Chapitre 48
Livre 1 : Chapitre 46 : Une immense armée
Grondement… !
À présent, dix mille chevaux galopaient avec fougue, chargés d’une aura meurtrière, et fondaient sur la bataille des bêtes-nuages.
Sur une place, le Bodhisattva Lian Sheng et le Premier Ancien en eurent le souffle coupé.
« Une immense armée ? » demanda le Premier Ancien.
« C’est bien lui ? Ha ha ! C’est la première fois que j’entends dire qu’on peut créer une telle scène en invoquant une bête-nuage », répondit le Bodhisattva Lian Sheng avec un sourire.
« Qui est cet homme ? Comment peut-il être aussi doué au jeu de go ? Et il comprend les lois de ce monde ? » Le Premier Ancien se tourna vers le Bodhisattva Lian Sheng.
Le Bodhisattva Lian Sheng regarda le général, à la tête de l’armée de bêtes-nuages. Le corps de Gu Hai était à moitié enfoncé dans la tête du général armé d’une hallebarde.
« Il s’appelle Gu Hai ! » répondit le Bodhisattva Lian Sheng avec gravité.
——
Au sommet d’un pic montagneux :
Le Souverain divin de la Grande Lumière et ses subordonnés levèrent les yeux vers le ciel. Depuis quelques jours, ils observaient le combat qui s’y déroulait. Quand les milliers de cavaliers apparurent soudain, même le Souverain divin de la Grande Lumière en fut surpris.
« Une immense armée ? Voilà qui est intéressant. » Le Souverain divin de la Grande Lumière eut un sourire froid.
« Hein ? C’est… ? » La voix du Souverain divin de la Grande Lumière s’éleva brusquement.
« Souverain divin de la Grande Lumière, regardez ! Regardez tout devant, à la tête de cette immense armée ! Cet homme porte… ! » s’exclama soudain un homme en robe noire.
« Souverain divin de la Grande Lumière, serait-ce la Reine Wa ? » Les hommes en robe noire s’agitèrent aussitôt.
« Continuez d’observer ! » ordonna gravement le Souverain divin de la Grande Lumière.
——
L’apparition de l’immense armée attira aussitôt l’attention d’innombrables cultivateurs et autochtones. Tous la contemplèrent, les yeux écarquillés, incrédules.
« Comment est-ce possible ? Ça ne s’est jamais produit auparavant ! »
« Ce n’est qu’une pierre de go dorée. Comment peut-elle invoquer tout un groupe de bêtes-nuages ? »
« Je rêve ? C’est quoi, cette plaisanterie de mauvais goût ? »
Des exclamations stupéfaites retentirent de toutes parts.
Les innombrables étrangers fixaient la scène, les yeux grands ouverts. Certains avaient été éliminés dès le début : ils faisaient partie du premier groupe dont les bêtes-nuages avaient été dévorées. Ils avaient donc perdu le droit de participer à la compétition. D’autres n’avaient jamais obtenu de pierre de go dorée.
Pourtant, en voyant la scène, ces étrangers disqualifiés grimacèrent, tout en éprouvant une certaine satisfaction. D’une seule voix, ils s’exclamèrent spontanément : « Ridicule ! »
——
Grondement… !
À l’arrivée de l’immense armée, ceux qui ressentirent le plus vivement sa présence furent les combattants dans le ciel.
Les cavaliers et leurs montures ne mesuraient que trois cents mètres de haut, mais ils étaient tout simplement trop nombreux. Ils étaient plus de dix mille ! Comment pouvait-il y en avoir autant ?
Les nombreux cultivateurs en restèrent déconcertés.
Meng Tai changea lui aussi d’expression.
Il savait que Gu Hai possédait un talent prodigieux au jeu de go. Mais il ne s’était pas attendu à un tel niveau d’exagération. On ne pouvait plus parler de talent prodigieux : c’était tout bonnement de la triche.
Gu Hai pouvait-il s’emparer seul du Pêcher immortel de longévité séculaire ? Comment les autres allaient-ils faire ?
« Tout le monde, attaquez cette immense armée ! » cria Meng Tai.
Le Neuvième Jeune Maître changea lui aussi d’expression. En un clin d’œil, les bêtes-nuages de Meng Tai n’étaient plus la principale menace. L’immense armée était devenue le plus grand danger.
« Cessez d’attaquer ! Préparez-vous à défendre le front contre cette immense armée de toutes vos forces ! » cria le Neuvième Jeune Maître.
« Oui ! »
En un clin d’œil, les deux factions qui s’affrontaient à mort s’unirent contre un ennemi commun : l’immense armée.
Gao Xianzhi avait les yeux emplis de stupeur.
« Le Maître de division est devenu l’incarnation du Vieux Monsieur Guan Qi ? Je rêve ? » Chen Tianshan se frotta les yeux, bouleversé.
——
Grondement… !
Au milieu de l’immense armée, Gu Hai se servit de sa pierre de go dorée pour diriger toute la troupe vers le Pêcher immortel de longévité séculaire, dans le ciel.
Avant sa retraite, Gu Hai n’aurait pas agi ainsi. Mais pendant celle-ci, il avait appris à comprendre le rituel de formation du Dao du go. Il était faible, à présent, et ne pouvait pas déployer la puissance du Dao du go ; cependant, il tenait une pierre de go dorée. Celle-ci lui donnait le droit d’utiliser la puissance de ce monde indépendant.
La pierre de go dorée était une source de pouvoir. Gu Hai avait compris le Grand Dao du go. En faisant appel à sa puissance, il pouvait déclencher des forces que les autres ne comprenaient pas.
Cette immense armée était une attaque meurtrière née du savoir de Gu Hai en matière de go.
L’immense armée progressait sans hésiter, avec une bravoure inébranlable. Rien ni personne ne pouvait l’arrêter tandis qu’elle balayait tout sur son passage.
« Tuez ! »
Le général à la hallebarde avait l’air féroce, animé d’une soif de sang.
« Hoh ! » rugit l’immense armée d’une seule voix, faisant trembler le ciel.
Gu Hai dirigeait l’immense armée tout en tenant Xiaorou dans ses bras.
« Xiaorou, ne t’endors pas. Écoute-moi, ne t’endors pas. Je vais bientôt pouvoir te sauver. Ne t’endors surtout pas ! » Gu Hai la secoua anxieusement pour la réveiller.
Xiaorou entrouvrait parfois les yeux, puis les refermait. Elle semblait déjà à bout de forces.
Sa vision allait et venait entre les ténèbres et la lumière. Quand elle aperçut le visage anxieux de Gu Hai, un faible sourire doux se dessina sur ses lèvres. Mais elle était trop faible pour garder les yeux ouverts.
« Xiaorou, ne t’endors pas ! » Gu Hai la secoua sans relâche.
« Bienfaiteur… » murmura Xiaorou d’une voix faible.
« Plus vite ! Plus vite ! Plus vite ! » rugit Gu Hai, anxieux.
Le général à la hallebarde fouetta la croupe de son cheval, puis tonna, empli d’une intention meurtrière : « Tuez ! Tuez ! Tuez ! »
Grondement… !
L’armée accéléra.
Boum !
Bientôt, l’immense armée arriva à proximité.
Les mille bêtes-nuages présentes se mirent aussitôt en formation, comme si elles faisaient face à un ennemi commun, et se préparèrent à défendre leurs rangs contre l’immense armée.
L’immense armée arriva, portée par une aura meurtrière déferlante. À cette vue, Meng Tai et le Neuvième Jeune Maître eurent le front couvert de sueur froide. Les deux camps s’affrontèrent bientôt.
« Arrêtez-les ! Arrêtez-les ! » cria Meng Tai.
« Rugis ! »
« Rugis ! »
« Rugis ! »
Les bêtes-nuages géantes, plus d’une dizaine en tête de rang, rugirent et se mirent à mordre et à griffer.
« Tuez ! » Le général de tête lança un regard féroce et abattit sa hallebarde.
Boum !
Une énorme bête-nuage en forme de loup bloqua aussitôt le coup et hurla de douleur. Mais l’immense armée suivait derrière.
Boum ! Boum ! Boum !
Les armes s’abattirent de toutes parts sur l’énorme bête-nuage en forme de loup.
Paf !
La bête-nuage en forme de loup, tout devant, explosa sur-le-champ. L’immense armée ne songea même pas à la dévorer : elle la tua et la fit exploser d’un seul coup.
« Ah ! »
Un cultivateur tomba soudain du ciel et chuta de plus de trente kilomètres. Sa pierre de go dorée se brisa en même temps que sa bête-nuage.
Grondement… !
Les énormes bêtes-nuages en tête de formation subirent les attaques combinées des soldats, qui avançaient en chargeant de concert. Même si les soldats étaient petits, ils étaient si nombreux que la taille ne comptait pas : leurs attaques coordonnées étaient trop puissantes.
L’immense armée ouvrit une brèche dans la foule des bêtes-nuages et s’y engouffra.
« Tuez ! Tuez ! Tuez ! Tuez ! »
Leurs rugissements assourdissants se répandirent dans les airs. Leurs attaques parfaitement coordonnées étaient d’une férocité terrifiante, tandis que l’armée balayait tout sur son passage.
L’immense armée abattait tous ceux qui osaient lui barrer la route, puis les piétinait.
« Ah ! »
« Ah ! »
« Ah ! »
Une série de cris déchirants retentit. De nombreux cultivateurs s’abattirent du ciel, tandis que des hurlements sans fin emplissaient les airs.
« Arrêtez-les ! Arrêtez-les ! Arrêtez-les ! » cria Meng Tai, le visage bouleversé.
Partout où passait l’immense armée, elle écrasait complètement les nombreuses bêtes-nuages qui lui barraient la route.
C’est quoi, cette plaisanterie ? Nous avons les bêtes-nuages les plus redoutables, qui ont traversé quantité de massacres. Et pourtant, nous ne pouvons pas vaincre une bête-nuage créée par un seul homme ?
« Tuez ! Tuez ! Tuez ! »
« Rugis ! Rugis ! Rugis ! »
L’immense armée fondit sur eux, et les combats entre les deux camps devinrent encore plus féroces.
« Gu Hai ! Gu Hai ! Comment oses-tu ?! » hurla le Neuvième Jeune Maître en le fusillant du regard.
Auparavant, le Neuvième Jeune Maître avait affiché un mépris absolu pour Gu Hai, allant jusqu’à dire qu’il ne méritait même pas de savoir qui il était. Mais en voyant l’immense armée de Gu Hai, il perdit toute l’assurance qu’il avait eue. À présent, ses yeux étaient emplis d’effroi.
Pourtant, Gu Hai ne regardait personne à cet instant. Il fixait le Pêcher immortel de longévité séculaire et les pêches immortelles dorées qui y poussaient.
« Nous y sommes presque. Xiaorou, tiens bon. Tu pourras bientôt manger cette pêche. Tu devrais vite te rétablir. Xiaorou, ne t’endors pas ! Ne t’endors pas ! » l’exhorta Gu Hai, anxieux.
« Bienfaiteur… Bienfaiteur… » Les yeux de Xiaorou se fermèrent lentement de nouveau.
Le visage de Gu Hai se durcit, devenant féroce.
« Vite, tuez-les ! Enfoncez-vous dans leurs rangs ! » cria Gu Hai en les fusillant du regard.
« Tuez ! »
Le général à la hallebarde rugit et le moral de l’armée s’enflamma soudain. Elle chargea sans se soucier de sa survie.
« Hoh ! »
Grondement… ! Grondement… !
« Ah ! »
« Ah ! »
« Ah ! »
La pluie de corps s’intensifia.
Meng Tai fixait la scène devant lui.
Comment pourrais-je les arrêter ? Cette immense armée est trop féroce. Elle nous submerge, nous écrase et nous balaie comme du bois pourri : rien ne peut lui résister.
« Arrêtez-les ! Aile gauche, aile droite, foncez tous vers le centre ! Vite ! Vite ! Vite ! » tonna Meng Tai.
Grondement… !
L’immense armée repoussa un grand nombre de bêtes-nuages. Celles-ci s’effondrèrent sous les attaques répétées.
« Arrêtez-les ! » hurla Meng Tai, horrifié.
Boum !
La hallebarde s’abattit sur le dragon que chevauchait Meng Tai.
« Rugis ! » La bête-nuage en forme de dragon poussa un cri de douleur.
Grondement… !
Les nombreuses attaques des soldats s’étaient déjà abattues sur elle, couvrant de blessures la bête-nuage en forme de dragon que chevauchait Meng Tai.
« Tuez ! Tuez ! Tuez ! Tuez ! »
« Espèce de salaud ! » Le visage de Meng Tai changea radicalement.
Mais Meng Tai ne pouvait rien y faire. La puissance offensive de l’armée était trop grande. Elle balayait tout comme du bois pourri, détruisant tout sur son passage.
Grondement !
L’immense armée enfonça les rangs des étrangers qui défendaient le passage et atteignit ceux des autochtones.
« Arrêtez-les ! Arrêtez-les ! » hurla aussi le Neuvième Jeune Maître, alarmé.
« Tout le monde, à l’attaque ! » tonna férocement le général à la hallebarde.
« Hoh ! »
Toute l’armée rugit d’une seule voix et chargea les autochtones.
Le Neuvième Jeune Maître changea radicalement d’expression en fixant Gu Hai.
Il dirigea le serpent à neuf têtes et lui fit mordre Gu Hai.
Si je me débarrasse de Gu Hai, je peux gagner, non ?
Mais le général sur lequel se tenait Gu Hai était lui aussi incroyablement féroce. Le regard mauvais, il brandit sa hallebarde.
« J’ai la force de soulever les montagnes, et ma puissance domine le monde ! À terre ! » tonna le général à la hallebarde, le visage féroce.
[Note du traducteur : Ces vers sont tirés du poème intitulé La complainte du Hégémon, composé par Xiang Yu alors que les troupes de Liu Bang l’encerclaient.]
Boum !
Une énorme tête de serpent fut soudain projetée dans les airs. Le général à la hallebarde venait de la trancher.
« Quoi ? » s’exclama le Neuvième Jeune Maître, les yeux écarquillés.
Comment ce coup de hallebarde peut-il être aussi puissant ? Il a tranché l’une des têtes de mon serpent à neuf têtes !
« Rugis ! »
« Rugis ! »
Le reste de l’armée chargea par-derrière et attaqua le serpent à neuf têtes — désormais à huit têtes —, tandis que le général menait l’assaut.
Le serpent à huit têtes fouetta les soldats et leurs montures de sa queue. Mais ils étaient trop nombreux, serrés les uns contre les autres, et attaquaient avec une frénésie redoublée.
« Tuez ! Tuez ! Tuez ! Tuez ! »
Le général était féroce, et les soldats l’étaient tout autant. Si un seul ne suffisait pas, cent autres prenaient le relais. Bientôt, ils couvrirent de blessures le serpent à huit têtes.
Boum !
Les soldats tranchèrent une autre tête.
Le serpent n’en avait plus que sept.
« Non ! Non ! Tu es un démon ! Gu Hai, espèce de démon ! » cria le Neuvième Jeune Maître, paniqué, incapable de contenir ses émotions.
Grondement… !
L’immense armée continua de tuer et remporta la victoire en un clin d’œil.
Les défenseurs alliés étaient puissants, mais l’immense armée se montrait encore plus féroce. Elle écrasait tout sur son passage. Quand elle atteignit le Pêcher immortel de longévité séculaire, d’innombrables personnes étaient déjà tombées du ciel.
Les chefs des deux factions, qui s’étaient montrés si féroces, étaient désormais dans un état lamentable, jetés sur le côté.
L’immense armée encercla aussitôt le Pêcher immortel de longévité séculaire.
Sur les mille bêtes-nuages qui défendaient l’arbre au départ, il en restait moins de trois cents. Toutes étaient couvertes de blessures et observaient, hébétées, le résultat du combat depuis le bord du champ de bataille.
Personne ne savait si ceux qui étaient tombés de si haut avaient survécu.
Le serpent, qui avait auparavant neuf têtes, n’en avait plus que deux lorsqu’il parvint à s’enfuir. Le dragon de Meng Tai avait perdu sa queue, ses quatre membres et ses cornes ; couvert de blessures, il s’était retiré sur le côté.
À l’exception de Gao Xianzhi et de Chen Tianshan, qui s’étaient éloignés depuis longtemps, la plupart de ceux qui s’étaient repliés sur le côté étaient couverts de blessures et dans un état pitoyable. Tous regardaient l’immense armée, arrivée de nulle part, s’emparer du Pêcher immortel de longévité séculaire.
Meng Tai en avait le cœur en sang. Il avait tant manigancé, tant préparé de stratagèmes. Et voilà qu’il n’avait plus qu’à fuir sur le côté et regarder.
« Gu Hai ? » lâcha Meng Tai avec haine, accablé et incapable de se résigner.
« Gu Hai ! » vociféra le Neuvième Jeune Maître, désormais couvert de blessures.