Chapitre 2 239
Han Fei ignorait comment Li Shenhao, si tapageur et vaniteux, avait intégré l’équipe de Bai Ranran.
Quoi qu’il en soit, il était certainement moins stupide qu’il en avait l’air. Sinon, Bai Ranran ne l’aurait pas accepté.
Pourtant, à entendre son nom, son nom de famille et sa façon de se comporter, Han Fei ne put s’empêcher de demander : « Qui est-ce ? »
Avant que Bai Ranran ait pu le présenter, Li Shenhao gloussa et se frotta les mains. « Frère Fengliu, je viens de la ferme numéro dix-huit. Li Dacai est mon père. Cela fait longtemps que je vous admire, Frère Fengliu. Vous avez réussi à traverser seul l’Arène des Charognards, et je vous admire vraiment pour ça. Prenez bien soin de moi pendant ce voyage… Notre famille Li ne compte pas beaucoup de membres. J’ai trois cent quatre-vingt-six frères, mais je suis le seul à pouvoir participer à cette Compétition des dix mille ans. Hélas, le sort de toute la famille repose sur mes épaules… »
Tout en parlant, Li Shenhao sortit tranquillement une Coquille étoilée et la glissa dans la main de Han Fei, comme s’il n’en avait jamais tenu une.
!!
Han Fei voulut refuser, mais lorsqu’il l’examina avec sa perception, il découvrit que la Coquille étoilée contenait vingt millions de cristaux d’énergie, plus d’un milliard de pierres spirituelles de qualité supérieure et dix mille catties d’Eau de source des veines terrestres.
Même pour un simple cadeau, c’était beaucoup trop. Le revenu annuel de Xue Fei, qui gardait la ferme numéro quatre-vingts, n’était pas tellement supérieur.
Han Fei allait la rendre, mais il changea d’avis. Pourquoi refuser les ressources qui venaient à lui ?
Li Shenhao ne jeta même pas un regard à la Coquille étoilée ; il contempla Han Fei en souriant tout du long. En voyant que celui-ci ne la lui rendait pas, il se rappela aussitôt les paroles de son père : dans ce monde, l’argent pouvait tout acheter. Si l’on avait assez peu de honte pour distribuer son argent, on n’y perdait rien, même si les gens le refusaient. Tout le monde vous prenait pour un faible, et vous pouviez ainsi dissimuler votre véritable nature.
Li Shenhao en était convaincu. Voyez : même Ye Fengliu, ce glaçon, avait accepté son pot-de-vin.
Tout en fourrant son cadeau dans la main de Han Fei, Li Shenhao poursuivit : « Franchement, Frère Fengliu, Sœur Ying, patronne Ranran, Frère Hong, vous avez tous laissé tomber une Coquille étoilée tout à l’heure ? Quelle étourderie ! Heureusement que je les ai ramassées pour vous… »
Sur ces mots, Li Shenhao s’apprêta à glisser des Coquilles étoilées dans les mains de Pan Ying, de Bai Ranran et de Tian Hong.
Le visage de Pan Ying s’assombrit aussitôt. « Reprends-la. »
La bouche de Bai Ranran tressaillit. « Li Shenhao. »
Aucune des deux ne l’accepta, mais Tian Hong tendit la main et prit la sienne. Alors, sous prétexte que les autres ne pouvaient pas voir son visage, il n’avait pas à se soucier de sa dignité ? Ce chapitre est publié par n)ovel/\bin/\
Li Shenhao éclata de rire. « Ah ! Quel gâchis. Sœur Ying, Sœur Ranran, quel gâchis ! Vous n’avez qu’à ramasser ce que vous faites tomber. Pourquoi refuser ? Tant pis, je les garderai pour vous. Ne vous inquiétez pas, je paierai tout pendant le voyage. »
Han Fei observa Li Shenhao, parfaitement calme, et resta sans voix. *Merde, ça veut dire que si tu n’as pas honte, ce sont les autres qui l’auront ? C’est la première fois que je vois quelqu’un soudoyer les gens d’une manière aussi particulière.*
Han Fei se demanda alors si ce type n’avait pas acheté sa place dans la première équipe.
Quant à la honte, Han Fei n’en éprouvait aucune. Il jouait les Ye Fengliu impassibles depuis le début. La seule chose qui l’occupait à présent, c’était de savoir s’il devait dépouiller ce gros lard ou non. Comme on disait, il ne fallait pas étaler ses richesses. Or, ce gros lard en avait trop montré.
Cela dit, Han Fei n’estimait pas que ce soit nécessaire. Peu importaient les ressources que possédait ce gros lard, elles ne lui permettraient pas d’agrandir sa Mer d’Origine de dix mille kilomètres supplémentaires. Inutile de le dépouiller pour l’instant. À bien y réfléchir, Han Fei trouvait soudain que ce gros lard avait l’air plutôt débrouillard.
En outre, il avait déjà rencontré Li Dacai, le seigneur de la ferme numéro dix-huit, qui était vraiment riche. Inutile de dépouiller son fils : autant s’en prendre directement à Li Dacai.
Han Fei rangea la Coquille étoilée et se tut, comme si les origines de Li Shenhao ne l’intéressaient plus. L’estime de Pan Ying pour lui en prit un coup. *Tu te laisses soudoyer pour si peu ? Tu me déçois vraiment.*
Bai Ranran déclara : « Commençons par suivre ces deux principes. Trouvons une créature du royaume de l’Établissement de la Mer et demandons-lui où se trouve le campement de voyageurs des étendues sauvages le plus proche. Nous déciderons de la suite après avoir obtenu quelques renseignements de base. »
Au moment où Bai Ranran et les autres s’apprêtaient à partir, un jeune homme lança soudain : « Bai Ranran, comme on dit, l’union fait la force. Ta première équipe et ma deuxième équipe comptent parmi les deux plus puissantes. Pourquoi ne pas faire route ensemble ? »
Han Fei savait que Ye Qingzhou, à la tête d’une bande d’experts, avait rassemblé huit personnes dans sa deuxième équipe. Aucune ne semblait faible.
Bai Ranran jeta un regard indifférent à Ye Qingzhou. « Si nous sommes trop nombreux, l’épreuve perdra tout son sens. Partons chacun de notre côté. »
Ye Qingzhou sourit. « Alors, bon voyage. À bientôt dans la Dynastie de la Capitale divine. »
Bzz !
Après avoir parcouru des dizaines de millions de kilomètres, Bai Ranran et les autres s’arrêtèrent un instant. Pan Ying prit la parole : « Ranran, Ye Qingzhou n’a pas l’air bien intentionné. J’ai entendu dire qu’il était très jaloux. Nous devons nous méfier de lui. »
Bai Ranran répondit : « En apparence, il ne fera rien d’imprudent. Passons dans le vide. Nous sommes près des étendues sauvages, et les créatures du coin ne semblent pas très puissantes. Allons plus loin. »
Un jour plus tard.
Han Fei et les autres filaient à toute vitesse. Ils étaient déjà très loin des étendues sauvages.
Là, la puissance des créatures commençait à croître peu à peu. Les Vénérables, du moins, se faisaient de plus en plus nombreux.
Deux jours plus tard, Han Fei et les autres rencontrèrent leur première créature du royaume de l’Établissement de la Mer. Ils avaient beau avoir voyagé trois jours avant d’en croiser une, tous savaient que ce n’était qu’un heureux hasard. Le monde extérieur était si vaste qu’à leur vitesse, ils auraient pu mettre cent ou mille ans à le parcourir. Rencontrer une créature du royaume de l’Établissement de la Mer signifiait qu’il y avait quantité de puissants experts au-dehors.
La créature qu’ils capturèrent était un bénitier géant. Ils l’avaient repéré parce qu’il était immense : son corps faisait cent kilomètres de large.
À l’évidence, le bénitier ne s’attendait pas à voir surgir un danger en ces lieux ; il s’y était donc installé. Il se camouflait, mais laissait dépasser un énorme siphon, qu’il faisait passer pour une grotte semblable à une Cheminée sous-marine. Ainsi, de nombreuses créatures entraient d’elles-mêmes dans sa bouche.
Parmi eux cinq, Bai Ranran n’avait rencontré aucun ennemi puissant et n’aimait pas prendre l’initiative d’attaquer. Tian Hong, ce bloc de fer, tenait toujours les gens à distance. Quant à Han Fei, lorsqu’il aperçut le grand bénitier, il s’arrêta sans rien faire.
Il ne restait donc que Pan Ying et Li Shenhao. Mais à la vue de la créature, Li Shenhao s’exclama aussitôt : « Quel énorme bénitier vivant ! En plus, ce n’est pas une créature sinistre. Il est si rond, si plein… Une véritable œuvre d’art ! »
De toute façon, Han Fei avait pris l’argent. Les exagérations de Li Shenhao lui importaient peu.
Pourtant, avant même que Li Shenhao ait fini de vanter la créature, Pan Ying perça un grand trou dans le bénitier qui tentait de s’échapper.
Han Fei déclara d’un ton indifférent : « Ton œuvre d’art est cassée. »
Li Shenhao : « ??? »
Li Shenhao n’aurait jamais cru que Han Fei lui adresserait la parole. Même Bai Ranran et Tian Hong ne purent s’empêcher de lui jeter un coup d’œil. À leurs yeux, Han Fei était aussi froid qu’eux. Ils n’auraient jamais imaginé qu’il daignerait prêter attention à un idiot comme Li Shenhao.
À cet instant, Pan Ying se planta bien droite sur le grand bénitier et cria : « Réponds à ma question. Tu auras la vie sauve. »
Le grand bénitier se hâta de supplier : « Seigneurs, épargnez-moi ! Je ne suis qu’un bénitier né dans une région maritime reculée, et je ne me suis jamais mêlé des affaires du monde. Si vous avez des questions, je ferai de mon mieux pour y répondre. »
Pan Ying jeta un regard à Bai Ranran et aux autres. Voyant Bai Ranran hocher légèrement la tête, elle demanda d’un ton sévère : « Dis-moi où se trouve le campement de voyageurs des étendues sauvages le plus proche. »
« Oh ! Seigneur, ce campement est loin d’ici. Nous sommes à la frontière des Terres désolées chaotiques. Il faut plusieurs mois pour rejoindre le campement des voyageurs. »
Pan Ying haussa les sourcils. « C’est si loin ? »
Le bénitier répondit : « Seigneur, c’est loin pour moi, mais pas pour vous. Si vous continuez à vous enfoncer dans les étendues sauvages, vous rencontrerez de plus en plus de campements. »
Pan Ying reprit : « Je te demande où se trouvent les plus proches. Pourquoi tourner autour du pot ? Tu as atteint le royaume de l’Établissement de la Mer et tu vis en périphérie depuis des années. Comment peux-tu l’ignorer ? Réponds, ou je n’hésiterai pas à fouiller ton âme. »
Le bénitier, terrifié, s’écria : « Seigneur, épargnez-moi ! Je vais parler, je vais parler. À moins d’un mois de marche vers l’ouest, il y a une île appelée l’Île isolée. Beaucoup de cultivateurs itinérants ordinaires s’y rassemblent. Ils n’aiment pas se battre et préfèrent cultiver tranquillement. »
« Humph ! Pourquoi ne pas l’avoir dit plus tôt ? »
Pan Ying allait achever le bénitier d’une gifle lorsque Bai Ranran dit avec indifférence : « Laisse-le partir. »
Terrifié, le bénitier la remercia à la hâte. « Merci de votre clémence, seigneur… »
Fwouich ~
Le grand bénitier fila et disparut dans le vide.
Bai Ranran déclara : « Inutile de nous frayer un chemin à coups de massacres. C’est la première fois que nous venons ici. Restons prudents. »