Chapitre 64
Livre 2 : Chapitre 2 : Trouble en mer
Un navire volant était bien plus rapide qu’un navire de mer. Les deux immenses navires volants atteignirent l’Île des Neuf-Cinq en quelques jours.
« Cap sur la Secte de la Rivière Claire ! » ordonna Long Wanqing.
« Oui ! » Les subordonnés de Long Wanqing pilotèrent le Nuage blanc en direction de la Secte de la Rivière Claire.
À côté d’elle, la Maîtresse de la division du Feu fronça les sourcils. « Maître de salle, je sais que vous estimez beaucoup Gu Hai et que vous avez le droit de nommer les maîtres de division. Cependant, ma Salle d’élite a ses règles. Le précédent maître de salle a décrété que nous ne devions pas nous entretuer. Maître de salle, allez-vous vraiment n’en tenir aucun compte ? Vous allez laisser Gu Hai commettre des actes scandaleux et tuer des membres de ma Salle d’élite sans intervenir ? »
« Meng Tai l’avait bien mérité ! » répondit Long Wanqing.
Ding Rui, la vieille femme, secoua la tête. « Quoi qu’il en soit, Meng Tai était le Maître de la division de la Terre. Gu Hai n’avait pas le droit de décider de sa vie ou de sa mort. Il a outrepassé ses pouvoirs. Meng Tai a peut-être commis des fautes, mais qui peut prétendre n’en avoir jamais commis ? Et si Maître de salle commettait une faute un jour ? Cela signifierait-il que Gu Hai pourrait vous tuer ? »
« Maître de division Ding, nous reparlerons de cette affaire plus tard », dit Long Wanqing en fronçant les sourcils.
« Très bien, nous en parlerons plus tard. Après tout, nous n’avons toujours pas retrouvé Gu Hai. Je ne fais que vous rappeler les faits, Maître de salle. Gu Hai a tué Meng Tai. Selon les règles de ma Salle d’élite, il doit être sévèrement puni. De plus, son nom ne figure toujours pas dans les registres. Il mérite la peine de mort », déclara Ding Rui avec gravité.
« Très bien. J’ai dit que nous en reparlerions plus tard. Pour l’instant, rien n’est plus important que de retrouver l’assassin de ma mère ! » lança froidement Long Wanqing.
« Oui ! » Ding Rui n’avait aucune envie d’en rester là, mais elle ne put que s’incliner.
Les deux navires volants atteignirent rapidement la Secte de la Rivière Claire.
La Secte de la Rivière Claire s’étendait au milieu de montagnes et de forêts. De nombreux palais et résidences se dressaient sur les versants. Les innombrables formations rituelles nuageuses qui les entouraient donnaient au lieu un aspect irréel.
L’arrivée des deux navires volants provoqua un grand émoi dans la Secte de la Rivière Claire.
Certains disciples s’apprêtaient à protester avec colère.
Mais le Maître de secte de la Rivière Claire les observa attentivement et reconnut aussitôt, d’une part, le Nuage blanc et, de l’autre, un navire volant du Bataillon de la Stratégie divine.
« Toute la Secte de la Rivière Claire se joint à moi pour saluer respectueusement le Maître de la Salle d’élite et le Commandant du Bataillon de la Stratégie divine ! » cria le Maître de secte de la Rivière Claire.
L’agitation des disciples redoubla. De toute évidence, la Salle d’élite et le Bataillon de la Stratégie divine jouissaient d’une grande renommée sur l’Île des Neuf-Cinq.
À la descente des navires volants, personne n’osa activer les formations rituelles pour leur barrer la route. Ils se posèrent lentement sur une place.
« Maître de secte de la Rivière Claire, je viens encore vous déranger ! » dit Long Wanqing avec un sourire.
« Vous ne me dérangez pas du tout. La venue de Maître de salle dans ma Secte de la Rivière Claire est un honneur pour nous. Ce vieil homme salue le Maître de la Salle d’élite, le Commandant du Bataillon de la Stratégie divine, Maître de division Ding et le Vénérable Liu Nian ! » répondit le Maître de secte de la Rivière Claire avec un sourire.
« Maître de secte de la Rivière Claire, mon Bataillon de la Stratégie divine séjournera quelque temps dans votre secte. Veuillez nous réserver un endroit où nous installer », demanda Li Haoran.
« Bien sûr, bien sûr. Je vous en prie, par ici ! » répondit le Maître de secte de la Rivière Claire avec une courtoisie exemplaire.
La nouvelle de l’arrivée des navires volants du Bataillon de la Stratégie divine et de la Salle d’élite à la Secte de la Rivière Claire se répandit rapidement dans les autres sectes de l’Île des Neuf-Cinq.
Des cultivateurs des différentes sectes vinrent aussitôt leur rendre visite.
——
Quelques jours plus tard, dans un palais de la Secte de la Rivière Claire :
La Maîtresse de la division du Feu, Ding Rui, rencontra le Maître de la Secte de Song.
« Maître de division Ding, tout ce que vous m’avez dit est vrai ? » Le Maître de la Secte de Song blêmit.
Ding Rui serra sa canne et le fixa d’un regard glacial. « C’est exact. À partir de maintenant, répandez la nouvelle. Pas seulement sur toute l’Île des Neuf-Cinq, mais aussi dans toutes les îles alentour. Dites que Gu Hai possède une Pêche immortelle de longévité séculaire. Que tout le monde se mette à sa recherche ! »
« Oui ! Nous ne serons pas les seuls à répandre l’information. Je pense que de nombreux cultivateurs viendront de l’Île du Tengen. La nouvelle s’est peut-être déjà propagée aux quatre coins de la Mer des Mille Îles. » Le Maître de la Secte de Song acquiesça.
« Ne baissez pas la garde. D’après ce que j’ai appris de Gu Hai ces derniers temps, il sait tirer parti des circonstances. C’est un facteur imprévisible de taille. Nous ne pouvons pas le laisser compromettre notre plan. Gu Hai doit donc mourir. Vous comprenez ? » Ding Rui plissa les yeux en fixant le Maître de la Secte de Song.
Le Maître de la Secte de Song hocha la tête. « Je comprends. Je vais envoyer tous les disciples de la Secte de Song ! »
« Ce n’est pas suffisant. Quand vous répandrez la nouvelle au sujet de Gu Hai, ajoutez ceci ! » ordonna Ding Rui.
« Ah ? »
« Gu Hai a mangé la Pêche immortelle de longévité séculaire, et son corps contient encore son énergie médicinale. Le dévorer ou le réduire en pilule aurait également pour effet de prolonger la vie ! » déclara Ding Rui.
« Quoi ? Ce n’est pas vrai, n’est-ce pas ? »
« Je sais bien que non. Mais il nous suffit de répandre cette rumeur. Aussi fausse soit-elle, elle paraîtra vraie aux yeux des autres ! » dit froidement Ding Rui.
« Oui ! »
——
Sur la Mer des Mille Îles :
Gu Hai et ses deux compagnons poursuivaient leur voyage à bord du navire de mer.
L’exploitation d’un navire était une bonne affaire. Il fallait payer des pierres spirituelles pour monter à bord, puis en dépenser encore pour se nourrir pendant les quelques mois de traversée. Chaque voyage sur la Mer des Mille Îles rapportait donc gros.
Gu Hai cultivait dans la cabine privée qu’ils partageaient tous les trois. De temps à autre, il sortait prendre l’air.
Ce jour-là, tous trois montèrent sur le pont et regardèrent au loin.
« Maître de division, cela fait déjà plus de deux mois. Nous devrions bientôt arriver à l’Île des Neuf-Cinq. » Chen Tianshan désigna l’horizon avec enthousiasme.
« Nous ne savons pas si notre retour est une bonne ou une mauvaise chose. Ne m’appelez pas Maître de division, pour ne pas dévoiler nos identités. Désormais, appelez-moi Monseigneur ! » dit Gu Hai.
« Oui, Monseigneur ! » répondirent les deux hommes.
Tous trois reportèrent leur regard au loin. Soudain, un vent violent se leva.
Frouu !
À peine le vent s’était-il levé que le temps changea brusquement. Le ciel, jusque-là dégagé, s’assombrit. De lourds nuages le couvrirent, annonçant une tempête imminente.
Tout se passa si vite qu’on ne vit même pas le ciel changer.
Aussitôt après, les vagues se dressèrent et secouèrent violemment le navire.
« Ah ! J’ai failli tomber. Qu’est-ce qui se passe ? »
« Pourquoi le ciel a-t-il changé ? »
« Une tempête approche ? »
Sur le pont, d’innombrables cultivateurs affichaient un air perplexe. Comment le ciel avait-il pu s’assombrir aussi vite ?
Bzzz !
Les formations rituelles du navire s’activèrent. Un bouclier bleu se forma soudain, enveloppant le navire comme une bulle de lumière.
Grondement… !
Peu à peu, les vagues grossirent. Malgré les formations rituelles, le navire tanguait toujours.
Les vagues s’élevaient très haut ; certaines dépassaient même plusieurs dizaines de mètres, projetant des myriades de poissons dans les airs.
« Ce n’est pas une simple tempête. Il se passe quelque chose ? » s’exclama le marin, le visage bouleversé.
Grondement… !
Des éclairs zébrèrent les nuages sombres et une pluie torrentielle s’abattit soudain sur la région. D’énormes vagues déferlèrent sur la bulle lumineuse. À chaque choc, les visages des passagers du pont se décomposaient.
Chen Tianshan déglutit lui aussi.
C’était la puissance de la nature, immense et majestueuse. Bien qu’il eût déjà atteint le Royaume du Noyau d’or, Chen Tianshan ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter.
« Quelque chose cloche. Ces nuages noirs sont apparus de façon trop étrange ! On dirait que ce n’est pas une tempête ! »
« Tout est arrivé si soudainement. Quelqu’un aurait pu les invoquer ? »
« Invoquer ? Une bête marine ? Nous serions tombés sur une bête marine ? »
D’innombrables cultivateurs se mirent à s’inquiéter.
« Une bête marine ? Qu’est-ce que c’est ? » demanda Gu Hai, le visage transformé, en se tournant vers Chen Tianshan.
« Rugissement ! »
Soudain, un grondement retentit du fond de la mer. Une force écrasante jaillit alors sous le navire.
Boum !
Une vague souleva le navire, qui s’envola à trois cents mètres de hauteur.
« Ah ! »
« Ah ! »
De nombreux cultivateurs poussèrent des cris perçants.
Gu Hai et ses compagnons s’agrippèrent au bastingage et furent emportés dans les airs avec le navire.
Les vagues alentour étaient gigantesques. En s’élevant dans les airs, Gu Hai aperçut une créature colossale : une énorme tête noire, dépourvue de corne, qui surgissait de la mer. On aurait dit une tête de dragon.
La créature avait un air féroce. Elle rugit en les fixant. Une grande cicatrice entourait son œil gauche, lui donnant un aspect farouche et redoutable. Puis elle poussa un rugissement qui fit trembler le ciel.
« Rugissement ! »
Son rugissement était si puissant qu’il fit exploser l’eau de mer alentour. Des nuages noirs tourbillonnèrent dans le ciel, les éclairs fusèrent et la pluie s’abattit à torrents. Tous les visages se décomposèrent.
Gu Hai évalua la taille du monstre du regard. Il mesurait au moins un kilomètre de long. Et encore, c’était le minimum, car l’eau dissimulait la majeure partie de son corps.
« Un dragon des inondations ? Un dragon des inondations, une bête marine de la Mer des Mille Îles ? Pourquoi est-il ici ? Pourquoi ? »
« C’est fini ! C’est fini ! Un dragon des inondations ! »
Des cris d’effroi retentirent de toutes parts.
Les trois compagnons de Gu Hai restèrent bouche bée.
Un dragon des inondations ? Peu auparavant, ils avaient vu des bêtes des nuages. Leur taille était comparable, mais ce monstre dégageait une aura tout autre.
La bête des nuages n’était qu’une créature gigantesque. Mais le dragon des inondations devant eux pouvait faire souffler les vents et tomber la pluie. La mer lui obéissait. Sa puissance était d’un tout autre ordre.
« Rugissement ! »
Le dragon des inondations s’élança dans les airs. Le navire était grand, mais paraissait minuscule à côté de lui.
Boum !
Lorsque le navire retomba sur l’eau, la bulle de lumière bleue ondula, comme sur le point d’éclater.
La plupart des cultivateurs étaient livides.
« C’est fini ! C’est fini ! » cria la foule, terrorisée.
« Rugissement ! »
Soudain, un autre rugissement retentit du fond de la mer.
Boum !
À peine le navire retombait-il qu’une autre vague le propulsa dans les airs.
Grondement… !
De nouveaux nuages sombres s’amassèrent dans le ciel. Une pluie torrentielle s’abattit de nouveau tandis que les éclairs fusaient et que le tonnerre grondait.
« Il y a encore une bête marine ? Et elle aussi peut influer sur le temps ? Comment est-ce possible ? »
Des exclamations retentirent de toutes parts.
Lorsque le navire retomba des airs, Gu Hai put enfin distinguer la deuxième bête marine.
C’était une tortue gigantesque d’au moins six cents mètres de long. Mais elle avait une particularité : une paire de cornes de dragon lui poussait sur la tête.
« Rugissement ! »
La tortue gigantesque rugit et un vent violent se leva alentour. La mer forma un immense tourbillon qui tournoyait à toute vitesse.
« Un baxia ? C’est un baxia ! Comment est-ce possible ? Pourquoi un baxia est-il apparu ici ? » D’innombrables cultivateurs sombrèrent dans le désespoir.
[Note du traducteur : les caractères de baxia se traduisent littéralement par « tyran inférieur ». C’est une bête mythologique semblable à une tortue, connue comme l’un des neuf fils du dragon. Elle a un corps de tortue et une tête de dragon.]
D’ordinaire, rencontrer une seule bête marine suffisait à sceller son sort. Or, il y en avait maintenant deux, toutes deux féroces.
Tous étaient au bord des larmes, désespérés.
S’ils l’avaient su, ils n’auraient jamais poursuivi Gu Hai.
Boum !
Le navire retomba juste entre les deux gigantesques bêtes marines.
Elles ne prêtèrent aucune attention au navire. Le dragon des inondations et le baxia se fixaient, comme si aucun des deux ne s’arrêterait avant la mort de l’autre.
« C’est fini. C’est terrible. Qu’allons-nous faire ? » demanda Chen Tianshan, le visage bouleversé.
« Enfilez ces gilets de sauvetage ! Vite ! » cria Gu Hai.
Tout en parlant, il sortit rapidement les trois gilets de sauvetage qu’il avait fabriqués auparavant. Il ignorait s’ils seraient utiles, mais en enfila tout de même un.
Chen Tianshan et Gao Xianzhi en enfilèrent rapidement un chacun.
Tandis que les autres se laissaient submerger par la peur, les trois compagnons s’attachèrent les uns aux autres avec des cordes. Gu Hai demanda également à Gao Xianzhi de cacher l’insigne d’autorité du Maître de la division de la Terre au fond de sa chaussure et de bien l’y attacher.
Comme prévu, le dragon des inondations rugit puis balaya la mer de sa queue.
Boum !
Dans son mouvement, sa queue semblait libérer toute la puissance de l’océan. Sous la force du choc, le navire vola en éclats.
« Ah ! »
« À l’aide ! »
« À l’aide ! »
Des cris retentirent de toutes parts. Mais une vague gigantesque emporta tout le monde en un clin d’œil.
Le baxia rugit de fureur.
Boum !
Les deux bêtes marines colossales se livrèrent bataille.
Les nuages noirs tourbillonnaient dans le ciel et des éclairs s’abattaient. Leur combat déchaîné bouleversait les eaux. Avant même que les cultivateurs ne puissent comprendre ce qui se passait, le tourbillon les engloutit.
Grondement… !
Gu Hai subit des chocs de toutes parts.
La violence était inouïe. Ces deux bêtes marines se battaient en mobilisant la puissance de l’océan ; aucun homme ordinaire ne pouvait leur résister.
Gu Hai et Gao Xianzhi étaient au Royaume inné, tandis que Chen Tianshan était au Royaume du Noyau d’or. Pourtant, même la cultivation du Royaume du Noyau d’or semblait dérisoire face à ces deux monstres gigantesques.
Boum ! Boum ! Boum ! Boum ! Boum ! Boum !
De puissantes forces s’abattirent sur le corps de Gu Hai.
Malgré sa cultivation physique, il ne put tenir longtemps et perdit bientôt connaissance.
Au moment où Gu Hai s’évanouit, Chen Tianshan et Gao Xianzhi s’évanouirent eux aussi.
Ils ne sentirent plus rien, emportés par les vagues déchaînées.
Plusieurs jours passèrent, puis le dragon des inondations et le baxia s’en allèrent. Les nuages sombres se dissipèrent également. La mer retrouva son calme.
En contemplant la mer, désormais lisse comme un miroir, personne n’aurait imaginé que des vagues gigantesques s’y étaient déchaînées peu auparavant.
Sous la puissance phénoménale des deux bêtes marines, le navire avait volé en éclats. Tous ses passagers avaient disparu, engloutis par l’immensité de la mer.
Le calme dura jusqu’au passage d’un autre navire. Une grande bannière flottait à son mât, frappée en évidence du caractère « Feng ».
Quelques hommes vêtus de noir se tenaient à la proue. Ils regardaient au loin en fronçant légèrement les sourcils.
« Un dragon des inondations et un baxia ? D’ordinaire, ces deux bêtes marines s’évitent. Pourquoi se sont-elles battues ici ? Ces derniers jours, les vents violents et les nuages épais qui couvraient les eaux alentour nous ont contraints à faire halte sur l’île voisine et à attendre », grommela l’un des hommes en noir.
« En effet. Nous avons pris plusieurs jours de retard. Et si le patron nous en tenait rigueur ? » demanda un autre, inquiet.
« En plus, quelques personnes ont réussi à s’échapper à cause des vagues gigantesques. Comment allons-nous expliquer cela au patron ? »
Tous gardèrent le silence.
« Regardez ! Il y a quelqu’un là-bas ! » s’écria l’un d’eux, les yeux brillants.
Les hommes en noir aperçurent au loin les trois compagnons de Gu Hai, inconscients et flottant sur la mer, vêtus de gilets de sauvetage.
« Repêchez-les ! » cria quelqu’un.
« Oui ! »
Les hommes en noir repêchèrent rapidement Gu Hai et ses compagnons. Le maquillage qu’ils portaient avait été emporté par l’eau. Mais après avoir trempé plusieurs jours dans l’eau de mer, leurs visages avaient un peu gonflé, si bien que personne ne put les reconnaître.
Comme ils portaient des gilets de sauvetage et s’étaient attachés les uns aux autres avec des cordes, ils n’avaient pas été séparés.
L’un des hommes en noir fit circuler son énergie véritable dans leurs corps.
« Ancien, ils sont vivants. Deux sont au Royaume inné et le troisième est un cultivateur du Noyau d’or. Ils sont en vie, mais leurs blessures sont graves ! » rapporta l’homme en noir.
« Deux cultivateurs du Royaume inné et un du Noyau d’or ? Parfait ! Parfait ! Parfait ! » L’ancien éclata soudain de rire.
« Ancien, qu’y a-t-il de parfait ? » demandèrent tous les autres, perplexes.
« Cinq personnes se sont échappées tout à l’heure, n’est-ce pas ? Ces trois-là nous permettront de compenser. Au moins, nos pertes seront réduites de plus de moitié. Le patron ne nous en voudra pas trop ! » dit l’ancien avec satisfaction.
« C’est vrai, c’est vrai ! L’ancien est sage ! » s’exclamèrent aussitôt les autres, ravis.
« Personne ne doit parler de ce qui s’est passé aujourd’hui. Sinon, ne m’en veuillez pas si je me montre impitoyable ! » lança froidement l’ancien.
« Oui ! »
« Retournez à toute vitesse sur l’Île des Neuf-Cinq. Nous rentrons chez nous ! » annonça joyeusement l’ancien.
« Oui ! »
——
Après un certain temps, Gu Hai commença à reprendre conscience.
« Hum ! Hum ! Hum ! »
Gu Hai toussa plusieurs fois et recracha de l’eau de mer en se réveillant, hébété.
Il voulut essuyer l’eau de mer qui lui couvrait le visage, celle qu’il venait de recracher.
Cling ! Cling !
Le cliquetis de chaînes retentit. Gu Hai constata avec stupeur qu’il ne pouvait pas bouger les mains. Lorsqu’il tourna la tête, il vit qu’elles étaient entravées par des chaînes qui les immobilisaient.
Et ce n’était pas tout : ses pieds étaient eux aussi enchaînés.
De plus, un masque de bronze semblait couvrir son visage, jusqu’au-dessus du nez.
« Que se passe-t-il ? » Le visage de Gu Hai changea.