Chapitre 312
Chapitre 312 - Week-end de course | Dimanche | Course III (2)
Traduction: Moonkissed
« Comment est la pluie ? » demanda Fatih en regardant vers la sortie du garage tout en enfilant sa cagoule, puis son casque.
« L’état de la piste est le même qu’à la fin de la Course 2 », répondit James en consultant la tablette qu’il tenait entre ses mains.
Les informations affichées étaient mises à jour en temps réel grâce aux observateurs positionnés tout autour du circuit.
En raison de la quantité limitée d’informations auxquelles les équipes avaient normalement accès, celles qui souhaitaient obtenir davantage de données pour leurs stratégies spécifiques envoyaient généralement un membre de l’équipe ou payaient quelqu’un pour servir d’observateur dans certaines zones importantes du circuit.
Mais c’était la première fois que Team Arden en déployait autant.
Ils avaient placé des observateurs à tous les endroits où l’entrée d’un virage était aveugle, où un courant d’eau traversait la piste ou encore là où la sortie d’un virage n’était pas visible.
L’objectif était simple : obtenir autant d’informations que possible, en temps réel, afin que leurs pilotes puissent réagir immédiatement.
« Merci », déclara Fatih après avoir fini d’attacher son casque, levant la main vers James pour lui taper dans la sienne.
« On se voit sur les écrans », répondit James en lui rendant son geste.
« Et moi, je t’entendrai dans mes oreilles », répliqua Fatih avant de monter dans sa voiture.
Les mécaniciens se mirent immédiatement au travail pour l’attacher aussi fermement que possible avec les harnais.
« On se voit sur la plus haute marche du podium », ajouta Lisa lorsqu’elle eut terminé de l’attacher.
Elle tapota le sommet de son casque avant de s’éloigner de la voiture.
{Test radio !} entendit-il dans ses écouteurs.
{Cinq sur cinq,} répondit Fatih, confirmant que les communications fonctionnaient correctement.
{Trente secondes.}
L’attention de Fatih se reporta alors entièrement sur Lisa.
Elle se tenait devant le garage, une main levée pour lui indiquer qu’il n’avait pas encore l’autorisation de sortir.
Fatih ne regarda plus qu’elle.
Puis sa paume ouverte, qui lui ordonnait de rester immobile, se transforma en pouce levé.
Il réagit immédiatement.
La monoplace quitta le garage et s’engagea dans la voie des stands, où Fatih prit place au bout de la longue file de voitures.
Dix secondes plus tard, la sortie des stands fut finalement ouverte.
Les pilotes commencèrent à rejoindre la piste les uns après les autres afin de se mettre dans le bon ordre, rejoindre leurs positions sur la grille et attendre le début du tour de formation.
........
« La dernière course du championnat britannique de F4 n’est désormais plus qu’à un tour de formation de commencer.
Sans plus attendre, les pilotes entament leur tour de formation afin d’effectuer une dernière vérification des systèmes et de mettre leurs pneus et leurs freins en température.
C’est important avant le départ de n’importe quelle course, mais ça l’est encore davantage aujourd’hui puisque la pluie tombe toujours et que la piste est entièrement détrempée », commença Justin.
Une certaine émotion transparaissait dans sa voix.
Après tout, ce serait la dernière fois de la saison qu’il commenterait ce championnat.
.........
Fatih étant dernier sur la grille, il dut attendre que toutes les voitures devant lui se mettent en mouvement avant de pouvoir partir.
Et il poussa cette attente jusqu’à la limite.
Il resta parfaitement immobile aussi longtemps que possible sans risquer de recevoir une pénalité.
Ce ne fut qu’au dernier moment qu’il démarra enfin, laissant ainsi un immense espace entre lui et les voitures devant.
Mais même une fois en mouvement, son pied gauche restait posé sur la pédale de frein.
Il maintenait environ 15 % de pression.
Cela lui permettait non seulement d’amener ses freins jusqu’à leur température optimale de fonctionnement, mais également d’utiliser la chaleur qu’ils dégageaient pour réchauffer ses pneus.
Dans de telles conditions, les possibilités permettant de faire monter les pneus en température pendant le tour de formation étaient très limitées.
Il pouvait certes zigzaguer de gauche à droite, ce qu’il faisait, mais il ne pouvait pas le faire trop agressivement sans risquer de partir en tête-à-queue.
La chaleur dégagée par les freins devenait donc sa deuxième meilleure option.
Il continua ainsi pendant l’intégralité du tour de formation.
Relâcher complètement les freins aurait immédiatement permis à l’eau de s’y infiltrer et de les refroidir de nouveau.
Grâce au rythme qu’il s’était imposé, lorsqu’il rejoignit enfin la ligne droite de départ-arrivée, tous les autres pilotes étaient déjà installés sur leurs emplacements.
Leurs feux arrière clignotaient rapidement sous la pluie.
Tout le monde l’attendait.
......
« Fatih Yıldırım effectue quelques burnouts pour chasser l’eau de ses pneus et obtenir une surface de contact maximale avant de finalement rejoindre son emplacement sur la grille, plus de trente secondes après que Johnathan Hoggard, en pole position, a rejoint le sien !
Cela lui donne l’avantage d’avoir des pneus plus chauds que ceux des autres pilotes !
Mais cet avantage est contrebalancé par le fait qu’il part treizième et dernier !
ET LE DRAPEAU VERT EST AGITÉ ALORS QUE LA VOITURE MÉDICALE PREND POSITION !
TOUT VA SE JOUER LORS DE CETTE DERNIÈRE COURSE !
ET POUR LA TOUTE DERNIÈRE FOIS DE LA SAISON...
LES FEUX S’ALLUMENT !
ILS S’ÉTEIGNENT !
ET C’EST PARTI ! »
.........
Les yeux de Fatih étaient entièrement rivés sur les feux de départ.
Sa concentration était telle que son cerveau semblait avoir effacé tout ce qui l’entourait.
Même les gouttes de pluie qui couvraient sa visière semblaient avoir disparu.
Il fit monter le régime moteur et le maintint exactement dans la plage optimale.
À l’instant précis où les feux s’éteignirent, il réagit.
Il relâcha immédiatement l’embrayage tout en appliquant juste assez de puissance pour s’élancer sans provoquer de patinage des roues.
C’était quelque chose qu’il avait répété encore et encore dans le simulateur.
Et le résultat fut un départ parfait.
Les deux voitures devant lui réagirent plus tardivement.
Leurs pneus se mirent également à patiner.
Fatih s’engouffra sans difficulté entre elles.
Deux positions gagnées.
Il passa les rapports les uns après les autres dans la ligne droite de départ-arrivée, accumulant vitesse et élan.
Une voiture située sur la droite se déporta soudainement vers le milieu de la piste.
Fatih donna immédiatement un coup de volant vers la droite pour l’éviter.
Ce mouvement lui permit non seulement de dépasser la voiture, mais également de récupérer la trajectoire intérieure à l’approche du premier virage.
Confiant dans ses freins, Fatih conserva son pied sur l’accélérateur plus longtemps.
Puis il freina plus tard qu’une autre voiture et la dépassa avant d’entamer son virage vers la première courbe.
L’entrée de celle-ci était aveugle, car l’élévation de la piste à l’entrée était supérieure à celle de la sortie.
Fatih élargit sa trajectoire dans le premier virage.
Il avait désormais gagné quatre positions.
Et il avait toujours davantage d’élan.
Davantage de confiance.
Il se lança immédiatement à la poursuite de la voiture devant lui.
Au moment même où il quitta la trajectoire idéale pour tenter une nouvelle attaque, il fut cependant contraint de lever le pied et de se replacer derrière le pilote occupant la P8.
La voiture de sécurité venait d’être déployée.
La monoplace que Fatih avait dépassée au freinage était sortie de la piste et s’était retrouvée coincée dans le bac à gravier à la sortie du premier virage.