Chapitre 668
Livre 5 : Chapitre 155 : La descente du Suprême Genèse
District Qian, Ville du Divin Agriculteur :
Gongyang Sheng conduisit Gu Hai, Sima Changkong, Long Aotian, Long Sanqian et Ao Shun jusqu’à la place centrale.
Au milieu de la vaste place se dressait une grande stèle d’un blanc immaculé, sur laquelle était gravé un diagramme circulaire des soixante-quatre hexagrammes. Leur disposition était exactement la même que dans le ciel.
Sous les soixante-quatre hexagrammes figurait le Classique de Jiang Lianshan. Il commençait par l’hexagramme placé en tête.
« L’Hexagramme Gen est le premier des hexagrammes. Il symbolise la montagne et signifie la retenue. Si l’on se retient à l’arrière, de manière à ne pas se laisser tenter, on ne commet aucune faute. C’est comme si, marchant dos à dos dans la cour, on ne voyait pas son compagnon.
« Gen se compose de deux montagnes — deux trigrammes Gen — superposées. Ainsi, les pensées de l’homme supérieur ne s’aventurent pas au-delà de leur juste place.
« Six-Un : Se retenir dès le début, c’est ne commettre aucune faute. Le potentiel réside dans la persévérance éternelle.
« Six-Deux : Retenir ses pas, même si l’on éprouve du chagrin à cesser de suivre les autres.
« Neuf-Trois : Se retenir avec rigueur, c’est laisser ce que l’on réprime dominer ses pensées.
« Six-Quatre : Se retenir comme il convient, c’est ne commettre aucune faute.
« Six-Cinq : Retenir sa langue afin de parler avec ordre, c’est voir ses regrets s’évanouir.
« Neuf-Six : Se retenir grâce à une noble vertu, c’est s’assurer une bonne fortune. »
[Note du traducteur : les nombres indiquent les traits de l’hexagramme, sa composition et sa forme. Un hexagramme se compose de deux trigrammes, eux-mêmes formés de deux traits courts ou d’un trait long.]
« En effet, l’Hexagramme Gen est bien le premier », dit Gu Hai en plissant les yeux.
De nombreuses personnes déambulaient sur la place, mais personne ne s’approchait de la stèle. Peut-être avaient-elles déjà renoncé au Classique de Lianshan.
De nombreux soldats gardaient les abords de la stèle.
Gu Hai examina le Classique de Lianshan gravé sur la stèle. Les soixante-quatre hexagrammes y étaient énumérés dans l’ordre : l’Hexagramme Gen en premier, puis l’Hexagramme Kun.
« Monsieur Gu, la Ville du Divin Agriculteur compte soixante-quatre stèles, chacune portant un passage du Classique de Lianshan. De plus, les textes sont différents sur chacune. On dirait qu’elles renferment toutes des idées distinctes. Monsieur Gu, vous ne voulez vraiment pas aller les examiner ? » demanda Gongyang Sheng, intrigué.
« Inutile. » Gu Hai secoua la tête.
Je n’y comprendrais rien, même en les examinant. À quoi bon ?
« Alors, Monsieur Gu, avez-vous repéré des failles ? » demanda Gongyang Sheng, l’air perplexe.
Des failles ? Gu Hai n’avait qu’une vague connaissance des huit trigrammes. Comment aurait-il pu comprendre cela ?
Les soixante-quatre hexagrammes étaient des combinaisons des huit trigrammes fondamentaux ; chacun se composait de deux trigrammes. L’Hexagramme Gen était formé de deux trigrammes Gen.
Le trigramme Gen [☶] comportait un trait long en haut, deux traits courts au milieu et deux autres en bas.
Le trait long symbolisait le Yang, et les deux traits courts, le Yin. En chiffres, ils correspondaient au Neuf Yang et au Six Yin. Le trait Yang valait neuf, et le trait Yin, six.
Les trigrammes se lisaient de bas en haut. L’Hexagramme Gen étant formé de deux trigrammes Gen [☶], ses deux traits inférieurs correspondaient à Six-Un. En suivant l’ordre de lecture de l’hexagramme, on obtenait Six-Un, Six-Deux, Neuf-Trois, Six-Quatre, Six-Cinq et Neuf-Six.
Gu Hai comprenait cela dans les grandes lignes. Les autres savaient eux aussi lire les hexagrammes, mais ignoraient comment les étudier plus avant. Gongyang Sheng, du moins, n’en était pas capable.
Long Aotian, Long Sanqian, Ao Shun et Sima Changkong n’y comprenaient rien non plus.
« Maître de salle, avez-vous repéré une faille ? » ricana Long Aotian.
Tous les regards se tournèrent alors vers Gu Hai.
« Donc, je peux écrire sur cette stèle ? » demanda Gu Hai.
« Euh… oui. Cette stèle fait partie de la Matrice rituelle de Lianshan. Il suffit d’y écrire pour qu’elle réagisse. Si ce que vous inscrivez n’a pas d’importance, elle ne réagira pas. Monsieur Gu, vous comptez vraiment écrire dessus ? Vous avez réellement découvert une faille ? » demanda Gongyang Sheng, perplexe.
« Oui. Le problème est assez sérieux. » Gu Hai hocha la tête.
Gongyang Sheng : « … »
Je posais la question comme ça. Vous pourriez faire preuve d’un peu plus de modestie !
Tous dévisagèrent Gu Hai, sans voix. Ils ne savaient pas s’il avait vraiment découvert un problème ou s’il faisait simplement semblant. Ils n’auraient bientôt plus à se poser la question ; aussi gardèrent-ils le silence.
Gongyang Sheng alla parler aux soldats qui gardaient la stèle. Ceux-ci regardèrent Gu Hai avec surprise.
« Ha ! Encore un fanfaron ? »
« Le Classique de Lianshan de Sa Sainte Éminence est achevé depuis longtemps. Comment pourrait-il comporter des failles ? »
« Et en plus, c’est quelqu’un du royaume de Qian ? »
Les soldats lancèrent quelques remarques à Gu Hai. Mais l’Empereur céleste de Yan avait donné des ordres stricts. Ils n’avaient naturellement aucune inquiétude et ne laissèrent paraître que du mépris.
Quand Gu Hai s’approcha, Gongyang Sheng prit le pinceau posé à côté. « Monsieur Gu, voici le pinceau spécialement prévu à cet effet. Écrivez sur la stèle avec l’encre d’or, fabriquée à partir de pierres spirituelles broyées, et le tour est joué. »
Gu Hai prit le pinceau, le trempa dans l’encre dorée et hocha la tête.
Quand Gu Hai se tint devant la stèle, il attira les regards d’innombrables habitants.
« Que fait ce groupe ? Pourquoi sont-ils devant la Stèle divine de Lianshan ? »
« Ils veulent corriger le Classique de Lianshan ? »
« Quelle plaisanterie ! Même le Vieux Monsieur Guan Qi n’a pas réussi à y changer quoi que ce soit il y a mille ans. D’où sortent ces gens ? »
Les habitants semblaient sceptiques, mais ils restèrent tout de même pour observer.
Gongyang Sheng et Long Aotian échangèrent soudain un sourire amer. Ils comprirent qu’ils n’auraient pas dû venir ici. La foule grossissait. Si Gu Hai n’inscrivait rien d’important, quelle humiliation ce serait !
Pourtant, un groupe de personnes au visage fermé se tenait parmi la foule.
C’était l’Empereur azuré et ses subordonnés, qui observaient Gu Hai devant la stèle, au loin.
« Oh ? Quelle prétention ! Corriger le Classique de Lianshan ? Quelle plaisanterie ! » lança froidement l’Empereur azuré.
« Seigneur impérial, je l’ai entendu le dire tout à l’heure en écoutant leur conversation. Ce Gu Hai ignore à quel point le monde est vaste », murmura Sept Meurtres.
Dan Wang fronça les sourcils. « Seigneur impérial, il y a beaucoup de monde ici. Ne devrions-nous pas agir ailleurs ? »
« Ailleurs ? Humph ! Le district Qian est sous notre autorité. Nous pouvons activer une partie de la Matrice rituelle de Lianshan. Nous sommes chez nous. Pourquoi nous embarrasser de précautions ? » rétorqua froidement l’Empereur azuré.
« Mais ce sont tout de même des émissaires du royaume de Qian », dit Dan Wang, inquiet.
« Et alors, s’ils sont émissaires du royaume de Qian ? Nous sommes dans la dynastie céleste Yan. De plus, une fois l’affaire réglée, qui saura que nous y sommes pour quelque chose ? » répondit froidement l’Empereur azuré.
« Mais… »
« Ne vous inquiétez pas. Nous avons de quoi nous occuper des émissaires du royaume de Qian. Ce ne sera pas l’œuvre de la dynastie céleste Yan, mais le résultat de Gu Hai qui aura cherché sa propre mort », dit l’Empereur azuré avec un sourire froid.
« Hein ? »
« Sept Meurtres les a entendus, alors cela doit être vrai. Yehua et Yanxuan ? » L’Empereur azuré se tourna vers Sept Meurtres.
« Seigneur impérial, c’est exact. Votre subordonné les a écoutés parler. Le groupe de Gu Hai a semé le trouble dans la Ville céleste et capturé les deux fils du Suprême Genèse. Il a même affirmé sans détour que le Classique de Lianshan comportait un problème et qu’il allait le corriger », répondit Sept Meurtres avec assurance.
« Parfait. Dans ce cas, ce n’est plus notre problème : c’est le Suprême Genèse qui va venir leur chercher des noises. Le Suprême Genèse », dit froidement l’Empereur azuré.
L’Empereur azuré tendit la main et l’abaissa d’un geste.
Bzzz !
Un brouillard sans limites apparut soudain tout autour d’eux.
« Seigneur impérial, vous activez la Matrice rituelle de Lianshan ? Sa Sainte Éminence ne le découvrira-t-elle pas ? » demanda Dan Wang, toujours inquiet.
« Nous sommes sur un territoire dont nous avons la charge. Sa Sainte Éminence n’y prêtera pas attention. De plus, nous nous servons seulement de la Matrice rituelle de Lianshan pour attirer l’Énergie spirituelle et alimenter une autre matrice rituelle », répondit froidement l’Empereur azuré.
Boum !
Le brouillard se déchaîna et recouvrit aussitôt la place.
« Que se passe-t-il ? »
« Pourquoi y a-t-il soudain du brouillard ? »
« Quelle aura puissante ! Pourquoi ? Pourquoi ? »
Les habitants furent stupéfaits.
Une aura intense se dégageait du brouillard.
« Que se passe-t-il ? Volez jusque-là et allez voir ! » s’écria l’un des gardes, abasourdi.
Boum !
À peine ce garde avait-il pris son envol qu’un grand fracas le renvoya au sol.
« Argh ! »
Un cri de douleur retentit tout autour.
Les habitants furent aussitôt pris de panique.
Au même instant, le pinceau de Gu Hai s’immobilisa en l’air. Sima Changkong et les autres contemplèrent, stupéfaits, le brouillard tourbillonnant.
« Que se passe-t-il ? Nous sommes dans la Ville du Divin Agriculteur. Qui ose semer le trouble ici ? » Le visage de Gongyang Sheng changea.
« Gu Hai ! » Soudain, un rugissement tonna dans le brouillard.
Le visage de Gu Hai se rembrunit tandis qu’il cherchait l’origine du cri. Mais celui-ci avait retenti avec tant de force qu’il ne parvenait pas à en repérer la source.
« Sortons d’ici d’abord ! » cria Long Aotian.
Sur ces mots, Long Aotian disparut dans un éclair et fila au loin.
Pan !
Long Aotian fut repoussé. Un ange à six ailes se tenait désormais devant lui.
Une épée à la main, l’ange à six ailes fixa Long Aotian d’un regard glacial.
« Des anges ? Ils nous ont poursuivis ? » Le visage d’Ao Shun s’assombrit.
Ao Shun se rapprocha aussitôt de Gu Hai.
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Boum !
À cet instant, une pluie de flèches jaillit du bord du brouillard et fonça vers le groupe de Gu Hai, au centre.
Les flèches filaient à une vitesse extrême et atteignirent la foule en un clin d’œil.
« Oh non ! » Long Sanqian, Gongyang Sheng et Sima Changkong changèrent d’expression.
Boum ! Boum ! Boum !
Tous esquivèrent en hâte. Ao Shun tendit la main et l’agita, brisant la plupart des flèches.
Soudain, d’innombrables lianes jaillirent tout autour de Gu Hai, enveloppant les environs ainsi que les soldats et les habitants.
« Merci ! » Les soldats changèrent d’expression et regardèrent Gu Hai avec gratitude.
À cet instant précis, une aura imposante s’abattit sur eux.
« Le Palais céleste supérieur ? » Le visage d’Ao Shun s’assombrit.
Des milliers d’anges apparurent soudain tout autour. Parmi eux se trouvaient des dizaines d’anges à six ailes, tous armés et rangés autour d’une silhouette vêtue de blanc.
À son apparition, la silhouette blanche souleva une violente bourrasque dans le brouillard.
« Le Suprême Genèse ? » Le visage d’Ao Shun changea.
« Le Suprême Genèse nous a poursuivis. Il ne se soucie donc pas de la vie de Yehua et de Yanxuan ? » Le visage de Sima Changkong s’assombrit.
« Suprême Genèse, j’ai chargé l’Interprétation captivante de garder un œil sur Yanxuan et Yehua. Où que je sois, il peut m’entendre. Si vous osez agir à votre guise, vous pouvez faire une croix sur vos deux fils ! » lança froidement Gu Hai.
« Hahahahaha ! Tuez ! » Le Suprême Genèse eut un sourire glacial, sans y prêter la moindre attention.
« Tuez ! » Les milliers d’anges se ruèrent aussitôt sur Gu Hai.
« Ah ! À l’aide ! » Les innombrables habitants changèrent d’expression.
Rrrr… !
Gu Hai enroula ses lianes autour des habitants pour les protéger.
Mais les anges poursuivirent leur assaut.
Ao Shun s’avança et s’élança dans les airs.
Boum ! D’un coup de poing, Ao Shun repoussa des dizaines d’anges.
« Ao Shun ? Ao Tianhuang a vraiment un fils remarquable. Mais tu peux t’en prendre à ton mauvais sort. Puisque tu es avec Gu Hai, aucun de vous ne survivra ! » ricana froidement le Suprême Genèse. Sa silhouette clignota et il apparut aussitôt devant Ao Shun.
Boum !
Le Suprême Genèse lança un coup de poing. Le souffle puissant qu’il provoqua repoussa Ao Shun de dix mètres. Même si Ao Shun était un expert du Royaume supérieur du Palais céleste, il ne faisait pas le poids face au Suprême Genèse.
Du sable et des pierres volèrent tout autour. Sans les lianes de Gu Hai, les habitants auraient subi un sort terrible.
Malheureusement, les anges redoublèrent de férocité.
Alors que les nombreux anges s’apprêtaient à attaquer Long Aotian, celui-ci cessa de se retenir.
« Zombie Jiangchen, protège-moi ! » Long Aotian agita la main.
Frouf !
Un zombie vêtu d’une robe impériale apparut soudain et repoussa les anges.
« Hein ? Misérable créature, tu cherches la mort ! » Le regard du Suprême Genèse se glaça. Il s’approcha et frappa le zombie d’un coup de poing.
Boum !
Le zombie fut projeté à une trentaine de mètres.
« Brise-toi ! » Le Suprême Genèse attaqua de nouveau.
Boum !
Sa force immense brisa toutes les lianes. Les ondes de choc balayèrent tout le monde.
« Argh ! Argh ! Argh ! »
Les habitants, les soldats, Gongyang Sheng et Sima Changkong se retrouvèrent exposés. Les anges se ruèrent aussitôt à leur poursuite. Des cris de douleur retentirent. Certains moururent.
Ao Shun et le zombie Jiangchen étaient tous deux au Royaume du Palais céleste. Ils chargèrent le Suprême Genèse, mais celui-ci était bien trop puissant ; ils ne faisaient tout simplement pas le poids. Les anges allaient massacrer tout le monde.
Soudain, Gu Hai plissa les yeux.
« Quelque chose cloche. Ce n’est pas le véritable Suprême Genèse. C’est le monde de la Matrice rituelle des trente-deux paires de lignes ? Une bête nuageuse du Suprême Genèse ? » Le visage de Gu Hai changea.
Chapitres de juillet : 20 / 30