Chapitre 2
Chapitre 2 - Les choix
Traduction: Moonkissed
De nombreuses capacités proposées dans la boutique du système se recoupaient, certaines étant de légères variations ou des sous-catégories d'autres, et leurs prix reflétaient cela. Après avoir passé en revue des centaines d'options, j'ai finalement sélectionné celles dont j'étais sûr d'avoir besoin dès le début.
Mais il y avait un problème.
Leur coût combiné dépassait les 15 000 PS dont je disposais.
[Simulation]
Catégorie : Achat unique
Coût en PS : 10 000
Description : Un monde immersif où l'utilisateur peut s'entraîner, expérimenter et affiner ses capacités sans aucun risque pour son identité réelle.
Caractéristiques principales : Permet à l'utilisateur de modifier et de changer les scénarios à l'aide de PS. Améliore Mentor (si acheté), libérant tout son potentiel. Permet l'enregistrement de deux véhicules maximum par contact physique, chaque enregistrement coûtant 100 PS.
Limitations : Peut être utilisé pendant 4 heures maximum par jour.
Pourquoi cela ? Parce que, quel que soit mon talent, les restrictions de la FIA en matière de temps d'entraînement constitueraient toujours un obstacle insurmontable. Les équipes du monde réel disposaient d'un temps de piste limité. J'avais besoin de plus, d'un sanctuaire où je pourrais repousser mes limites. Un endroit où je pourrais m'écraser, brûler, reconstruire et apprendre sans conséquence.
Ce serait mon circuit privé. Mon Nürburgring personnel. Où je pourrais faire des centaines de tours.
Mais la simple répétition ne suffirait pas. J'avais besoin d'un professeur capable d'analyser mes défauts et de m'aider à progresser, d'un coach qui corrigerait mes faiblesses avant qu'elles ne me détruisent.
[Mentor]
Catégorie : Achat unique
Coût en PS : 10 000
Description : Un coach personnel dédié à guider l'utilisateur vers l'amélioration de soi grâce à des missions structurées et des commentaires continus.
Caractéristiques principales : Crée des missions adaptées à la croissance personnelle. Fournit des conseils et des commentaires constants. Accorde des missions permettant de gagner des PS.
Limitations : Nécessite une simulation pour une efficacité totale. Sans cela, la variété des missions sera limitée.
Ensemble, le mentor et la simulation formeraient mon cycle d'entraînement idéal. Mais l'entraînement ne concerne pas seulement la conduite, il concerne aussi l'esprit et le corps. J'ai donc choisi deux capacités synergiques :
[Cerveau éponge]
Catégorie : Améliorable
Niveau : Bon
Coût en PS : 1300
Description : Améliore l'interprétation et l'absorption des informations
[Corps éponge]
Catégorie : Améliorable
Niveau : Bon
Coût en PS : 1300
Description : Optimise l'efficacité du corps, accélère la récupération, améliore les résultats de l'entraînement physique et améliore la coordination générale.
Si je devais m'entraîner comme une machine, j'avais besoin du cerveau d'un érudit et du corps d'un athlète. Cerveau éponge me permettrait de retenir chaque leçon. Corps éponge me permettrait d'aller plus loin, plus vite, et de rebondir dès le lendemain matin.
Mais l'apprentissage et l'endurance seuls ne suffisaient pas. Certaines courses pouvaient se gagner ou se perdre en quelques fractions de seconde, j'ai donc également ajouté :
[Catlex]
Catégorie : Améliorable
Niveau : Bon
Coût en PS : 900
Description : Aiguise les réflexes et accélère la prise de décision
Et enfin, j'ai également ajouté un joker. Un peu de chaos... mais du bon.
[Zone]
Catégorie : Achat unique
Niveau : Bon
Coût en PS : 1 000
Description : Augmente toutes les capacités d'un niveau pendant une période aléatoire.
Condition d'activation : Aléatoire.
Bien que Zone ait une condition d'activation aléatoire, ce qu'elle offrait était trop intéressant pour être ignoré. Lorsqu'elle se déclenchait, c'était comme si toutes mes capacités avaient été améliorées d'un seul coup. Ce genre de coup de pouce pouvait me faire gagner des courses, ou m'empêcher d'en perdre une.
Mais en parcourant la boutique, quelque chose d'étrange m'a sauté aux yeux : il n'y avait aucune capacité liée à la mentalité. Rien sur la détermination, l'endurance mentale ou la gestion de la pression. J'ai cherché encore et encore, mais le résultat était le même. Cela m'a rendu curieux... mais je n'avais pas le temps de m'attarder là-dessus. J'étais confronté à un problème plus important.
Un dilemme.
Deux des capacités les plus importantes du système, Simulation et Mentor, étaient toutes deux essentielles. L'une était à moitié inutile sans l'autre, et pourtant leur coût combiné dépassait mon solde actuel de PS.
J'ai hésité, puis j'ai posé une question qui me semblait stupide : « Y a-t-il un moyen d'obtenir plus de PS ? »
Je ne m'attendais pas à une réponse, mais j'en ai obtenu une.
[L'utilisateur peut rétrograder sa capacité innée de Limite dépassée à Ultime en échange de 10 000 PS supplémentaires.]
J'ai cligné des yeux, stupéfait.
« Attendez... J'ai une capacité innée ? Depuis quand ? »
Le système n'a pas répondu verbalement. Il a plutôt affiché la réponse :
[Invictus]
Catégorie : Innée
Niveau : Limite dépassée
Description : Né des souffrances passées, Invictus confère au conducteur une endurance mentale extrême contre toutes les formes de pression tout en augmentant sa sensibilité physique.
« Oh mon Dieu », ai-je murmuré. « Limite dépassée ? Mes souffrances étaient-elles vraiment aussi profondes ? »
Le système n'attribuait pas ce niveau à la légère. Cela signifiait que mon passé était suffisamment intense pour façonner quelque chose... d'extraordinaire.
Mais cela me plaçait dans un véritable dilemme.
Devais-je déclasser Invictus, une capacité au niveau presque mythique de Limite dépassée, et obtenir quelque chose de monumental en échange ? Ou devais-je conserver ce pouvoir et me contenter d'acheter une seule des capacités de base, en espérant rassembler le reste des PS plus tard ?
J'ai pesé le pour et le contre, mes pensées tournant en rond comme des voitures lors d'une séance de qualification sur piste mouillée.
Finalement, la réponse m'est apparue clairement.
À ce stade, le fait qu'Invictus soit au niveau Limite dépassée ne ferait pas une grande différence. Même au niveau Ultime, il serait presque parfait. Et si je prévoyais de toute façon de rassembler des PS, le temps nécessaire pour réaméliorer Invictus correspondrait probablement au temps nécessaire pour acheter la capacité que je reporterais autrement.
Le meilleur choix, le choix le plus intelligent, était d'agir maintenant.
« Système », dis-je doucement, en me préparant mentalement, « rétrograde Invictus ».
Une douleur sourde me tirailla la poitrine, comme si je venais de rendre quelque chose de sacré. Perdre une capacité de Limite dépassée n'était pas facile... mais la décision était prise.
[INVICTUS a été rétrogradé (Limite dépassée → Ultime).]
[Vous avez gagné 10 000 PS.]
Je n'ai pas perdu de temps. Avec les 25 000 PS désormais disponibles, j'ai confirmé l'achat de toutes les capacités que j'avais soigneusement choisies. Une par une, les transactions ont été effectuées. Une fois la poussière retombée, il me restait 500 PS.
Il restait encore quelques options de niche, comme celles axées sur l'optimisation des entrées en virage lent, mais j'ai résisté à la tentation. Mieux valait conserver le reste jusqu'à ce que j'identifie une lacune ou une faiblesse spécifique à combler. Inutile de boucher un trou qui n'était même pas encore apparu.
Au moment où la confirmation finale s'est affichée, l'écran s'est éteint, me renvoyant dans le vide.
Mais le silence n'a pas duré longtemps.
Tout comme au moment de ma mort, j'ai senti ma conscience m'échapper à nouveau, mais cette fois-ci, je ne sombrais pas dans la mort.
Cette fois-ci... je me réveillais à la vie.
.......
Turquie, Istanbul, Fatih, hôpital Gureba.
Dans une salle d'accouchement faiblement éclairée, une mère gisait épuisée, le visage baigné de sueur après les heures éprouvantes qu'elle venait de passer. Malgré la douleur, son regard était tendre tandis qu'elle berçait son nouveau-né, le cœur gonflé d'un amour que seule une mère peut comprendre. Elle le regardait avec une admiration silencieuse tandis qu'il dormait profondément, sa petite poitrine se soulevant et s'abaissant à un rythme paisible, les pleurs qui avaient autrefois rempli la pièce désormais remplacés par la sérénité.
« Fatih », murmura-t-elle doucement, sa voix à peine audible dans le silence, « Fatih Yıldırım, c'est ton nom. » Elle suivit délicatement du doigt la courbe de son petit nez, sans quitter son visage des yeux. Pendant un instant, elle put oublier la douleur, la peur et la solitude. À ce moment précis, il n'y avait qu'elle et lui, un nouveau départ.
« Donne-le-moi, tu devrais te reposer. » Une voix chaleureuse et autoritaire rompit le moment. C'était une femme d'une cinquantaine d'années, qui essuyait doucement la sueur du front de la nouvelle maman tout en se penchant pour prendre l'enfant.
« Je veux voir son visage encore un peu », répondit la nouvelle maman, la voix teintée d'un sourire doux-amer.
« Il me rappelle son père. » Son sourire vacilla lorsqu'elle évoqua l'homme qu'elle avait aimé, son mari. La tristesse persista un instant, mais elle se dissipa rapidement lorsqu'elle regarda à nouveau son fils, sa joie revenant.
Pendant quelques instants, elle tint son enfant dans ses bras, savourant ce moment précieux, avant de finalement céder et de le remettre à sa propre mère.
« Notre petit conquérant dort si paisiblement », dit la femme plus âgée, la voix empreinte de fierté et d'affection, tandis qu'elle berçait le bébé. Elle l'installa délicatement dans ses bras, n'osant pas mentionner son père. Elle ne voulait pas raviver les souvenirs douloureux de cet homme qui était décédé trop tôt, quatre mois seulement avant la naissance de son fils.
La jeune mère avait terriblement souffert du chagrin causé par la perte de son mari. La dépression avait failli tout lui prendre, même l'enfant qu'elle tenait maintenant dans ses bras. Pourtant, grâce au soutien indéfectible de sa mère, elle avait trouvé la force de continuer. Elles savaient toutes les deux que cet enfant, Fatih, était une partie vivante de l'homme qu'elles avaient perdu, et un symbole d'espoir pour leur avenir.
« Quelle est cette langue ? » se demanda Fatih.
Bien que tout le monde dans la pièce pensait qu'il dormait, il avait simplement fermé les yeux dès qu'il avait pris conscience de son environnement. La première chose qu'il remarqua, c'est qu'il pleurait, de manière incontrôlable, comme par instinct. À travers sa vision floue et imprécise, il aperçut le visage d'une femme, doux, fatigué et plein d'amour. Sa mère, comprit-il.
Mais les sons autour de lui, les mots prononcés... ils lui étaient inconnus.
Il essaya de reconstituer le puzzle, puisant dans les souvenirs qui avaient renaît avec lui. Mais malgré ses efforts, il ne parvint pas à identifier la langue. Le mal de tête qui s'ensuivit lui fit comprendre qu'il en faisait trop, trop tôt.
Frustré mais réaliste, il décida de ne pas gaspiller son énergie. Il aurait le temps de s'occuper de tout cela plus tard.
Pour l'instant, il avait seulement besoin de se reposer.