Chapitre 289
Chapitre 289 - Week-end de course | Samedi | Déception
Traduction: Moonkissed
« Malgré tous ses efforts et un rythme lui permettant de reprendre plus d’une seconde par tour, la voiture de sécurité ou l’incident qui aurait pu regrouper tout le peloton n’arrive jamais pour Fatih !
Pour la première fois de sa carrière en monoplace, ses efforts n’auront servi à rien !
Son rival au championnat, KIERN JEWISS, FRANCHIT LE DRAPEAU À DAMIER ET AUGMENTE SON AVANCE AU CHAMPIONNAT DE VINGT-CINQ POINTS !
C’EST LE PREMIER RENVERSEMENT DE SITUATION DEPUIS LE RETOUR DE FATIH, APRÈS QUATRE WEEK-ENDS CONSÉCUTIFS DURANT LESQUELS JEWISS N’A FAIT QUE PERDRE DES POINTS !
ET LE CAUCHEMAR NE S’ARRÊTE PAS LÀ !
JONATHAN HOGGARD, LE PILOTE QUE FATIH AVAIT ÉCRASÉ LORS DE SA DEUXIÈME COURSE APRÈS SON RETOUR, TERMINE SUR LA DERNIÈRE MARCHE DU PODIUM ET LE DÉPASSE À NOUVEAU AU CLASSEMENT DU CHAMPIONNAT POUR RÉCUPÉRER LA DEUXIÈME PLACE !
LA SITUATION AURAIT MÊME PU ÊTRE ENCORE PIRE SI DENNIS HAUGER N’AVAIT PAS CONSERVÉ LA DEUXIÈME POSITION !
C’EST LE PIRE RÉSULTAT DE FATIH ET UNE COURSE QU’IL VOUDRA TRÈS CERTAINEMENT OUBLIER !
LE SEUL POINT POSITIF QU’IL PEUT EN RETIRER, C’EST D’AVOIR PRIVÉ JEWISS ET TOUS LES PILOTES DANS LES POINTS DU POINT DU MEILLEUR TOUR !
ET IL NE S’EST PAS CONTENTÉ DU MEILLEUR TOUR : IL DÉTIENT À LUI SEUL LES DIX TOURS LES PLUS RAPIDES DE LA COURSE, SANS QUE PERSONNE NE PARVIENNE À S’EN APPROCHER ! »
Malgré son soutien évident envers Fatih, Justin commenta le résultat de la course avec son enthousiasme habituel.
« Moi, je dis que c’est ta faute », déclara Brad au moment où Fatih franchissait enfin la ligne d’arrivée.
Il termina dernier.
Mais seulement deux secondes derrière la voiture qui le précédait, après avoir réduit un retard de vingt secondes à seulement deux au cours des derniers tours.
« Pourquoi ? » demanda Justin, surpris.
« Pendant les qualifications, je t’ai expressément dit que tu provoquais le destin lorsque tu as déclaré : “Je ne vois pas beaucoup de scénarios dans lesquels il ne termine pas ce week-end en tête du championnat.”
Et maintenant, regarde comment son week-end a commencé. Il n’a pratiquement plus aucune chance de prendre la tête du championnat à moins que les deux pilotes devant lui réalisent des performances inférieures à leur niveau habituel », rappela Brad, manifestement très amusé par la situation.
« Eh bien, dans ce cas, j’aimerais présenter mes excuses à Fatih », répondit Justin, entrant dans son jeu.
Puis il ajouta :
« Et malheureusement pour lui, son cauchemar n’est pas terminé. Il partira dernier lors de la deuxième course, puisque la grille de départ est déterminée par l’ordre d’arrivée de la première.
Encore une première pour Fatih, maintenant qu’il peut ajouter une dernière place à son palmarès. »
Alors que Justin poursuivait ses commentaires et que les images montraient les trois premiers pilotes s’arrêter devant les panneaux correspondant à leurs positions, la réalisation finit par revenir sur Fatih.
Sa monoplace entrait dans la voie des stands avant de s’immobiliser dans une zone qu’il n’avait encore jamais eu à utiliser.
Même après s’être arrêté, Fatih ne sortit pas de la voiture.
Ses deux mains restèrent posées sur le volant.
Son regard était fixé droit devant lui.
« Ça doit être un coup terrible pour lui. Comme beaucoup d’entre nous, il était déjà convaincu qu’il avait les capacités nécessaires pour prendre la tête du championnat ce week-end.
Et pourtant, voilà où il se retrouve.
Ça doit faire mal.
Surtout qu’il a fait absolument tout ce qui était en son pouvoir pour renverser la situation… sans que rien ne fonctionne », commenta Justin.
Le réalisateur semblait vouloir exploiter l’instant jusqu’au bout.
La caméra se rapprocha progressivement de la monoplace de Fatih jusqu’à ce que sa visière devienne clairement visible.
Ses yeux étaient fermés.
Quelques secondes plus tard, il retira une main du volant et releva sa visière.
Puis il ouvrit les yeux.
Son regard se posa directement sur la caméra désormais beaucoup trop proche de lui.
Fatih leva simplement la main.
Et couvrit l’objectif de sa paume avant de repousser la caméra.
La réalisation changea aussitôt d’angle.
Une autre caméra était toujours braquée sur lui alors qu’il sortait enfin de sa monoplace.
Fatih lança un regard étrange au caméraman avant de s’éloigner.
Alex accourut alors vers lui avec une bouteille d’eau et une serviette à la main.
Tous deux repartirent vers le garage pendant que les mécaniciens venaient récupérer la monoplace.
« À sa place, moi non plus, je n’aurais pas envie qu’on me filme dans un moment pareil », commenta Brad.
Fatih disparut à l’intérieur du garage et la réalisation revint enfin sur les pilotes du podium.
Brad posa immédiatement une nouvelle question.
« À ton avis, où terminera-t-il demain lors de la deuxième course ? »
« Au minimum sur le podium. »
« Pourquoi ? »
« Le rythme qu’il a montré pendant sa remontée est indiscutable.
S’il avait été au milieu d’un peloton regroupé avec cette vitesse, il aurait fait des ravages rien qu’avec son rythme.
Et ça, sans même prendre en compte ses capacités dans les duels roue contre roue, dont on a déjà eu quelques aperçus lorsqu’il s’était retrouvé P8 à cause d’une grille inversée. »
« J’ai vraiment hâte de voir ça. Et cette fois, il aura vingt et un tours à sa disposition. Il aura donc suffisamment de distance et de temps pour remonter sans avoir besoin de précipiter les choses. »
......
« Vérifiez la suspension avant, s’il vous plaît. J’ai senti une vibration étrange apparaître et devenir de plus en plus forte à mesure que j’enchaînais les tours à fond », déclara Fatih pendant la réunion de débriefing.
La séance avait commencé dès le retour de Hauger après la cérémonie du podium, alors qu’il sentait encore le champagne sans alcool.
« C’est probablement dû au fait que tu as poussé la voiture au-delà de sa fenêtre de fonctionnement », répondit l’ingénieur performance.
Tous les regards se tournèrent vers lui.
Il poursuivit :
« Comme tu le sais déjà, sur le tracé National de Silverstone, avec des virages comme Copse, les pilotes doivent “maltraiter” les vibreurs pour trouver du temps au tour.
Ajoute à ça la faible longueur du circuit : les suspensions n’ont pratiquement jamais le temps de souffler. Même chose pour les pneus et les autres composants, qui subissent constamment des charges rapides et répétées.
Si tu ajoutes encore les charges aérodynamiques par-dessus tout ça, tu pousses l’ensemble de ces éléments jusqu’à leurs limites.
Donc, dans de telles conditions, l’apparition de ce genre de comportement est normale. »
« Je comprends. Mais vérifiez quand même avant la course de demain, parce que je compte pousser la voiture exactement comme aujourd’hui », répondit Fatih.
Il n’avait visiblement aucune intention de débattre sur l’origine du problème.
Il voulait simplement effectuer une vérification préventive, pas affirmer qu’il existait nécessairement une défaillance.
« Très bien. Ajoutons ça à la liste des choses à vérifier », déclara le directeur d’équipe avant de passer immédiatement au sujet suivant.
Le débriefing continua.
Pendant ce temps, Lisa, la cheffe mécanicienne de Fatih, ne cessait de l’observer.
Elle se demandait si son inquiétude était réellement fondée.
Comparé à certaines de ses précédentes demandes, ce qu’il venait de signaler méritait clairement une inspection.
Mais une autre possibilité lui traversa l’esprit.
Peut-être cherchait-il simplement quelque chose qui pourrait justifier sa dernière place.
Au fond, cela ne changeait rien pour elle.
Une fois encore…
Fatih venait d’augmenter leur charge de travail.