Chapitre 391
Chapitre 391
Chapitre 391 - L’ultime étape de Turkish Airlines V
Traduction: Moonkissed
{Du côté des données, tout semble bon. Quelles sont tes sensations de ton côté ?} demanda James alors que Fatih avait déjà effectué quatre tours à environ cinquante pour cent de son rythme et venait tout juste d’entamer le cinquième.
Comme il s’agissait d’un tour d’installation destiné uniquement à vérifier l’état de la voiture et à s’assurer que rien ne présentait de problème, aussi bien du côté matériel que logiciel, avant de l’autoriser à attaquer à fond sur une distance de course, ils ne voulaient prendre aucun risque.
Une panne en plein milieu du roulage entraînerait l’échec du test de 300 km, qui devrait alors être recommencé le jour même si le problème pouvait être facilement résolu, ou le lendemain dans le cas contraire.
Red Bull avait justement prévu cette éventualité dans le contrat en incluant une option permettant de prolonger la location du circuit.
{La voiture offre de bonnes sensations. On pourrait faire un tour de qualification pour vérifier ses performances maximales,} déclara Fatih à la radio en ralentissant dans la ligne droite de départ-arrivée, attendant une réponse afin de savoir si ce tour deviendrait un nouveau tour d’installation ou un tour de chauffe avant une tentative de qualification.
Un bref silence régna à l’autre bout de la radio avant que la réponse n’arrive enfin :
{Avec un rythme de qualification, nous aurons suffisamment de carburant pour deux tours d’attaque et un tour de chauffe. En gardant ça à l’esprit, tu as le feu vert.}
Dès qu’il reçut cette réponse, sa main se porta immédiatement sur la molette du mode moteur et la bascula en mode qualification.
Il fit ensuite monter le moteur dans les tours tout en donnant aussitôt de brusques coups de volant à droite et à gauche afin de faire grimper la température des pneus.
.......
« HAHAHAHA ! On dirait que rouler aussi lentement l’a ennuyé et qu’il veut enfin faire un tour d’attaque », déclara Mehmet en riant lorsque la conversation radio fut diffusée en direct.
Comme il ne s’agissait pas d’une séance officielle mais d’une exhibition diffusée publiquement, avec en plus une monoplace datant de la saison 2018 équipée d’un moteur de la saison 2019, toute information technique qui pourrait en être tirée serait inutile.
Par conséquent, une quantité absolument démentielle de données était mise à la disposition des équipes de diffusion.
Cela allait de la télémétrie habituelle aux communications radio instantanées en direct, sans délai ni censure, en passant par la température des pneus, les températures et données moteur, les données de suspension et bien d’autres choses encore.
Seules les informations concernant des technologies toujours utilisées pendant la saison actuelle étaient gardées secrètes, comme certaines données du volant, et même dans ce domaine, plusieurs éléments restaient accessibles au public.
Cela constituait un autre argument extrêmement séduisant pour les passionnés de données de F1, car un tel niveau d’accès était sans précédent.
Mais cela eut également un second effet : attirer l’attention des écuries de Formule 1.
Elles allaient enfin pouvoir observer Fatih attaquer à fond sur un circuit avec suffisamment de données à leur disposition pour évaluer son niveau de talent et déterminer s’il était réellement à la hauteur de toute l’effervescence qui l’entourait.
« Cette montée en température est incroyable », déclara Murat en observant en direct la température des quatre pneus grâce à la petite représentation de la voiture vue du dessus affichée dans le coin inférieur gauche de l’écran.
Les quatre pneus montaient en température à un rythme extrêmement similaire.
Cela signifiait que Fatih veillait délibérément à ce qu’aucun pneu ne devienne plus chaud que les autres, ce qui était impressionnant étant donné que le circuit formait une boucle.
Sur ce genre de tracé, un côté des pneus finissait toujours par être plus chaud que l’autre, moins sollicité, à moins que le pilote ne cherche volontairement à équilibrer les températures en faisant davantage chauffer le côté le moins sollicité dans les lignes droites.
Et c’était précisément ce que Fatih était en train de faire.
.....
« Qu’est-ce que tu en penses ? » demanda Toto en regardant son ordinateur portable.
« J’ai besoin de voir la température juste avant qu’il commence son tour de qualification et ce qu’il fera pendant le tour avant de pouvoir tirer une véritable conclusion », répondit Lewis Hamilton depuis l’autre côté de l’appel Zoom.
Lui aussi regardait la séance à la demande de Toto.
L’équipe d’ingénieurs la suivait également, mais depuis la base, où elle disposait de tous ses outils pour extraire des données numériques qu’elle utiliserait ensuite pour rédiger un rapport une fois le roulage terminé.
Mais Toto voulait malgré tout entendre ce que son pilote avait à dire, indépendamment des données qu’analyseraient les ingénieurs.
« ... »
Après avoir entendu sa réponse, Toto reporta son attention sur la retransmission en direct diffusée sur la chaîne YouTube de Fatih.
Quelques secondes plus tard, Fatih sortit enfin du dernier virage à pleine puissance et fonça vers la ligne de départ-arrivée pour commencer son tour de qualification.
« C’est une bonne température », déclara Hamilton en regardant les données affichées à l’écran au moment précis où le chronomètre du tour de qualification apparut et commença à défiler lorsque Fatih entama son tour.
...
Avec le vent arrivant de face, Fatih attendit jusqu’au tout dernier moment avant de freiner violemment.
Il plongea immédiatement très tôt dans le virage sans même pouvoir apercevoir le point de corde à cause de la descente du circuit, puis laissa la voiture dériver jusqu’à l’autre côté de la piste.
Cela lui permit de remettre les gaz plus tôt et de commencer à monter les rapports en traversant le virage 2 comme s’il n’existait même pas.
Le virage 3 arriva rapidement.
Fatih freina très légèrement et avec une grande fluidité, conserva une légère pression sur les freins en entrant dans le virage et en ressortit en cinquième vitesse.
Il se déplaça ensuite vers le milieu de la piste tout en continuant à rétrograder jusqu’en troisième.
Alors que la piste plongeait brutalement, il avait déjà commencé à tourner pour aborder le virage 4, une épingle serrée à droite.
Cette fois, contrairement au virage 1, il ne laissa pas la voiture dériver vers l’extérieur.
Il sacrifia volontairement sa sortie afin de placer correctement la monoplace pour le virage 5, qui était plus important.
Il toucha le point de corde avant de laisser la voiture s’écarter, tout en passant rapidement la quatrième vitesse à la sortie.
Ce ne fut qu’à cet instant qu’il commença réellement à monter les rapports dans les lignes droites.
Avec le vent dans le dos, il aurait normalement dû freiner plus tôt.
Mais comme la piste remontait, la pente compensait l’effet du vent et lui permit de retarder énormément son freinage, jusqu’à seulement soixante mètres du virage.
Il descendit en quatrième avant d’amorcer son entrée dans le virage 7.
Il remit les gaz extrêmement tôt tout en laissant la monoplace s’écarter vers l’extérieur alors qu’elle encaissait la puissance qu’il exigeait du moteur en préparation du virage 8 qui approchait.
Il manqua volontairement et largement le premier point de corde du virage 8 alors que la voiture commençait à négocier le virage à fond.
Il se rapprocha du deuxième point de corde, mais resta encore à environ un mètre et demi de celui-ci.
Il toucha ensuite parfaitement le troisième point de corde alors que le virage se resserrait, avant de manquer de très peu le dernier.
Il s’écarta à la sortie, mais pas excessivement, puis retrouva la ligne droite sans jamais lever le pied.
Durant toute la séquence du virage 8, Fatih n’eut besoin d’effectuer absolument aucune correction.
L’angle de volant qu’il avait appliqué au début du virage resta identique pendant toute la courbe, jusqu’à la sortie.
Une telle chose n’était possible que s’il avait réussi à enfiler l’aiguille en suivant la trajectoire de course parfaite à travers l’intégralité du virage.
.....
« C’ÉTAIT PARFAIT ! » cria Murat lorsque Fatih traversa le virage 8 à toute vitesse sans effectuer la moindre correction, passant le moins de temps possible dans la courbe sur toute sa longueur.
L’excitation persista tandis que Fatih parcourait la longue portion rapide du deuxième secteur après la sortie du virage 10.
Au bout de la ligne droite, il activa le DRS et le conserva ouvert jusque dans le virage 11.
Même s’il était appelé un virage, la FIA le considérait comme une ligne droite, et il s’agissait de l’un des deux seuls virages du calendrier pouvant être négociés avec le DRS ouvert, l’autre se trouvant sur le circuit de Djeddah, qui était encore en construction.
...
À l’approche des trois derniers virages, il freina à cent mètres, très tôt, tout en déplaçant la voiture vers le côté droit de la piste et en rétrogradant jusqu’en deuxième vitesse avant de tourner et d’atteindre le point de corde du virage 12.
Il s’écarta légèrement avant de resserrer de nouveau sa trajectoire, restant à l’intérieur à la sortie du virage.
Cela le plaça sur le côté gauche de la piste avant qu’il ne tourne à droite pour le virage 13 tout en passant la troisième vitesse, restant une nouvelle fois à l’intérieur à la sortie.
Il parcourut une courte distance avant de freiner avec une extrême douceur et une grande précision, prenant soin du pneu avant en surchauffe.
Enfin, il plongea dans le virage et toucha le point de corde avant d’accélérer agressivement à la sortie.
Le pied toujours enfoncé sur l’accélérateur, il enchaîna parfaitement les rapports jusqu’à la ligne d’arrivée et entama immédiatement son deuxième tour de qualification.
Pendant tout ce temps, les yeux de chacun étaient rivés sur la tour des temps, et plus précisément sur un seul nom.
Tout le monde voulait connaître le chrono réalisé par Fatih lors de son premier tour d’attaque.
Et surtout savoir s’il était compétitif.