Chapitre 28
Chapitre 28
Vars tapait du pied sur le sol. Il attendait depuis vingt minutes à l’extérieur.
Tousse, tousse.
— Pfiouh… J’ai dû attraper froid entre-temps. Bon, ils arrivent quand ?
Le grand-père et Itoî sortirent de la maison. Le grand-père apportait le sac que Vars lui avait donné précédemment.
— Ah, vous voilà ! dit Vars, soulagé.
Itoî avait changé de vêtements. Il portait un tee-shirt noir et un short bleu foncé. Une petite pochette était attachée sur sa gauche, et il portait le sac que Vars avait confectionné et que son grand-père avait rempli.
Dans la poche de son short, il semblait y avoir quelque chose : un objet long et fin.
Vars, intrigué, demanda à son frère ce qu’il avait dans sa poche.
— Tu le sauras quand le moment sera venu ! répondit Itoî avec un grand sourire.
Le grand-père prit les jeunes garçons dans ses bras :
— Mes petits, faites très attention à vous là-bas. Je vous ai mis des boulettes de riz dans vos sacs pour si vous avez faim en chemin. J’ai également ajouté un feu de détresse. Si vous avez vraiment besoin d’aide, je ferai tout mon possible pour vous secourir. D’accord ?
Il embrassa les deux garçons sur la tête. Ils lui sourirent, puis s’éloignèrent en direction de la forêt Torturée tout en lui faisant leurs adieux :
— Promis, Papy, on rentrera vivants ! dit Vars.
— Ouais, t’inquiète pas, Papy ! ajouta Itoî en souriant.
Vars regarda Itoî, qui avançait en souriant :
— Itoî, coûte que coûte, tu ne dois pas enlever le collier de Maman et tu ne dois jamais tomber dans le piège du démon qui est en toi. D’accord ?
Itoî hocha la tête et répondit :
— T’inquiète pas ! Je ne tomberai plus dans son piège ! Je veux progresser par moi-même !
Vars sourit :
— T’inquiète pas, Itoî. On s’entraînera ensemble pour que tu deviennes plus fort. Papy est aussi là pour ça. Ne cède simplement pas aux tentations de cette chose.
Itoî semblait déjà ailleurs. Il sautillait et essayait d’attraper un papillon.
— Ha ! Allez ! Hop ! Je l’ai ! Hahaha, regarde, Vars, je l’ai ! dit Itoî en montrant le papillon.
Celui-ci était blanc et possédait de longues antennes rouges.
Vars sourit :
— Pas mal ! Je suis sûr que je peux en attraper un plus gros et plus beau !
Les garçons avancèrent peu à peu vers la forêt Torturée tout en s’amusant à attraper des insectes et des papillons. Le chemin semblait plutôt tranquille, voire apaisant. La forêt était luxuriante et pourtant, aucune présence hostile ne se manifestait.
— Vars, quand est-ce qu’on arrive dans la forêt Torturée ? Ça fait déjà une heure qu’on marche, demanda Itoî, qui semblait presque s’ennuyer.
Vars se mit à réfléchir. Ses yeux s’ouvrirent soudain en grand et il se tourna brusquement vers Itoî :
— Attention !
Vars sauta violemment sur Itoî afin de le repousser.
Une fraction de seconde plus tard, une bête féroce bondit à l’endroit même où Itoî se trouvait. C’était un Tigoora, et un gros spécimen. Cette bête ressemblait à un mélange de tigre et de lion. Elle possédait également une paire d’ailes angéliques, ce qui créait un contraste assez étrange. Le Tigoora faisait partie de la très grande famille des chimères.
Vars dit alors :
— Itoî, reste caché ! Cette bête est beaucoup plus dangereuse qu’un Quashti ! Je vais en finir rapidement !
Itoî hocha vivement la tête avant de se cacher dans un buisson situé entre les arbres.
Vars se releva immédiatement et lança un regard meurtrier à la bête :
— On est déjà dans la forêt Torturée. Je ne m’en étais simplement pas rendu compte !
La bête grogna :
BRRPPFF… GRRR !
Elle gratta le sol de ses pattes acérées avant de lancer de la terre en direction de Vars. Le Tigoora était bien plus petit qu’un Quashti : il ne mesurait que trois mètres de long. Cependant, sa vitesse et son agressivité le rendaient bien plus redoutable.
Vars comprit immédiatement la stratégie de la bête. Il se lança à travers les mottes de terre qu’elle avait projetées, puis sauta suffisamment haut au milieu de leur trajectoire pour les esquiver.
Mais il voulait surtout éviter le Tigoora qui courait derrière. En effet, celui-ci avait prévu d’utiliser le nuage de terre comme une ombre dans laquelle il pourrait se fondre.
— C’est fini !
Vars incanta à une vitesse fulgurante avant de lancer :
— The Three Pillars !
Trois gros piliers de pierre jaillirent du sol en direction du Tigoora, qui les esquiva habilement.
Merde !
Le Tigoora se rua directement sur Vars, qui commençait à retomber après son saut. C’en était fini de lui si la bête le rattrapait.
À cet instant, Itoî sortit du buisson et cria :
— Ferme les yeux, Vars !
Vars comprit immédiatement et ferma les yeux. Itoî lança violemment une graine de lumière en direction du Tigoora, qui avait tourné la tête vers lui.
— Scintilla lucis !
La graine explosa et produisit un flash léger, mais efficace vu la très courte distance qui la séparait des yeux du Tigoora.
— Maintenant ! cria Itoî.
Vars ouvrit les yeux et lança un sort :
— Verdant Slap !
Deux grosses feuilles épaisses se matérialisèrent. Vars joignit les mains, comme s’il voulait écraser quelque chose.
Et cette chose fut le Tigoora.
Le coup fut si puissant que les feuilles éclatèrent en même temps que le Tigoora, qui fut aplati avec une violence indescriptible. On pouvait à peine distinguer ses os, brisés en plusieurs morceaux. L’impact avait éclaboussé de rouge les arbres alentour.
Vars respira bruyamment. Il semblait excité.
— WOOO ! s’écria-t-il.
Itoî rigola en voyant son frère.
— Checke-moi cette main ! dit Itoî.
— C’était incroyable, petit frère ! Hahaha ! dit Vars avec enthousiasme.
Son regard était si ardent qu’il aurait pu, à lui seul, embraser toute la forêt. Il tapa violemment dans la main d’Itoî.
— Wow ! Tu m’as complètement détruit la main ! dit Itoî en soufflant sur sa main devenue toute rouge.
— Sans toi, j’étais dans un sale état. Merci, dit Vars.
Itoî sourit en plaçant ses mains derrière sa tête tout en avançant.
— De rien, Vars !
Les deux garçons avancèrent tranquillement dans la forêt, qui semblait déjà porter son nom.