Chapitre 25
Chapitre 25
Itoî et Uyan se retournèrent et aperçurent une grande bête qui se cachait derrière les arbres.
Qu'est-ce que c'était ?
— Qu'est-ce que c'est ?! demanda Uyan, terrifié.
— Ne me dis pas que… dit Itoî.
— C'est le Quashti ! crièrent les deux garçons en s'enlaçant de peur.
Vars rit :
— Ouais, hahaha ! C'est le Quashti. Il semblerait qu'elle me respecte depuis que je l'ai vaincue ! dit Vars, fier de sa performance pendant le combat.
Itoî et Uyan se regardèrent, quelque peu étonnés, puis se rappelèrent le phénomène qu'était leur grand frère. Ils haussèrent les épaules : cela leur semblait presque normal. Vars était « hors norme ».
Vars regarda ses deux frères, les yeux brillants, puis dit joyeusement :
— Les gars ! Titi va nous montrer le chemin ! Elle sait où Papy habite, ou du moins, elle connaît la sortie de cette forêt !
— Titi ? demanda Uyan, intrigué.
— Me dis pas que t'as quand même donné un nom au Quashti, hahaha ! dit Itoî en rigolant.
— Si ! Allez, Titi, viens ! dit Vars en souriant et en lui faisant signe.
Le Quashti sortit timidement de derrière les arbres où elle s'était cachée, puis courut faire un câlin à Vars.
Woooorgh…
— Hahaha ! Doucement, Titi, doucement !
Le Quashti frotta sa tête contre celle de Vars en signe d'affection, puis le hissa sur son épaule.
Uyan et Itoî se regardèrent d'un air gêné.
— Hah ha… Bon, on peut y aller ? demanda Uyan.
Titi hocha la tête, mais elle semblait aussi vouloir dessiner quelque chose sur le sol. Elle traça trois petits cercles, puis un grand. Elle pointa ce dernier du doigt, puis se désigna elle-même, avant de désigner les trois petits cercles.
Une nouvelle fois, elle se tapota la poitrine à deux reprises. Elle mima ensuite quelqu'un qui pleurait, puis traça un trait séparant les trois petits cercles du grand.
Itoî et Uyan ne comprenaient pas.
Uyan demanda alors :
— C'est nous, les trois petits cercles ?
Titi secoua la tête de gauche à droite, puis se tapota de nouveau la poitrine avant de désigner quelque chose de petit avec ses mains.
Itoî se gratta la tête, puis dit :
— T'as perdu quelque chose ?
Le Quashti hocha la tête.
Vars sauta de son épaule, puis regarda les deux garçons et Titi en souriant :
— J'ai compris !
Itoî et Uyan se regardèrent et pensèrent, stupéfaits :
Il a compris ?!
Puis ils haussèrent les épaules.
Bof, c'est Vars.
Ils regardèrent leur frère avec curiosité.
— Oui, j'ai vraiment compris, les gars ! Ce que Titi veut dire, c'est qu'elle a perdu ses petits ! C'est une maman. On devrait l'aider !
Titi hocha rapidement la tête, puis se mit à danser en se balançant de gauche à droite. Ses pas firent trembler le sol et la neige tomba des arbres, révélant leur écorce sombre et brillante. Il semblerait que Vars ait vu juste.
Titi prit Vars et les deux autres garçons pour les installer sur son épaule.
— Waouh ! dit Uyan avec appréhension.
— Doucement, j'ai peur du vide ! continua-t-il.
Itoî rigola tout en étant transporté jusqu'à l'épaule du Quashti.
— Hahaha ! C'est amusant ! dit Itoî, qui semblait apprécier ce petit moment.
Vars demanda à Titi si elle avait une idée de l'endroit où se trouvaient ses petits.
Titi secoua doucement la tête. Elle semblait attristée.
— Écoute, je te promets de les retrouver, mais il faut que je sache où ils sont. Dépose-nous près de chez Papy. J'aimerais aussi que tu me donnes quelques poils de ta fourrure. Je pense que je pourrais m'en servir pour les retrouver, dit-il.
Titi hocha la tête, puis arracha quelques poils de son pelage. Vars les prit et les rangea dans sa poche.
— Tu as déjà cherché dans le coin, Titi ? demanda Itoî en souriant.
Elle hocha frénétiquement la tête, comme pour dire qu'elle avait fouillé la forêt de fond en comble.
Vars la regarda, puis demanda :
— Tu les as perdus il y a longtemps ?
Elle secoua la tête, leva un doigt, puis avança doucement en direction de la maison du grand-père des enfants.
— Une semaine ? demanda Uyan.
Titi secoua la tête.
— Un jour, dit Vars en réfléchissant.
Titi hocha la tête.
Si Titi a perdu ses petits il y a seulement un jour, c'est encore possible. Il y a deux possibilités : soit des bêtes encore plus puissantes qu'un Quashti les ont attaqués, soit ce sont des humains. Cela expliquerait pourquoi Titi nous a attaqués. Les Quashtis sont territoriaux. Pourtant, nous n'étions pas dans son territoire : Titi cherchait ses petits. Je dois en conclure qu'ils ont probablement subi plusieurs attaques de la part de personnes venues dans la forêt. Personne n'est assez fou pour venir ici pendant cette saison.
— Tu penses à quoi, Vars ? demanda Itoî, intrigué.
— Je pense que ce sont des braconniers, répondit-il.
— Des braconniers ?! s'écrièrent Itoî et Uyan.
— Ouais. Ça expliquerait pourquoi Titi était méfiante quand elle nous a vus pour la première fois.
— Mais c'est un vrai labyrinthe, ici ! Personne ne viendrait dans un endroit pareil, rétorqua Itoî.
Vars regarda les garçons, puis dit :
— Ouais, c'est vrai. Sauf qu'il y a trois jours, nous n'étions pas encore dans la saison des illusions.
— La saison des illusions ? demanda Itoî.
— J'en ai déjà entendu parler. Cette saison apparaît de manière quelque peu aléatoire dans les grandes forêts. C'est un phénomène assez rare. On n'a vraiment pas eu de chance.
— Et elle fait quoi, cette saison ? demanda Itoî.
— Elle rend la température complètement imprévisible. Les monstres deviennent plus hostiles à cause de ce dérèglement, et les températures atteignent surtout des extrêmes. Ainsi, lorsqu'il y a des visiteurs dans la forêt pendant cette saison, il leur est tout simplement impossible d'en sortir vivants.
Vars ajouta doucement :
— Ce qui est bizarre, c'est que, d'après ce que Titi m'a expliqué sur la forêt, celle-ci n'était pas comme ça il y a deux jours. Nous n'étions donc pas encore entrés dans la saison des illusions… Et maintenant, les températures sont redevenues normales… Du moins, suffisamment normales.
Uyan hocha la tête, puis dit :
— Je comprends ce que tu veux dire. Avec Itoî, nous étions également étonnés par ce phénomène.
Vars murmura d'un air pensif :
— Qu'est-ce qui a provoqué ça ?…
Titi continua d'avancer d'un air triste. Vars lui caressa la tête en disant :
— T'inquiète pas, Titi ! On va retrouver tes petits ! Promis !
Puis il lui adressa un grand sourire.
Le Quashti sembla reprendre courage et se mit à chanter :
Wah wOh Woh gAH gAh… !
Itoî et Uyan se bouchèrent les oreilles.
— S'il te plaît, Titi, arrête… dirent les deux garçons.
Vars rit. Le Quashti rougit, ce qui donna à son pelage une légère teinte rouge, comme lorsqu'elle était en colère. Puis elle se mit à rire à son tour :
Gah gah gah gah !
Vars se replongea dans ses pensées :
Mais qui peut être assez idiot pour s'attaquer à des Quashtis ? Et surtout aux petits de cette femelle ?