Chapitre 311
Chapitre 311 - Week-end de course | Dimanche | Course III
Traduction: Moonkissed
{Plus qu’une. Beau travail là-dehors,} déclara James à la radio tandis que Fatih effectuait son tour de décélération en direction de la voie des stands.
{Où ont terminé les deux autres ?}
{P4 pour Doohan, P8 pour Hauger. Il a perdu beaucoup trop de temps et de positions dans les stands,} répondit James alors que Fatih atteignait enfin l’entrée de la voie des stands et s’y engageait.
{C’est grâce à eux qu’on est encore dans la course au titre,} déclara Fatih quelques instants avant de s’immobiliser devant le panneau indiquant la première place.
La caméra du direct était positionnée face à sa monoplace et avait zoomé sur Fatih de manière à ne laisser apparaître que sa tête.
Cependant, le cadrage permettait également de voir le pneu avant droit.
Et comme si le réalisateur venait de remarquer quelque chose, la mise au point quitta Fatih pour se concentrer sur ce pneu.
Il fumait encore.
Les rainures conçues pour évacuer l’eau sous le pneu avaient été tellement usées qu’elles étaient presque entièrement lisses.
À ce stade, le pneu ressemblait davantage à un slick qu’à un pneu pluie.
« Ces pneus ont une sacrée histoire à raconter », commenta Justin en voyant la caméra passer du pneu avant droit au gauche, qui n’était guère en meilleur état.
« Sachant qu’il n’aura pas besoin de les réutiliser lors de la prochaine course, il les a vraiment poussés jusqu’à leur toute dernière limite sans la moindre inquiétude », ajouta Brad.
Il rappela ainsi que Fatih ne s’était pas simplement laissé emporter par sa chasse aux chronos en ignorant la nécessité de conserver ses pneus.
Le règlement accordait neuf pneus pluie pour chaque week-end de course.
Fatih en ayant déjà utilisé quatre durant cette course, il lui en restait encore cinq pour la dernière.
« Comment penses-tu que la dernière course va se dérouler ? »
« Fatih peut encore décrocher le titre, mais la remontée qui l’attend va être monumentale puisqu’il partira du fond de la grille tandis que Jewiss s’élancera en P5. Pour remporter le championnat, Jewiss a seulement besoin de terminer sur le podium pour garantir sa victoire. S’il termine plus bas, tout dépendra alors de la position finale de Fatih.
Donc, pour ces deux pilotes, ces nouveaux pneus pluie vont être leur meilleure arme pour pouvoir attaquer encore davantage. »
.......
La cérémonie du podium désormais terminée, la retransmission en direct prit fin.
Les deux commentateurs purent enfin souffler quelques instants avant la prochaine course pour laquelle ils seraient de nouveau nécessaires.
Quelques secondes plus tard, une femme entra dans la pièce avec une expression enthousiaste et leur tendit une feuille de papier encore chaude au toucher, signe qu’elle avait été imprimée moins de deux minutes auparavant.
« Wow, on dirait que ça va vraiment se jouer jusqu’au bout. Et ça attire de plus en plus de monde », déclara Brad en lisant ce qui figurait sur la feuille.
Elle contenait les chiffres d’audience enregistrés pendant toute la course.
La retransmission avait commencé avec un chiffre déjà record de 1,5 million de spectateurs, mais au moment où le drapeau à damier avait été agité et où la course s’était terminée, 300 000 personnes supplémentaires avaient rejoint le direct.
« Les deux millions deviennent maintenant une possibilité pour la dernière course », déclara Justin en donnant une petite pichenette sur la feuille.
Pour eux deux, les choses ne pouvaient pas mieux se dérouler.
Plus il y avait de personnes regardant la course, plus ils gagnaient eux aussi en visibilité.
Une telle attention était déjà sans précédent.
Et le fait que l’audience continue d’augmenter à chaque course rendait la situation encore plus excitante à leurs yeux.
« Qui penses-tu voir gagner le championnat ? »
« Pour nous, ce serait mieux que Fatih gagne. Ce serait l’une des plus grandes remontées jamais réalisées. Mais ça va être difficile, parce que Jewiss devrait pouvoir atteindre assez facilement les places du podium si les deux pilotes de Team Arden ne parviennent pas à le contenir suffisamment tôt. »
« Difficile de te contredire là-dessus. Mais je continue de croire que Fatih peut y arriver. »
......
Ding !
Une cascade de notifications retentit sur presque tous les téléphones présents dans la pièce pendant le débriefing d’après-course.
James fut le premier à consulter la sienne.
« Les officiels viennent de déclarer que la dernière course sera une course sur piste mouillée, donc les restrictions du Parc Fermé sont levées. Nous pouvons modifier les réglages sans nous inquiéter. »
L’équipe avait déjà prévu d’accepter une pénalité sur la grille en échange de modifications apportées aux réglages de la voiture de Fatih sous le régime du Parc Fermé.
Après tout, puisqu’il partait déjà du fond de la grille, une telle pénalité n’aurait pratiquement eu aucune importance.
Mais avec cette annonce, ce sacrifice devenait inutile.
En contrepartie, tous les autres pilotes bénéficiaient désormais du même avantage, alors que Fatih aurait été l’un des rares à prendre ce pari si le directeur de course n’avait pas officiellement déclaré la course comme se déroulant sur piste mouillée.
La discussion se concentra immédiatement sur les préparatifs nécessaires.
Beaucoup des modifications étaient classiques pour des conditions pluvieuses.
La hauteur de caisse allait passer de cinq à huit millimètres afin de réduire les risques d’aquaplanage.
La barre antiroulis serait assouplie afin de permettre davantage de roulis au châssis.
Les ailerons avant et arrière seraient réglés pour générer un maximum d’appui aérodynamique.
Le carrossage négatif serait réduit afin de maximiser la surface de contact des pneus avec la piste.
Enfin, la pression des pneus serait diminuée afin de permettre aux rainures de la bande de roulement de mieux s’ouvrir.
.......
« Si moi, je tremble autant à cause du stress, je me demande dans quel état il doit être », déclara Seraphina en observant sa main tremblante.
Elle regardait la retransmission en direct sur l’écran géant situé devant les tribunes de Paddock Hill, où elle se trouvait.
La séance ne devait commencer que dans quelques minutes.
« Mentalement, je suis certaine qu’il va bien. Ce qui m’inquiéterait plutôt, c’est sa main », répondit Güldane.
Au même instant, la retransmission changea de plan pour montrer Fatih sortant du fond du garage en direction de l’avant.
Alex marchait à ses côtés en portant son casque.
Fatih semblait parfaitement calme.
Rien dans son attitude ne donnait l’impression qu’il s’apprêtait à disputer une course qui déciderait du titre.
« C’est vrai. Je ne l’ai jamais vu nerveux une seule fois depuis qu’il a commencé à courir », ajouta Rümeysa avec un petit rire.
Sur l’écran, Fatih souriait tout en discutant avec Alex et James.
Il salua même ses coéquipiers de la main lorsqu’ils passèrent devant lui pour rejoindre leurs voitures.
Les familles de Fatih et de Seraphina étaient toutes les deux présentes pour le soutenir.
Pourtant, au lieu d’être ceux qui lui apportaient du réconfort, c’étaient eux qui semblaient avoir besoin d’être rassurés.
Ils ressentaient manifestement bien plus de nervosité que Fatih lui-même.
Burak tapota doucement le dos de Rümeysa pour essayer de la calmer.
Mais à en juger par son expression...
Cela ne semblait absolument pas fonctionner.