Chapitre 27
Chapitre 27
Après leur course, les enfants se jetèrent dans les bras les uns des autres. C'était une belle récompense après toutes les épreuves qu'ils avaient traversées.
C'est alors que leur grand-père sortit de la maison :
— Kaelle ? Qu'est-ce que c'est que tout ce bazar ? Tout va bi—
Il s'interrompit en voyant ses petits-fils. Les larmes lui montèrent aux yeux et il s'écria :
— Les enfants !
Les jeunes garçons aperçurent leur grand-père. Ils coururent vers lui tous les trois et lui sautèrent dans les bras, au point de le faire tomber.
— Papyyy !!!
Le vieil homme rit tout en pleurant :
— Hahaha ! Je croyais que je vous avais perdus, mes petits ! Vous ne savez pas à quel point je suis heureux de vous voir !
— Papy, nous aussi, on est super heureux de te voir ! s'écria Uyan.
Le vieil homme caressa les cheveux du petit garçon en souriant, puis dit :
— Hahaha ! Mon petit préféré !
— Moi aussi, Papy ! Tu m'as manqué ! dit Itoî en rigolant.
Le grand-père tira la joue d'Itoî en souriant :
— Hahaha, petit monstre ! Plus de bêtises comme avant, hein !
Vars sourit, prit un ton sérieux et dit à son grand-père :
— Papy, j'aimerais discuter de plusieurs choses avec toi en privé, si possible, ce soir.
Le vieil homme cessa de sourire et répondit à son petit-fils :
— Tu dois te poser beaucoup de questions, ce que je comprends. Nous en discuterons tous ensemble après avoir mangé un bon repas. Puis, si tu as d'autres questions plus personnelles, nous verrons cela dans la soirée ! dit-il en souriant.
Vars hocha la tête avec un sourire.
Kaelle arriva en courant pour aider son grand-père à se relever :
— Papy, tu vas bien ?
Le vieil homme sourit et se releva avec l'aide de sa petite-fille :
— Oui, oui, tout va bien ! Va chercher quelques légumes frais dans le potager derrière la maison.
Kaelle hocha la tête et courut chercher des légumes.
Uyan pointa le poulailler :
— Oh, Papy, t'as des poules ? Depuis quand ? demanda-t-il, intrigué.
— Ah, ça ne fait pas longtemps. Et ce ne sont pas des poules classiques, vous savez ! Ce sont des poules à queue verte ! Vous voulez les voir ?
— Oui ! répondirent les trois garçons, les yeux brillants de curiosité.
Ils se rendirent devant le poulailler.
— Oooh !!!
— Vous avez vu ? Elles sont jolies, hein ? Et ça, c'est un coq bleu à la crête dorée !
— Papy ! C'est quoi, ces trois oiseaux ? demanda Itoî, très excité.
— Ah, ces trois-là ? Ce sont des Canottes ! Elles ressemblent à des canards, sauf qu'elles sont plus petites et plus craintives.
Les Canottes prirent peur quand Itoî voulut s'approcher et s'envolèrent.
— Tu vois ? dit le grand-père en souriant.
Les garçons regardèrent les Canottes s'envoler.
— Mais ne vous inquiétez pas, elles reviendront. Elles sont très fidèles à leur maître.
Le grand-père entra dans le petit enclos pour ramasser quelques œufs frais.
— Bon, allez, on va manger un morceau ! Kaelle a sûrement déjà préparé les légumes entre-temps !
Les garçons hochèrent la tête, puis Vars demanda :
— Papy, j'ai une requête urgente. Nous avons pu sortir de la forêt enneigée grâce à une bête. Cette bête a maintenant besoin de notre aide. La pauvre a perdu ses petits et je pense que ce sont des braconniers qui les ont enlevés.
Le vieil homme hocha la tête :
— Une bête, hein… Un Quashti, j'imagine ?
Vars, surpris, lui demanda :
— Comment tu le sais, Papy ?!
Papy lui sourit et répondit :
— J'ai entendu du bruit hier soir, lorsque je suis allé aux toilettes. C'était tard : il devait être environ trois heures du matin. C'étaient probablement les braconniers.
— Et ils n'ont pas essayé de cambrioler la maison ?
Le vieil homme rit :
— Hahaha ! Cela aurait pu être possible si je n'avais pas été présent, sans parler des trois barrières que j'ai mises en place. La première camoufle complètement la présence de la maison : c'est une barrière de camouflage visuel. La deuxième efface la présence du mana et de l'énergie humaine. La troisième protège contre les attaques physiques et magiques.
Vars fut étonné par les précautions prises par son grand-père :
— Pourquoi autant de précautions, Papy ?
Le vieil homme prit un ton sérieux et dit :
— Sauve les petits de cette pauvre bête, et je t'expliquerai le destin des Evekius, mon garçon.
Vars demanda dans quelle direction les braconniers étaient partis, car la maison était entourée par la forêt.
— Mon garçon, puisque tu es arrivé de l'ouest, tu connais déjà la forêt enneigée située juste au sud de notre maison. C'est la forêt Pompotta, une forêt très paisible. À l'est se trouve la forêt Torturée. Malheureusement, les braconniers sont partis en direction de cette dernière, mais ils ne doivent pas être très loin. C'est une immense forêt. Fais très attention là-bas. Même si j'ai confiance en tes capacités, cela reste un endroit dangereux.
Vars réfléchit :
La forêt Torturée, hein… Soit ils sont très stupides, soit ils sont suffisamment forts pour survivre dans cette forêt…
Itoî accourut vers son grand-père et Vars :
— Je viens aussi, Vars !
Vars semblait contrarié, mais puisqu'il avait déjà accepté, il soupira avant de répondre :
— Oui, je sais. Prends un petit sac à dos et on y va tout de suite.
Le grand-père posa une main sur l'épaule d'Itoî et demanda :
— Mon petit, connais-tu déjà un élément ?
Itoî baissa les yeux avant de répondre :
— Je… Non.
— Je n'ai pas entendu, mon garçon. Dis-moi, connais-tu quelques sorts pour te défendre ?
Itoî cria, les larmes aux yeux :
— Non, Papy ! Je ne connais rien ! Mais je veux apprendre !
Le grand-père tapota l'épaule de son petit-fils en souriant :
— Allons, allons ! Ne t'inquiète pas, ça viendra avec le temps. Mais suis-moi un instant, je t'en prie. Je vais aussi te chercher un sac, Vars.
— Non merci, Papy ! Ne t'inquiète pas !
Le vieil homme sourit et dit :
— Vu ta hâte, tu ne vas sûrement pas attendre pour manger, hein ? Laisse-moi au moins te préparer de quoi manger !
Vars accepta avec un sourire. Il créa deux petits sacs grâce à son élément Nature et en donna un à Itoî et l'autre à son grand-père.
Le vieil homme éclata de rire :
— Hahaha ! Tu es vraiment un petit génie pour fabriquer des objets aussi complexes sans la moindre incantation.
Vars rougit et rit :
— Héhéhé, merci, Papy !
Itoî et le vieil homme rentrèrent dans la maison quelques minutes plus tard. Itoî donna son sac à son grand-père. Ce dernier alla dans sa chambre et y glissa le quelques objets et nourriture. Itoî se rendit dans la cuisine pour avaler quelques cuillerées.
Kaelle l'interpella :
— Tu vas où ? Mange avant d'aller jouer !
Itoî répondit la bouche pleine :
— Non, c'est urgent, désolé, Grande sœur !
Uyan dit alors :
— Vars et Itoî ont un petit truc à régler, Kaelle. Une question de promesse, dit-il en mangeant une cuillerée de riz.
Les légumes cuisaient encore et le poulet de la veille finissait de chauffer. Il semblait presque prêt.
— Une question de promesse, hein ? dit Kaelle avec un sourire. Tu es devenu un peu plus ouvert, hein, Uyan ?
Itoî sourit tandis qu'Uyan rougissait en entendant sa sœur.
— J'essaie juste de changer !
— Attends, Itoî, dit Kaelle.
Elle saisit une cuisse de poulet et la lui donna :
— Tiens, mange avant de partir. Vars peut attendre un peu, dit-elle en souriant.
Itoî mangea en remerciant sa sœur, tandis qu'elle se lavait rapidement les mains.
— Dis, tu as bien le collier de Maman, hein ?
— Ouais !
— Ne l'enlève jamais, Itoî. Je ne plaisante pas avec ça. Tu sais sûrement pourquoi.
Itoî baissa les yeux un instant. Il pensait que, d'une certaine manière, il était un poids pour sa famille à cause du démon qu'il avait en lui.
— Je dis ça pour te protéger, Itoî, pas pour nous protéger, d'accord ? dit Kaelle en remettant les couvercles en place, puis en venant caresser la tête de son petit frère.
Itoî sourit et répondit :
— Oui, Grande sœur ! Allez, j'y va.
Le grand-père appela Itoî depuis sa chambre :
— Mon garçon ! Viens ici, j'ai préparé ton sac. Enfile-le, puis viens : je vais t'expliquer ce que j'ai mis dedans !
— J'arrive, Papy !