Chapitre 78
Chapitre 78
Traductrice : Moonkissed
Auteur: Baek Deok-soo
Le sombre couloir du quatrième étage.
Des élèves alignés comme des mannequins.
Et moi, avançant pas à pas tout en calculant soigneusement la portée des bras des élèves.
Phew.
D’abord, je dépliai l’objet soigneusement rangé dans ma poche et l’enroulai autour de mes zones vitales.
Une pièce « d’armure » achetée à la boutique alien.
Code d’emballage : 12B357.
L’emballage souple se glissa sous mon uniforme scolaire.
La série Nostalgia ne soigne ni les blessures ni la contamination subies pendant son utilisation.
Je dois être encore plus prudent à partir de maintenant.
Je me déplaçai avec précaution, en veillant à ne jamais empiéter sur les territoires des mannequins.
Comme l’espace que j’occupais était réduit, c’était finalement un peu plus simple.
Avancer seul comme ça augmentait peut-être même mes chances de survie au quatrième étage.
« ……. »
Je me demande si l’Agent Bronze et M. Jang Heo-un sont arrivés sains et saufs.
Ils vont probablement chercher à se regrouper avec d’autres.
L’agent n’était pas assez stupide pour monter au cinquième étage avec seulement deux personnes, donc ils chercheraient sûrement d’autres survivants au quatrième.
Vu l’atmosphère, il ne semblait pas non plus qu’ils allaient prendre M. Jang Heo-un comme prisonnier.
Même s’ils le font, j’ai vraiment fait tout ce que j’ai pu, mon ami….
Et ainsi, j’atteignis le bout du couloir.
« Phew. »
J’arrivai devant l’escalier que j’avais auparavant monté avec mon collègue et l’agent.
Puis….
Je recommençai à descendre les marches.
[3F]
Je revenais sur mes pas.
Pourquoi, demandez-vous ?
Pour être totalement honnête, je n’ai pas vraiment besoin des objets d’information disséminés dans cette école.
Parce que tout est déjà dans ma tête.
J’ai déjà tout obtenu et tout vu.
Je sais tout, jusqu’au moment exact où cette histoire de fantômes se termine.
Pourquoi l’école est devenue ainsi, quel est le thème de cette légende, et ce que sont réellement ces élèves.
Alors, la seule chose dont j’ai véritablement besoin est unique.
L’objet-clé qui permettra d’obtenir la meilleure fin possible.
Et maintenant, je vais le récupérer.
*À cette heure-ci… il devrait déjà avoir été « créé ». *
Je m’arrêtai sur le palier.
Le troisième étage en dessous était étrangement silencieux.
« ……. »
Parce que tout était devenu des cadavres.
Sous les lumières éclatantes, des corps ensanglantés, atrocement mutilés, étaient exposés de façon grotesque.
On aurait dit que la majorité des élèves en uniforme de cet étage étaient morts.
Les agents encore vivants ont probablement déjà changé d’endroit.
Et au moins, les élèves qui avaient envahi la salle des professeurs semblaient avoir été immobilisés puis signalés dans l’annonce de l’incident mortel.
« Phew. »
Au-delà de l’horreur, j’avais l’impression d’être au cœur d’un site sinistré où des dizaines de personnes avaient péri.
Calme-toi.
Ce n’est qu’un rêve… juste un rêve….
Je continuai à me le répéter en descendant les escaliers, balayant rapidement du regard les deux extrémités du couloir ainsi que la salle des professeurs en face.
Puis j’aperçus ma cible.
Clignement.
Le bref instant où mon regard se détourna.
Un élève dont la posture avait changé se trouvait dans la salle des professeurs.
« ...! »
Évidemment, il ne m’avait pas suivi.
Cet élève était déjà dans un état bien trop horrible pour ça.
Ses deux bras étaient brisés, l’une de ses jambes souffrait d’une fracture ouverte, et son ventre était couvert de sang.
Cependant, il semblait encore avoir suffisamment de « conscience » pour incliner légèrement la tête dans ma direction….
« ……. »
Je regardai autour de moi.
Aucun signe d’apparition d’autres élèves… parfait.
Très bien.
Je me dirigeai vers la salle des professeurs.
Et je m’approchai de l’élève effondré près de l’entrée.
Avec ses cheveux décolorés et ses piercings, il avait l’apparence typique d’un délinquant, mais ses blessures effaçaient complètement cette impression.
« ……. »
Wow, ça paraît vraiment complètement fou.
J’attrapai « l’élève » à deux mains et le hissai sur mon épaule.
« Phew. »
Le porter sur mon épaule le faisait sortir de mon champ de vision, alors je le transportai plutôt comme un sac.
Ça me rend dingue.
Transporter ainsi une machine meurtrière pesant plusieurs dizaines de kilos n’était pas simple mentalement.
Heureusement, mon corps était en excellente condition grâce au Bonbon Nostalgie qui roulait encore dans ma bouche.
Et… voici la destination.
J’avais déjà l’itinéraire parfaitement dessiné dans ma tête.
Avec ce chaos, les élèves du troisième étage seraient rares, mais autant se dépêcher juste au cas où.
Je coinçai la lampe torche entre mes dents, m’appuyai contre le mur et avançai.
La puissante lumière illuminait tout le couloir, panne ou non.
Malgré cela, le décor couvert de sang était étouffant.
Puis.
[Infirmerie]
Ma destination apparut enfin.
Grincement.
Je laissai silencieusement tomber au sol le badge nominatif que mon collègue m’avait donné, puis j’ouvris doucement la porte avant d’entrer dans l’infirmerie.
Trois lits alignés près de la fenêtre, chacun séparé par des rideaux, apparurent devant moi.
Des silhouettes humaines étaient déjà visibles derrière deux d’entre eux.
« ……. »
J’avançai lentement.
Mon regard se posa sur la note écrite sur le tableau blanc près de la porte de l’infirmerie pendant que je passais.
Les élèves blessés pendant le cours de sport doivent s’allonger sur le lit et attendre l’arrivée de l’infirmière !
« ……. »
C’était étrange.
C’est ça.
C’était l’indice qui m’avait poussé à continuer la rédaction des rapports d’exploration de cette histoire de fantômes.
Le douzième rapport laissé par la personne précédente.
Rapport d’exploration n°12
L’assistante Kang Ji-woo est entrée dans l’infirmerie et a allongé le blessé (Superviseur Park Cha-on) sur un lit vide conformément aux instructions.
Aucun phénomène anormal ne s’est produit.
Par la suite, tout le monde a été tué par l’entité étudiante qui les avait poursuivis jusque dans l’infirmerie.
Parce qu’au moment où j’ai lu ça, j’ai remarqué qu’il y avait une faille quelque part.
On aurait dit que l’auteur précédent l’avait laissée volontairement.
Dans le contexte de cette légende, les explorateurs sont des « élèves venus d’une autre école ».
Donc des étrangers.
Alors….
– Que se passerait-il si j’allongeais un véritable élève du lycée technique Sekwang ?
Cette question et les idées qu’elle a fait naître m’ont poussé à écrire le treizième rapport d’exploration….
Mon cœur battait à toute vitesse.
Sous l’effet d’un mélange de tension, de peur et d’anticipation.
Je pris une profonde inspiration puis ouvris le rideau du seul lit sans silhouette.
Ensuite, j’allongeai l’élève sur le lit propre qui apparut.
Des images se superposèrent dans mon esprit.
Les phrases du rapport d’exploration que j’avais rédigé.
Rapport d’exploration n°13
(omis)
Le membre du personnel ■■■ a réussi à attirer une entité étudiante blessée avec un civil.
Après l’avoir maîtrisée, ils sont entrés dans l’infirmerie et l’ont allongée sur un lit.
Pendant le processus, le badge nominatif n’a pas été retiré.
L’élève aurait peut-être pu bouger ses articulations si je l’y avais forcé, mais il restait dans une position maladroite.
Je le recouvris d’une couverture puis quittai brièvement l’infirmerie, attendant plusieurs secondes dans le couloir ensanglanté tout en essayant de calmer les battements furieux de mon cœur.
Après ça.
Quand j’eus fini d’attendre, je frappai légèrement à la porte de l’infirmerie avant d’entrer….
Et je vis l’entité étudiante blessée allongée sur le lit en tenue de sport, après avoir reçu de véritables premiers soins.
Exactement comme dans ce que j’avais lu.
« ……. »
Entre admiration et peur, je m’approchai du seul lit dont le rideau était encore ouvert.
L’élève aux cheveux décolorés que j’avais apporté était allongé tranquillement sur le lit, vêtu d’un uniforme de sport.
Son corps était couvert de bandages et d’attelles.
Il ne me regardait même pas.
À partir d’ici….
Le rapport original indiquait que l’objet avait été trouvé « après avoir fouillé soigneusement les environs ».
Grincement.
J’ouvris immédiatement le tiroir de la table de chevet.
À l’intérieur se trouvait un uniforme scolaire soigneusement plié.
[Lycée Technique Sekwang]
C’était l’uniforme scolaire de l’élève allongé sur le lit.
Les boutons manquaient et certaines parties étaient usées, mais étrangement, le sang et les taches avaient été parfaitement nettoyés….
Ha.
Mon cœur battait follement.
Sans regarder l’élève allongé sur le lit, j’attrapai rapidement une feuille A4 de l’infirmerie et me mis à écrire.
Je vais juste emprunter cet uniforme un instant.
– Le nouvel élève transféré qui vous a amené à l’infirmerie.
Je pliai soigneusement la feuille, la déposai dans le tiroir à la place de l’uniforme, puis pris ce dernier.
« ……. »
Quand je tournai la tête, l’élève était toujours allongé là, les yeux fermés, vêtu de sa tenue de sport.
Comme profondément endormi.
C’est bon.
Je me déshabillai rapidement.
Puis je jetai mon uniforme scolaire d’origine par la fenêtre de l’infirmerie avant d’enfiler l’uniforme « emprunté » du lycée technique Sekwang.
Heureusement, il m’allait parfaitement puisque nous avions une morphologie similaire.
Une fois l’ancien uniforme enfilé.
Grincement.
« ……. »
Le bruit d’un tiroir qui s’ouvre retentit derrière moi.
Quand je me retournai, une réponse avait été écrite sur la note que j’avais laissée dans le tiroir.
Tu es dans quelle année et quelle classe ?
« ……. »
J’avalai difficilement ma salive avant d’écrire d’une main tremblante.
Le même profil que j’avais inscrit au dos de ma photo scolaire pour entrer ici.
Et le nom de la classe dans laquelle je m’étais réveillé.
1ère année, classe 5.
À cet instant.
Le monde entier sombra dans les ténèbres.
« …..! »
Une obscurité totale, privée du moindre point lumineux, m’aveugla brièvement avant que mes yeux ne s’habituent et commencent à distinguer faiblement les contours du monde.
Les lumières de secours et la faible lueur d’une horloge LED dessinaient à peine l’espace… l’infirmerie de l’école.
Puis.
Tap, tap.
« …! »
Quelqu’un me tapota l’épaule.
Je tournai la tête.
L’élève assis sur le lit avec un air ennuyé me tapotait l’épaule.
L’élève aux cheveux décolorés retira naturellement sa main avant de bouger.
Oui.
Naturellement.
Avec des gestes incroyablement humains, il prit la feuille A4 et le stylo que je tenais, bougea son bras bandé et griffonna un message avant de me le tendre.
Un élève transféré, hein ?
Pauvre type malchanceux.
Puis il se rallongea sur le lit.
Comme quelqu’un essayant simplement de se rendormir.
« ……. »
Le visage figé, je me relevai.
Grincement.
Je quittai l’infirmerie.
Le monde était toujours plongé dans l’obscurité.
Mais étrangement, tout semblait d’une clarté saisissante….
J’avais l’impression d’être dans un état de concentration extrême, capable de voir jusqu’aux particules de poussière flottant dans l’air.
Une étrange confiance semblait émaner de l’uniforme et s’installer dans mon cœur.
« ……. »
Je marchai dans le couloir puis ramassai le badge nominatif que j’avais laissé tomber avant d’entrer dans l’infirmerie, le glissant dans ma poche.
[■■■]
Le badge semblait étrangement briller, contrairement à avant.
Et bizarrement, même dans cet environnement sombre, sanglant et immonde, je ne ressentais aucune peur.
Mais….
Je vis quelque chose au bout du couloir.
« …! »
Quelque chose observait depuis la classe 2-7.
La silhouette était clairement humaine.
Mais tout son corps se tordait grotesquement.
C’était terrifiant, comme un pixel buggé devenu vivant, rappelant un goule sortie d’un film d’horreur.
Vêtus de divers uniformes en décomposition, ils ressemblaient à des erreurs implantées par mégarde dans le monde….*
Et au moment où ils me regardèrent.
« …! »
Je m’arrêtai.
Mon corps et ma tête semblaient paralysés, incapables de bouger.
Le monde se déformait, vacillait… quelque chose clochait.
Ces choses ne devraient pas être ici.
La peur de voir mon existence menacée, la volonté de l’ennemi de me détruire, s’enracinèrent profondément dans mes instincts.
Au moment où j’eus l’impression que tout en moi allait se retourner.
Clignement.
« ...!! »
Soudain, comme un éclair, le monde entier s’illumina.
Avec cette vision redevenue claire, je me précipitai instinctivement en avant.
Les monstres ressemblant à des bugs, aveuglés par cette lumière brutale, ne pouvaient pas me regarder !
À présent, ils bougeaient très lentement, très lentement….
Je peux les éliminer ici !
« ...... »
Je réussis de justesse à arrêter mes pas.
Je réprimai de force l’envie de les poursuivre.
La douceur du bonbon roulant sur ma langue me ramena à la raison….
Et l’instant suivant.
Clignement.
Avant même que je m’en rende compte, le monde replongea dans des ténèbres absolues.
Et quand je croisai de nouveau le regard du monstre.
Avant que je ne réalise quoi que ce soit, ils étaient déjà en train de descendre lentement les escaliers au bout du couloir… me laissant derrière eux.
« ...... »
Tout mon corps était trempé de sueur.
Mes poings serrés tremblaient comme si je venais à peine de survivre à un violent manque.
Mais je pouvais supporter cela parce que j’avais déjà lu cette scène et que je l’expérimentais désormais moi-même.
Il n’y avait aucune confusion. Seulement une confirmation.
…Alors c’était donc ça.
Vous avez compris ? Ces monstres que je viens de voir étaient les explorateurs eux-mêmes.
Des gens qui, il y a encore quelques instants, étaient exactement dans la même situation que moi, entraînés dans cette histoire de fantômes.
Et moi…
En obtenant et en portant l’uniforme du lycée technique Sekwang avec la permission d’un élève, un explorateur peut lui aussi jouer le rôle d’un élève dans cette histoire de fantômes.
Je suis maintenant un élève du lycée technique Sekwang.