Chapitre 996
À l’extérieur de la Salle de la Grande Force, au Grand Temple Leiyin, dans la Terre sainte de la Montagne spirituelle :
Depuis deux jours, des moines arrivaient les uns après les autres. Il y avait des arhats, des bodhisattvas, des bouddhas et bien d’autres encore. Tous étaient venus assister à la célébration de l’anniversaire du Bouddha du Présent et écouter son sermon. Tous ceux qui y participeraient en tireraient profit.
Avant l’apparition de Jiang Gautama, le Bouddha du Passé fit venir les disciples de la Terre sainte de la Montagne spirituelle qui étaient arrivés de tous les horizons.
« Salutations, Seigneur Bouddha du Passé ! »
« Seigneur Bouddha du Passé, quel sera le sujet du sermon du Bouddha aujourd’hui ? » demanda un bodhisattva, curieux.
À ces mots, le Bouddha du Passé marqua une pause, et les autres tendirent l’oreille.
« Le Bouddha a indiqué que le sujet de son sermon serait les démons », répondit gravement le Bouddha du Passé.
« Les démons ? Quel genre de démons ? » s’exclamèrent les bodhisattvas et les arhats.
« La dynastie démoniaque, le royaume de Han », répondit doucement le Bouddha du Passé.
Bien qu’il eût parlé à voix basse, tous les moines l’entendirent parfaitement.
« La dynastie impériale Han ? Ce démon Gu Hai ? » enchaîna rapidement quelqu’un.
Qui ignorait l’existence de la dynastie impériale Han ? La Terre sainte de la Montagne spirituelle lui vouait une haine profonde.
Le premier affrontement avait eu lieu lors de la Convention des dix mille sages. Gu Hai avait profité de sa position de Maître de la Salle d’élite du royaume de Qian pour mettre hors de combat de nombreux bodhisattvas et arhats sous les yeux du monde entier, obligeant le Bouddha du Futur à repartir la tête basse.
Le deuxième affrontement avait eu lieu lorsque Gu Hai avait conduit des hommes jusqu’à la mer de l’Ouest et dérobé tous les trésors de valeur du Palais du Dragon de la mer de l’Ouest avant de le détruire. Tout ce qui s’y trouvait aurait dû revenir à la Terre sainte de la Montagne spirituelle, mais Gu Hai avait tout emporté. Il avait même tué le Bouddha victorieux au combat de la Terre sainte de la Montagne spirituelle et semé le chaos dans les dix-huit niveaux des enfers, tuant de nombreux bodhisattvas et arhats. Son subordonné, le démon Kong Xuan, avait dévoré quantité de disciples de la Terre sainte de la Montagne spirituelle. Si le Bouddha du Présent ne les avait pas sauvés, ils auraient subi un terrible désastre.
Le troisième affrontement avait eu lieu lorsque Gu Hai avait contrecarré les plans du Bouddha du Présent dans la Ville du Divin Agriculteur en dupant la Terre sainte de la Montagne spirituelle à l’aide d’un faux Jiang Lianshan.
Lors du quatrième affrontement, Shangguan Hen avait tué le Bodhisattva Nan Longnu. Le Bouddha du Passé, le Bouddha du Futur, Di Shitian, Brahma, Vishnu et Shiva étaient venus le faire comparaître, mais ils avaient été humiliés aux portes de la Capitale céleste sans frontières. Gu Hai avait même rejeté sur la Terre sainte de la Montagne spirituelle la responsabilité de l’affaire de la Ville des Trois Montagnes, déclarant qu’il ne s’arrêterait pas tant qu’un des deux camps ne serait pas anéanti.
C’était bien un démon, n’est-ce pas ?
Le démon Gu Hai ! Tous les disciples de la Terre sainte de la Montagne spirituelle devaient le tuer à vue.
« Démon Gu Hai ! Je hais de ne pouvoir débarrasser le monde d’un tel démon et rendre la justice à tous ! »
« En effet ! Le démon Gu Hai ! La dynastie démoniaque, le royaume de Han ! La présence d’un tel démon dans le monde est un fléau pour tous les êtres vivants ! »
Les disciples de la Terre sainte de la Montagne spirituelle se mirent aussitôt à accabler Gu Hai de reproches.
« Bouddha du Passé, le Bouddha donne-t-il ce sermon pour s’occuper du royaume démoniaque de Han ? Si c’est le cas, nous, ses disciples, trouverons un moyen d’agir. »
« Pourquoi chercher un moyen ? Il suffit que le Bouddha le demande, et nous le suivrons pour piétiner cette dynastie démoniaque ! »
« Non, ce serait une erreur. Cette dynastie démoniaque compte de puissants experts. Il nous faut élaborer un plan pour la détruire et rétablir l’équilibre dans le monde. »
Tandis que les moines débattaient des moyens de s’en prendre à la dynastie impériale Han, le Bouddha du Passé souriait. Il leur adressait un signe, préparant leurs esprits à ce qui allait venir.
Le Bouddha du Présent ne voulait plus attendre. Gu Hai avait maintes fois fait échouer les plans de la Terre sainte de la Montagne spirituelle ; aussi avait-il décidé de détruire la dynastie impériale Han après ce sermon.
Il comptait agir avec la rapidité de l’éclair afin de montrer au monde entier ce qu’il en coûtait de provoquer la Terre sainte de la Montagne spirituelle.
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Dans les jours précédant les célébrations de la Terre sainte de la Montagne spirituelle, les abbés des différents temples se rendaient au Grand Temple Leiyin pour présenter leurs respects. Pendant ce temps, un événement majeur éclata dans les deux mille villes vassales de la Terre sainte de la Montagne spirituelle.
À cet instant, une vive agitation régnait devant Richesse infinie.
« Qu’est-ce que ça signifie ? Pourquoi ne puis-je pas acheter le Pot à trésors, version 16 ? J’ai supplié tant de gens de réunir ces pierres spirituelles ! Pourquoi refusez-vous de me vendre le Pot à trésors, version 16 ? » exigea avec colère un homme vêtu de bleu azur.
« Veuillez nous excuser, le sceau du directeur général n’est pas ici. Nous ne pouvons donc pas signer le contrat. Monsieur, revenez demain, je vous prie », répondit poliment un employé.
« Demain ? Vous savez combien d’intérêts je vais perdre en une seule journée ? Demain ? J’ai fait le tour de dix succursales de Richesse infinie, et c’est pareil partout. Vous savez bien que je suis l’un de vos gros clients. J’ai acheté quantité de produits financiers dans votre établissement. Vous croyez que je ne vais pas retirer tous mes placements ?! » cria l’homme vêtu de bleu azur.
« Je suis vraiment désolé. Aujourd’hui n’est vraiment pas un bon jour pour effectuer des transactions. »
« Vous êtes ouverts, mais incapables d’effectuer des transactions ? Très bien ! Je veux retirer tous mes placements. Je ne vous fais plus confiance. Vous n’êtes pas le seul établissement de gestion financière au monde ! » lança furieusement l’homme vêtu de bleu azur.
Sur ces mots, il sortit une pile de contrats.
L’employé se sentit gagner par l’anxiété.
« Je suis désolé. Le sceau du directeur général n’est pas là pour le moment. Nous ne pouvons pas traiter les retraits », dit l’employé.
« Comment ça, vous ne pouvez pas les traiter ? Pourquoi donc ? C’est clairement stipulé dans le contrat ! Où est votre responsable ? Où est-il ? » exigea l’homme, furieux.
De nombreux clients accoururent. Ils étaient venus acheter des produits financiers, et la querelle avait naturellement attiré leur attention.
L’agitation ne fit donc qu’augmenter.
Bientôt, un responsable arriva. Il ne cessa de s’excuser et demanda à l’homme vêtu de bleu azur de revenir le lendemain.
La politesse faisait partie des compétences indispensables enseignées lors de la formation du personnel des établissements de gestion financière. Elle permettait de calmer les clients. Mais cet homme n’avait plus accès à son argent. Comment aurait-il pu garder son calme ?
Soudain, une pensée terrible traversa l’esprit de l’homme vêtu de bleu azur. *Mon argent a disparu ?*
« Vous ! Vous êtes le neveu de l’abbé du Temple de la Forêt orientale. Je vous reconnais. J’ai récemment partagé un repas avec l’abbé. Vous êtes le responsable ici, maintenant. Pourriez-vous m’aider à retirer mon argent ? Le contrat stipule que je peux le retirer quand je le souhaite. Rendez-le-moi tout de suite ! Vite ! Dépêchez-vous ! Plus vite ! J’en ai un besoin urgent ! » le pressa-t-il, anxieux.
Le responsable esquissa un sourire amer. « Monsieur, le directeur général n’est pas là. Je n’ai pas autorité pour… »
« Comment ça, vous n’avez pas autorité ? Tout est écrit noir sur blanc dans le contrat. Vite, rendez-moi mon argent ! » insista l’homme, fébrile.
Les employés bredouillaient, tous rongés par l’inquiétude.
Les autres clients comprirent que quelque chose clochait et échangèrent des regards soupçonneux. Ils se joignirent à l’homme vêtu de bleu azur pour réclamer leur argent.
« L’établissement n’a pas d’argent pour le moment. Il faut attendre le retour du directeur général. » Le responsable finit par céder sous la pression.
« Quoi ?! »
Les clients autour d’eux poussèrent des cris stupéfaits. Pas d’argent ? Comment était-ce possible ? Même si tous les établissements de la Ville de la Montagne spirituelle étaient à sec, Richesse infinie ne pouvait pas manquer d’argent !
Comment pouvaient-ils ne pas avoir d’argent ? Il suffisait de voir le luxe de leurs décorations !
L’homme vêtu de bleu azur sentit un frisson lui parcourir le corps. *Mon argent a disparu ?*
*Et ce n’est pas seulement cette succursale. J’ai fait le tour de toutes celles de la Ville de la Montagne spirituelle, et elles sont toutes dans la même situation. Le sceau est absent ? Non, c’est parce qu’ils n’ont plus d’argent.*
Quand on vous arrachait votre fortune, même l’homme le plus cultivé pouvait devenir féroce.
« Regardez ça ! Regardez bien ! C’est vous qui avez signé ces contrats, pas vrai ? Ça représente cent quatre-vingts pierres spirituelles de qualité supérieure. Vous pouvez reprendre le contrat, mais vous devez me rendre l’argent. Si vous ne pouvez pas me rembourser, je prendrai quelque chose en compensation. Ça ! Cette lampe émaillée d’or violet ! Je la prends ! » L’homme vêtu de bleu azur s’empara aussitôt d’un trésor d’une valeur inestimable.
« Ne faites pas ça ! Monsieur, cette lampe vaut deux cents pierres spirituelles de qualité supérieure. Vous essayez de nous voler ? Je vais vous dénoncer aux autorités ! » cria le responsable.
« Vous refusez de payer ce que vous me devez. C’est bien normal que je me serve. Puisque vous me devez de l’argent, je prends ce trésor. Si les autorités viennent, envoyez-les chez moi ! Les clauses de mon contrat sont très claires ! » L’homme vêtu de bleu azur se précipita hors de l’établissement, la lampe dans les bras.
« Arrêtez-le ! À l’aide ! Prévenez les gardes de la ville ! Et les moines guerriers du Temple de la Forêt orientale ! Vite ! » hurla le responsable, furieux.
Les autres clients sortirent alors de leur stupeur. Ils n’avaient pas osé envisager une telle éventualité, mais dès que la confiance se fissura, elle s’effondra.
« Rendez-moi mon argent ! Rendez-moi mon argent ! Je ne veux plus de vos produits financiers. Vite ! Annulez mon contrat ! Rendez-moi mes pierres spirituelles ! »
« Ne prenez pas ça ! Ne prenez pas ça ! Espèce d’ordure ! C’est du vol ! »
« Je ne fais que reprendre mon argent ! En quoi est-ce du vol ? Si vous ne me le rendez pas, vous devrez me dédommager ! »
Le chaos éclata, et pas seulement dans cette succursale. La même scène se répétait dans près de quatre-vingt-dix pour cent des établissements de gestion financière de la ville.
Les gardes de la ville se précipitèrent aussitôt dans les différents établissements pour rétablir l’ordre, mais l’agitation ne fit qu’empirer.
La nouvelle concernant les établissements de gestion financière se répandit dans toutes les directions, telle un virus.
Dans un restaurant :
« Les directeurs généraux des établissements de gestion financière se sont enfuis avec l’argent ? » s’exclama un client, stupéfait.
« Comment est-ce possible ? Pourquoi les établissements de gestion financière s’enfuiraient-ils avec l’argent ? Si un moine s’enfuit, le temple peut-il s’enfuir aussi ? Arrête tes plaisanteries. Les mines de pierres spirituelles du Temple de la Forêt orientale leur appartiennent. »
« J’ai acheté leurs produits financiers. C’est quoi, cette plaisanterie de mauvais goût ?! »
« C’est vrai ! En ce moment, des gens encerclent les établissements de gestion financière. Beaucoup ont apporté leurs contrats pour récupérer leur argent. »
« C’est vrai ? »
« Pourquoi est-ce que je te mentirais ? Beaucoup de gens ont dérobé des trésors dans les établissements de gestion financière, mais les gardes de la ville les ont arrêtés. Ils en ont arrêté un grand nombre, et ça a provoqué un tollé. »
« Et l’argent, alors ? Où est-il passé ? »
« Je n’en sais rien. En tout cas, il a disparu. Les établissements de gestion financière ne sont plus que des coquilles vides. Qui sait où est passé tout l’argent ?! »
« Mon argent ! Mon argent ! J’ai investi dans la gestion financière Bodhi ! »
« Je vais tout de suite à l’établissement de gestion financière. Mon argent a disparu ? C’est impossible ! »
Tous les clients du restaurant partirent en un clin d’œil.
Lorsque le serveur revint avec du vin, le restaurant, qui bourdonnait encore quelques instants plus tôt, était désert. Il resta bouche bée.
« Monsieur le responsable, où sont passés les clients ? Pourquoi tout le monde est parti ? Ils ne boivent plus ? » demanda le serveur, stupéfait.
« Boire, mon cul ! Ferme le restaurant ! Ferme ! On n’ouvrira pas aujourd’hui ! Je dois aller récupérer mon argent ! » cria le responsable.
« On n’ouvre pas aujourd’hui ? Monsieur le responsable, vous ne disiez pas que notre restaurant ne fermerait même pas s’il pleuvait des couteaux ? Que ce serait mauvais selon les principes du feng shui ? » demanda le serveur, perplexe.
« Pousse-toi ! Ne me barre pas la route. Où est mon contrat ? Ah ! Le voilà ! Je l’ai trouvé ! Mon argent ! Mon argent ! » Le responsable se précipita hors du restaurant.
Les bonnes nouvelles ne portent pas loin, mais les mauvaises se propagent comme une traînée de poudre. Pour faire connaître Richesse infinie, il avait fallu beaucoup d’efforts. Maintenant que l’argent avait disparu, aucune publicité n’était nécessaire : en moins d’une journée, tous les habitants étaient au courant.
Toute la Ville de la Montagne spirituelle fut soudain sens dessus dessous.