Chapitre 393
Chapitre 393
Chapitre 393 - L’ultime étape de Turkish Airlines VII
Traduction: Moonkissed
« Hors de question », déclara Fatih pendant le tour de formation lorsqu’il vit le système lui proposer une nouvelle fois une mission consistant à affronter Apollo à armes égales.
La récompense et la pénalité restaient exactement les mêmes : l’amélioration gratuite de n’importe quelle capacité jusqu’au rang Limite Dépassée s’il gagnait, et une pénalité de 7 500 points s’il perdait.
« HAHAHAHAHA ! Je te pensais pas aussi lâche », entendit-il Apollo rire lorsque celui-ci vit Fatih refuser la mission sans même prendre le temps d’y réfléchir.
« Faire encore et encore la même chose en espérant obtenir un résultat différent, c’est de la folie », répondit Fatih.
Il utilisa cette phrase comme excuse plutôt que d’admettre directement qu’il savait ne pas encore avoir atteint un niveau d’expérience suffisant pour défier Apollo à armes égales, avec une voiture et des capacités identiques.
« Il y aura toujours une excuse pour ne pas faire quelque chose », répondit Apollo avec une expression satisfaite.
Il avait pu constater de ses propres yeux que, malgré son esprit extrêmement compétitif, Fatih n’était pas assez stupide pour refaire éternellement le même pari.
« Un jour, je te défierai et je te battrai. Mais pas aujourd’hui », déclara Fatih en sortant du dernier virage pour rejoindre la ligne droite de départ-arrivée.
Il effectua un burnout afin de débarrasser ses pneus arrière de la saleté qui s’y était accumulée.
« Et ça, alors ? » demanda Apollo tandis qu’une nouvelle mission du système apparaissait devant Fatih.
Celui-ci la lut attentivement, effectua rapidement quelques calculs de tête, puis appuya sur Oui sans trop hésiter.
Il savait que ce n’était pas le genre de mission qu’il devait refuser.
[Mission situationnelle.
Contre-la-montre : Terminez la course en 87 minutes.
Récompense : Doublement des chances d’activation de Zone.
Pénalité : Réduction de moitié des chances d’activation de Zone.]
Pour Fatih, cette mission était gagnante dans tous les cas.
Si Zone s’activait, il y gagnait.
Et si elle ne s’activait pas pendant toute la saison, cela n’aurait pas vraiment d’effet négatif sur lui puisqu’il était déjà suffisamment rapide pour ne pas avoir à compter sur la chance afin d’être performant en piste.
Après un dernier burnout, il s’immobilisa enfin sur son emplacement en pole position, orientant agressivement sa monoplace vers la position P2.
Parce que, comme par hasard, Apollo était déjà là à l’attendre.
« Je peux pas te laisser tout avoir aussi facilement, alors autant te donner un peu de défi », déclara Apollo comme s’il disposait d’un chat de proximité depuis sa voiture.
Même si Fatih n’avait pas accepté la mission, Apollo avait tout de même rejoint la piste afin de courir contre lui.
« Qui suis-je pour refuser ? » répondit Fatih avec un sourire.
Puisqu’il obtenait gratuitement l’occasion d’affronter Apollo, il n’allait certainement pas la rejeter alors que de telles opportunités étaient rares.
Après avoir jeté un coup d’œil dans ses rétroviseurs, il reporta son attention sur les feux.
Bip...
Bip...
Bip...
Bip...
Bip...
.....
« LES FEUX S’ÉTEIGNENT, ET C’EST PARTI POUR LES 300 KM ! FATIH RÉAGIT PARFAITEMENT ET SE DÉCALE POUR COUVRIR LE PILOTE IMAGINAIRE EN P2 ALORS QU’IL EMMÈNE LA VOITURE VERS LE PREMIER VIRAGE... ! »
Le commentateur parlait avec excitation tandis que la retransmission, toujours alimentée par la caméra installée dans le casque de Fatih, permettait à tous les spectateurs de vivre pleinement ce qui se produisait lors d’un départ de course et tout au long du tour.
....
« Il simule vraiment un adversaire dans sa tête », entendit-on Helmut déclarer.
C’était comme si les images venaient enfin de lui apporter la dernière preuve de quelque chose dont on lui avait déjà parlé, mais qu’il n’avait jusque-là jamais réussi à croire complètement.
La caméra embarquée dans le casque montra Fatih jeter immédiatement un coup d’œil dans son rétroviseur lorsqu’il se déplaça pour couvrir la deuxième position, exactement comme s’il participait à une véritable course face à un adversaire.
Après cette prise de conscience, Helmut commença à observer son pilotage en gardant cette idée à l’esprit.
Et les actions de Fatih continuèrent, encore et encore, à lui donner raison.
Il avait devant les yeux un pilote en train d’affronter un adversaire fantôme d’un niveau tellement élevé que même Helmut avait presque l’impression de pouvoir le voir.
Et cet adversaire semblait redoutable.
Malgré cela, Fatih continuait d’enchaîner des chronos terriblement proches les uns des autres tout en gérant plusieurs choses simultanément.
Il combattait un puissant adversaire fantôme et le maintenait derrière lui, tout en conservant ses pneus dans leur fenêtre de fonctionnement idéale sans ralentir.
Ses temps au tour restaient extrêmement proches, ne variant que de quelques dixièmes dans un sens ou dans l’autre.
Et, chose encore plus surprenante, il y parvenait en empruntant des trajectoires différentes.
À certains endroits, il était plus lent que lors des tours précédents.
À d’autres, il était plus rapide.
Mais au bout du compte, ses chronos restaient presque identiques.
« Un talent monstrueux, accompagné de la bonne décision. »
........
Il fallut quinze tours avant que les commentateurs ne finissent par s’en rendre compte.
Ou plutôt, ce fut Murat, le pilote de rallye, qui le remarqua et attira l’attention dessus.
Le réalisateur commença alors à afficher en direct les données des mini-secteurs de différents tours.
Celles-ci montraient que Fatih n’était pas rapide aux mêmes endroits à chaque passage.
Les différents schémas s’étendaient désormais sur les dix premiers tours.
Cela signifiait qu’à l’exception des lignes droites et de certains virages, il abordait le reste du circuit différemment à chaque tour.
Et malgré ça, il terminait toujours avec pratiquement le même chrono.
Tour 12 : 1:31.344
Tour 13 : 1:30.943
Tour 14 : 1:31.106
Tour 15 : 1:31.073
Tour 16 : 1:31.407
Tour 17 : 1:31.368
Tour 18 : 1:31.509
Tour 19 : 1:30.984
Tour 20 : 1:31.202
Tour 21 : 1:30.946
« Il maintient son rythme dans une fourchette d’une demi-seconde entre son tour le plus rapide et son tour le plus lent. OH MON DIEU », déclara Murat.
Le réalisateur avait utilisé le côté gauche de l’écran, normalement réservé à la tour des temps, pour afficher tous les chronos réalisés par Fatih entre les tours 12 et 21.
« Est-ce qu’il y a une raison de réagir comme ça à cause de ça ? » demanda Mehmet, le commentateur, pour le bénéfice des spectateurs.
« C’est un niveau de régularité effrayant, surtout quand on prend en compte toutes les conditions qui changent constamment : la température des pneus, la consommation de carburant qui allège progressivement la voiture, les pneus qui perdent de l’adhérence, sans oublier la fatigue mentale.
« Tous ces facteurs combinés auraient normalement dû l’obliger à effectuer certains tours beaucoup plus lentement, avec plusieurs secondes d’écart. Pourtant, on dirait qu’il réussit miraculeusement à tout gérer tout en maintenant chaque tour à l’intérieur de cette fenêtre d’une demi-seconde.
« Si ça avait été une véritable course, ce relais aurait été monstrueux et extrêmement compétitif. »
Murat continua à entrer de plus en plus dans les détails tandis que Fatih lui donnait raison encore et encore.
Il poussa ces pneus d’essai à gomme plus dure pendant l’intégralité du relais de 57 tours tout en continuant à maintenir ses chronos dans cette même fourchette.
Puis vint enfin le dernier passage sur la ligne.
« IL S’EST ANNONCÉ AU MONDE ENTIER AVEC UNE PERFORMANCE AUSSI PUISSANTE QUE RÉGULIÈRE ALORS QU’IL FRANCHIT LA LIGNE D’ARRIVÉE ET TERMINE SON TEST DE 300 KM !
« ET IL L’A FAIT EN 86 MINUTES ET DEMIE !
« UN MONSTRE ANNONCE SON ARRIVÉE SUR LA GRILLE EN PORTANT AVEC LUI LE DRAPEAU ROUGE AU CROISSANT !
« C’EST FATIH YILDIRIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIM ! »