Chapitre 12
WE TRIED TRANSLATIONS
Traducteur : Abood
Discord :<a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://discord.com/yT4GsFAYRf"> </a><a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a><a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://discord.com/yT4GsFAYRf">
</a>
◈ Le Champ de bataille de Friedrich
Chapitre 12 : Le héros vivant
Environ une demi-journée après l’arrivée de l’avant-garde, le gros du régiment Ferdinand atteignit Volga.
Le régiment s’entraînait plus au sud, dans le cadre d’une manœuvre stratégique destinée à maintenir la pression sur le royaume d’Arelia, à l’ouest. Au cours de ces exercices de grande ampleur, qui s’étendaient sur plusieurs territoires seigneuriaux, une unité de cavalerie en reconnaissance avait repéré un carrosse filant dans l’obscurité qui précédait l’aube. Le cocher n’était autre qu’Hermann, et son état désespéré ne laissait aucun doute : quelque chose n’allait pas.
Par chance, ce furent les soldats du royaume qui le trouvèrent, et non des bandits. Il leur apprit que Volga était menacée, et le régiment interrompit aussitôt ses exercices pour se mettre en marche vers la ville. Du moins, c’était ainsi que l’avait expliqué le jeune commandant de l’avant-garde.
Si le régiment tout entier, fort de plus de mille hommes, avait été envoyé, c’était à cause du premier rapport d’Hermann. Il avait transmis une information non vérifiée selon laquelle la troupe de bandits pourrait compter plus d’une centaine d’hommes. Si c’était vrai, ils étaient trop nombreux pour de simples brigands. La possibilité qu’une force encore plus importante se dissimule derrière eux avait conduit au déploiement complet du régiment.
À présent, plusieurs équipes de reconnaissance avaient été envoyées pour vérifier les affirmations des prisonniers, qui soutenaient qu’il ne restait aucun autre bandit. Elles s’assuraient qu’il s’agissait bien de toute la bande et qu’aucun autre détachement ne manquait à l’appel.
Maintenant que la zone était sécurisée, les habitants de Volga poussèrent tous un soupir de soulagement. Les soldats du régiment Ferdinand, qui s’étaient préparés à livrer une bataille d’envergure contre une immense bande de brigands, se sentirent quant à eux quelque peu déçus.
Quant au mensonge extravagant de Friedrich, ce fut Friedrich lui-même qui en révéla la vérité aux habitants de Volga. Il admit qu’il n’était qu’un orphelin et qu’il n’existait aucun fils illégitime de Matthias Hosenfeld.
À présent, Friedrich se trouvait dans la demeure de l’intendant, transformée en poste de commandement provisoire du régiment.
Plus précisément, il était dans la réserve de la demeure, les mains liées derrière le dos, étendu sur le sol. On l’avait roué de coups, frappé à coups de pied et traîné dans tous les sens.
« Guah… ! Hum, hum… »
« Petit salaud ! Ne crois pas que ce soit terminé ! »
Un chevalier d’âge mûr cria sur Friedrich, qui gémit et toussa après avoir reçu un coup de pied dans le ventre. Le chevalier l’empoigna par les cheveux, le tira brutalement pour le redresser, puis lui décocha un coup de poing en plein visage, l’envoyant valser à l’autre bout de la pièce.
« Rrrgh… ! Mmmghhh… ! »
Non loin de là, Yurika gisait au sol dans un état semblable, ligotée elle aussi.
Au début, on lui avait lié les mains derrière le dos, comme à Friedrich. Mais en le voyant se faire battre, elle s’était jetée sur les chevaliers. Résultat : on lui avait également attaché les jambes et fourré un bâillon dans la bouche. Sa joue gauche, enflée et meurtrie, portait les traces des coups reçus pendant la lutte.
Elle tentait de ramper vers Friedrich comme une chenille, en criant quelque chose derrière son bâillon, mais les soldats postés dans un coin de la réserve la ramenaient sans cesse en arrière.
« Je… je suis désolé… »
« Tu crois qu’il suffit de t’excuser pour être pardonné ? Tu t’es fait passer pour le fils illégitime du comte Hosenfeld… Savais-tu que son véritable fils était mort au combat ? »
« Non, je vous jure que… »
« Je ne veux pas entendre tes excuses ! »
Friedrich reçut un coup de pied dans la poitrine et roula en arrière sur le sol.
En roulant, il ne put s’empêcher de penser à quel point son mensonge avait été catastrophique.
Le fils unique du comte Matthias Hosenfeld était mort au combat une dizaine d’années plus tôt, pendant la guerre contre le royaume voisin de Loire, qui n’existait plus depuis sa conquête par le royaume d’Arelia.
Se faire passer pour le fils d’un héros qui avait perdu son enfant… Même si ce mensonge lui avait échappé dans la panique, sans qu’il se souvienne de cet épisode de la vie de Matthias, c’était impardonnable.
« Gregor. Ça suffit. Laisse-le. »
Une voix interpella alors le chevalier, qui avait saisi Friedrich par le col et s’apprêtait à le frapper de nouveau.
L’homme qui venait de parler était assis sur une chaise. Il avait observé en silence Friedrich se faire battre et Yurika se faire traîner sur le sol. Ce n’était autre que le héros en personne, Matthias Hosenfeld.
Avec ses cheveux brun foncé soigneusement coiffés et sa barbe bien taillée, cet homme connu pour ses exploits sur le champ de bataille et ses innombrables faits d’armes ne dégageait pas la férocité d’un général endurci par la guerre. Au contraire, il avait plutôt l’allure d’un gentilhomme calme et maître de lui.
« Mais, monsieur… ! »
« Je veux lui parler. Aide-le à se relever. »
« … Oui, monsieur. »
Sur l’ordre calme de Matthias, le chevalier nommé Gregor ne frappa pas Friedrich une nouvelle fois. Il le tira plutôt brusquement par le col pour le remettre debout.
Matthias se leva et s’approcha de Friedrich. Face au garçon, toujours assis par terre, il posa un genou à terre et le regarda dans les yeux.
« Friedrich, c’est bien ça ? Et tu as… dix-huit ans, si je ne me trompe pas. »
« … Oui. »
Friedrich répondit avec appréhension, face à ces yeux bleus perçants qui semblaient sonder son âme. Il n’éprouvait pas la moindre joie à rencontrer le héros dont il avait autrefois lu les exploits dans les livres.
« Les habitants de la ville m’ont raconté les détails. Tu t’es prétendu mon fils illégitime, tu as rallié les gens à ta cause, tu les as réunis et remonté leur moral, puis tu as écrasé les bandits grâce à ta stratégie. Ce n’est pas rien. »
« …… »
Friedrich hésita, ne sachant que répondre. Le remercier ne lui semblait pas convenable, mais s’excuser d’être félicité ne l’était pas davantage. Et une réponse modeste comme « ce n’était pas grand-chose » n’avait pas sa place dans un tel moment.
Finalement, il se contenta d’incliner maladroitement la tête.
« Mon fils est mort il y a huit ans, pendant la guerre contre le royaume de Loire, qui n’existe plus aujourd’hui. Le savais-tu ? »
« Je… j’avais entendu dire que votre fils était décédé, monsieur. Mais enfin, comme c’était arrivé il y a huit ans, j’avais oublié… »
Matthias était un héros, mais son fils n’avait été qu’un chevalier ordinaire. Sa mort n’avait pas fait grand bruit à l’époque ; Friedrich aurait donc facilement pu prétendre ne pas être au courant.
Mais quelque chose lui soufflait que mentir ne servirait à rien. Matthias verrait clair en lui sans peine. Friedrich choisit donc de dire la vérité.
« Tu avais donc oublié que mon fils légitime était déjà mort, et tu as tout de même choisi de te faire passer pour mon enfant illégitime ? »
« Oui. Quand j’ai essayé de convaincre les habitants de Volga, j’ai agi sur un coup de tête. Je me suis dit qu’en prétendant être le fils d’un homme aussi célèbre que vous, mes paroles auraient plus de poids et je pourrais rallier tout le monde. J’ai menti sans réfléchir. Je le jure devant les dieux, je n’ai jamais voulu vous déshonorer ni salir le nom de votre fils. Mais mes actes ont été profondément irrespectueux, et je ne pourrai jamais assez m’en excuser. »
« Je vois. »
Matthias répondit ainsi, puis continua de regarder Friedrich en silence.
« …… »
D’un instant à l’autre, une épée pouvait être tirée et s’abattre sur lui.
Il avait peur.
Tandis que Friedrich pâlissait de terreur, l’expression de Matthias changea. Un léger sourire apparut sur son visage.
« On dirait que tu ne mens pas. Et je dois dire que tu t’exprimes très bien. Une réponse pareille ne vient pas de quelqu’un qui n’a reçu aucune instruction. Es-tu vraiment un ancien orphelin, et rien de plus ? »
« O-oui. On m’a abandonné bébé au bord de la route, et j’ai grandi dans l’église de cette ville. La religieuse qui m’a élevé m’a appris à lire, à écrire et à compter. J’aime lire, alors je crois que je connais un peu mieux la langue que la plupart des gens du peuple. »
« … Je vois. »
Matthias se redressa et contempla Friedrich, une main au menton, songeur. Son regard mêlait curiosité et évaluation, comme s’il cherchait à mesurer la valeur du garçon.
« Je vois bien que tu es intelligent. Mais d’après ce qu’on m’a raconté, tu es monté à l’improviste sur l’estrade de la place et tu as rallié les habitants en les réprimandant vertement, avant de les mener au combat. C’était audacieux… téméraire, même. »
Matthias plissa légèrement les yeux. D’un bleu profond comme le ciel, son regard donna à Friedrich l’impression qu’une main lui serrait le cœur.
« Réponds-moi. Pourquoi as-tu fait ça ? »
« … Parce que j’étais en colère. »
Il aurait pu donner n’importe quelle réponse qui l’aurait fait passer pour un noble héros. Dire qu’il voulait protéger les habitants de Volga. Qu’il voulait sauver l’église et les orphelins qui avaient pris soin de lui. Qu’il estimait qu’il fallait vaincre ces ignobles bandits. Il aurait pu avancer mille bonnes raisons, mais Friedrich répondit presque sans en avoir conscience la vérité.
« Quand le danger s’est rapproché, personne dans cette ville n’a essayé de se battre. Personne n’a tenté de résister. Et je me suis retrouvé, sans raison, fou de rage contre eux. Quand j’ai compris que j’étais tout aussi impuissant qu’eux, ça m’a mis encore plus en colère. »
Matthias garda le silence, et Friedrich poursuivit, incapable de retenir ses paroles.
« J’ai découvert les héros dans les livres d’histoire et les vieux récits. J’ai lu les histoires des héros de ce royaume, de ce continent, de toutes les époques et de tous les horizons. J’ai aussi appris à vous connaître, seigneur Hosenfeld. J’ai lu comment vous aviez abattu le commandant ennemi pendant la grande guerre contre le royaume de Loire. Les récits des actes et de la vie des héros m’apportaient du réconfort, à moi, un garçon né orphelin dans une ville reculée. »
Ah… J’aurais voulu en dire davantage.
Pas seulement à ce sujet. Depuis des années, je portais en moi cette frustration, cette agitation, cette aspiration.
Le moment était venu de parler. Si je le faisais maintenant, le héros Matthias m’écouterait.
S’il vous plaît, écoutez-moi. Cette pensée au cœur, Friedrich se mit à parler.
« C’est pour ça que la réalité m’a mis dans une telle rage. J’ai admiré les héros toute ma vie, mais j’allais mourir sans être qu’un roturier sans nom et sans pouvoir. Je n’étais capable de protéger ni ma propre vie, ni celle de Yurika. Cette pensée a fait monter la colère en moi. Alors… »
« … C’est donc pour ça que tu as osé faire une chose pareille ? »
Friedrich acquiesça légèrement à la question froide de Matthias.
Notes :
Rejoignez notre Discord à l’adresse <a target="_blank" rel="noopener noreferrer nofollow" class="link" href="https://dsc.gg/wetried">https://dsc.gg/wetried</a>