Chapitre 81
Chapitre 81
Traductrice : Moonkissed
Auteur: Baek Deok-soo
Autocollant tatouage.
C’était quelque chose que j’avais reçu comme service bonus de la part du <Moonlight Tattoo Shop>.
« – Est-ce qu’il y a un symbole là-dedans qui représente le courage ou l’audace d’affronter les choses sans peur ? »
En réponse à cette question, le tatoueur m’avait recommandé un motif représentant un plant de tomates….
Et ce motif avait été fidèlement reproduit sur l’autocollant.
Le tatouage que je porte actuellement sur le cou.
« ……. »
En réalité, il produisait bien à peu près les effets auxquels je m’attendais.
J’avais l’impression que le centre de la peur dans mon cerveau était paralysé, et les phénomènes surnaturels ne me faisaient plus peur.
Exactement comme l’équipe D… oui.
…Comme le directeur adjoint Eun Haje et le superviseur Park Minseong autrefois.
J’avais envie d’explorer ces phénomènes surnaturels terrifiants avec un calme et une audace tels qu’on aurait dit que mes tripes allaient sortir.
Mais.
« ……? »
Je clignai des yeux à l’intérieur du casier.
Ça n’a pas l’air de fonctionner… ?
Je pensai aux élèves qui me poursuivaient.
C’est terrifiant à un niveau absurde.
Je repensai à cette mascotte lapin folle rencontrée dans l’histoire de fantômes du parc d’attractions.
J’en eus des frissons.
Je me rappelai du fantôme de l’histoire du Spectre Vengeur, qui prétendait être humain tout en sanglotant derrière la porte.
……Terrifiant !!
Tout ce à quoi je pensais me donnait des frissons.
C-c’est pas une arnaque ?
Ou alors j’avais mal collé le sticker ? Honnêtement, je n’avais jamais utilisé d’autocollant tatouage avant, donc je ne pouvais pas savoir.
Mais dans tous les cas, impossible de vérifier maintenant.
« ……. »
Merde.
Peu importe, je dois suivre le plan.
Maintenant que « le professeur » a quitté le quatrième étage, c’est ma chance.
Il est sûrement descendu.
Au final, j’avalai ma salive avant de sortir du casier.
…Bien sûr, ce qui m’attendait dehors allait être horrible.
Comme les taches de sang et les morceaux du superviseur de l’équipe D mort juste avant devaient probablement être éparpillés partout, je me préparai mentalement avant de sortir….
…….
« …? »
Une tomate ?
Attends une seconde.
Je quittai rapidement la salle des professeurs et montai au cinquième étage.
Là….
La raison pour laquelle j’avais évité le cinquième étage jusqu’à maintenant s’étalait clairement devant mes yeux.
Aaaah !
Les murs du cinquième étage étaient désormais recouverts de pages d’anciens albums scolaires.
Et les élèves sur les photos tendaient les bras vers l’extérieur avec des expressions d’agonie.
Aaaah !
À travers les morceaux déchirés des pages, on pouvait voir des masses de chair se tortiller.
Un facteur provoquant une énorme tension mentale et une panique immédiate chez quiconque mettait les pieds au cinquième étage.
En vérité, cela ressemblait moins à une école qu’à un monde alternatif grotesquement déformé.
Là où auraient dû se trouver les lumières, une lueur rouge pulsait.
Mais….
C’est une tomate.
Ha.
Hahaha !
Mais c’est quoi cette folie !?
Là où devraient se trouver des têtes humaines, il n’y a que des tomates !
Non, ce n’est pas qu’ils ne ressemblent pas à des humains.
Les gens sur les photos de l’album ? Ils ressemblent tous à des humains. Des humains aux visages déformés par la douleur, hurlant d’agonie !
Mais ils donnent simplement l’impression d’être des tomates.
La voix rationnelle dans ma tête me disant qu’il n’y a aucune raison d’associer cela à la peur devient elle-même une émotion.
Oui, c’est exactement cette sensation….
Ce n’est rien.
Hahaha….
Plus j’avançais dans le couloir, plus les albums scolaires remontaient loin dans le passé, et plus les diplômés fondaient en formes grotesques et inhumaines figées dans les murs.
D’étranges talismans et morceaux de chair pulsaient sur les murs et le plafond.
Puis, une voix.
Je suis désolé, désolé d’avoir déchiré le talisman que j’ai déterré derrière l’école. Je suis un élève du lycée ■■, nous préparions la cérémonie de remise des diplômes, pardon… non, non ! La cérémonie n’est pas un rituel, ce n’est pas un sacrifice, non !! Sauvez-moi, sauvez-m—
C’était du lore issu de l’univers du jeu.
L’entendre maintenant ne changeait plus rien.
Je marchais dans le couloir comme lors d’une simple promenade dans la rue… voire avec encore plus de plaisir.
Parce que tout ressemblait à des tomates, et c’était franchement drôle.
Et au bout du couloir, je m’arrêtai devant une immense porte sur la droite.
Une élégante porte métallique turquoise.
Dans cet enfer grotesque qu’était devenu le cinquième étage, cette porte seule était restée intacte.
C’était l’entrée de l’auditorium.
Le lieu où se déroule le dernier chapitre du jeu.
<Pendant la cérémonie de remise des diplômes>
Seuls les diplômés peuvent frapper et entrer.
Je lus la note imprimée sur une feuille A4.
Mais attends, je suis censé être un élève de première année, classe 5. Je ne suis pas diplômé, non ?
Ce genre de gimmick s’ouvre avec un objet.
Et justement, je l’avais déjà.
Quelque chose qu’on n’obtiendrait normalement qu’après avoir terminé entièrement le jeu et atteint le dernier chapitre.
Voulez-vous utiliser la « Décoration de badge nominatif » ?
Évidemment.
Toc toc.
J’épinglai la Décoration de badge nominatif sur ma poitrine puis frappai à la porte de l’auditorium.
Alors l’immense porte glissa doucement devant moi.
« ……. »
Des centaines d’élèves de troisième année assis dans des centaines de sièges tournèrent la tête vers moi.
Les diplômés de cette année.
À moitié fondus et fusionnés avec leurs sièges, incapables de se lever, des larmes noires semblables à de l’encre coulaient de leurs visages dépourvus d’yeux.
Mais….
Aucune émotion autre que la pitié ne monta en moi.
Après tout, dans cette situation, ressentir uniquement de la pitié était approprié.
Ils ne peuvent pas me faire de mal.
La peur irrationnelle avait été remplacée par des tomates, et je marchai entre les rangées de sièges.
Vers l’immense scène située en face de moi, où pendait une bannière de cérémonie de remise des diplômes.
Pas, pas.
À mesure que j’avançais, les diplômés tournaient lentement la tête pour me fixer derrière moi….
Je montai sur la scène de l’auditorium.
Puis je saisis le micro placé au centre et déclarai :
« Commençons la cérémonie de remise des diplômes. »
[Ding-dong, deng-dong]
Comme si elle n’attendait que cela, une musique cérémonielle majestueuse et lumineuse commença à résonner immédiatement.
La musique de remise des diplômes jouait….
À cet instant.
Aaaaaaaaah !
Des hurlements éclatèrent et tourbillonnèrent dans tout l’auditorium.
Aaaaaaaaah !
Comme si son enveloppe se déchirait, l’apparence intacte de l’auditorium fut arrachée, révélant sa forme grotesque et déformée.
Les visions horribles aperçues dans le couloir du cinquième étage surgirent.
Comme si elles lançaient une ultime révolte désespérée, ces images se précipitèrent vers moi, comme pour punir celui qui essayait de ruiner leurs plans.
Mais cela ne me faisait absolument rien.
Parce que tout ressemblait à des tomates.
Et le véritable danger ne faisait que commencer.
Il arrive.
Pour forcer l’élève ayant égoïstement commencé la cérémonie à s’asseoir dans les sièges sous la scène.
Pas, pas, pas, pas, pas, pas, pas, pas, pas, pas, pas, pas, pas, pas, pas.
Le bruit de pas montant frénétiquement depuis l’étage inférieur.
Le professeur arrive.
Tout va bien.
Je vais faire tout ce que j’ai à faire avant qu’il n’arrive.
Je sortis de ma poche un auto-injecteur en forme de stylo et me l’injectai dans l’avant-bras.
Happy Maker.
L’analgésique ultra-puissant à usage unique émit un adorable « Ding-dong » artificiel pendant que le liquide lumineux contenu dans la fiole entrait dans mon sang.
Une vitalité douce, légère et rafraîchissante traversa immédiatement tout mon corps.
Comme par magie.
Bien.
En même temps, je mis deux bonbons Nostalgie dans ma bouche.
N’en prenez pas plus de trois à la fois !
Vous pourriez sombrer trop profondément dans la nostalgie !
Oui. J’avais suivi les instructions.
À présent, j’étais dans un état incroyablement calme et parfait.
Phew.
Le moment était venu.
Bam.
Quelque chose força le passage à travers l’entrebâillement de la porte de l’auditorium.
« Le professeur » poussa une main difforme recouverte d’un tableau noir à travers l’ouverture, tordant le métal avant d’arracher complètement la porte.
Craquement, grincement.
La porte froissée tomba au sol.
Puis sa silhouette apparut.
Aaaaaaaaah !
Une gigantesque forme humaine.
Mais ce n’était qu’une silhouette.
On aurait dit plusieurs professeurs écrasés, fusionnés puis forcés dans un moule afin de reproduire vaguement une forme humaine.
Un monstre de chair avec des bras sur la tête, une tête sur les épaules et des épaules sur les genoux.
Il entra dans l’auditorium en produisant des pas étrangement précis….
Pas, pas, pas, pas, pas.
Des tableaux noirs, des manuels scolaires, des registres d’élèves, de la craie et des lunettes étaient attachés au hasard à son corps, remuant de façon malsaine à chaque mouvement.
Depuis la scène opposée, je regardais cette horreur capable de faire frissonner n’importe qui….
« ……. »
Seul mon esprit de compétition bouillonnait.
Je dois passer au travers pour rentrer chez moi et remplir le collecteur….
Très bien.
Cette situation exige de l’acharnement, pas de la peur !
Le tatouage sur mon cou chauffa, faisant bouillir mon estomac, mon cœur et ma tête.
Ah.
Je comprends maintenant.
L’effet de cet autocollant tatouage, c’est….
L’euphorie.
Une montée d’adrénaline débordante.
Cette euphorie qui vous pousse à foncer tête baissée quand vous avez un objectif ou quelque chose que vous désirez !
Et cette sensation qui accompagne le tout, transformant tout en tomate !
Je peux le faire.
Sans hésiter, j’attrapai le micro de l’auditorium et fixai l’avant.
Swish.
J’esquivai.
Non, en réalité, j’avais été touché, mais au lieu d’être décapité, seule la moitié de ma main droite avait disparu.
« ...! »
J’étais un peu surpris, mais je ne ressentais aucune douleur.
Aucun choc mental non plus !
C’était simplement comme regarder une tomate écrasée.
Le courage permettant à la raison de triompher de l’instinct. Et une détermination brûlante.
Je vais réussir, quoi qu’il arrive.
…Vous saviez ça ?
En réalité, ce jeu d’horreur n’est pas orienté action.
Même si des compétences basiques de gameplay sont nécessaires pour les poursuites, il s’agit surtout d’un jeu d’énigmes et de déduction.
Et dans cette phase finale, l’élève-joueur utilise toutes les capacités acquises pendant la partie.
Comme dans un puzzle, il fallait contrer les attaques du professeur tout en tenant le micro jusqu’à la fin de la chanson de remise des diplômes.
Mais en tant qu’explorateur, cette progression est impossible pour moi.
Je ne fais qu’emprunter un uniforme scolaire ; je ne suis pas un véritable élève.
Mais.
Je peux répondre autrement.
Je sortis un pistolet en verre.
Aaaaaaaaaaaaaaahhhhhh !
Le petit pistolet transparent reçu de l’agent du Bureau de gestion des catastrophes montra enfin son efficacité.
La balle frappa l’épaule du professeur, provoquant un hurlement de douleur.
Mais cela ne semblait pas lui infliger beaucoup de dégâts.
Bon, ce n’était pas exactement un équipement haut de gamme.
Peu importe.
Je voulais juste fausser sa précision… !
Swish.
Mon pied gauche fut tranché par le tableau noir rouillé qui arrivait.
« ···! »
Malgré cela, je ne bougeai pas.
Je restai simplement debout, agrippé au micro.
Le sang jaillit et inonda la scène.
« ...... »
Oui. Il est impossible, avec une force humaine normale, d’esquiver ou de surmonter les attaques de ce monstre.
Après tout, je ne suis pas le chef Lézard.
Mais ça ne veut pas dire qu’il n’existe aucune solution.
Il suffit d’abandonner certaines choses.
Bam.
Le reste de ma main droite disparut jusqu’au poignet.
Je m’en fichai et tirai à nouveau avec ma main gauche.
Aaaaaaaaaaaaaaaaaaah !
Écoutez le professeeeeeeeeeeeeeur ! Asseyez-vous à votre placeeeeeeeeeee ! Je vais diriger la remise des diplômeeeeeeeeeees !
Encore.
Aaaaaaaaaaaaaaaaaah !
Ma cuisse gauche éclata.
J’endurai.
Swish.
Mes deux jambes disparurent.
Plus de balles.
Je glissai au sol et m’accrochai au micro sur pied.
Swish.
La main gauche tenant le micro et le pistolet fut sectionnée.
Mais mon corps suspendu resta accroché à la barre du micro.
Swish.
En utilisant ce qu’il restait de mon coude gauche, je remontai le long du micro.
Le sang jaillissait violemment de mon épaule.
« ..... »
Puis….
Hein ?
Le son de la musique de remise des diplômes disparut.
Maintenant !
Alors que « le professeur » levait à nouveau son monstrueux tableau noir de chair.
Je criai dans le micro.
« Félicitations pour votre remise de diplôme. »
.......
À cet instant.
L’auditorium se remplit de pixels holographiques semblables à des pétales de fleurs.
Eyaiaaaaaaaaah
Le professeur fondit en poussant un cri mourant avant de disparaître.
Les formes grotesques et déformées qui recouvraient l’auditorium disparurent elles aussi comme consumées par les flammes.
Même les sièges qui retenaient prisonniers les élèves.
Waaaaaah !!
Les élèves de troisième année, désormais libérés, explosèrent hors de l’auditorium.
Leurs yeux étaient maintenant remplis de larmes et de joie.
Dans la « mauvaise fin » originale, ils devenaient tous des serviteurs du professeur, quittant l’auditorium comme des zombies.
Ils tuaient même tous les explorateurs restants….
...Cette fois, la fin a changé.
Je relevai la tête.
Alors que les rideaux de l’auditorium s’ouvraient, une chaude lumière jaune et rouge pénétra doucement depuis les fenêtres….
C’était l’aube.
« ...... »
Un pop-up apparut.
Happy Ending 02 : La Remise des Diplômes de la Libération
Alors voilà donc la fin.
Puis une évaluation de ma dernière partie apparut en bas de l’écran.
Happy Ending 02 : La Remise des Diplômes de la Libération.
Évaluation : A.
Je vérifiai le Collecteur de Rêves.
Un liquide doré étincelant le remplissait….
Une teinte vive et hypnotique, exactement comme lors du Talk Show de Mardi.
─ A ou plus.
Je l’ai fait.
Un immense sentiment d’accomplissement m’envahit.
J’avalai le dernier morceau de bonbon sur ma langue et souris alors que ma conscience s’effaçait peu à peu.
Maintenant, je vais me réveiller. Non, retourner à moi-même allongé dans mon lit.
Histoire de fantômes n°1 terminée avec succès et évasion accomplie !
Très bien.
Je sombre dans un sommeil paisible, me réveillant le matin….
…….
…….
…….
...Je suis revenu ?
Hein ? Le manuel semble être revenu à l’intérieur de mon tatouage !
Je devrais le sortir ?
Attends.
Depuis quand est-ce que j’entends cette voix ?
Non, ce n’est pas que je l’entends….
C’est moi qui parle.
…….
Depuis quand le manuel réside-t-il dans mon tatouage ?
Pourquoi ai-je balayé si naturellement les pensées soudaines et droites du professeur ?
Pourquoi moi, qui pensais « j’irai au Bureau de Consultation du Renard après la prochaine exploration », ai-je soudainement rejeté cette idée sans y réfléchir, sous prétexte d’effets secondaires ?
Pourquoi ai-je fini par considérer l’entité inquiétante et inconnue que j’ai invoquée comme un « ami bienveillant » et comme la présence avec laquelle je me sens le plus à l’aise ?
Sans le moindre malaise biologique ni instinct de prudence ?
……
……!!.
Non.
Je ne peux pas me laisser consumer comme ça !
Mais les doutes s’effacent déjà.
Alors que l’effet des bonbons Nostalgie disparaît, le moi du présent reprit sa place !
La corruption afflue… !!
Dans cette sensation floue de réveil après le sommeil, je luttai désespérément.
Kim Sol-eum !!
Souviens-toi. N’oublie pas !!
Tu as été contaminé….
« Huff. »
Wow.
« J’ai cru que j’allais mourir. »
J’ouvris les yeux, trempé de sueur froide.
Un profond soupir de soulagement s’échappa de mes lèvres.
Quoi qu’il en soit, je l’ai fait.
Mais en même temps, un frisson me parcourut, comme si j’avais oublié quelque chose.......
« – ……. »
« – Tu t’es réveillé.... Mon ami. »
……
….!!
Aaaaah !
Je me relevai précipitamment et sauvai immédiatement Braun, qui était sur le point d’être écrasé sous l’oreiller !
C’était moins une.
« Désolé ! »
Puis je me laissai retomber sur le lit.
Entre fatigue et confort mêlés, un léger sourire apparut sur mes lèvres.
Quoi qu’il en soit... il semble que je sois revenu sain et sauf !