Chapitre 9
Itoî et Vars coururent vers leur mère en faisant la course. Uyan, lui, resta figé.
Plus qu’étonné par ce que Vars lui avait révélé, il était effrayé.
Ce n’est pas possible… Moi qui pensais avoir quelques facilités en magie utilitaire, Vars est d’un tout autre niveau… Cela dépasse l’entendement.
— Uyan ? Tu vas bien ? demanda sa mère après s’être approchée de lui.
— Tu trembles. Tu es malade ? s’inquiéta-t-elle.
Uyan cessa de réfléchir et regarda sa mère pour la rassurer.
— Non, maman. C’est juste qu’on se racontait des histoires terrifiantes avec les autres. Il y en a une qui m’a fait peur, c’est tout.
Noémie fronça les sourcils, doutant de la véracité de ses paroles.
— Hmm… Vraiiiment ?
— Mais ouiii ! C’est vrai, maman ! répondit Uyan en se dirigeant vers la maison.
Noémie sourit.
— Bon, d’accord, d’accord, je te crois. Allez, va t’asseoir pour que je puisse servir tout le monde.
Ils rentrèrent dans la maison. Uyan s’installa à table avec ses frères et Noémie ôta les couvercles pour les servir.
— Maman ?
— Oui, Kaelle ?
— Tu sais si papa va rentrer aujourd’hui ou pas ? demanda Kaelle.
— Non, il ne rentrera pas avant trois jours.
— Encore ? Papa travaille trop ! protesta-t-elle.
Noémie rit tout en servant les enfants.
— On est d’accord ! Mais normalement, votre père aura ensuite une semaine de vacances. Nous pensions aller chez papy avant de partir en vacances à la mer.
Kaelle sauta de joie en entendant la nouvelle.
— En vrai ? C’est super ! Ça fait un moment qu’on n’a pas vu papy. Il faudra que je lui montre les maquettes que j’ai dessinées !
Uyan souffla bruyamment.
— Pouah, je déteste la mer.
— T’aimes rien, toi, dit Itoî en rigolant.
— C’est pas vrai ! rétorqua Uyan en fronçant les sourcils, vexé.
— Allons, allons, ne t’inquiète pas, Uyan. Nous aurons deux parasols. Et j’ai un petit cadeau pour ton anniversaire : il devrait te faire plaisir, dit Noémie en souriant après avoir fini de servir tout le monde.
Les yeux écarquillés, Uyan se tourna vers sa mère.
— Non, attends, maman… T’as quand même pas…
Sa mère s’assit et lui adressa un sourire.
— Si, c’est bien ça. Tu sais, le fameux livre, et un jeu qui te fait de l’œil depuis un moment.
Uyan se leva et sauta de joie à son tour.
— Youhouuu ! Vive le printemps et vivement le début de l’été !
Tout le monde éclata de rire, puis ils continuèrent à manger.
Après le repas, Noémie demanda aux enfants de débarrasser la table et de déposer la vaisselle dans l’évier. Puis elle annonça :
— Les enfants, j’ai aussi un autre cadeau pour vous.
Les enfants posèrent la vaisselle et se tournèrent vers leur mère.
— Un autre cadeau ? demandèrent les trois garçons, curieux.
— Kaelle, tu peux apporter la boîte, s’il te plaît ? demanda Noémie.
— Oui, maman, j’arrive tout de suite ! répondit-elle en allant chercher la boîte.
Elle l’ouvrit devant les yeux ébahis des enfants.
— Wouah ! firent-ils, émerveillés.
— C’est tout brillant ! s’exclama Itoî.
— Bah, en même temps, ce sont des cristaux, répondit Uyan, ennuyé.
— Des cristaux ! Des cristaux ! Des cristaux ! répétait Vars en sautillant dans tous les sens.
— Ce sont des amulettes. Elles sont là pour vous protéger, expliqua Noémie en sortant la première.
— Celle-ci est pour toi, Vars. Elle est verte, comme tes jolis yeux. Approche-toi, je vais te l’attacher.
Vars s’approcha. Noémie écarta ses longs cheveux pour fixer correctement l’amulette autour de son cou.
— Merci, maman, elle est superbe ! dit Vars avec un grand sourire.
— De rien, mon cœur. Viens, Kaelle, à ton tour.
— Ah, j’en ai une aussi ? demanda-t-elle, un peu étonnée.
— Bien sûr que tu en as une ! Tu es ma seule fille et tu mérites, toi aussi, d’avoir une amulette, répondit Noémie en souriant.
Kaelle rougit légèrement et dégagea ses cheveux pour aider sa mère à la lui attacher.
— Merci, maman, dit-elle avec un sourire timide.
— Viens, mon petit rouge, lança Noémie au plus petit.
— O-Oui, maman, répondit Uyan en avançant timidement. Il imita sa sœur et dégagea ses cheveux.
Noémie lui passa l’amulette autour du cou et caressa la tête de son petit garçon.
— Tu l’aimes bien ? demanda-t-elle en souriant.
— O-Oui ! La couleur grise du cristal est superbe ! Merci, maman ! répondit Uyan avec un sourire timide.
— À ton tour, mon petit Itoî.
— Youhouu !
Itoî arriva en sautillant vers sa mère, qui lui attacha une amulette ornée d’un cristal bleu clair.
— Porte-la précieusement, d’accord, mon cœur ? dit Noémie en lui caressant d’abord la tête, puis la joue.
— Oui, m'man ! Merci ! répondit Itoî avec un grand sourire.
— Bon, allez, zou ! Allez jouer dans le jardin ! s’exclama-t-elle avec énergie.
— Oui, maman ! répondirent les enfants.
Les garçons sortirent à nouveau prendre l’air.
— J’espère que cela suffira, murmura Noémie avec inquiétude.
Kaelle caressa le dos de sa mère pour l’aider à se détendre.
— Ne t’inquiète pas, maman, ça va aller, je te le promets, répondit-elle pour la rassurer.
— Merci, mon cœur, répondit Noémie avant de jeter un coup d’œil à sa montre.
Elle indiquait 13 h 48.
J’espère que Silvester a bien mangé.