Chapitre 53
NOUS AVONS TENTÉ DES TRADUCTIONS
Traducteur : Abood
Discord :<a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://discord.com/yT4GsFAYRf"> </a><a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a><a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://discord.com/yT4GsFAYRf">
</a>
◈ Le Champ de bataille de Friedrich
Chapitre 53 : La reprise de la Forteresse d’Ostburg (2)
Un bataillon des forces ducales de Bachstein approchait de la Forteresse d’Ostburg. Même si cela n’avait pas encore été confirmé, mieux valait les considérer comme des ennemis et se préparer en conséquence.
Pendant le conseil militaire improvisé à la hâte sur la route, Friedrich écouta en silence Gregor et les commandants de bataillon discuter. De son côté, il réfléchissait seul à la situation.
Tout d’abord, le Régiment Ferdinand ne pouvait pas se précipiter au secours de la forteresse. Quelle que fût la manière de voir les choses, il ne pourrait pas arriver avant le bataillon qui avançait sur la forteresse.
Ensuite, les quelque trente hommes de l’unité de transport stationnée dans la forteresse ne pourraient jamais opposer une défense efficace. Le rapport de forces était désespéré. Il était hors de question de leur ordonner de défendre la place jusqu’à la mort et de les envoyer périr pour rien.
La seule option réaliste consistait donc à abandonner la forteresse pour laisser l’ennemi s’en emparer, puis à la reprendre rapidement.
Cependant, lancer un assaut frontal pour reconquérir une forteresse tenue par trois cents soldats relevait presque de l’impossible. La Forteresse d’Ostburg était assez vaste pour que trois cents défenseurs puissent exploiter pleinement ses capacités défensives.
De plus, dans un siège mené par la force brute, le niveau des chevaliers et des soldats pris individuellement comptait peu. Même en engageant les mille hommes du Régiment Ferdinand, reprendre la forteresse resterait extrêmement difficile.
En outre, reprendre la forteresse au prix de lourdes pertes n’était pas une option viable.
Si l’analyse de Friedrich était juste, la bataille pour la forteresse ne serait que le premier affrontement, avant l’arrivée des forces principales de l’armée ducale et du Royaume d’Arelia. Si le Régiment Ferdinand subissait des pertes dévastatrices lors de ce combat initial, toute la campagne serait compromise.
Dans ces conditions, Friedrich savait qu’ils devaient exploiter d’une manière ou d’une autre les faiblesses de l’ennemi, ou le prendre au dépourvu. Il leur fallait absolument trouver une stratégie habile pour reprendre la forteresse aussi vite que possible et avec un minimum de pertes.
Partant de là, Friedrich réfléchit longuement. Il fouilla sa mémoire, cherchant dans les nombreux livres d’histoire et récits qu’il avait lus des exemples de sièges susceptibles de leur être utiles.
Environ deux cents ans plus tôt, à une époque troublée où les comtes d’Edelstein étendaient leur pouvoir pour fonder le royaume, une petite unité déguisée en soldats ennemis s’était infiltrée dans le château adverse.
À l’époque de la reine Hildegard Edelstein, on avait obtenu deux voies d’attaque contre une forteresse novakienne, puis lancé des assauts simultanés qui avaient fini par permettre de la prendre.
Dans l’ancien Royaume lutétien unifié, lors de conflits frontaliers avec l’Empire de Rigald, on avait traqué sans relâche les chevaliers messagers afin d’isoler complètement la forteresse ennemie et de l’assiéger, jusqu’à la faire tomber.
En combinant ces différents éléments, Friedrich finit par élaborer un plan.
La réussite de l’opération relevait du pari, mais la victoire absolue n’existait pas à la guerre, pas plus qu’il n’y avait de stratégie garantissant le succès. Toute action comportait une part de risque.
Matthias semblait partager son avis. En tant que commandant du régiment, il choisit d’adopter le plan de Friedrich.
・・・・・・
Friedrich se porta volontaire pour commander lui-même le détachement séparé, dont le rôle était crucial. Puisqu’il avait proposé une stratégie qui exposerait cette petite troupe à un danger extrême, il ne pouvait pas se contenter de rester auprès de l’armée principale.
Matthias salua sa détermination. Friedrich partit donc avec quelques cavaliers : Yurika, Oliver et Gunther.
Ils suivirent d’abord la route principale, puis firent un large détour autour de la Forteresse d’Ostburg en prenant la direction du nord-ouest. Ils empruntèrent des chemins locaux, souvent utilisés par les habitants, afin de contourner la forteresse sans être repérés par l’ennemi qui s’en était emparé.
Oliver se révéla être un guide précieux. Officier du bataillon de cavalerie, il connaissait par cœur les routes autour de la Forteresse d’Ostburg, d’une importance stratégique, et s’y était même rendu lors d’exercices. Il connaissait bien mieux la région que Friedrich, qui n’avait retenu de ses leçons avec Gregor qu’une carte sommaire.
Grâce aux indications d’Oliver, Friedrich et ses compagnons atteignirent, au crépuscule du lendemain, un point situé à plusieurs kilomètres au nord-ouest de la Forteresse d’Ostburg. Plus une troupe était importante, plus sa marche était lente ; une petite unité montée pouvait avancer au moins deux fois plus vite que le régiment tout entier.
Le jour suivant, Friedrich et ses compagnons se cachèrent dans une forêt bordant la route. Ils y attendirent le messager ennemi qui devait passer par là en chemin vers la Forteresse d’Ostburg.
S’il avait été le commandant du bataillon qui s’était emparé de la forteresse, il aurait envoyé un rapport annonçant leur succès aux forces principales, probablement stationnées à Remcheid, la capitale du duché. Seule l’armée royale disposait d’un système de communication utilisant des fauconniers ; les forces ducales, elles, faisaient appel à des courriers à cheval.
Le messager reviendrait ensuite des rangs de l’armée principale avec des rapports.
Pour un commandant isolé sur le front, disposer du plus grand nombre possible d’informations sur la situation de l’armée principale et le moment prévu pour l’arrivée des renforts était essentiel, aussi bien pour diriger ses hommes que pour préserver leur moral.
Friedrich avait calculé que le messager ennemi passerait sur cette route dans l’après-midi. Il serait parti le lendemain de la prise de la forteresse, aurait atteint Remcheid dans la journée pour faire son rapport à l’armée principale et, aujourd’hui, le jour suivant, rapporterait une réponse.
Sa prédiction se révéla parfaitement exacte. Capturer le messager fut un jeu d’enfant.
Le courrier ennemi, qui se croyait en sécurité sur le territoire contrôlé par le duché, avait baissé sa garde. Soudain, Gunther bondit hors de la forêt qui bordait la route et le désarçonna d’un coup net. Avant que le cheval ne puisse s’enfuir, Oliver s’en saisit. Yurika plaqua aussitôt le cavalier à terre et le maîtrisa. Tout fut terminé en quelques secondes, sans que Friedrich ait eu besoin d’intervenir.
Le chevalier capturé, qui se présenta sous le nom de Roman, leur fournit de précieux renseignements sur la situation actuelle des forces ducales. Les soupçons de Friedrich se trouvèrent pour l’essentiel confirmés : le duc avait trahi la famille royale et invité les forces du Royaume d’Arelia, tandis que le prince Konrad conspirait bel et bien avec lui.
Le soir même, un convoi mené par le chevalier Yarg, qui empruntait la même route pour contourner la forteresse, les rejoignit. Ils passèrent la nuit ensemble avec deux chariots couverts, qui transportaient une vingtaine de fantassins. Enfin, le jour de l’opération visant à reprendre la forteresse arriva.
La suite du plan était relativement simple. Tout d’abord, Friedrich et ses compagnons s’approcheraient de la porte ouest de la forteresse, déguisés en unité de transport du duc. Au même moment, le Régiment Ferdinand se montrerait à l’est, mais seule l’unité de cavalerie avancerait d’abord, feignant d’attaquer le convoi de transport.
La ruse pousserait l’ennemi à faire entrer à la hâte l’unité de transport dans la forteresse, désireux de porter secours à ses « alliés », sans prendre le temps de les inspecter soigneusement.
Une fois à l’intérieur, l’unité de transport révélerait sa véritable identité, sécuriserait les abords de la porte ouest et la tiendrait coûte que coûte, avant d’ouvrir les portes pour laisser entrer la cavalerie. Pendant ce temps, le gros du Régiment Ferdinand lancerait un assaut contre la porte est.
La Forteresse d’Ostburg était certes assez solide, mais il serait impossible d’en défendre la porte est si l’ennemi s’était déjà infiltré par la porte ouest. Attaqués de l’extérieur comme de l’intérieur, les ennemis seraient rapidement submergés.
La capture du chevalier Roman augmentait considérablement leurs chances de réussite. C’était une chose de faire croire à l’ennemi que la troupe venant du nord-ouest était un convoi de transport allié ; c’en était une autre, bien plus convaincante, d’avoir à sa tête un chevalier vêtu de l’armure d’un messager. L’ennemi se méfierait beaucoup moins. Il lui serait facile de croire que Roman, de retour de mission, avait reçu l’ordre de conduire les chariots.
Roman était de petite taille et frêle pour un homme, probablement à cause des exigences de son métier de messager. Pour cette raison, on donna son armure à Yurika, dont la silhouette se rapprochait le plus de la sienne. Elle se ferait passer pour Roman. Avec un casque de cuir léger et le visage couvert d’un tissu pour se protéger du vent, elle avait l’air d’un messager tout à fait ordinaire. Tant qu’elle n’ouvrirait pas la bouche, il était peu probable que quelqu’un remarque qu’elle était une autre personne.
Roman, lui, fut gardé en vie. Chevalier capturé qui avait révélé des informations sans dissimulation, il était pour l’heure leur prisonnier. La famille royale déciderait s’il serait finalement exécuté pour trahison. Friedrich et Oliver en convinrent tandis que Roman, ligoté, gisait au fond d’un chariot.
L’arrivée coordonnée avec l’armée principale à la Forteresse d’Ostburg fut fixée à midi précises. L’armée principale avait marché à une allure qui lui aurait permis d’arriver dès la veille ; le risque que l’opération soit retardée était donc quasiment nul.
Comme prévu, lorsque le faux convoi de transport de Friedrich atteignit un point visible depuis la porte ouest de la forteresse, ils aperçurent des éclaireurs de l’armée principale qui contournaient la place par l’est.
L’éclaireur repartit en hâte annoncer qu’une unité de transport des forces de Bachstein approchait de la forteresse par l’ouest. À cette nouvelle, le comte Matthias Hosenfeld, commandant du régiment, ordonna à un détachement de cavalerie de partir en avant pour « intercepter » le convoi. Sous ce prétexte, cent cavaliers menés par le baron Eugen Stamitz, capitaine du bataillon de cavalerie, contournèrent la forteresse.
Friedrich et ses compagnons simulèrent une course-poursuite avec la cavalerie et, pris pour des alliés ayant besoin d’aide, les membres de l’« unité de transport » furent admis sans méfiance dans la forteresse par les soldats de Bachstein.
Un chevalier ennemi s’approcha, prenant toujours le cavalier de tête pour l’éclaireur Roman. Yurika lui répondit. Pas avec des mots, mais avec sa lame.
Notes de bas de page :
Rejoignez notre serveur Discord : <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>