Chapitre 298
Livre 3 : Chapitre 118 : On récolte ce que l’on sème
Le seigneur Chen, Gu Hai et Sima Changkong quittèrent la Ville du Guet du Nord et se hâtèrent vers la Ville de la Répression du Sud.
« Monsieur Gu, nous ignorons depuis combien de générations l’héritage de Monsieur Dongfang se transmet, ainsi que son niveau de cultivation actuel. Pourtant, quelque chose cloche chez lui. L’expert du Royaume du Palais céleste que nous avons envoyé n’est jamais revenu. Vous comptez vraiment aller vérifier ? » demanda Sima Changkong, inquiet.
« Mais il sera sûrement encore plus difficile d’obtenir de Lu Yang des informations sur les deux âmes spirituelles restantes de Long Xiaoyue, non ? » rétorqua Gu Hai avec un sourire amer.
« Monsieur Dongfang est un cultivateur de longévité. Même si vous avez reçu deux graines d’âme de Mo Yike, vous aurez des ennuis s’il vous découvre. Vous auriez du mal à vous enfuir », dit Sima Changkong avec inquiétude.
Gu Hai resta silencieux un moment, puis secoua la tête. « J’ai un moyen de m’échapper. »
« Ah ? » Sima Changkong en fut quelque peu surpris.
Pourquoi Gu Hai était-il si sûr de lui ?
Après réflexion, Sima Changkong eut une lueur dans les yeux. « Ne serait-ce pas… »
« Vous l’avez déjà vu, Monsieur Sima. Ha ha ! Mais cette fois, j’aurai besoin de la coopération du prince. Quand nos deux armées se feront face, il faudra perturber le Briseur d’armées. Sinon, ce sera trop dangereux pour moi. » Gu Hai sourit.
Sima Changkong esquissa un sourire amer. « Monsieur Gu, tous ces efforts en valent-ils la peine ? Après tout, il ne s’agit que des deux âmes spirituelles de Long Xiaoyue. »
Après un instant de silence, Gu Hai répondit avec un léger sourire : « Wanqing est ma femme. Si elle était encore en vie, aurait-elle ignoré cette affaire ? »
« Hein ? » Sima Changkong eut un léger sursaut.
« Wanqing ne l’aurait pas laissée tomber. En tant que mari de Wanqing, j’ai le devoir de l’aider à réaliser son dernier souhait », affirma Gu Hai en secouant la tête.
« Très bien. » Sima Changkong laissa échapper un léger soupir.
Le groupe arriva bientôt à la Ville de la Répression du Sud. Sima Changkong alla alors convaincre le Prince Shenwu de coopérer avec Gu Hai.
——
À la résidence de Long Wanyu :
Long Wanyu observait une bassine posée devant elle.
« Fantôme démoniaque, ton réseau rituel est vraiment pratique. Il peut même surveiller la résidence de Gu Hai ? Heureusement qu’il n’était pas là ces derniers jours : j’ai pu y installer le réseau rituel de transmission. Il est rentré aujourd’hui. Ha ha ! » Long Wanyu contempla avec excitation l’image dans la bassine.
« Bien sûr. Combien de gens dans ce monde en savent autant que moi ? » répondit le fantôme démoniaque depuis le corps de Long Wanyu.
« Humph ! Cette fois, je vais faire payer à ce grand méchant Gu Hai. Il ne s’attendra jamais à ce que j’aie creusé un piège au Poivre céleste dans sa résidence. Il va souffrir de cette épice ! » Une lueur d’excitation passa dans les yeux de Long Wanyu.
« Dès que le Poivre céleste touchera son corps, ses yeux rougiront et il n’arrêtera pas de pleurer. Mais ce piège n’est-il pas un peu trop élémentaire ? Le faire pleurer, c’est tout ? J’en connais un bien plus redoutable, qui pourrait estropier Gu Hai », tenta le fantôme démoniaque.
« Je veux le Poivre céleste. Ce sera le Poivre céleste. Il m’a fait pleurer plusieurs fois, alors je vais le faire pleurer à son tour. Après, j’irai me moquer de lui. Arrête tes bêtises. Ma farce ne te regarde pas », lança Long Wanyu en lui jetant un regard noir.
Le fantôme démoniaque : « … »
C’est moi qui t’ai aidée à trouver ce plan, tout de même ! Et c’est moi qui t’ai appris à installer le réseau rituel de transmission et à préparer le piège au Poivre céleste !
« Gu Hai est rentré ! Ha ha ha ! Dès qu’il entrera dans la cour arrière, il sera fichu ! » s’exclama Long Wanyu.
Elle contempla la bassine avec impatience.
À cet instant, Gu Hai avait invité le Vénérable Liu Nian.
« Qu’est-ce que ce vieux moine chauve, Liu Nian, fait là ? » fronça les sourcils Long Wanyu.
« Ils discutent peut-être de quelque chose ? » suggéra le fantôme démoniaque.
« Fais-moi entendre. Comment augmente-t-on le volume de ton fichu réseau rituel ? » demanda Long Wanyu.
Le fantôme démoniaque : « … »
Après quelques ajustements, Long Wanyu put entendre la conversation de l’autre côté.
Gu Hai discuta un moment avec le Vénérable Liu Nian dans l’image.
——
« Quoi ? Ce que vous dites est vrai ? L’âme céleste et l’âme terrestre de Long Xiaoyue ? » s’exclama le Vénérable Liu Nian.
« En effet. J’ignore comment cela va se terminer, mais il y a au moins un peu d’espoir, n’est-ce pas ? » sourit Gu Hai.
« Bien, bien ! Gu Hai, donnez-moi l’autre graine d’âme. Je vous accompagnerai. Nous partirons chercher les deux âmes spirituelles de Xiaoyue. J’irai jusqu’en enfer pour retrouver les deux âmes spirituelles de Long Xiaoyue ! » s’exclama le Vénérable Liu Nian.
« Je vous remercie de votre aide, Vénérable. » Gu Hai sourit.
« Il n’y a vraiment pas de quoi ! » répondit le Vénérable Liu Nian avec enthousiasme.
« Nous devons nous préparer avant de partir chercher les deux âmes spirituelles de Long Xiaoyue. Sima Changkong est allé voir le Commandant suprême. Espérons que l’armée nous prêtera main-forte. Nous n’aurons qu’une seule chance », déclara gravement Gu Hai.
——
De retour à la résidence de Long Wanyu :
Long Wanyu sentit son esprit bourdonner.
« Le Vénérable Liu Nian est là aussi. On les ferait tomber tous les deux dans le piège ? » ricana le fantôme démoniaque.
Long Wanyu ne lui répondit pas. Son enthousiasme initial s’était dissipé et elle affichait maintenant un air hébété. « Ils parlent de ma mère ? Ils parlent des âmes de ma mère ? »
« Mais Long Xiaoyue est morte, non ? » demanda le fantôme démoniaque, perplexe.
« Tais-toi. Je veux ma mère. Maman ? Est-ce qu’elle peut revenir à la vie ? Je veux ma mère ! Ils vont la chercher ? Moi aussi, je veux y aller ! Je veux y aller ! » Long Wanyu s’emporta de nouveau.
Bang !
Long Wanyu ouvrit les portes à grands coups de pied et partit en courant.
« Princesse ! » saluèrent aussitôt plusieurs subordonnés.
« Poussez-vous ! Ne me barrez pas la route ! » Long Wanyu en repoussa un d’un coup de pied et sortit en courant.
Le subordonné ainsi frappé en resta sans voix.
Long Wanyu sortit et arrêta un char tiré par une grue immortelle. Puis elle en délogea le général d’un coup de pied.
« Allez ! À la résidence de Gu Hai ! À la résidence de Gu Hai ! » cria Long Wanyu à la grue immortelle.
Coucou !
La grue immortelle emporta Long Wanyu dans les airs.
Le malheureux général, éjecté de son char alors qu’il passait près de la résidence de Long Wanyu, se releva et rugit de colère : « Quelle audace ! Qui a osé me donner un coup de pied ? Qu’il se montre s’il en a le courage ! Je le défie en duel ! »
Après avoir crié, le général vit que le char tiré par la grue immortelle avait déjà filé au loin, avec une femme qui lui semblait familière à son bord.
À cet instant, les subordonnés de Long Wanyu partirent à sa poursuite. L’un d’eux resta toutefois en arrière. Il regarda le général et lui dit : « Général, vous ne manquez pas de courage. »
« Hein ? »
« Notre princesse adore les duels. Pourtant, tout le monde l’évite. Et voilà que vous la défiez de votre plein gré ! Quel est votre nom de famille ? De quel bataillon êtes-vous ? De quelle division ? Enfin, ne faites pas attention à moi. Je suis simplement chargé de la paperasse de la princesse. Je note aussi ce qu’elle doit faire afin de le lui rappeler. Dites-moi, où logez-vous ? La princesse viendra relever votre défi un de ces jours. »
« La princesse Wanyu ? » Le général pâlit d’effroi.
« En effet. La princesse ne refuse jamais un défi. Où logez-vous ? Quel est votre nom de famille ? »
Le général : « … »
« Ne partez pas ! Je n’ai encore rien noté. Hé, ne courez pas si vite ! Arrêtez-vous ! »
——
À la résidence de Gu Hai :
Gu Hai discutait avec le Vénérable Liu Nian de la manière d’approcher Monsieur Dongfang lorsque les portes de sa résidence s’ouvrirent brusquement.
Boum !
Quand Long Wanyu fit voler les portes d’un coup de pied, tous les visages s’assombrirent au bruit.
« Gu Hai, sors ! Gu Hai ! » hurla Long Wanyu.
L’Interprétation captivante sortit voir ce qui se passait et aperçut Long Wanyu. Son expression changea. « Encore vous ? »
L’Interprétation captivante gardait manifestement un souvenir cuisant de la fois où Long Wanyu l’avait poursuivi avec un fouet.
« Dégage, espèce de pervers ! » cria Long Wanyu en lui lançant un regard noir.
L’Interprétation captivante disparut aussitôt.
Je ne peux pas me permettre de l’offenser, mais je peux toujours l’éviter.
Comme Long Wanyu avait vu où se trouvait Gu Hai dans la bassine, elle arriva bientôt dans la salle où il se trouvait.
Bang !
Long Wanyu entra.
« Princesse ? » Le Vénérable Liu Nian la regarda, stupéfait.
« Vous allez chercher les âmes de ma mère ? Je veux venir aussi ! » s’exclama aussitôt Long Wanyu.
« Hein ? » Gu Hai haussa les sourcils. « Comment avez-vous appris ma conversation avec le Vénérable Liu Nian ? »
« Ça ne te regarde pas ! Je veux y aller. C’est ma mère ! » cria Long Wanyu.
« Non. Nous ne pouvons être que deux. J’en ai déjà discuté avec le Vénérable Liu Nian. Et comment avez-vous appris notre conversation ? » demanda Gu Hai.
« Hein ? » Le Vénérable Liu Nian leva les yeux et repéra aussitôt des pierres spirituelles sur les poutres du toit.
Gu Hai les remarqua également. Les pierres spirituelles ne dégageaient que de faibles volutes de brume. Leur couleur se confondait avec celle des poutres, ce qui les rendait difficiles à remarquer.
« Vous avez dû vous en servir pour nous espionner. La princesse l’a déjà fait autrefois. Je me demandais pourquoi elle était venue chez vous alors que vous n’y étiez pas. Alors… »
« Un dispositif de surveillance ? » Gu Hai fut légèrement surpris et lança un regard froid à Long Wanyu.
« Ça n’a rien à voir avec moi. Gu Hai, où sont les âmes de ma mère ? Dis-le-moi ! » demanda Long Wanqing avec inquiétude.
« Désolé. Vous feriez mieux de ne pas vous mêler de cette affaire. Nous ne pouvons être que deux. J’en ai déjà discuté avec le Vénérable Liu Nian. Attendez simplement de nos nouvelles. » Gu Hai secoua la tête.
Long Wanyu se rappela soudain quelque chose et s’écria : « Une graine d’âme ? C’est quoi, cette graine d’âme dont vous parliez ? »
Elle remarqua alors deux graines noires sur la table.
« C’est ça ? Je peux retrouver ma mère avec ? J’en veux une ! J’en veux une ! » Long Wanyu se précipita.
Gu Hai fronça les sourcils, puis bondit vers les graines d’âme. C’était une occasion rare. Il ne pouvait pas laisser Long Wanyu tout gâcher.
Ils se ruèrent tous deux vers les graines d’âme en même temps.
Long Wanyu courut de toutes ses forces. Mais Gu Hai était un peu plus près. De plus, sa puissance explosive était stupéfiante : il ramassa les deux graines d’âme en un instant.
Long Wanyu eut beau se précipiter de toutes ses forces, elle ne parvint pas à saisir les graines d’âme. Mais il était trop tard pour freiner. Elle heurta la table et bascula dans la cour arrière.
« Oh non ! » s’écria soudain le fantôme démoniaque. Mais seule Long Wanyu pouvait l’entendre.
Bang !
La table s’envola avec Long Wanyu ; toutes deux retombèrent dans la cour arrière.
Boum !
Soudain, une grande fosse apparut dans la cour arrière. Long Wanyu y était tombée.
La fosse était tout à fait ordinaire, à ceci près qu’une faible aura rouge s’en dégageait et pénétra aussitôt dans le nez de Long Wanyu. Les autres ne la virent pas.
« Oh ? Elle a même creusé un trou dans ma cour arrière. Mais à quoi bon ? Il n’y a rien dedans. Il ne fait qu’un mètre de profondeur. Qu’est-ce qu’elle cherchait ? » s’étonna Gu Hai.
« C’est fini. Le Poivre céleste ! Tu as inhalé le Poivre céleste ! » s’écria le fantôme démoniaque, horrifié.
À l’instant où le Poivre céleste pénétra dans le nez de Long Wanyu, ses yeux rougirent.
« Bouhou ! Bouhou ! Bouhou ! Bouhou ! Aaaah ! Aaaah ! Aaaah ! Aaaah ! Gu Hai, je veux la graine d’âme ! Je veux retrouver ma mère ! Je veux retrouver ma mère ! »
Les yeux larmoyants de Long Wanyu s’injectèrent aussitôt de sang tandis que ses larmes coulaient sans retenue. Des larmes de désespoir ruisselaient sur son visage douloureux et accablé de chagrin.
En voyant Long Wanyu pleurer ainsi, Gu Hai se figea.
Elle pleure avec tant de chagrin ?
Gu Hai sentit la culpabilité l’envahir.
Wanyu m’avait demandé de prendre soin de Long Wanyu, et pourtant, je n’avais cessé de la malmener. N’étais-je pas allé trop loin ?