Chapitre 306
Chapitre 306 - Week-end de course | Samedi | Course I (2)
Traduction: Moonkissed
« NOUS RETROUVONS LE FATIH DOMINANT AUQUEL NOUS NOUS ÉTIONS HABITUÉS, ET IL RÉPOND AUJOURD’HUI À TOUS CEUX QUI SE DEMANDAIENT S’IL ALLAIT RÉUSSIR À REBONDIR APRÈS L’UN DES PIRES WEEK-ENDS DE COURSE DE SA CARRIÈRE !
IL SORT DU DERNIER VIRAGE ET ENTRE DANS LA LIGNE DROITE DE DÉPART-ARRIVÉE…
ET POUR LA TREIZIÈME FOIS, IL MONTE SUR LA PLUS HAUTE MARCHE DU PODIUM !
ET POUR PARFAIRE LE TOUT, HAUGER TERMINE JUSTE DERRIÈRE LUI, TANDIS QUE DOOHAN PREND LA TROISIÈME PLACE !
TEAM ARDEN VERROUILLE LE PODIUM !
ET C’EST LARGEMENT SUFFISANT POUR LEUR OFFRIR LE TITRE CONSTRUCTEURS !
POUR AGGRAVER ENCORE DAVANTAGE LA SITUATION DE JEWISS, MALGRÉ UNE BELLE REMONTÉE DÈS LE DÉPART, LA VOITURE DE SÉCURITÉ ET LES REPRISES DE COURSE CONSTANTES L’ONT EMPÊCHÉ DE SE FRAYER UN CHEMIN À TRAVERS LE PELOTON !
JEWISS TERMINE NEUVIÈME !
L’ÉCART ENTRE LES DEUX PILOTES TOMBE DONC À 37 POINTS AVANT LA DEUXIÈME COURSE DE DEMAIN ! »
« ET CE QUI REND LA SITUATION ENCORE PLUS INTÉRESSANTE, C’EST QU’AVEC LEURS POSITIONS D’ARRIVÉE, FATIH PARTIRA P8 LORSQUE LA GRILLE SERA INVERSÉE, TANDIS QUE JEWISS PARTIRA P9, EXACTEMENT LÀ OÙ IL A TERMINÉ !
CE SERA LA PREMIÈRE FOIS DU WEEK-END QUE CES DEUX-LÀ SE RETROUVERONT DIRECTEMENT DANS LA MÊME ZONE EN COURSE !
ILS N’ONT PAS EU À SE BATTRE DIRECTEMENT DURANT LA COURSE UNE, ET CE NE SERA PROBABLEMENT PAS LE CAS EN COURSE TROIS NON PLUS, PUISQUE FATIH PARTIRA DU FOND DE LA GRILLE !
ET SI L’ON REGARDE LES PRÉVISIONS MÉTÉO, IL Y A UNE TRÈS FORTE PROBABILITÉ DE PLUIE !
NOUS POURRIONS DONC AVOIR UNE COURSE SUR PISTE MOUILLÉE DEMAIN… »
.......
Pendant que Jackson commentait avec enthousiasme, Fatih et le reste de l’équipe avaient déjà commencé à célébrer.
{OUUUUAAAAAAIIIIISSS ! LE TITRE CONSTRUCTEURS, C’EST FAIT ! EXCELLENT TRAVAIL ! EXCELLENTE COURSE !} hurla James dans la radio.
{OUAAAAAAAAIIIIISSS…}
Les deux autres pilotes étaient eux aussi d’excellente humeur, célébrant à la fois le titre constructeurs et leurs places sur le podium.
Pendant le tour de décélération, Fatih ralentit légèrement afin de laisser ses coéquipiers le rejoindre.
Les trois voitures commencèrent alors à rouler en formation autour du circuit.
La retransmission resta concentrée sur eux.
On voyait les pilotes lever le poing en se regardant les uns les autres jusqu’à ce qu’ils entrent dans la voie des stands et viennent s’immobiliser devant les panneaux indiquant leurs positions respectives.
Dès qu’ils sortirent des voitures, ils se prirent dans les bras avant de se diriger vers la zone des interviews.
Habituellement, les interviews étaient réalisées séparément.
Mais puisqu’ils appartenaient tous les trois à la même équipe et qu’ils venaient de verrouiller le podium, les organisateurs décidèrent de les interviewer ensemble.
« Félicitations à vous trois, ainsi qu’à toute l’équipe, pour ce titre constructeurs », déclara l’intervieweur lorsqu’ils arrivèrent.
« Merci », répondirent les trois pilotes à des moments légèrement différents, chacun tenant son propre micro.
L’intervieweur se tourna d’abord vers Fatih.
« Qu’est-ce que ça te fait de voir que ta contribution, particulièrement importante ces dernières semaines, a directement aidé l’équipe à décrocher le titre ? »
Comme les équipes de F4 pouvaient engager jusqu’à quatre voitures, une règle avait été mise en place pour éviter qu’une équipe disposant du plus grand nombre de pilotes ne remporte automatiquement le championnat grâce au simple avantage numérique.
Avant chaque week-end de course, les équipes engageant plus de deux voitures devaient donc désigner seulement deux pilotes.
Seuls les points de ces deux pilotes comptaient pour le championnat constructeurs.
Dans ce contexte, grâce à sa régularité depuis son retour, Fatih avait désormais contribué à plus de la moitié des points remportés par Team Arden.
« C’est un soulagement de savoir que ma contribution nous a aidés à remporter le titre, mais je n’aurais pas pu le faire seul. Mes coéquipiers ont contribué à leur manière avant que je puisse revenir en piste, puis après mon retour à la suite de ma suspension. »
« Le fait d’avoir maintenant remporté le championnat constructeurs te donne-t-il davantage de confiance pour ta propre lutte pour le titre ? »
« C’est bien de l’avoir remporté maintenant, mais je dois rester vigilant jusqu’à la toute dernière course. Si je me détends trop tôt, ça pourrait nuire à ma concentration demain. »
Il marqua une courte pause avant d’ajouter, avec une pointe de sarcasme :
« En revanche, ça libère maintenant quelques options tactiques sur la piste, puisque nous n’avons plus besoin de penser au championnat constructeurs. »
L’intervieweur eut un léger sourire.
« Les prévisions indiquent que la probabilité de pluie demain est presque deux fois plus élevée qu’aujourd’hui. Qu’est-ce que tu en penses ? Est-ce que tu préfères qu’il pleuve ou que la piste reste sèche ? »
« Si la course se déroule sous la pluie, ce sera la première fois que je piloterai une F4 dans ces conditions. Donc, si j’avais le choix, je préférerais une piste sèche.
Mais s’il pleut, je ne considérerai pas que je pars avec un désavantage. »
Fatih répondit encore à quelques questions avant que l’intervieweur ne se tourne vers Hauger et Doohan.
Puisque le temps prévu pour les trois interviews avait été regroupé, il disposait d’environ dix minutes pour discuter librement avec eux.
Une fois cela terminé, la cérémonie du podium put enfin commencer.
Et même si ce titre constructeurs méritait largement d’être célébré, l’équipe décida, compte tenu de la situation de Fatih, de reporter les véritables festivités jusqu’après la dernière course.
Le fonctionnement du garage resta donc presque identique à d’habitude.
Mais les visages, eux, ne trompaient personne.
Toute l’équipe affichait cette lueur particulière propre à ceux qui venaient de remporter un championnat.
.......
« Vas-y doucement, mec, j’ai une course demain », se plaignit Fatih dans sa chambre d’hôtel tandis que le physiothérapeute massait sa main.
La pression exercée lui arracha immédiatement un petit cri de douleur.
« Je t’avais prévenu que tu souffrirais si tu décidais de continuer malgré tout, et maintenant tu viens te plaindre ? » répondit sarcastiquement le physiothérapeute en augmentant encore légèrement la pression.
« J’ai l’impression que tu te sers de moi pour évacuer tes frustrations personnelles », répliqua Fatih.
Il n’essaya cependant pas de l’arrêter.
Il savait parfaitement depuis le départ qu’il allait devoir passer par là.
Sa main était désormais deux fois plus douloureuse à cause de l’utilisation répétée des poches de glace, mais grâce à ses deux coéquipiers placés derrière lui pendant la course, il avait pu gérer son rythme sans avoir besoin de pousser la voiture ni son propre corps jusqu’à leurs limites.
Au final, sa situation était même meilleure que le scénario le plus optimiste qu’il avait imaginé.
Fatih serra les dents lorsque le physiothérapeute poursuivit son travail.
« Ça a intérêt à marcher… sinon je te retrouverai après. »