Chapitre 71
Livre 2 : Chapitre 9 : Vaincre Balafré
L’arène des bêtes :
Gu Hai observa les tribunes réservées aux VIP. À côté du Maître de la secte Song se trouvaient désormais d’autres personnes : un homme borgne, avec sur les genoux une jolie femme vêtue de rouge, qui affichait une expression étrange. Elle avait une cicatrice au menton.
« Le chef de la Famille mafieuse de Great Feng, Li Wei ? » dit Gu Hai en fronçant les sourcils.
Gu Hai n’avait jamais vu Li Wei, mais les renseignements de Chen Tianshan et le respect que lui témoignaient les disciples de la Famille mafieuse de Great Feng lui permirent aisément de deviner qui était le borgne.
« Pff ! » L’homme mauvais numéro 8 cracha soudain par terre.
Gu Hai haussa les sourcils et tourna la tête.
« Gamin, tu te souviens encore de moi ? » L’homme mauvais numéro 8 afficha un sourire sinistre.
« Balafré ? » Gu Hai dévisagea froidement l’homme mauvais numéro 8.
« Tant mieux si tu me reconnais. Sais-tu à quel point j’ai voulu te tuer, pendant tout le mois que j’ai passé dans la Vallée des Hommes mauvais ? J’ai pris sur moi jusqu’ici, mais aujourd’hui, tu ne m’échapperas pas ! » lança froidement Balafré.
« Royaume du Noyau d’or ? » dit Gu Hai d’une voix glaciale.
« Tu as peur, maintenant ? Trop tard ! » rétorqua Balafré.
Gu Hai eut un sourire froid.
*Le Royaume du Noyau d’or ? Ce n’est pas comme si je n’en avais jamais tué. Song Qingshu était au Royaume du Noyau d’or. À l’époque, j’en ai tué beaucoup pendant la bataille contre les bêtes-nuages. J’ai même tué Meng Tai, le Maître de la division de la Terre, qui était probablement au Royaume de l’Âme naissante.*
Boum !
Balafré libéra soudain son aura. Une aura immense l’enveloppa, pareille à des flammes qui brûlaient autour de lui. Puis elle s’abattit sur Gu Hai.
Le visage de Gu Hai s’assombrit. Il tendit les mains, crochus ses doigts comme des griffes et fixa Balafré, les yeux plissés.
« Pas mal. Qui aurait cru que tu résisterais à mon aura ? Mais ça ne te servira à rien ! » dit Balafré avec froideur en le dévisageant.
Bzz !
Un sabre translucide et flamboyant, formé d’essence véritable, apparut soudain dans la main droite de Balafré. Dès qu’il se matérialisa, il dégagea une aura sinistre. Gu Hai sentit une intention meurtrière émaner de son tranchant.
Fchh !
Balafré balança doucement son sabre. Un profond ravin s’ouvrit dans le sol, dont la terre semblait calcinée.
La lame était acérée, et un poison de feu se répandit.
« Souviens-toi : un cultivateur du Royaume inné ne peut jamais vaincre un cultivateur du Royaume du Noyau d’or, et encore moins moi ! » Balafré abattit soudain son sabre sur Gu Hai.
Bzz !
Un féroce qi de sabre jaillit de la lame et fonça aussitôt vers Gu Hai.
Gu Hai pivota pour esquiver le qi de sabre, puis se rua sur Balafré.
Frouh !
Il se retrouva devant Balafré en un instant et lui lança une attaque griffue à la taille.
Balafré leva le pied et frappa violemment la main griffue de Gu Hai.
Boum !
Le qi de sabre creusa un autre ravin dans le sol, tandis que le coup de pied de Balafré projeta Gu Hai au loin.
« Hmph ! Gamin, je t’observe depuis longtemps. Je vois bien que tu cachais ta force. Tes points forts sont ta vitesse et ta puissance, ce qui t’a permis d’enchaîner les victoires tout à l’heure. Mais tu es un cultivateur du Royaume inné. Tu ne peux être ni plus rapide ni plus fort que moi ! » dit froidement Balafré.
Frouh !
Gu Hai chargea de nouveau.
Boum ! Boum ! Boum !
Balafré repoussa encore et encore les attaques de Gu Hai à coups de pied, le mépris dans le regard.
« Pas mal. Tu es assez rapide et fort. Mais tu ne l’es pas autant que moi. Qu’est-ce que tu comptes faire ? En plus, je t’observe depuis longtemps et j’ai remarqué que tu ne sembles pas maîtriser de technique de cultivation digne de ce nom. Ton Énergie véritable n’a que la forme gazeuse la plus élémentaire, et tu espères quand même riposter sans technique de cultivation spéciale ? » ricana Balafré en donnant un nouveau coup de pied.
Boum !
Le coup frappa avec une force immense et projeta Gu Hai à l’autre bout de l’arène.
« Numéro 8 ! »
« Numéro 8 ! »
« Numéro 8 ! »
En voyant Balafré humilier Gu Hai, les innombrables parieurs dans les tribunes se mirent à acclamer avec enthousiasme.
Le Maître de la secte Song semblait lui aussi ravi. Seul le chef Li affichait un air sombre. Les cris alentour lui donnaient l’impression qu’on lui soutirait son argent.
Après avoir été projeté à l’autre bout de l’arène, Gu Hai vit ses vêtements se déchirer davantage.
Balafré ricana et brandit de nouveau son sabre.
Boum !
Gu Hai esquiva le qi de sabre et fonça encore sur Balafré. Il lui lança une attaque griffue pour tenter de l’agripper.
« Encore ? Tu n’es pas assez fort ! » ricana Balafré en frappant du poing.
Pourtant, malgré son assurance, son coup ne porta pas.
L’attaque griffue de Gu Hai venait soudain d’accélérer plusieurs fois.
Balafré changea radicalement d’expression en le voyant brusquement accélérer.
La griffe de Gu Hai visa le cou de Balafré. C’était trop rapide, incroyablement rapide. Balafré comprit sur-le-champ qu’il avait baissé sa garde.
Gu Hai l’avait trompé jusque-là. Il n’avait pas combattu à pleine puissance, afin que Balafré le sous-estime et se montre arrogant et trop sûr de lui. Il avait attendu le dernier instant pour porter un coup fatal.
L’attaque était terrifiante. Cette vitesse rivalisait avec la sienne, alors qu’il était cultivateur du Royaume du Noyau d’or. Si Gu Hai l’avait montrée dès le début, Balafré aurait pu rester sur ses gardes. Mais après s’être senti sûr de lui et avoir pris la grosse tête, il ne parvenait plus à se défendre.
À la dernière seconde, Balafré ne put que tenter d’esquiver de toutes ses forces. Finalement, grâce à sa grande expérience des frontières de la mort, il réussit à éviter le coup fatal à la gorge.
Crac !
La main griffue de Gu Hai manqua le cou de Balafré. Elle descendit toutefois en lui arrachant un large morceau de chair à la poitrine.
Bang !
Les deux adversaires se séparèrent aussitôt.
Les vêtements de Balafré étaient déchirés sur la poitrine, et sa chair y était en lambeaux. Gu Hai lui avait arraché un morceau de chair ; la scène était atroce.
De son côté, Gu Hai tenait le morceau de chair. Il le jeta sur le côté, le visage défait.
Les tribunes s’agitèrent aussitôt.
L’échange entre Gu Hai et Balafré avait duré le temps d’une étincelle. Avant même que la foule ait pu réagir, le numéro 1 avait arraché un gros morceau de chair au numéro 8.
Ceux qui avaient parié sur le numéro 8 en restèrent stupéfaits.
Ceux qui avaient misé sur le numéro 1 poussèrent aussitôt des cris de joie.
« Numéro 1 ! »
« Numéro 1 ! »
« Numéro 1 ! »
——
Dans la tribune des VIP :
« Quoi ? » s’exclama le Maître de la secte Song, le visage défait.
« Oh ? Il cachait sa force ? Hahahaha ! Excellent ! » Le chef Li Wei éclata d’un rire sonore. Dans le même temps, il serra encore plus fort les fesses de Yue Yao.
Yue Yao grimaça de douleur, mais n’osa rien dire.
——
Dans l’arène des bêtes :
Balafré regarda Gu Hai, le visage défait.
« Tu m’as piégé ? Tu cachais encore ta force ? » demanda froidement Balafré.
Gu Hai prit une profonde inspiration, l’air sombre. Au lieu de répondre, il fonça de nouveau.
« Technique du Sabre de flammes ! » cria Balafré d’une voix glaciale.
Boum !
Un déluge de flammes jaillit du tranchant de son sabre. Puis un qi de sabre se transforma soudain en cinq lames flamboyantes qui foncèrent sur Gu Hai.
Bang ! Bang ! Bang !
Gu Hai esquiva vivement.
Cette fois, il cessa de dissimuler sa vitesse et se déplaça encore plus vite qu’auparavant.
Balafré savait lui aussi que Gu Hai était difficile à affronter ; il ne le sous-estima donc plus. Il ne le laissa plus s’approcher et abattit son sabre encore et encore, déchaînant des attaques en rafale qui ne laissèrent à Gu Hai d’autre choix que d’esquiver tant bien que mal.
« Il est vraiment rapide. Un cultivateur du Royaume inné peut-il aller aussi vite ? » demanda le Maître de la secte Song en fronçant les sourcils.
En voyant Gu Hai dans un état si pitoyable, le chef Li Wei n’avait plus envie de parler.
« Numéro 8 ! »
« Numéro 8 ! »
« Numéro 8 ! »
Les tribunes retentirent de cris.
Balafré se déchaîna et balança son sabre de plus en plus vite. Gu Hai avait beau se déplacer rapidement, il ne pouvait rien contre cette grêle de coups.
Les qi de sabre fusaient en tous sens, laissant d’innombrables marques au sol et soulevant des nuages de poussière.
Fssht !
Soudain, un qi de sabre entailla l’épaule de Gu Hai, et le sang jaillit.
Fssht !
Un autre qi de sabre trancha la jambe droite de Gu Hai, faisant de nouveau gicler le sang.
Balafré afficha une expression féroce et brandit son sabre. « Hmph ! Un cultivateur du Royaume inné reste un cultivateur du Royaume inné. Ça ne sert à rien. Tu n’as pas assez d’Énergie véritable pour matérialiser une arme. Moi, j’en ai une, mais toi, tu n’as rien. Tu vas t’épuiser peu à peu et mourir sous mon sabre. Hahahaha ! »
Pourtant, Gu Hai ne prêta aucune attention à Balafré et continua d’avancer sans relâche.
Boum ! Fssht !
De nombreux qi de sabre lacérèrent le corps de Gu Hai. Dix plaies sanglantes le couvraient déjà, offrant un spectacle atroce. Malgré tout, il continuait de se rapprocher de Balafré.
« Tu as osé m’arracher de la chair à la poitrine. Je ne te laisserai pas t’en tirer comme ça. Je vais prendre mon temps pour te déchiqueter. Mon sabre t’enverra dans la tombe ! » ricana Balafré.
Voyant Gu Hai approcher, Balafré abattit de nouveau son sabre avec violence.
Soudain, trois qi de sabre foncèrent sur Gu Hai. Cette fois, il n’esquiva pas et lança une attaque.
Fssht ! Fssht ! Fssht !
Les trois qi de sabre tailladèrent aussitôt Gu Hai, ouvrant trois profondes blessures sur ses jambes et dans son dos, où sa chair fut mise en pièces.
« Tu viens te faire tuer ? » Balafré le regarda, stupéfait.
Gu Hai encaissa ces trois blessures et coinça le sabre flamboyant sous son aisselle gauche.
Une fois le sabre immobilisé, Gu Hai afficha un sourire féroce et tendit brusquement la main droite.
« Hein ? Quelle force ! » s’exclama Balafré, stupéfait.
La force que Gu Hai déployait pour retenir le sabre n’avait rien à envier à celle de Balafré. Ce dernier ne parvenait pas à le dégager sur-le-champ.
Alors que la paume droite de Gu Hai approchait, Balafré se raidit et contre-attaqua d’un coup de poing. Une immense quantité d’essence véritable l’animait, et son poing ressemblait à une boule de feu ardente.
Au moment où le poing et la paume allaient s’entrechoquer, de l’Énergie véritable jaillit soudain de la paume de Gu Hai. Elle se concentra en un minuscule point, comme pour former un étrange réseau rituel.
« Hmph. Tu es peut-être fort physiquement, mais comment ton Énergie véritable pourrait-elle rivaliser avec mon essence véritable ? » ricana Balafré.
Soudain, une force d’aspiration sembla naître dans la paume droite de Gu Hai.
« Frouh ! »
L’Énergie spirituelle sans limites des environs se rassembla dans sa paume droite.
Fchh ! Fchh ! Fchh !
Soudain, une multitude de qi de sabre jaillirent de la paume droite de Gu Hai.
C’était le Duel mortel au Sabre céleste. Gu Hai avait formé un Duel mortel au Sabre céleste avec son Énergie véritable. Puis il maîtrisa aussitôt la déferlante de qi de sabre, qui s’abattit comme une tempête.
Ces qi de sabre n’étaient pas puissants, bien plus faibles que ceux que Balafré avait lancés tout à l’heure. Ils n’atteignaient même pas un pour cent de leur puissance. Mais Gu Hai compensait par le nombre et en projeta des milliers.
On aurait dit un essaim d’abeilles furieuses fonçant sur eux.
« Quoi ? » Le visage de Balafré changea.
Boum !
Les milliers de qi de sabre déferlèrent et le sol derrière Balafré trembla. Un nuage de poussière immense s’éleva et enveloppa les deux combattants dans l’arène.
Les parieurs qui acclamaient quelques instants plus tôt se turent.
« Quelle est cette technique ? »
« Comment a-t-il pu lancer des qi de sabre avec sa main ? »
« Quelle technique le numéro 1 a-t-il utilisée ? »
Une foule de spectateurs affichèrent des mines stupéfaites.
Le Maître de la secte Song et le chef Li Wei se levèrent d’un bond et observèrent, abasourdis, le centre de l’arène. Quand Li Wei se leva, Yue Yao tomba par terre. Mais il ne lui accorda pas la moindre attention.
Un silence de mort régnait dans toute l’arène tandis que les spectateurs attendaient que le nuage de poussière retombe.
La poussière se dissipa lentement et révéla une silhouette seule, debout.
C’était Gu Hai, couvert de sang. Les blessures que Balafré lui avait infligées aux jambes et au torse saignaient abondamment.
Balafré gisait à terre.
À présent, des milliers de plaies sanglantes le couvraient tandis qu’il restait étendu dans une mare de sang. Ses vêtements étaient en lambeaux. La déferlante des milliers de qi de sabre avait été si féroce qu’elle l’avait rendu incapable de poursuivre le combat.
Balafré regarda Gu Hai, horrifié et incrédule.
*Comment est-ce possible ?!*
Gu Hai le dévisagea froidement et dit : « Tu as été trop négligent. Qui a dit que les cultivateurs du Royaume inné ne pouvaient pas matérialiser des qi de sabre ? »
Puis Gu Hai s’avança péniblement vers Balafré.
Les blessures aux jambes de Gu Hai semblaient graves et rendaient la marche difficile. Il avançait lentement, traînant les pieds jusqu’à Balafré.
« Non ! Non ! Ne me tue pas ! Je n’ai pas encore vengé ma famille ! Ne me tue pas ! » supplia Balafré en le regardant.
Gu Hai posa le pied sur la gorge de Balafré et le fixa froidement.
« Non ! Ne me tue pas ! Je t’en supplie ! Ne me tue pas ! Je dois encore me venger ! Je n’ai pas encore vengé mes parents, ma petite sœur, ma fille et ma femme ! Je t’en supplie, ne me tue pas ! » implora Balafré avec désespoir.
Gu Hai regarda Balafré et prit une profonde inspiration. Puis l’intention meurtrière qui se lisait sur son visage s’estompa peu à peu, et il lui donna un coup de pied à la tête.
Balafré s’évanouit aussitôt.
« Le numéro 1 l’emporte ! » annonça l’animateur au moment opportun.
« Numéro 1 ! »
« Numéro 1 ! »
« Numéro 1 ! »
D’innombrables parieurs acclamèrent le vainqueur.
« Numéro 8, espèce de merde ! »
« Royaume du Noyau d’or de merde ! »
« Crève ! »
Tant de parieurs avaient perdu un pari qu’ils croyaient gagné d’avance qu’ils maudirent furieusement le vaincu.
« Don, nous sommes riches ! Ces gains équivalent à ceux des trois derniers mois ! » s’exclama avec enthousiasme un subordonné de la Famille mafieuse de Great Feng.
« Hmph ! » Le Maître de la secte Song renifla froidement, l’air accablé.
Le chef de la Famille mafieuse de Great Feng regarda le Maître de la secte Song et éclata de rire. « Hahahahaha ! »