
À la place de tout le monde, Demis lança un regard noir.
« Ne dites pas des choses aussi sinistres ! Ne connaissez-vous pas le temps printanier du fief de Lancephil ? La pluie ne tombe pratiquement jamais en cette saison ! »
« C’est vrai. C’est la saison où l’on insiste toujours pour être prudent avec le feu. »
« C’est aussi la saison où les gens souffrent de la sécheresse. »
De toutes parts, des déclarations le dénonçant fusèrent.
Le jeune commandant qui avait pris la parole sourit amèrement et hocha la tête.
Puis il recula légèrement et baissa la tête.
Une mine complètement intimidée.
Kali observa la scène en silence, puis laissa échapper un rire moqueur.
« Il n’y aura pas de pluie. »
Sa voix était pleine de certitude.
Ses yeux brillaient d’une lueur intense.
« Tant que le ciel ne m’abandonne pas… »
*****
« Est-ce vrai, monsieur ? »
Le baron Bernard Landingham leva la tête vers le ciel.
C’était un ciel sans le moindre nuage.
Avec un air perplexe, il murmura :
« La pluie arrive vraiment, n’est-ce pas, monsieur ? »
« C’est exact. Il l’a affirmé avec certitude. N’est-ce pas, mon seigneur ? »
Celui qui posa cette question à la suite de son ajout était Harrison.
Roan, qui surveillait l’intérieur du camp, leva subtilement les yeux vers le ciel.
Autant Bernard que de nombreux commandants s’inquiétaient, car le temps était tout simplement trop beau.
[Eh ?! Roan. Tes yeux ont tremblé un instant, non ? Vrai ? Hein ? Tu as légèrement douté de moi à l’instant ?]
Soudain, la voix aiguë de Kinis résonna à ses oreilles.
Roan esquissa un sourire intérieur.
C’était parce qu’elle avait lu dans ses pensées.
Malgré tout, il fit semblant de ne rien savoir.
« Qu’est-ce que tu racontes ? Je n’ai jamais douté de toi. »
Puis, comme pour lui prouver, il regarda les nombreux commandants, dont Bernard et Harrison.
« La pluie viendra, c’est une certitude. »
Une voix pleine d’assurance.
Une expression résolue.
À ces mots, Bernard hocha légèrement la tête, puis regarda à nouveau le ciel.
« Si la pluie vient vraiment… »
Sa voix tremblait légèrement.
« Le ciel doit être de notre côté. »
De nombreuses personnes hochèrent la tête.
À cet instant.
Yoo. 1
Un vent léger souffla sous son oreille.
Le vent commença lentement à montrer une humeur plus vive.
Flap.
Le drapeau planté au centre de la tente agita légèrement son étoffe.
« Hein ? »
Les commandants ainsi que les soldats à l’intérieur du camp sursautèrent et regardèrent autour d’eux.
Maintenant, le vent soufflait assez violemment pour ébouriffer leurs cheveux.
De plus.
« Pourquoi ce vent est-il si humide ? »
Le baron Andre Molde murmura sans réfléchir, puis écarquilla les yeux.
Soudain, comme s’ils s’étaient donné le mot, ils levèrent tous la tête vers le ciel.
Ce n’était plus le même.
Le ciel brillant d’un éclat bleu avait disparu.
Il était là.
Un nuage grisâtre, dont on ne voyait pas la moindre trace auparavant.
Et.
Plip.
Une goutte d’eau tomba sur sa joue.
« Eh ? »
« Qu’est-ce que c’est ? »
Les commandants et les soldats s’essuyèrent légèrement les joues et regardèrent Roan.
Une expression qui disait qu’ils n’en croyaient pas leurs yeux.
De son côté, Roan esquissa un léger sourire avec un air composé.
Il leva lentement la tête vers le ciel.
Grâce aux Larmes de Kalian, les gouttes de pluie qui tombaient étaient clairement visibles.
« Le ciel… »
La voix de Roan se répandit dans tout le camp.
Tous les regards se tournèrent vers lui.
Le sourire sur ses lèvres s’accentua.
« …est de notre côté. »
Un silence tomba.
Tous fixaient Roan avec des expressions mêlées d’admiration.
Avec un air calme, Roan ferma doucement les yeux.
Ce n’était pas pour profiter de la pluie qui tombait.
[Tu te prends pour qui ! Tu sais que tout ça, c’est grâce à moi, n’est-ce pas ?]
C’était à cause des réprimandes aiguës de Kinis.
Pour Roan, le silence n’était pas vraiment le silence.
Mais aujourd’hui, les réprimandes et les gémissements de Kinis étaient vraiment agréables à entendre.
« Je devrais commencer à bouger lentement. »
Le sang dans ses veines bouillonnait.
*****
Plip. Plopplopplopplopplop.
Les gouttes de pluie, qui tombaient une à une, devinrent bientôt un flot épais.
Une douce pluie printanière qui humectait la terre aride.
Mais l’expression de Kali, qui fixait cette pluie, était figée.
« Le ciel est-il vraiment en train de m’abandonner ? »
Le jeune commandant qui avait bavardé comme pour tout gâcher lors de la dernière réunion militaire lui revint en mémoire.
Uddk.
Ses dents grincèrent naturellement.
« Non. Le ciel ne m’a pas abandonné ! »
Il ne voulait pas y croire.
D’un geste de la main, il fit signe à Demis.
« Amène-moi le commandant qui a si imprudemment ouvert sa bouche tout à l’heure. »
« Ah… oui. Compris, monsieur. »
Demis comprit instantanément l’intention de Kali.
Même sans cela, des rumeurs sinistres sur le ciel et les dieux circulaient déjà parmi plusieurs commandants.
Bientôt, Demis traîna le jeune commandant qui avait imprudemment parlé.
« Sir Izy ! Pourquoi faites-vous cela soudainement ? »
Comme s’il avait été traîné là sans même savoir pourquoi, une expression de panique était visible sur le visage du commandant.
À cause de la pluie qui tombait violemment, il n’était même pas facile d’ouvrir les yeux.
Sslng.
Kali s’avança vers le bâtard en dégainant son épée.
« C’est à cause de ce bâtard qui a imprudemment agité la langue. »
Ce n’était absolument pas que le ciel l’avait abandonné.
Il voulait le croire.
C’est pour cela qu’il ne pouvait que sortir son épée.
« Eh ? Eh ?! Mon, Monsieur Owells ! Quoi, pourquoi faites-vous… Kkeurrg. »
Le jeune commandant agita les bras, affolé.
Mais sans même pouvoir terminer ses mots, il écarquilla les yeux.
L’épée de Kali lui trancha la tête.
Dans un bruit de sang bouillonnant, la tête roula sur le sol.
« C’est le prix à payer pour avoir imprudemment agité la langue. »
Du pied gauche, Kali repoussa la tête du commandant.
Les traînées de pluie violente lavèrent le sang sur la lame.
Gulp.
Les commandants alentour déglutirent, nerveux.
Kali les regarda avec une lueur féroce dans les yeux et cria :
« Vous tous, il n’y a aucune raison de paniquer ! Rien ne change, même si la pluie tombe ! Si nous encerclons les forêts et lançons une attaque surprise, nous pouvons massacrer l’armée ennemie, même avec un nombre inférieur ! Même si l’espace de la vallée est large, ils seront inévitablement anéantis s’ils tentent de s’échapper… »
Alors qu’il en était là.
Deng ! Deng ! Deng ! Deng !
Le son d’une cloche résonna bruyamment.
Simultanément, un soldat de garde courut vers lui.
« C, c’est le signal du drapeau ! L’ennemi a marché ! L’ennemi est entré dans la vallée d’Arslan, monsieur ! »
Une voix retentissante secoua le camp.
« Quoi ?! »
« La légion de Tale a… ?! »
« Vous dites que Roan a marché ?! »
Les commandants crièrent, stupéfaits.
Ces bâtards qui n’avaient pas bougé malgré l’opération d’appât qu’ils avaient tentée sans relâche pendant deux jours venaient de lancer une marche soudaine.
Tous les regards se tournèrent vers Kali.
Kali, les yeux fermés, prit une profonde inspiration.
Plopplopplopplopplop.
Seul le bruit de la pluie se faisait entendre violemment.
« Monsieur Owells. Le moment est… »
Murmura Demis d’une voix urgente.
Kali ouvrit enfin les yeux et leva haut l’épée qui avait tranché le cou du jeune commandant.
« Toutes les forces, en marche ! Nous allons encercler les forêts, puis acculer les bâtards ! »
L’ordre était donné.
« En marche ! Préparez-vous à marcher ! »
« Nous allons encercler les forêts ! »
Les commandants crièrent à pleins poumons et s’activèrent.
Instantanément, les préparatifs pour l’interception furent terminés.
Kali monta sur un cheval de guerre et appela un commandant à part.
« Envoyez le signal du drapeau à Walter. »
« Oui. Compris, monsieur. »
Le commandant répondit brièvement, puis courut vers une tour de guet.
Kali observa la scène un instant, puis mena son cheval vers l’entrée du camp.
Déjà, tout le monde était parfaitement prêt à marcher.
« Toutes les forces, en marche ! »
Kali n’hésita pas.
Il éperonna son cheval et chargea vers la vallée d’Arslan.
Dudududududu ! Plopplopplopplopplop
Le son des sabots des chevaux et de la pluie résonnait bruyamment.
Bien que les traînées de pluie frappent leurs visages, aucun ne faiblit.
Ils percèrent la pluie et chargèrent.
Grâce à cela, les forces Owells purent arriver aux forêts avant que Roan, la légion de Tale et la légion Lancephil ne sortent de la vallée d’Arslan.
« Blocus ! Troupe d’archers, prête ! »
« Blocus ! Troupe d’archers, prête ! »
Les mêmes ordres se propagèrent à gauche et à droite.
Ggigigigigik !
Le bruit des cordes d’arc que l’on tendait résonna bruyamment.
Bientôt, le son des sabots des chevaux se fit entendre plus doucement.
Il était certain qu’il s’agissait de la légion de Tale et de la légion Lancephil.
Kali leva rapidement sa main gauche et déglutit.
Ses yeux perçaient les traînées de pluie et fixaient l’intérieur sombre de la forêt.
Vvuuuu ! Vvuuuuuu !
Accompagné d’un son de cor, un bruit bruyant se fit entendre depuis l’intérieur de la forêt.
« Feu ! »
Kali, comme s’il n’attendait que cela, abaissa son bras d’une voix sonore.
Bientôt, des centaines de flèches fendirent l’air et volèrent vers l’intérieur de la forêt.
Pubububububuk !
Quelques-unes se plantèrent dans les arbres et d’autres sifflèrent dans l’air.
« Uaaaak ! »
« Aak ! »
« Kuuk ! »
Des cris se firent faiblement entendre.
Jing ! Jing ! Jing ! Boum ! Boum ! Boum !
Depuis l’intérieur de la forêt, des sons de gong et de tambour s’élevèrent.
« C’est fait ! »
Le visage de Kali s’illumina d’extase.
Il était certain que Roan et les soldats de la légion du bâtard étaient tombés dans le chaos.
« Feu ! Faites pleuvoir les flèches ! »
Kali continuait de crier.
En vérité, tirer des flèches vers une forêt n’était pas une très bonne tactique.
C’était parce que les arbres denses servaient de boucliers.
Mais pour l’instant, cela pouvait largement suffire à briser le moral et l’avant-garde de l’armée ennemie.
« Monsieur Owells ! »
« Monsieur Owells ! »
Les commandants répartis à gauche et à droite appelèrent Kali en levant la main droite.
Cela signifiait que l’attaque de la troupe d’archers touchait à sa fin.
Kali, son épée dégainée, fit un pas en avant.
« Troupe de cavalerie et troupe d’infanterie, déployez-vous ! »
« Déployez-vous ! »
Ils ne pouvaient plus hésiter.
S’ils avaient brisé leur moral et leur avant-garde, ils devaient acculer les soldats de la légion de Tale et de la légion Lancephil pour qu’ils ne puissent pas sortir de la vallée.
« Ça suffit, même sans attaque par le feu. »
Comme l’entrée de la vallée était étroite, ils pouvaient largement affronter les bâtards, même avec un petit nombre de soldats.
De plus, ils ne devaient pas connaître l’existence de l’armée principale des forces Owells.
Du point de vue de Roan, c’était comme s’ils avaient subi une embuscade et un raid.
Il était évident qu’ils allaient tomber dans le chaos et la confusion.
Bien sûr, ce n’était là aussi que l’avis de Kali.
« Waaaaah ! »
« Tuez-les ! »
« Coupez la tête de Roan ! »
Accompagnés de cris de guerre, les soldats des forces Owells chargèrent dans les forêts.
Sur les arbres et le sol, des flèches étaient plantées serrées.
Une fois entrés un peu plus loin, des boucliers et des soldats criblés de flèches étaient éparpillés.
C’étaient les soldats de la légion de Tale et le petit bouclier, la parma, qu’ils affectionnaient.
« Très bien ! »
« Bien fait pour vous ! »
Ravis, les soldats des forces Owells crachaient ou donnaient des coups de pied.
Galvanisés, ils chargèrent dans les profondeurs de la forêt.
Leurs visages reflétaient tous l’attente d’une grande victoire.
Parmi eux, seul Demis fronça les sourcils face à cette ambiance étrange.
« Les cadavres ne sont-ils pas trop peu nombreux ? »
C’était une attaque surprise.
Peu importait que les arbres denses servent de boucliers, le nombre de soldats ayant succombé aux attaques de flèches était trop faible.
Comme si…
« Un air de s’être déplacés en se préparant ? »
Un sentiment effrayant tourbillonna dans tout son corps.
Il mena son cheval pour rapporter rapidement la chose à Kali.
Sursaut.
Mais il retint bientôt ses rênes.
« Non, si je parle encore inutilement… »
Il ne savait pas s’il finirait comme le jeune commandant dont la tête avait volé un peu plus tôt.
Il se frotta inutilement le cou et secoua la tête.
Il avait renoncé à protester.
Au lieu de cela, Demis envoya un ordre secret à sa propre troupe pour ralentir leur charge, puis recula subtilement vers l’arrière.
C’était pour sauver au moins sa propre vie si la situation redoutée se produisait.
Malheureusement, personne ne remarqua l’action de Demis.
Les forces Owells, y compris Kali, ne faisaient que charger, encore et encore.
Et finalement.
« C’est l’armée ennemie ! »
« C’est l’armée ennemie ! »
Les mêmes mots, chacun avec une signification différente, résonnèrent à travers les forêts.
Les forces Owells qui chargeaient, la légion de Tale et la légion Lancephil s’étaient enfin rencontrées.
« Tuez-les ! »
« Acculez-les ! »
Kali cria à pleins poumons et fit tournoyer son épée.
« Comme prévu, le nombre de soldats n’est pas important ! »
C’était probablement à cause de l’entrée de la vallée d’Arslan.
Il tourna la tête de droite à gauche et chercha Roan.
Bientôt, le regard de Kali se porta vers l’intérieur de la forêt.
« Roan. Alors tu étais là. »
Uddk.
Ses dents grincèrent naturellement.
Son regard brûlant se porta sur l’autre côté.
« Huu. L’hostilité est incroyable. »
Une voix composée.
À travers les Larmes de Kalian, Roan fixait droit dans les yeux de Kali qui le dévisageait.
Si possible, il aurait voulu se précipiter immédiatement pour un duel décisif, mais ce n’était pas le moment.
Pour une victoire totale, il fallait attirer l’armée ennemie jusqu’à un endroit un peu plus profond.
« Nous allons combattre comme il faut, puis battre en retraite. »
« Oui. Compris, monsieur. »
Bernard, Andre et les autres répondirent brièvement, puis se dispersèrent dans toutes les directions.
Il n’y avait plus de doutes sur leurs visages.
C’est parce qu’ils avaient entendu l’intégralité de cette bataille décisive de la bouche de Roan juste avant de charger dans la vallée d’Arslan.
Roan regarda les commandants se disperser et prit une profonde inspiration.
« Kali Owells. »
Un léger sourire flotta sur ses lèvres.
« Tu es déjà pris au piège. Et… »
Une lueur froide passa dans ses yeux.
« …dans le piège que tu as toi-même tendu, bâtard. »
La plus grande bataille depuis le début de cette guerre des fiefs avait commencé.
C’était le début de la bataille décisive qui serait plus tard appelée la bataille d’Arslan.
< La bataille décisive (5) > Fin.
1. Son d’un vent très, très doux.