Chapitre 42
Le jeune garçon esquissa un léger sourire avant d'esquiver de peu la sphère. Celle-ci effleura son épaule droite, ce qui déchira un peu son haut, et il saignait un peu.
Putain ! Ça m'a quand même touché. Mine de rien, ça me ralentit salement, ces vêtements !
La sphère s'en alla tout droit jusqu'à exploser contre plusieurs arbres, avant de produire une légère explosion qui incisa plusieurs arbres dans un rayon de trois mètres. Vars se tourna brusquement et écarquilla les yeux.
Si cette sphère m'avait touché, j'aurais été grièvement blessé. Papy ne va pas de main morte avec moi.
Itoî resta bouche bée. Il trembla d'excitation.
C'est quoi cette merde ?
Il serra le poing et s'écria :
— Allez Vars, putain ! J'ai envie de me battre aussi !
Vars tourna la tête vers son frère et sourit.
— T'inquiète pas, je vais en—
Erwin se propulsa vers Vars. Son corps était entouré de vent, ce qui semblait l'accélérer. Il asséna un coup si violent que Vars fut propulsé à plusieurs mètres, dans la même direction que la sphère.
Le coup mit Vars K.O pendant un instant. Il reprit ses esprits alors qu'il était encore dans les airs. Son nez était cassé et il saignait abondamment. Il leva la tête vers l'avant et ouvrit grand ses bras.
Pas de soucis, Papy. Allez, on va jouer comme ça.
Un salto avant. Il plaqua violemment sa main par terre, glissant sur une vingtaine de centimètres sous la puissance de l'impact. Aussitôt, il joignit les mains et martela le sol de toutes ses forces.
— Thorns of the Briar Queen, Velena !
Tel un déluge, quatre ronces aux épines écarlates se mirent à jaillir de terre, fonçant droit sur Erwin.
— C'est ça que je veux, gamin ! hurla Erwin.
Les mains jointes dans une posture de prière solennelle, il invoqua :
— Ô Dieu de l'air, Cazhaer ! Toi qui redonnes l'espoir aux âmes désespérées et offres des ailes aux êtres cloués au sol... Viens à moi !
Soudain, une paire d'ailes éthérées se déploya de son dos. Une aura pure, fusion magique d'air et de lumière éclatante, émana de son corps.
Il bondit violemment, ce qui fracassa la dalle et la fissura en deux. Il se retrouva dans les airs en train de planer.
Bon, va falloir que je termine rapidement. Le petit Vars semble être bien plus loin qu'il y a quatre ans.
— Hahahaha ! Papy, c'est encore trop tôt pour devenir un ange ! dit Vars en rigolant aux éclats. Il ne pouvait plus tenir en place, son cœur battait la chamade. Il était si excité qu'il plaqua rapidement sa main de nouveau par terre.
— Titan's Green Grasp !
Une main géante sortit du sol juste en dessous du garçon, ce qui souleva Vars dans les airs. Lui et son grand-père étaient séparés d'une vingtaine de mètres, mais à la même hauteur.
Tousse, tousse.
Vars plaqua sa main contre sa bouche.
Putain, ça recommence… Je dois en finir rapidement.
Il pointa son index droit devant lui, ciblant son grand-père, avant de le lever à quarante-cinq degrés, puis de finir son geste à la verticale, juste au-dessus de sa tête.
— The Three Verdant Arcs !
D'un geste vif, il lança un sortilège pour sectionner net le bras géant de racines. Puis, après un instant de silence, le regard inflexible, il tendit les mains en avant comme pour intimer l'ordre de s'arrêter. Il les ramena brièvement vers sa poitrine avant de les projeter brusquement.
— The Hostile Wind Wall !
Un mur de vent avança brusquement en dégageant tout le passage et en envoyant valser les lianes.
Le tronc du bras vert commença à tomber. Celui-ci avait un germe qui poussa petit à petit avant d'éjecter une petite liane qui se projeta vers Erwin, mais celui-ci l'esquiva facilement.
Erwin rit :
— Hahaha ! Tu vises où, Vars ?
Vars tomba de la main et commença à s'écraser vers le sol.
— C'est fini, bien joué Vars, dit Erwin.
— Fini ? Ah bon ? Regarde en haut. La troisième liane qui est tout simplement allée vers le soleil, dit Vars en se laissant tomber avant de lancer un sort. Le tronc était d'ailleurs tombé tout près de lui.
— Bouncing Blossom !
Une fleur trampoline apparut au sol pour que Vars ne s'écrase pas. Il tourna pendant son saut vers le ciel et mima un pistolet avec sa main.
— Seed Ball Gun !
Il tira trois balles en graines vers Erwin qui avait dirigé son regard vers la liane, mais celle-ci fut coupée par le mur de vent qui avait fini son parcours. Erwin l'esquiva aisément, mais au même instant...
Vars sourit avant de lancer un dernier sort :
— Éclose, petite graine !
La fleur-graine éclot en une petite fleur rose qui lâcha un léger gaz somnifère.
— Mince ! dit le grand-père.
Il mit ses mains à sa bouche, mais la particularité de cette graine est qu'elle s'infiltre directement via les pores de la peau. Elle n'est guère un puissant paralysant ou somnifère. Néanmoins, elle étourdit un peu la personne qui est en contact avec celle-ci.
Que m'arrive-t-il ? J'ai légèrement sommeil, mais c'est très faible. Pourquoi a-t-il —
— Liane, grossis maintenant !
En effet, il restait légèrement de mana dans la liane. Elle quadrupla de volume, devint aussi épaisse qu'un gros tronc d'arbre et s'abattit vers Erwin, après avoir été coupée par le mur de vent.
Les paupières d'Erwin se fermèrent pendant un instant, mais cet instant suffit pour que la liane soit à deux doigts de l'écraser.
— The 4 Wind Cuts !
s'écria Erwin avec hâte, avant de découper en plusieurs morceaux la liane qui tomba sur lui. Il esquiva de justesse, sauf qu'un morceau toucha légèrement son épaule.
Merde !
Erwin applaudit.
— Bien joué, tu m'as vaincu !
Vars rit.
— Papy ! Je t'ai à peine effleuré, tu n'as même pas d'égratignure.
— Oui, mais tu m'as néanmoins touché. Si tu n'étais pas à court de mana, j'aurais perdu sur ça, n'est-ce pas ? Après tout, tu arrives à activer tes sorts à très grande distance.
Vars sourit tout en sautillant sur son trampoline.
— Héhé ! Possible !
Itoî, qui était spectateur de toute la scène, était bouche bée. Il transpirait d'excitation mais aussi d'angoisse.
— C'est… C'est des monstres, dit-il d'une petite voix.
Erwin atterrit tranquillement après le combat. Vars sauta de sa fleur trampoline avant d'atterrir aux côtés de son grand-père. Erwin le prit d'un bras pour le ramener vers lui avant de lui frotter violemment les cheveux.
— Petit coquin va ! Tu t'es tellement amélioré ! dit le grand-père avant d'éclater de rire.
Vars rougit. Il était fier de sa prestation, mais son regard était ardent : il voulait devenir encore plus fort.
— Bon, allez, va t'asseoir, Vars. D'ailleurs, va boire un peu d'eau, il y a une cruche et des verres sur la table à côté d'Itoî.
Le garçon hocha la tête et se hâta vers la table.
— Bon, allez, à ton tour, Itoî !
Vars et Itoî se regardèrent. Le blondinet leva sa main et son frère checka.
— Et c'est partiii ! s'écria Itoî en bondissant de sa chaise avant de courir vers la dalle qui servait d'arène.