Chapitre 749
« Comment les choses ont-elles pu en arriver là ?! »
« Je savais dès le début qu'on n'aurait jamais dû faire confiance au petit-fils de Lazarus ! »
« Les seuls responsables sont les Chefs de Sancta Vedelia — encore une décision pathétique de leur part ! »
« Vedelia Centrale ne restera pas silencieuse après ce qui se passe ici ! »
Les voix résonnaient avec acuité dans l'intérieur creux de l'Arbre Sacré d'Eden. Ce lieu, qui aurait dû être empli de musiques douces et de bénédictions pour les fiançailles de Cyril et Celeste, vibrait désormais d'une tension si épaisse qu'elle en devenait étouffante.
Les corps des envahisseurs — ces imbéciles qui avaient osé apporter le bain de sang dans le lieu le plus sacré du continent — avaient déjà été évacués, leur présence effacée. Mais les taches qu'ils avaient laissées derrière eux ne s'effaçaient pas si facilement. Du sang avait été versé à l'intérieur de l'Arbre Sacré, un crime considéré comme presque sacrilège. Même la légère odeur métallique qui persistait dans l'air suffisait à faire hérisser d'indignation chaque noble présent.
Et naturellement, quand quelque chose tournait mal, les nobles de Sancta Vedelia et de Vedelia Centrale faisaient ce qu'ils savaient faire de mieux : se rejeter la faute.
Leur relation n'avait jamais été chaleureuse, pour commencer. C'était plutôt une guerre froide à peine contenue — rendue encore pire après la Guerre d'Utopia, lorsque les forces d'Utopia avaient atteint le seuil même de Vedelia Centrale. Les nobles de Vedelia Centrale insistaient sur le fait que les Chefs de Sancta Vedelia avaient « permis » que cela arrive, et cette accusation n'avait fait qu'élargir le fossé.
Maintenant, avec ce nouveau désastre qui se déroulait durant une cérémonie de fiançailles proposée principalement par Alector et les autres Chefs… eh bien, le brasier politique ne demandait qu'à s'embraser.
« Quel désastre », grommela Albert en expirant par le nez. Il jeta un regard fatigué à Claudia. « Toute confiance qu'il nous restait envers les Chefs de Sancta Vedelia a disparu. »
« Seigneur Albert… »
« La plupart de ces Chefs n'ont même pas pris la peine de se montrer pour cette cérémonie », poursuivit Albert d'un ton tranchant. « Ne trouvez-vous pas cela le moins du monde suspect, Lady Claudia ? »
« Seigneur Albert, la cérémonie d'union a été avancée de manière inattendue », lui rappela Claudia. « Et maintenant, elle a été interrompue… ils pourraient simplement être ailleurs, à gérer leur propre crise. »
C'était l'explication polie — l'officielle.
La vérité ? Tout le monde dans la pièce savait comment se comportaient des gens comme Tanya, Alea et Reiner.
Ils détestaient Vedelia Centrale avec passion et évitaient de parler aux membres de leur conseil — surtout Albert — dès que possible. Arriver en retard juste pour les éviter était tout à fait dans leurs habitudes.
« Peut-être », dit Albert, bien que sa voix suggérât qu'il n'y croyait pas une seconde. « Quoi qu'il en soit, une fois que nous aurons surmonté cet incident, il faudra avoir une discussion très sérieuse. »
« Espérons simplement que le garçon sera neutralisé », répondit Claudia.
Aucun des deux ne doutait que Cyril serait maîtrisé. L'Arbre étant à nouveau protégé, Albert ne s'inquiétait pas particulièrement du chaos qui régnait à l'extérieur. Tant que Cyril était traité et que l'Arbre Sacré restait indemne, le reste pouvait bien brûler pour ce qu'il en avait à faire.
Et honnêtement, avec Melfina et Alector tous deux dehors, qui ne se sentirait pas en confiance ? Les deux étaient plus que capables de gérer un seul garçon renégat.
« Seigneur Albert ! Quelqu'un approche ! » cria un garde.
« C'est la Prophétesse ! »
« Laissez-la entrer », ordonna immédiatement Albert.
La foule se tut au moment où l'entrée s'ouvrit.
Celeste entra.
Des hoquets de surprise parcoururent la salle.
Sa robe de cérémonie blanche immaculée était éclaboussée de rouge, tachée par un sang qui n'était pas là quelques instants plus tôt. Ses pas étaient également un peu instables.
Elle n'était pas seule.
Un jeune garçon marchait à ses côtés, et dans les bras de Celeste… Alvara gisait inconsciente.
Le regard de Celeste glissa un instant vers le fond de la salle, là où son père et son frère étaient toujours en train d'être soignés. Ce n'est qu'après avoir confirmé qu'ils étaient entre de bonnes mains qu'elle déposa doucement Alvara sur l'une des chaises en bois sculpté, le long des racines intérieures de l'Arbre Sacré.
De près, l'état d'Alvara semblait… étrange.
Pas juste inconsciente — beaucoup trop immobile, comme quelqu'un qui avait été plongé dans un sommeil anormalement profond. Ce n'était pas seulement de l'épuisement physique. C'était contrôlé. Celeste comprit immédiatement que Kendel avait dû faire quelque chose de plus — un autre sortilège superposé au premier, garantissant que sa sœur ne se réveillerait pas de sitôt.
Le souvenir de l'expression de Kendel refit surface. Durant la Guerre d'Utopia, elle avait croisé le fer avec lui, l'avait vaincu et avait vu de ses propres yeux le genre de haine qu'il vouait à tout ce qui n'appartenait pas à sa lignée. Mais le regard qu'il portait aujourd'hui… ce n'était pas le visage d'un homme qui considérait le monde comme inférieur à lui.
C'était le visage d'un frère.
Celeste ne s'y attendait pas.
« C'est Alvara Teraquin », dit Celeste, élevant la voix juste assez pour porter à travers la foule inquiète. « Soignez-la immédiatement. De préférence des elfes — ne la touchez pas plus que nécessaire… ou plutôt, ne la touchez pas. »
Son ton était contrôlé, mais l'avertissement était clair.
Alvara détestait être touchée, particulièrement par d'autres races. Si un humain essayait de poser la main sur elle — même pour l'aider — elle pourrait réellement se réveiller et les tuer par pure répulsion instinctive.
Plusieurs nobles tressaillirent à ce rappel. Après un silence gêné et hésitant, quelques elfes finirent par s'avancer, visiblement mal à l'aise mais sachant que l'alternative était pire. Si Tanya Teraquin apprenait que sa fille avait été laissée sans soins, les conséquences seraient brutales…
Albert s'approcha discrètement, sa posture s'adoucissant d'une manière qu'il jugeait probablement rassurante.
« C'est un soulagement de vous voir vivante, Prophétesse », dit-il avec un sourire chaleureux.
Celeste le gratifia d'un simple signe de tête. Elle se détourna immédiatement, ayant l'intention de ressortir — mais Albert tendit le bras pour l'arrêter.
« Où allez-vous, Prophétesse ? »
« Pour aider à abattre Cyril », répondit-elle.
Albert cligna des yeux, puis laissa échapper un rire confus. « Vous plaisantez, j'espère. Il n'y a aucune raison pour que vous vous mettiez en danger. Nos gens s'occuperont de lui. Vous n'avez pas à vous en faire. »
« Je ne plaisante pas », dit Celeste. « Il est devenu anormalement fort. Et nous devons annuler le sortilège qu'il a lancé sur Vedelia Centrale. »
Elle fit un pas pour passer devant lui, mais plusieurs chevaliers se placèrent immédiatement sur son chemin, lui barrant la route.
La voix d'Albert devint solennelle. « Je ne peux pas vous laisser partir, Prophétesse. Vous êtes très probablement une cible pour l'ennemi. Vous perdre serait catastrophique. »
La réponse de Celeste fut glaciale.
« Ma grand-mère est morte. »
La déclaration frappa la pièce comme un coup de tonnerre.
Claudia, qui écoutait sur le côté, eut un hoquet de choc.
Celeste tourna lentement la tête, fixant Albert de ses yeux blancs, pâles et sans ciller. « Je ne resterai pas ici à me cacher comme une lâche à cause de mon titre. Si c'est ce que vous attendez d'une Prophétesse, alors trouvez-en une autre. Maintenant, bougez. »
Les chevaliers qui lui barraient la route se raidirent — puis s'écartèrent immédiatement, déglutissant avec difficulté.
Albert la regarda s'éloigner, un léger sourire étirant le coin de ses lèvres. « Quel tempérament… pour la nouvelle Prophétesse. »
Il se tourna pour partager la remarque avec Claudia — pour réaliser qu'elle avait disparu elle aussi.
***
Juste à l'extérieur de l'Arbre d'Eden, l'air tremblait depuis plusieurs longues minutes — des ondes de choc de mana, des collisions de Prana, des lames qui s'entrechoquaient, des rafales de force s'abattant contre les racines ancestrales. Le combat était assez bruyant pour faire trembler même les hautes branches.
Mais lentement… le vacarme s'estompa.
Seule une respiration saccadée subsistait.
« Ah… ah… » Percy recula en titubant, la poitrine se soulevant violemment. Son visage était pâle comme un spectre, la sueur ruisselant de sa mâchoire alors qu'il fixait Rodolf et Cylien.
Rodolf et Cylien n'étaient pas en meilleur état.
Rodolf, en particulier, semblait sur le point de s'effondrer — ses membres tremblaient, sa respiration était irrégulière — mais tous deux avaient tout de même réussi à acculer Percy jusque-là.
Le regard injecté de sang de Percy oscillait entre eux deux.
Il avait clairement sous-estimé Cylien. Elle était la sœur cadette d'Aerinwyn, après tout… et elle se battait comme telle.
« C'est fini. Abandonne, Percy ! » cria Rodolf, le fixant avec une intensité capable de percer un trou en lui.
Percy ne répondit pas tout de suite — il continua simplement à respirer, forçant l'air dans ses poumons tout en les défiant du regard.
« Cyril va se faire botter le cul », poursuivit Rodolf. « Qu'est-ce que tu comptes faire après ça ? »
Les dents de Percy se serrèrent jusqu'à en trembler. « Tu ne comprends pas. Comment pourrais-tu ? Tu passes le plus clair de ton temps à faire l'idiot, Rodolf ! » lança-t-il. « Sancta Vedelia s'effondre de l'intérieur. Quelque chose doit changer ! »
Sans plus d'hésitation, il se rua droit sur Rodolf.
Rodolf tenta de se préparer — mais il sentit une douleur perçante lui traverser l'abdomen, ralentissant sa réaction d'une fraction de seconde.
Ce qui était tout ce dont Percy avait besoin.
Cylien jaillit en avant, son épée levée dans un arc tranchant. Sa lame intercepta l'attaque de Percy, l'acier s'entrechoquant avec le Prana crépitant.
« Agh — ! » Le visage de Cylien se tordit alors que la force pure derrière le coup de Percy brisait sa garde. La vague de Prana la percuta comme un bélier, et après quelques instants de résistance, son corps fut projeté en arrière.
« Espèce de bâtard !! » rugit Rodolf, la rage s'enflammant à travers son épuisement.
Il donna un coup de pied à Percy avec tout ce qu'il lui restait — si rapide qu'il siffla dans l'air.
Percy leva son bras pour bloquer, mais au moment où le talon de Rodolf entra en contact —
-CRAC !
La douleur explosa dans son bras alors que le coup de Rodolf traversait directement sa couche de Prana.
-BAM !!
« Ughh — ! » Percy vola en arrière, s'écrasant au sol. Mais il força son corps meurtri à rouler, se propulsant du sol pour se relever —
Seulement pour être englouti par une violente rafale de vent.
Le vent de Cylien.
-BOOOOM !!
La rafale le souleva de terre et l'envoya tourbillonner dans les airs, le vent lui tailladant la peau. Il eut à peine le temps de pencher la tête avant que —
-BAM !
Le poing de Rodolf ne vienne s'écraser directement sur sa joue.
La vision de Percy explosa en blanc. Ses oreilles sifflèrent. Le monde tourna sauvagement alors que son corps s'écrasait au sol. Sa force s'écoulait de lui maintenant, se perdant dans le terreau.
Il planta ses mains tremblantes contre la terre, essayant — échouant — de se soulever.
Du sang jaillit de ses lèvres alors qu'il toussait.
Quand il leva enfin la tête, il vit Rodolf s'effondrer sur ses genoux, complètement épuisé.
« Rodolf ! » Cylien se précipita pour le rattraper, l'inquiétude peinte sur son visage.
Rodolf leva une main faiblement, signalant qu'il allait bien, et fixa Percy avec colère.
« Tu racontes des conneries sur le futur », cracha-t-il en s'essuyant le sang de la bouche, « au lieu de vivre réellement dans le présent, Percy. »
Percy le fixa en retour, bien que sa vision nageât encore.
« Sancta Vedelia ne s'effondrera que si nous le laissons faire », dit Rodolf d'un ton tranchant. « Si tu étais si inquiet à ce sujet, alors tu aurais dû chercher de vraies solutions — pas lancer une rébellion d'imbécile avec Cyril, de tous les gens ! »
Il cracha du sang sur le sol.
« C'est pour empêcher cet effondrement que je… »
« Des conneries. »
Rodolf le coupa instantanément. « Tu as essayé de tuer Jefer et Roda pour cette excuse pathétique ? »
« Je ne voulais pas !! » cria Percy en retour, la voix brisée. Son poing s'écrasa dans la terre, le sol tremblant sous la force. « Je… je ne voulais pas… je voulais juste protéger tout le monde… »
« Regarde autour de toi », dit Cylien. « Regarde la destruction que tu as causée, Percy. Même d'ici, on peut entendre les gens hurler. C'est comme ça que tu protèges Sancta Vedelia ? En la déchirant ? »
Percy se figea.
Le silence s'étira inconfortablement entre eux avant qu'il ne reprenne la parole, la voix creuse.
« C'est trop tard. Cyril… il a presque fini. »
« Rien n'est trop tard », dit Rodolf en se forçant à se redresser malgré ses jambes tremblantes. « On peut encore l'arrêter. Et il n'est pas trop tard pour toi non plus. »
Percy laissa échapper un rire vide. « Ahaha… j'ai essayé de tuer Jefer et… »
« Ouais, et tu vas payer pour ça », trancha Rodolf en boitant vers lui avec un regard noir.
Percy leva les yeux.
Il savait — là, tout de suite — qu'il pouvait encore tuer Rodolf et Cylien. Même dans son état actuel, il lui restait assez de force pour en finir avec eux.
Alors pourquoi ne bougeait-il pas ?
Pourquoi ne le voulait-il pas ?
N'avait-il pas déjà choisi le camp de Cyril ? N'avait-il pas déjà décidé d'aider à construire une « nouvelle » Sancta Vedelia ?
Alors pourquoi, au moment même où tout était censé arriver… pourquoi le regret le griffait-il soudainement ?
Il aurait dû effacer tous ses doutes, alors pourquoi maintenant…
« Pathétique », murmura Percy, le dégoût tordant sa voix.
« Ouais, tu l'es », acquiesça Rodolf sans détour, avant de tendre la main. « Alors tu vas t'excuser auprès de tout le monde, et ensuite, ton cul finira en prison. »
Percy grogna — mais alors ses pupilles se rétractèrent.
Un avertissement explosa à travers ses instincts.
« … ! »
Sans réfléchir, il poussa Rodolf de toutes ses forces. Rodolf, épuisé et déséquilibré, bascula instantanément en arrière.
-JAILLISSEMENT !!
Rodolf percuta le sol violemment et grimaça, prêt à maudire Percy — jusqu'à ce qu'il voie ça.
Percy ne se tenait plus debout.
Il était embroché.
Trois longs couteaux tranchants — non, des épées — avaient transpercé le dos de Percy pour ressortir par sa poitrine. Les lames étaient plantées précisément là où le corps de Rodolf se trouvait une seconde plus tôt.
La rage de Rodolf s'évapora instantanément, remplacée par une terreur froide et paralysante.
« Oh~ quel geste héroïque. »
Une voix désinvolte et moqueuse coupa le silence.
Rodolf et Cylien tournèrent brusquement la tête vers la source.
Là — perché nonchalamment sur une boîte rectangulaire blanche — se trouvait une silhouette vêtue d'une robe sombre, le visage caché sous des ombres profondes. Même s'ils ne pouvaient voir son expression, la malice qui rayonnait de lui leur faisait froid dans le dos.
Cylien se figea ; son souffle se coupa.
Ses jambes tremblaient de manière incontrôlable.
C'était la première fois qu'elle ressentait une telle peur.
« Percy !! » Rodolf sortit de sa stupeur et sprinta en avant. Il glissa aux côtés de Percy juste au moment où celui-ci toussait violemment, le sang s'accumulant sous lui.
Percy était à peine conscient — sa respiration courte, son corps tremblant sans contrôle.
« Rodolf !! » cria soudainement Cylien.
Rodolf leva les yeux —
Et le vit.
Quelque chose de long, sombre et incroyablement rapide fonça droit sur lui — avec l'intention de tuer.
Mais avant de l'atteindre, le projectile fut dévié.
Une petite silhouette se tenait devant lui.
« G–Grand-mère… ? » murmura Rodolf, stupéfait.
« Je suis bien trop jeune pour ces conneries », grommela Beatrice, les yeux plissés dangereusement vers la silhouette ombragée.
« Ne bougez pas. »
La voix venait de derrière Rodolf.
Il se tourna pour voir Namys agenouillée à côté de Percy, les mains brillant d'une lumière curative et le visage grave de concentration.
Beatrice leva son épée vers la silhouette mystérieuse. Son aura s'aiguisa, elle abaissa sa posture.
« Qui es-tu ? » demanda-t-elle.
Elle ne se faisait pas d'illusions — elle ne pouvait pas gagner contre lui.
La pression qui émanait de lui était très claire.
Un Demi-Dieu.
Et pas un de bas rang.
La silhouette gloussa doucement.
« Mes manières », dit-il en plaçant une main sur sa poitrine avec une politesse exagérée. Un sourire maléfique s'étira sous son masque. « Je m'appelle Jack Rengel. Un plaisir. »
« Jack Rengel… ? » Beatrice plissa les yeux.
Ce nom lui semblait… vaguement familier.
Où l'avait-elle entendu ?
« Es-tu avec Cyril ? » demanda-t-elle.
« Pas du tout », répondit Jack avec un rire dédaigneux. « Je suis simplement ici en tant que spectateur. »
« Un spectateur ? » répéta Beatrice, incrédule.
« Bien sûr. » Le ton de Jack était amusé. « Je ne manquerais pour rien au monde une journée aussi magnifiquement chaotique. »
Le regard de Beatrice tomba sur la boîte rectangulaire blanche sur laquelle il était accroupi.
Elle se raidit.
Elle ne se sentait pas capable de protéger Rodolf, Cylien ou Percy s'il décidait d'attaquer à nouveau.
Jack pencha la tête, la lisant comme un livre ouvert.
« J'aurais adoré voir sa réaction », murmura Jack, les yeux glissant vers Rodolf, « en voyant l'un de ses anciens camarades mort. Il semble que personne ne l'accompagnera dans la mort, alors. »
Le visage de Rodolf se tordit. « De quoi tu parles, bordel ? »
Jack ne répondit pas.
Au lieu de cela, lui — et la boîte blanche — s'élevèrent doucement dans les airs.
Puis ils dérivèrent au loin, disparaissant dans la distance.
« Espèce de bâtard !! » cria Rodolf, faisant un pas en avant —
Seulement pour que Beatrice l'attrape par le col.
« Espèce d'idiot. Tu veux mourir ? » lança-t-elle.
« Mais… qui c'était, bordel ?! » grogna Rodolf.
« Je ne sais pas… » dit doucement Beatrice, son expression profondément troublée.
Mais une chose était certaine.
Cet homme était un problème — quelque chose de bien pire et de bien plus sombre que tout ce qu'elle avait jamais rencontré.
Pendant ce temps, Jack, planant dans le ciel sous le dôme cramoisi, affichait un sourire plus large, regardant la boîte blanche sur laquelle il se tenait.
« Aujourd'hui, un nouveau Roi d'Ymir s'élève. »