Chapitre 2 238
Pour la plupart des maîtres de l’Établissement de la Mer, ouvrir le ciel était déjà le plus grand objectif qu’ils pouvaient poursuivre.
En revanche, pour ceux qui pouvaient participer au Tournoi des dix mille ans, ouvrir le ciel ne serait qu’un nouveau point de départ.
De fait, tous ceux qui se trouvaient ici estimaient que, s’ils participaient au Tournoi des dix mille ans, ils ouvriraient le ciel à coup sûr.
Outre ces maîtres de l’Établissement de la Mer, la Cité des Charognards sélectionnerait également un groupe de Vénérables. Le Tournoi des dix mille ans comportait en effet cette fois une épreuve réservée aux Vénérables.
Bien sûr, outre les Vénérables et les maîtres de l’Établissement de la Mer, les cultivateurs du Royaume de l’Ouverture céleste se disputaient eux aussi la chance de participer au tournoi. Le chef de l’équipe, par exemple, était le premier seigneur, Pan Litian.
!!
Depuis la mort de Qiu Shoucang, le Monarque aux Dix Mille Écailles semblait se montrer bien plus prudent. Un simple Lieu de résurrection no 3 avait pu tuer le deuxième seigneur, Qiu Shoucang ; comment aurait-il pu ne pas envoyer un puissant maître dans la Dynastie de la Capitale divine ?
Outre Pan Litian, le sixième seigneur, Qi Tonghai, ferait lui aussi partie du voyage vers la Dynastie de la Capitale divine. Et, en plus de ces deux seigneurs, cinq ou six autres puissants experts du Royaume de l’Ouverture céleste s’étaient joints à l’équipe pour ce Tournoi des dix mille ans.
Han Fei supposa qu’à l’exception de Pan Litian, Qi Tonghai et les autres allaient tous participer au Tournoi des dix mille ans.
S’il excluait Pan Litian, c’était parce qu’il pensait que des gens comme Zhao Honghuang et Pan Litian étaient peut-être déjà sur le point de valider leur dao. Ils n’attendaient peut-être pas des occasions, mais une révélation.
Zhao Honghuang n’avait en tout cas aucune raison de participer à un tel tournoi. Pan Litian dirigeait l’équipe, d’une part pour veiller au bon déroulement des choses et, d’autre part, peut-être pour trouver lui-même une source d’inspiration.
Han Fei ignorait toutefois les critères d’admission pour les cultivateurs du Royaume de l’Ouverture céleste ; il ne savait donc pas qui participerait. Si les candidats étaient tous du niveau de Zhao Honghuang, il renoncerait et se contenterait d’observer. Participer à l’épreuve du Royaume de l’Ouverture céleste reviendrait autrement à courir à sa perte.
Sous la conduite de Pan Litian, les puissants experts du Royaume de l’Ouverture céleste emmenèrent Han Fei et les autres à travers le Territoire désolé du Chaos pendant près de cinq mois.
Enfin, Han Fei et les autres aperçurent une lueur, comme si l’aube s’était levée dans le ciel pour éclairer ce monde.
— Suivez-moi, dit Pan Litian.
Bzz !
Fiu ! Fiu ! Fiu !
Un instant plus tard, ils jaillirent tous des ténèbres et débouchèrent dans un monde lumineux.
Là, ils découvrirent la surface de la mer, qui n’était pas gelée.
Pour la première fois, beaucoup virent le ciel, le soleil, le bleu de l’azur, les nuages blancs et la mer d’un bleu étincelant.
Presque tous les puissants experts du Royaume de l’Ouverture céleste se retournèrent instinctivement vers le chemin qu’ils venaient de parcourir. Dans leur champ de perception, ils sentirent quelques rares plaques de glace flottante ; derrière eux, l’eau de mer peinait à former des vagues. On aurait dit que les ténèbres s’étendaient derrière eux, tandis que la lumière s’ouvrait devant eux. Les deux contrastaient violemment, tout en étant comme imbriquées l’une dans l’autre.
Pan Litian s’écria : — Écoutez-moi tous ! Voici la sortie du Territoire désolé du Chaos, et voici le monde extérieur. Le voyage jusqu’au Royaume divin de la Mer orientale et à la Dynastie de la Capitale divine est long, et vous rencontrerez forcément des difficultés et des dangers. Je ne pourrai pas vous protéger tout au long du chemin. Vous devrez donc parcourir le reste de la route par vos propres moyens.
— Hein ?
— Par nos propres moyens ?
Pan Ying demanda : — Où se trouve la Dynastie de la Capitale divine ? Dans quelle direction devons-nous aller ?
Pan Litian ricana. — Premièrement, je ne vous indiquerai pas le chemin jusqu’à la Dynastie de la Capitale divine. Deuxièmement, je ne vous protégerai pas en route. À partir de maintenant, cette dernière épreuve vous attend avant votre arrivée à la Dynastie de la Capitale divine. Même si les cent cinquante maîtres de l’Établissement de la Mer ont été sélectionnés pour s’y rendre, vous devez comprendre que cela ne signifie pas forcément que vous pourrez participer au Tournoi des dix mille ans.
— Ouf !
— Quoi ? Pas de carte ?
— Comment je suis censé faire sans carte ?
— Il y a encore une épreuve ?
Beaucoup écarquillèrent les yeux, incapables de comprendre pourquoi une autre épreuve les attendait.
Han Fei, lui, n’y accorda aucune importance lorsqu’il entendit cela. Il fronça même légèrement les sourcils. Si les équipes allaient être dispersées, où était donc le danger dont Mo Qi avait parlé ?
Pan Litian poursuivit : — Je vais vous le dire sans détour : si vous n’êtes même pas capables de trouver la Dynastie de la Capitale divine, participer au Tournoi des dix mille ans ne vous servira à rien. Vous n’êtes que des bons à rien. Alors, pour prouver que vous n’en êtes pas, faites de votre mieux pour rejoindre la Dynastie de la Capitale divine. Oh… Au fait, il reste encore cinquante ans avant le début du tournoi. Vous feriez mieux de vous dépêcher. À mon avis, ce serait déjà très bien si une centaine d’entre vous parvenaient à la Dynastie de la Capitale divine en cinquante ans. Si vous n’y arrivez pas, abandonnez ! Cette route n’est tout simplement pas faite pour vous.
— Ouf !
Cinquante ans ? Si même un groupe de maîtres de l’Établissement de la Mer risquait de ne pas atteindre la Dynastie de la Capitale divine en cinquante ans, à quelle distance se trouvait-elle donc ?
Han Fei resta sans voix, mais il comprit bientôt que Pan Litian ne parlait pas de la distance. Il avait dit qu’ils rencontreraient forcément des difficultés et des dangers en chemin.
Cette épreuve visait donc à les faire surmonter ces difficultés et ces dangers ; c’était pour cela qu’on l’appelait la dernière épreuve.
Beaucoup poussèrent un soupir. Alors, Pan Litian allait simplement les conduire jusqu’à la sortie du Territoire désolé du Chaos ? Pour atteindre la Dynastie de la Capitale divine, ils devraient se débrouiller seuls ?
« Intéressant. »
Han Fei sourit. Trouver son chemin était bien trop facile pour lui, voire parfaitement inutile.
À cet instant, Bai Ranran lui lança un regard. — La première équipe compte cinq membres : Tian Hong, toi, Pan Ying, Li Shenhao et moi.
Han Fei : « ??? »
Han Fei demanda : — Ce n’est pas la dernière épreuve ? On peut former des équipes ?
— Tu as été sélectionné dans la première équipe, alors tu es l’un de mes équipiers, répondit Bai Ranran.
Han Fei resta sans voix. Il ne savait pas s’il finirait par tuer Bai Ranran et les trois autres s’il devait voyager avec eux.
Toutefois, se souvenant de l’avertissement de Mo Qi, Han Fei ne refusa pas et hocha simplement la tête.
Il connaissait Pan Ying, mais n’avait aucune idée de qui était Li Shenhao. À cet instant, Pan Ying et un gros homme s’approchèrent de Bai Ranran.
À vrai dire, Han Fei n’avait jamais vu un homme aussi gros au sein de la Race aux Dix Mille Écailles, une race couverte d’écailles. Celles du bonhomme ondulaient comme la surface de l’eau, et son ventre ressemblait à celui d’une femme enceinte de dix mois. En plus, il était si corpulent que la graisse de son visage semblait prête à tomber.
En les voyant, Han Fei s’approcha lui aussi de Bai Ranran.
En dehors de Bai Ranran et des autres, qui avaient formé leur propre équipe, les cent cinquante personnes se répartirent rapidement en plusieurs dizaines de groupes. Il ne resta que deux ou trois personnes seules, qui formèrent également une équipe.
Pan Litian ne fit aucun commentaire. Ils venaient à peine de quitter le Territoire désolé du Chaos et connaissaient mal le monde extérieur. S’ils rencontraient un danger, ils risquaient de ne pas s’en sortir seuls. En revanche, une équipe de trois ou cinq serait bien plus puissante. Ils étaient tous au sommet du Royaume de l’Établissement de la Mer ; même s’ils croisaient un ennemi du Royaume de l’Ouverture céleste, ils auraient peut-être une chance de combattre, ou du moins de fuir.
— Je vous attends dans la Dynastie de la Capitale divine, annonça Pan Litian.
Sur ces mots, Pan Litian adressa un signe de tête aux autres puissants experts du Royaume de l’Ouverture céleste. Puis ils déchirèrent tous le vide et partirent.
Han Fei leva les yeux au ciel en son for intérieur. Il n’avait vraiment pas envie de faire équipe. S’il en avait eu le temps, il aurait peut-être pu tuer tout le monde, à l’exception de Pan Litian. Ça lui aurait rapporté une sacrée quantité de ressources.
Han Fei se demanda quand surviendraient les dangers dont Mo Qi avait parlé. Ils avaient cinquante ans devant eux. Dieu seul savait quels périls ils devraient affronter par la suite. S’ils en rencontraient beaucoup, Bai Ranran et les autres pourraient bien finir par périr.
Il n’aimait pas faire équipe avec ce genre de personnes. Non seulement cela ralentissait tout le monde, mais c’était aussi inefficace.
Bai Ranran demanda : — Que pensez-vous de partir pour la Dynastie de la Capitale divine ?
Le gros homme, Li Shenhao, ricana et répondit : — Capitaine, je pense qu’on devrait d’abord interroger une créature du Royaume de l’Établissement de la Mer vivant dans la mer, à l’extérieur. Après tout, nous n’avons encore jamais mis les pieds dans le monde extérieur.
Tout en parlant, Li Shenhao sourit d’un air charmant et inoffensif, presque obséquieux.
Pan Ying était la seule personne relativement normale de l’équipe. Elle déclara : — C’est effectivement la meilleure solution. J’ai lu dans les vieux ouvrages de ma famille que cette région maritime ne peut plus être considérée comme une mer extérieure. On appelle cet endroit les terres sauvages. Elles sont immenses, bien plus vastes encore que le Territoire désolé du Chaos. On raconte qu’elles abritent de nombreux vagabonds des terres sauvages. Ils ont fondé quantité de villes, de bourgs et d’îles sauvages, entre autres. La Cité des Vagabonds, dit-on, a été bâtie par les vagabonds qui n’ont cessé d’arriver des terres sauvages. Si nous trouvons un tel lieu habité, nous pourrons obtenir beaucoup d’informations.
Tous se tournèrent vers Pan Ying. Li Shenhao s’exclama, stupéfait : — Grande sœur Ying, comment se fait-il que tu en saches autant ? Tu connais même des choses sur l’extérieur du territoire désolé ?
Han Fei et les autres jetèrent un regard à Li Shenhao. Ce type était-il idiot ? Était-il obligé d’en faire tout un plat ?
Le coin de la bouche de Pan Ying tressaillit. Il était aussi gros qu’un tonneau, et il l’appelait « grande sœur » ?
Li Shenhao n’y prêta aucune attention. Il claqua la langue et déclara : — Il nous suffit de trouver un campement des terres sauvages, et on les couvrira de cristaux d’énergie jusqu’à ce qu’ils nous appellent « papas ».
Tous : « ??? »