Chapitre 53
Livre 1 : Chapitre 51 : Quand le paon déploie ses plumes, toutes les techniques sont brisées
À l’intérieur du Rituel des Vingt-Huit paires de lignes, l’armée de Gu Hai se multipliait sans fin. Même si on la détruisait, elle renaissait en un clin d’œil. Les forces ennemies se retrouvèrent aussitôt encerclées et taillées en pièces. Des myriades d’hommes tombèrent du ciel, tandis que les bêtes-nuages à la périphérie s’enfuyaient, terrifiées.
Les cultivateurs qui encerclaient le Rituel des Vingt-Huit paires de lignes furent stupéfaits et affichèrent des mines horrifiées. À présent, ils se contentaient d’encercler le rituel, sans oser s’y aventurer.
À l’intérieur du rituel :
Derrière Gu Hai, Gao Xianzhi, Chen Tianshan et Xiaorou affichèrent des mines ravies en voyant la situation se retourner.
« Maître de division, ce rituel est incroyable ! » s’exclama Gao Xianzhi, tout excité.
— Maître de division, où l’avez-vous appris ? demanda à son tour Chen Tianshan, tout aussi enthousiaste.
À présent, l’attitude de Chen Tianshan avait complètement changé ; la puissance de Gu Hai l’avait profondément impressionné.
Xiaorou sourit joyeusement, l’air un peu idiote.
Gu Hai balaya les alentours du regard. Puis, le féroce général sur lequel il se tenait rugit soudain : « Disciples du Pavillon du Jeu céleste, écoutez bien ! Il reste six jours. Dans six jours, je détruirai le Pêcher immortel de longévité séculaire ! »
Au rugissement du féroce général, les dizaines de milliers de cultivateurs affichèrent des mines affligées.
D’où sortait ce Gu Hai ? Comment pouvait-il être aussi ridiculement puissant ?
Non loin de là, Meng Tai affichait une expression indécise. « Gu Hai ? Comment a-t-il pu mettre en place un rituel aussi vaste ? »
Le Neuvième Jeune Maître avait le visage crispé de rage. Cette fois, il n’avait pas agi à la légère. Il avait plutôt manipulé les dizaines de milliers de cultivateurs pour les pousser à attaquer le rituel. Pourquoi avait-il quand même perdu ?
« Gu Hai ? » lâcha le Neuvième Jeune Maître, partagé entre l’inquiétude et la colère.
——
Sur la place devant une salle du palais, dans une vallée :
Le jeune homme maladif se tenait auprès du premier ancien.
« Hum ! Hum ! Hum ! Hum ! » Le jeune homme maladif toussa dans son mouchoir.
« Le Rituel des Vingt-Huit paires de lignes ? C’est le maître du pavillon qui l’a mis en place il y a bien longtemps. Comment Gu Hai a-t-il pu l’apprendre ? » dit sombrement le premier ancien.
Le jeune homme maladif plissa les yeux en levant le regard vers le ciel. « Il a fini par échouer. Ce Gu Hai est difficile à gérer ! »
« Tout cela est arrivé à cause de l’Homme sans naissance. Peut-être que si… » commença le premier ancien après un moment de silence.
« Non. Hum ! Hum ! Hum ! Personne ne peut contraindre mon Pavillon du Jeu céleste à faire quoi que ce soit. Gu Hai n’en est pas capable ! » Le jeune homme maladif sourit froidement.
« Hein ? »
« En fin de compte, nous ne pouvons pas compter sur eux. Je vais m’en charger, alors. Hum ! Hum ! Hum ! Hum ! » Le jeune homme maladif se remit à tousser.
« Attendez, regardez ! » s’écria soudain le premier ancien.
« Le Souverain divin de la Grande Lumière ? » Les yeux du jeune homme maladif se rétrécirent brusquement.
Le jeune homme maladif vit un homme en robe noire s’élever lentement dans le ciel, sans l’aide d’un trésor ni d’une pierre de go dorée.
À son envol, les innombrables cultivateurs le dévisagèrent, stupéfaits.
« Ce monde indépendant ne limite-t-il pas la cultivation au Royaume inné ? Comment peut-il voler ? »
« Qui est-ce ? »
« Que compte-t-il faire ? Comment peut-il voler ? »
Les innombrables cultivateurs observaient avec stupeur et perplexité le Souverain divin de la Grande Lumière, vêtu de noir.
Devant les bêtes-nuages longues de trois cents mètres, le Souverain divin de la Grande Lumière paraissait minuscule. Pourtant, cette petite silhouette stupéfia les innombrables cultivateurs. Après tout, même dans le monde extérieur, il fallait atteindre le Royaume de l’Âme naissante pour voler ainsi. Or, cet homme pouvait voler dans ce monde indépendant.
Partout où passait le Souverain divin de la Grande Lumière, les bêtes-nuages s’écartaient.
Le geste sembla faire boule de neige. Tous les cultivateurs s’écartèrent à leur tour pour le laisser approcher du vaste rituel.
Bzzz !
Le Souverain divin de la Grande Lumière s’immobilisa devant l’immense rituel. Une brise légère souffla et fit frémir sa robe noire. Il resta là, observant le rituel en silence.
À l’intérieur, Gu Hai changea d’expression. Il ne pouvait pas distinguer le visage du Souverain divin de la Grande Lumière sous sa capuche, mais il sentait malgré tout une paire d’yeux fixée sur lui.
« Comment a-t-il fait ? Ne sommes-nous pas limités au Royaume inné ? » Le visage de Chen Tianshan changea.
« Faites comme je vous l’ai dit. Reprenez vos positions ! » ordonna Gu Hai.
« Oui ! » répondit Gao Xianzhi.
Gao Xianzhi, Chen Tianshan et Xiaorou dirigèrent leurs bêtes-nuages de général et se dispersèrent rapidement. Gu Hai resta seul, contrôlant sa propre bête-nuage de général tandis qu’il observait froidement l’extérieur.
« Gu Hai ? Tu t’es plutôt bien débrouillé. Le Rituel des Vingt-Huit paires de lignes ? » dit le Souverain divin de la Grande Lumière avec un sourire.
La voix du Souverain divin de la Grande Lumière était douce, mais elle parvint étrangement aux oreilles de tous, les stupéfiant.
« Vous n’êtes pas un disciple du Pavillon du Jeu céleste. Qui êtes-vous ? » demanda gravement Gu Hai.
« Si tu survis à notre affrontement, je te le dirai ! » répondit le Souverain divin de la Grande Lumière avec indifférence.
Gu Hai prit un air glacial. « Votre Excellence convoite-t-elle le Pêcher immortel de longévité séculaire ? »
« Le Pêcher immortel de longévité séculaire ? Ha ! Cette patate brûlante ne m’intéresse pas. Je veux seulement te tuer ! » rétorqua le Souverain divin de la Grande Lumière avec un léger sourire.
Gu Hai changea d’expression. « Vous voulez me tuer ? Pourtant, je ne vous connais pas, n’est-ce pas ? »
« Quand je tue, je ne suis que mon humeur. Je n’ai pas besoin de raison. Es-tu prêt ? Je vais bientôt commencer. Défends-toi de toutes tes forces ! Hahahaha ! » Le Souverain divin de la Grande Lumière éclata de rire.
Le visage de Gu Hai se glaça. « J’espère que vous comprenez bien ceci : mon rituel peut mobiliser les lois de ce monde ! »
« Si tu n’en étais pas capable, je ne me serais même pas donné la peine de te tuer moi-même. Le Rituel des Vingt-Huit paires de lignes ? Un rituel ? Et alors ? Lumière divine ! » ricana froidement le Souverain divin de la Grande Lumière.
Boum !
Soudain, dix colonnes de lumière azur jaillirent derrière le Souverain divin de la Grande Lumière. Chacune mesurait trois kilomètres de long. Dès leur apparition, la lumière azur colora la moitié du ciel.
Boum !
Les dix colonnes de lumière azur dégagèrent aussitôt une aura terrifiante. Les cultivateurs alentour changèrent radicalement d’expression et reculèrent à la hâte, de peur d’être pris dans son sillage.
« Qu’est-ce que c’est ? Des plumes de paon ? » Les innombrables cultivateurs changèrent soudain d’expression.
Les dix colonnes de lumière azur, qui s’élevaient dans les airs, avaient la forme d’une queue de paon déployée et dégageaient une aura sinistre.
La queue de paon, longue de trois kilomètres, glaça les alentours et fit naître une brume froide dans les airs.
Gu Hai prit un air sombre, puis leva la main. « Soldats, repoussez l’ennemi ! »
« Ho ! Ah ! » Les milliers de soldats rugirent d’une seule voix et chargèrent vers le Souverain divin de la Grande Lumière, armes levées.
« Vous ne manquez pas de courage. Les plumes azurées brisent toutes les techniques ! Brisez-les ! » Le Souverain divin de la Grande Lumière agita la main.
Les dix plumes de paon, longues de trois kilomètres, s’abattirent soudain sur le rituel et son immense armée.
En fouettant l’air, les plumes de paon libérèrent une lumière azur éblouissante, qui teinta le ciel et se rua vers le rituel.
Boum !
Une détonation retentit et le rituel trembla violemment. Les dix plumes de paon balayèrent alors un groupe de soldats.
« Tuez ! »
« Tuez ! »
« Tuez ! »
Les soldats abattirent aussitôt leurs armes sur les plumes de paon.
Boum !
Une détonation retentit et le rituel nuageux trembla de nouveau. Des dizaines de soldats parvinrent à repousser les plumes de paon un instant, avant d’être pulvérisés.
Les plumes de paon rebondirent alors en arrière.
« Oh ? Voilà qui est assez intéressant. Hahahahaha ! Là, ça devient amusant ! » La voix du Souverain divin de la Grande Lumière prit un ton légèrement féroce.
Fwou !
La plume de paon s’abattit de nouveau comme un fouet puissant. Cette fois, elle paraissait encore plus féroce, et la lumière azur qu’elle libérait brillait plus fort.
À l’intérieur, Gu Hai changea d’expression et lança un autre grand groupe de soldats à l’assaut.
Boum !
Une détonation retentit et le rituel trembla. Cent autres soldats explosèrent.
« Oh ? On dirait que ça ne suffisait pas. Et si j’en ajoutais encore ? » dit le Souverain divin de la Grande Lumière avec enthousiasme.
Le Souverain divin de la Grande Lumière rangea son sceptre, puis leva la main gauche. Dix autres plumes de paon, longues de trois kilomètres, apparurent derrière lui. Il transféra ensuite les dix premières dans sa main gauche.
À présent, le Souverain divin de la Grande Lumière tenait dix plumes de paon dans chaque main, comme deux faisceaux de fouets longs de trois kilomètres.
« Brisez-les ! » cria le Souverain divin de la Grande Lumière.
Fwou ! Fwou !
Boum !
Le rituel nuageux trembla une nouvelle fois. Les deux faisceaux de plumes de paon qui s’abattirent provoquèrent un choc colossal. Ils pulvérisèrent alors un dixième du rituel nuageux. Près de mille soldats explosèrent sous ce coup.
« Quoi ? » Les yeux des cultivateurs alentour faillirent leur sortir des orbites.
Près de mille soldats montés, et cet homme en noir les avait éliminés de deux coups de fouet ? Qui était-il donc ? Il déployait une telle puissance à lui seul.
Comment était-ce possible ? Ce monde ne limitait-il pas tout le monde au Royaume inné ?
« Multiplication sans fin ! » s’écria Gu Hai, le visage changé.
Boum !
Les nuages environnants se reformèrent rapidement et ramenèrent une foule de soldats.
« Brisez-les ! »
Fwou ! Fwou ! Fwou ! Fwou !
Le Souverain divin de la Grande Lumière accéléra de plus en plus ses coups de plumes. En les faisant s’abattre avec férocité, il semblait former une tempête azur qui détruisait sans relâche le rituel nuageux.
À quoi bon avoir un rituel immense ? Dès que les plumes de paon apparaissaient, elles brisaient toutes les techniques.
« Multiplication sans fin ? Voyons si tu te multiplies plus vite que je ne détruis ton rituel. Brisez-les ! » cria le Souverain divin de la Grande Lumière.
Boum !
La lumière azur balaya les environs et une détonation retentit, fracassant le ciel et la terre. L’immense rituel nuageux perdit instantanément un cinquième de sa taille.
« Multiplication sans fin ! » Le visage de Gu Hai changea radicalement.
« Pas encore assez ? Cette fois, j’ai pourtant frappé plus fort. Encore ! Hahaha ! » lança le Souverain divin de la Grande Lumière en riant.
« Fwou ! »
Les deux faisceaux de plumes de paon fusionnèrent. Le Souverain divin de la Grande Lumière semblait vouloir pulvériser le rituel d’un seul coup.
Gu Hai changea d’expression.
*C’est un fou ?*
« Gao Xianzhi, vous autres, protégez les alentours ! » cria Gu Hai.
« Hiiii ! » Le cheval monté par la bête-nuage de général de Gu Hai poussa un hennissement sonore et chargea vers les plumes de paon.
La bête-nuage du féroce général de Gu Hai leva sa hallebarde et se rua contre les plumes de paon. Près de mille soldats alentour accoururent, puis fusionnèrent avec le féroce général et disparurent. La bête-nuage de général quadrupla soudain de taille. Chacun de ses mouvements dégageait une aura sinistre.
La bête-nuage de général fixa les plumes de paon qui approchaient et brandit sa hallebarde pour les affronter.
« Tu te décides enfin à sortir combattre ? Mais il est déjà trop tard. Les plumes azurées brisent toutes les techniques ! Brisez-les ! » cria le Souverain divin de la Grande Lumière. Une intention meurtrière écrasante s’abattit alors sur Gu Hai.
Le général prit une expression féroce. La hallebarde qu’il tenait libéra une aura maléfique noire et tumultueuse, qui se déversa sur les plumes de paon.
« J’ai la force de soulever des montagnes, et ma puissance domine le monde ! » rugit le féroce général.
À son rugissement, tout le rituel nuageux trembla. Une énergie sans limites sembla se concentrer dans la hallebarde, qui s’abattit sur les plumes de paon.
Boum !
Une détonation tonitruante retentit et des bourrasques violentes soufflèrent dans toutes les directions. Toutes les bêtes-nuages proches furent projetées en arrière. Le
boum
fit bourdonner les oreilles d’innombrables cultivateurs.
Lorsque la gigantesque bourrasque atteignit le sol, elle dépouilla les plantes de leurs feuilles.
La hallebarde et les plumes de paon s’entrechoquèrent de nouveau, sans qu’aucune ne parvienne à prendre le dessus.
Gu Hai prit un air sombre.
« Aucun de ceux que je veux tuer ne m’a jamais échappé. Je t’accorderai une mort glorieuse au combat. Encore ! Voyons jusqu’où va la force de ton féroce général ! » dit froidement le Souverain divin de la Grande Lumière.
« Les plumes azurées brisent toutes les techniques. Brisez-les ! »
« J’ai la force de soulever des montagnes, et ma puissance domine le monde ! Brise-les ! »
Boum !
Le rituel trembla. Les plumes de paon du Souverain divin de la Grande Lumière et la bête-nuage de général féroce de Gu Hai s’entrechoquèrent de nouveau. À chaque collision, une aura féroce se répandait. Aucun des deux ne céda, et les ondes de choc plongèrent aussitôt le champ de bataille dans le chaos.
Pourtant, le Souverain divin de la Grande Lumière semblait gagner en puissance à chaque instant.
Faute de mieux, Gu Hai ne put que fusionner davantage de soldats avec le général. Il ne pouvait poursuivre le combat qu’en lui en intégrant toujours plus.
Gu Hai affichait une expression féroce et ne cédait pas d’un pouce. Il avait compris que cet homme était fou. S’il cédait, il mourrait. Chaque affrontement ne faisait qu’aiguiser l’appétit de combat du Souverain divin de la Grande Lumière.
De violentes ondes de choc se propageaient dans le ciel et arrachaient des expressions horrifiées aux innombrables cultivateurs.
Mais leur effroi céda bientôt la place à la convoitise.
L’homme en noir retenait Gu Hai. Cela ne leur permettrait-il pas de profiter de l’occasion pour s’emparer du Pêcher immortel de longévité séculaire ?
Meng Tai, le Neuvième Jeune Maître et d’innombrables cultivateurs tournèrent les yeux vers le centre du rituel.
« Encore ! Profitons-en pour foncer dans le rituel ! » hurla quelqu’un.