Chapitre 139
« Hmm. »
Roan ravala un gémissement en contemplant le paysage qui l’entourait.
Le royaume d’Istel souffrait d’une pénurie alimentaire bien plus grave qu’il ne l’avait imaginé.
Des cadavres hagards et desséchés jonchaient les bords de la route que la caravane empruntait, et une odeur de mort émanait lourdement des villages où ils s’arrêtaient ou qu’ils traversaient.
Il était fréquent de voir les habitants d’Istel se précipiter comme des fous pour mendier de la nourriture dès qu’ils apercevaient la caravane, et les assauts des voleurs et des bandits ne cessaient jamais.
« La pénurie alimentaire durera jusqu’à l’automne dans deux ans. »
Bien que la chute mystérieuse et soudaine des récoltes dût s’améliorer à partir de l’année prochaine, il était tout bonnement impossible que la situation des citoyens d’Istel se rétablisse après une seule année de bonne culture.
« L’année prochaine et celle d’après. Je dois me créer un pied-à-terre dans le royaume d’Istel d’ici là. »
Et ce pied-à-terre consistait précisément à acheter les terres agricoles du royaume d’Istel, ou plus précisément, à les louer sur le long terme.
Actuellement, les fermiers comme les nobles du royaume d’Istel mettaient en vente des terres dont la fertilité avait chuté au plus bas, les considérant comme des biens à liquider.
Cependant, personne dans le royaume d’Istel n’avait les moyens de les acheter.
Non, même si quelqu’un en avait les moyens, personne ne voudrait acquérir des terres inutiles sur lesquelles rien ne pousserait, même en y plantant des graines.
Finalement, le royaume d’Istel en était arrivé au point d’autoriser même les étrangers à acheter ces fermes.
Mais pas sous forme de vente complète, plutôt sous forme de bail de cinquante ans.
La situation était suffisamment désespérée pour en arriver à de telles extrémités afin de garantir une source de revenus.
Malgré cela, le nombre de personnes prêtes à acheter ces terres restait minoritaire.
Même les étrangers pensaient que les terres du royaume d’Istel avaient été abandonnées et maudites par un dieu.
« Nous allons louer ces terres en gros. »
Pour le moment, le prix était tombé aussi bas qu’il pouvait l’être.
Bien que d’autres puissent ricaner et qualifier cela d’acte insensé, cela importait peu à Roan.
C’était parce qu’il savait que la fertilité remonterait dès l’année prochaine.
À cet instant.
« Nous pouvons voir le château de Ceres ! »
L’homme d’âge mûr en tête de convoi cria à pleins poumons.
Au bout de la longue route, un château impressionnant et grandiose apparut.
« C’est la capitale même du royaume d’Istel, Ceres. »
Roan déglutit inconsciemment.
En comptant sa vie passée et sa vie actuelle, c’était un endroit qu’il visitait pour la première fois.
La taille du château de Ceres était stupéfiante.
Il semblait être plusieurs fois plus grand que Miller, la capitale du royaume de Rinse.
« Puisque la force nationale du royaume d’Istel est à l’origine bien supérieure à celle de notre royaume. »
Le royaume d’Istel était une nation riche et puissante qui avait bâti sa force sur ses rendements céréaliers astronomiques.
Actuellement, même sa force nationale avait décliné avec la chute de ces récoltes.
Pendant ce temps, la tête de la caravane avait atteint les premières sentinelles et s’était arrêtée.
« Vous autres, êtes-vous des marchands de grains ? »
Demandèrent les sentinelles à l’air émacié avec des visages légèrement exaltés.
Clay ouvrit la porte du chariot et répondit en ne passant que la tête.
« Oui. Nous avons apporté une grande quantité de toutes sortes de grains. »
Aussitôt ces mots prononcés, les sentinelles agitèrent les mains et crièrent.
« Passez ! Le marché aux grains est près de la porte est ! »
Une pointe de désespoir pouvait être décelée dans sa voix.
L’inspection n’était relâchée ainsi nulle part ailleurs, pas même à la capitale.
C’était une situation où même les sentinelles de la capitale remettaient les questions à plus tard et laissaient passer quiconque était marchand de grains.
Clay inclina profondément la tête pour saluer, puis referma la porte du chariot.
« Ce sont les marchands de grains ! »
« Regardez ces sacs ! »
Lorsqu’ils entrèrent dans le château, les résidents affluèrent comme un essaim d’abeilles.
Mais contrairement aux gens des autres villages, ils ne touchèrent pas indûment aux marchandises et ne bloquèrent pas la route.
Ils étaient simplement exaltés à la vue de l’incroyable nombre de sacs de grains.
« Combien, combien en avez-vous apporté ? »
« Y en a-t-il d’autres qui arrivent ? »
Ils espéraient que les grains seraient distribués en quantité suffisante pour que le prix de la nourriture baisse.
Roan se contenta d’un sourire amer, incapable de dire un mot.
« Bien que la quantité que nous avons apportée soit assez importante, il n’y a aucun moyen que le prix de la nourriture baisse à cause de cela. »
Il y avait le fait que la nourriture était tout simplement trop rare, mais la raison encore plus grande était en fait le marché noir.
Actuellement, le royaume d’Istel contrôlait et gérait directement le marché des grains pour allouer et reconstituer l’approvisionnement déficitaire.
En même temps, il vendait les grains à un prix fixe pour empêcher le prix de s’envoler.
Pour les marchands qui cherchaient à réaliser un profit encore plus important, ces mesures de gestion du marché par le royaume d’Istel n’étaient pas attrayantes.
À cause de cela, des marchés noirs spécialisés uniquement dans les grains apparurent partout dans le royaume.
Ce marché noir avait entraîné une inflation explosive des prix des grains, et au moment où les grains passaient par d’innombrables marchands pour être vendus aux citoyens, un prix incroyable, que personne ne pouvait possiblement payer, était affiché.
Bien que le royaume d’Istel eût travaillé intensément pour freiner les marchés noirs, il ne pouvait obtenir aucun résultat en raison du nombre simplement trop grand de marchés et de leurs horaires d’ouverture et de fermeture spontanés.
Par conséquent, le prix des grains refusait de descendre en dessous d’un certain seuil et continuait de monter en flèche, et les citoyens ordinaires, le ventre vide, devinrent la norme.
Si Roan voulait réaliser un gros profit, utiliser le marché noir au lieu du marché aux grains officiel était bien plus efficace.
« Mais nous utilisons le marché aux grains officiel. »
Pour lui, il était plus important en ce moment de laisser l’impression que le Charity Trust était une entreprise juste et digne de confiance plutôt que de réaliser un profit.
Tout en pensant à ceci et à cela, la caravane arriva au marché aux grains près de la porte est.
« Quel peut être le nom de la compagnie ? »
Un gestionnaire à l’air sordide jeta un coup d’œil aux chariots de grains et demanda.
Avec un sourire joyeux, Clay montra la licence de l’entreprise.
« C’est le Charity Trust. »
Le gestionnaire inscrivit le nom dans un registre, puis agita la main.
« Calculez la quantité ! »
Au moment où il donna l’ordre, les employés du marché se rassemblèrent et commencèrent à compter le nombre de sacs de grains.
Pendant ce temps, le gestionnaire du marché commença à discuter avec Clay et à négocier le prix.
Non, en vérité, ce n’était qu’une négociation de nom, et ce n’était rien de plus que l’annonce d’un prix prédéterminé.
« Très bien. Vendons-le à ce prix. »
Clay hocha la tête sans trop réfléchir.
« Oui ? Ah, oui. »
Le gestionnaire eut une expression légèrement surprise.
C’était parce qu’il était le premier marchand à vendre les grains sans aucune plainte.
« Très bien. C’est une bonne chose que le travail puisse être fait rapidement. »
Le gestionnaire compléta rapidement le document en souriant joyeusement et le tendit à Clay.
C’était parce qu’il craignait qu’il ne change peut-être d’avis.
Clay vérifia pensivement le document à sa manière et signa dans un coin en bas.
Bientôt, les sacs de grains furent déplacés des chariots qu’ils avaient apportés vers un côté du marché.
« C’est bien plus que ce que je pensais ? »
« Avec une telle quantité, habituellement, les marchands vendraient cela au marché noir. »
Les ouvriers chuchotaient entre eux tout en transportant les sacs.
Roan se joignit aussi avec enthousiasme au transport des sacs comme eux.
C’était, aux yeux de quiconque, l’image d’un ouvrier d’entreprise sans aucun doute.
Grâce à cela, personne ne soupçonna Roan.
Une fois la transaction terminée, le groupe de la caravane, incluant Roan et Clay, se dirigea vers la périphérie de la capitale.
Ils louèrent une vieille auberge entière.
Comme il y avait un nombre assez important de membres de l’entreprise, ce n’était rien de suspect.
« Bien que nous les ayons vendus au marché aux grains officiel, nous avons réalisé un profit plus important que prévu. »
« Cela doit signifier que la situation alimentaire est vraiment mauvaise. »
Roan eut un sourire amer aux mots de Clay et secoua la tête.
« On dirait qu’ils ont augmenté le prix d’achat des grains puisque la situation alimentaire n’est pas bonne et à cause du marché noir, mais… bien que ce fût un choix inévitable, le Trésor touchera bientôt le fond s’ils continuent à acheter des grains comme cela. »
Même sans cela, le royaume d’Istel payait une somme incroyable en indemnités de guerre en raison de guerres et de pertes répétées.
Alors que Roan réfléchissait à diverses choses, Clay demanda d’une voix prudente.
« Monseigneur, devons-nous vraiment acheter les terres agricoles ? En ce moment, les terres agricoles du royaume d’Istel ont complètement perdu leur fertilité et ce sera infructueux, peu importe le type de semence que nous planterons. »
Clay, qui se considérait comme plus intelligent et plus perspicace que les autres, était très pessimiste quant à cette affaire.
« Ce n’est pas différent de jeter de l’argent par les fenêtres. »
Acheter des terres dans le royaume de Rinse avec l’argent gagné grâce au commerce des grains serait bien plus efficace.
Bien qu’ils ne puissent pas en acheter une grande quantité puisque le prix de la terre était tout simplement trop élevé, au moins le risque d’échec des récoltes était bien plus faible.
Roan secoua la tête en souriant joyeusement.
« Ne t’inquiète pas. Mon regard ne me trompe pas. Les terres agricoles du royaume d’Istel retrouveront leur fertilité à partir de l’année prochaine. »
Sa voix était pleine de certitude.
« Si monseigneur le dit, alors il doit en être ainsi. »
« Je suis simplement les ordres de monseigneur. »
Harrison et Brian ne posèrent plus de questions.
Mais.
« Hmm. »
Un air d’agitation était toujours visible sur le visage de Clay.
Il voulait vérifier une preuve claire et une raison.
Mais même ainsi, il ne pouvait pas simplement pousser et acculer Roan.
« Puisque le prix des fermes n’est pas élevé, il n’y aura pas de grosse perte même si un problème survient éventuellement. »
C’était un commentaire qui gardait l’échec à l’esprit.
Roan sourit faiblement et se contenta de hocher la tête.
« Bien sûr, pense simplement les choses ainsi. »
À ces mots, Clay inclina légèrement la tête.
« Alors, j’irai personnellement acheter les fermes à partir de demain. »
« S’il te plaît, fais-le. »
Répondit légèrement Roan.
Pour quatre jours à partir de demain, il était prévu que Clay aille personnellement acheter les fermes.
Après cela, ils confieraient le travail aux vrais marchands qui les accompagnaient, et Roan, Harrison, Brian et Clay prévoyaient de se rendre dans le royaume de Pershion après avoir dissimulé leurs identités une fois de plus.
Roan regarda tout le monde et parla d’une voix calme.
« Nous ne sommes actuellement pas différents de personnes dans une nation hostile. Gardez tous la tête froide et assurez-vous de ne pas faire d’erreur. »
« Oui, compris. »
Tous répondirent d’une seule voix et inclinèrent la tête.
Roan inspira profondément en observant cette scène.
« Rien de spécial ne doit arriver… »
Un petit souhait.
Peut-être parce que ce souhait avait atteint le ciel, rien de spécial n’était arrivé à Roan et à son groupe.
Mais à un endroit éloigné d’eux, 1
Une étrange fissure se formait dans le royaume de Pershion.
Bien que ce ne fût pas certain, c’était certainement quelque chose de spécial.
*****
Capitale du royaume de Pershion, château d’Althus.
La porte nord du château d’Althus était grande ouverte et l’intérieur du château bouillonnait sous une incroyable vague de foule.
De chaque côté de la rue nouvellement entretenue, ils s’alignaient les uns après les autres avec des visages exaltés.
À cet instant.
Vvuuuuu !
Avec le son des cors, un groupe de personnes apparut sous un énorme arc de triomphe au bout de la rue.
Le chef du groupe, l’homme sur le cheval blanc comme neige, était un beau jeune homme débordant de grâce.
Avec un sourire doux sur le visage, il regarda vers la porte nord.
« Hein ? C’est le Premier Prince. »
« Le prince Reitas est sorti personnellement. »
Certains des résidents du château reconnurent le jeune homme et chuchotèrent.
Le jeune homme, c’était en fait Reitas Pershion, célèbre en tant que Premier Prince du royaume de Pershion et comme un talent remarquablement exceptionnel.
À l’origine, il était très populaire parmi les résidents de la capitale, Althus, et tous les citoyens du royaume.
Parce que le roi actuel, Ave Von Pershion, était tout simplement si incompétent, les attentes envers Reitas, qui était exceptionnel à bien des égards, n’avaient pas d’équivalent.
Mais.
« Au fait, quand arrive le prince Manus ? »
« Il ne devrait pas tarder à arriver. »
« Kuu ! Détruire les forces alliées du royaume de Byron et du royaume d’Istel tout seul ! »
« Il est vraiment incroyable ! »
Les résidents du château tournèrent bientôt la tête et fixèrent la porte nord.
Avec des visages complètement exaltés, ils s’agitaient.
La personne que les résidents du château attendaient était en fait Manus Pershion.
Héros sauveur du royaume, Manus avait vaincu l’armée alliée du royaume de Byron et du royaume d’Istel et revenait enfin en triomphe après avoir réorganisé la région frontalière.
Les yeux et l’intérêt du peuple étaient tous tournés vers Manus.
Reitas, qui se tenait devant l’arc de triomphe, était déjà hors de leur attention.
« Hmm. »
Le sourire doux de Reitas vacilla légèrement.
Le coin de ses yeux trembla vivement.
« Manus… »
Le nom du petit frère resta coincé entre sa gorge et le haut de sa bouche.
Un côté de sa poitrine le faisait souffrir amèrement.
« Finalement, tu es sorti au grand jour. »
Quelque chose de chaud et de lourd se posa au milieu de sa poitrine.
Une courte onde apparut dans ses yeux profonds et calmes.
« Bien que les gens du monde me considèrent comme un talent ou autre, mais… »
Reitas savait.
Que le vrai génie était son petit frère Manus Pershion.
« Mon petit frère bien-aimé, j’ai vraiment désespéré quand je n’ai pas pu gagner contre toi avec mon talent. »
La relation entre Reitas et Manus était proche.
Reitas chérissait son petit frère Manus et Manus suivait bien son grand frère Reitas.
Mais à mesure que les deux grandissaient, cette relation s’était étrangement tordue.
Bien que Manus admirât toujours Reitas et le suivît, Reitas s’éloignait lentement de Manus.
Il avait peur.
Qu’il soit dévoré vivant par l’incroyable talent de Manus.
« J’avais espéré que tu partirais en voyage ou que tu lirais simplement un livre sans t’intéresser à la politique ou au pouvoir… »
Heureusement, Manus ne s’était pas montré au monde extérieur comme Reitas l’avait souhaité.
Il avait simplement passé des jours libres et tranquilles absorbé par la lecture et les voyages qu’il appréciait.
Mais l’invasion du royaume de Byron et du royaume d’Istel avait tout changé.
« Quand tout le monde disait de consentir aux termes humiliants et de mettre fin à la guerre, toi seul as insisté pour lutter contre eux. »
Bien que tout le monde eût qualifié cela d’insensé, Manus mena une légion et marcha seul, et vainquit parfaitement les forces ennemies.
« Et puis, tu es devenu le héros du royaume, le héros des citoyens. »
Le Second Prince Manus, sans présence, répandit sa renommée en tant que héros qui sauva le royaume.
« Hu. »
Reitas laissa échapper un court soupir.
« Mon petit frère, mon petit frère bien-aimé. Que dois-je faire de toi ? »
S’il ne faisait pas attention, il pourrait se faire ravir le siège de futur roi par Manus.
À un tel point, la renommée de Manus était inconcevablement grande.
Les inquiétudes de Reitas devinrent plus profondes.
À cet instant.
Deng ! Deng ! Deng !
Avec un son de cloche, une énorme légion se montra devant la porte du château.
Enfin, Manus et la légion Manustima qu’il dirigeait arrivèrent.
< Royaume de Pershion >.
Le drapeau du royaume entra le premier par la porte du château.
< Légion Manustima >.
< Manus Pershion >.
Le drapeau de la légion et le drapeau du commandant suivirent derrière.
Et enfin.
« Waaaaaah ! »
« Manus ! Manus ! »
« Manus Pershion ! Manus Pershion ! »
Le héros sauveur du royaume, le Second Prince Manus Pershion apparut portant une armure d’argent.
Bien qu’il ressemblât à Reitas, il dégageait d’une certaine manière une impression de malice.
Mais ses yeux étaient clairs et profonds, et une aisance et une grâce pouvaient être ressenties à chaque mouvement de ses mains et de ses pieds.
« Merci à tous ! Merci d’être venus comme ça ! »
Manus sourit brillamment en saluant les citoyens du château.
« Hm ? »
Et alors qu’il faisait cela, il aperçut Reitas au bout de la rue un instant plus tard.
« Hue ! »
Manus éperonna rapidement son cheval et galopa vers Reitas.
Dududududu.
Le bruit des sabots des chevaux résonna bruyamment.
Avec Reitas devant lui, Manus tira sur ses rênes et descendit au sol comme s’il volait.
Boum !
L’armure lourde trembla fortement.
Sans s’en soucier, Manus marcha vers Reitas.
Reitas observa cette scène tranquillement pendant un moment, puis descendit lentement de son cheval.
Lorsqu’il fit environ deux pas vers Manus, soudain, Manus s’élança du sol et vola.
Puuuk !
Une étreinte brutale.
Manus sourit brillamment et serra Reitas brutalement dans ses bras.
« Frère ! Je suis parti et je suis revenu ! »
Une scène qui ne pouvait tout simplement pas être vue comme une étiquette de la royauté.
Mais c’était un regard honnête sans une once de mensonge.
Reitas resta immobile un moment, puis serra soigneusement le dos de Manus.
« Oui, tu as bien fait. »
Il parla d’une voix douce.
Ainsi, les frères restèrent immobiles et s’étreignirent passionnément pendant un moment.
Puis.
« Waaaaah ! »
Les citoyens poussèrent un cri incroyable.
Et en même temps.
« Manus ! Manus ! »
« Manus Pershion ! Manus Pershion ! »
Tout le monde scandait le nom de Manus.
Nulle part le nom de Reitas ne résonna.
Reitas serra étroitement Manus et enfouit sa tête sur son épaule.
Le visage qui souriait doucement se figea.
Il laissa échapper un court soupir.
« Ah… mon petit frère bien-aimé Manus, je… »
Son cœur souffrait.
« Je ne semble pas pouvoir te laisser comme ça. »
Une fois de plus, un court soupir s’échappa.
Le soupir monta sur l’épaule de Manus et disparut comme un vent.
< Vers le royaume de Pershion (3) > Fin.
Traducteur : CSV
Correcteur : Kajin
1. l’auteur a utilisé une virgule ici intentionnellement