Chapitre 226
Livre 3 : Chapitre 48 : Expiation
« Encore un peu… juste un peu plus ? » Le désespoir se peignit sur le visage de Yun Mo lorsqu’il vit qu’il ne parvenait plus à maîtriser l’Interprétation captivante.
Boum ! Boum ! Boum !
Les différentes statues de bronze qui s’étaient écrasées au sol sortirent des énormes cratères qu’elles avaient creusés et se précipitèrent vers la place herbeuse.
Pourtant, celles qui se trouvaient en tête s’immobilisèrent soudain. Elles restèrent suspendues dans les airs, sans bouger. Leurs expressions féroces se muèrent en épouvante.
Frouf ! Frouf !
D’autres statues de bronze arrivèrent, désireuses de s’emparer de l’âme de l’Interprétation captivante. Comme les précédentes, elles s’arrêtèrent brusquement en plein vol et la contemplèrent, sidérées et horrifiées.
L’Interprétation captivante, assise en tailleur, ouvrit soudain les yeux. Une féroce lueur électrique violette y brillait.
Soudain, l’Interprétation captivante afficha un sourire sinistre en contemplant les statues de bronze qui recouvraient le ciel.
« Encore un peu. Vous pourrez achever la fusion quand j’aurai fini. Laissez-moi d’abord terminer ! » s’écria Yun Mo avec anxiété.
« Hein ? Dégage ! » ricana l’Interprétation captivante.
Bzzz !
Boum !
L’Interprétation captivante envoya Yun Mo valser dans les airs.
« Jeune Seigneur du manoir ! » crièrent les disciples du Manoir de la Montagne de la Lune d’argent en se précipitant vers lui.
L’Interprétation captivante ignora Yun Mo et leva plutôt les yeux vers les statues de bronze qui emplissaient le ciel.
« Vous vous êtes bien amusées à me pourchasser tout à l’heure, pas vrai ? » lança l’Interprétation captivante avec un sourire sinistre.
Les statues de bronze semblèrent comprendre ce qui se tramait. Elles se retournèrent, épouvantées, et s’éparpillèrent dans toutes les directions, fuyant aux quatre coins de cette mer.
« Vous essayez de fuir ? Maintenant, vous voulez fuir ? Hahahaha ! Vous êtes toutes des fées que j’ai créées. Allez au diable ! Vous vous êtes enhardies ? Vous avez voulu me dévorer ? Et maintenant, vous fuyez ? Voyons un peu comment vous comptez vous enfuir. C’est moi qui vous ai toutes créées. Des fils reliés à vos âmes sont entre mes mains. Voyons comment vous allez vous échapper ! » déclara froidement l’Interprétation captivante.
Puis, l’Interprétation captivante agita la main.
Boum !
De nombreux fils transparents reliés aux statues de bronze apparurent soudain dans sa main. Elle tira violemment dessus, et toutes les statues en fuite s’immobilisèrent dans les airs.
« Vous m’avez pourchassé ? Vous avez osé me pourchasser ! Allez vous faire foutre ! Vous cherchez la mort ! » rugit l’Interprétation captivante.
Ses doigts s’agitèrent sans relâche, faisant s’entrechoquer les statues de bronze suspendues dans les airs.
Clang !
Les têtes de deux statues de bronze se heurtèrent.
Clang ! Clang ! Clang ! Clang !
Le ciel résonna du fracas des têtes métalliques qui s’entrechoquaient. Leurs puissantes détonations retentirent dans toute la mer de la Lune d’argent, pareilles à des cloches.
« Bon sang ! Je viens de m’en souvenir. Vous ne sentez pas la douleur. Sortez ! » cria l’Interprétation captivante.
Puis elle tira de toutes ses forces.
Frouf !
Les statues de bronze tombèrent aussitôt du ciel. Au bout des fils transparents apparurent soudain de petites fées azurées, de la taille d’un pouce, que les fils tiraient à leur suite.
Bzzz ! Bzzz ! Bzzz !
Les nombreuses fées regardèrent l’Interprétation captivante d’un air pitoyable.
« Allez vous faire foutre ! Pourquoi vous ne preniez pas cet air-là quand vous vouliez me dévorer ? Allez vous faire foutre ! Dans ma bouche ! Ha ! » rugit l’Interprétation captivante, furieuse.
Elle aspira avec force, et un million de fées s’envolèrent aussitôt vers sa bouche. En un instant, elles y furent toutes englouties.
Floc ! Floc !
Privées de leurs fées, les statues de bronze des environs tombèrent aussitôt dans la mer.
Tous les cultivateurs qui se trouvaient là contemplèrent l’Interprétation captivante, stupéfaits.
Elle avait pris vie ?
« C’est donc ça, l’Interprétation captivante, la cithare céleste ? C’est un être vivant ? » s’exclamèrent d’innombrables cultivateurs, ébahis.
« Interprétation captivante ! » lança froidement Gu Hai derrière elle.
L’Interprétation captivante lui tournait le dos. Son expression se figea soudain.
Elle se prit brusquement la tête et s’écria : « Aïe ! J’ai mal à la tête ! J’ai mal à la tête. C’est fini ! C’est fini. La fusion de mon âme et de mon corps a mal tourné. Je ne me souviens plus du passé ! Je ne me souviens plus du passé ! »
Se tenant la tête, l’Interprétation captivante s’effondra au sol, en proie à la douleur.
Les joueurs de cithare ligotés la regardèrent, perplexes.
N’avait-elle pas été si puissante et impressionnante un instant plus tôt ? Pourquoi s’écroulait-elle soudain en se tenant la tête ?
Gu Hai, surpris, s’approcha, inquiet.
« Interprétation captivante, qu’est-ce qui vous arrive ? Vous allez bien ? » Gu Hai l’aida à se relever.
Elle continua de se tenir la tête et sembla reprendre lentement ses esprits. Puis, elle leva vers Gu Hai un regard faible.
« Qui êtes-vous ? Je ne me souviens pas de vous. Qui êtes-vous ? » demanda-t-elle d’un air confus en le regardant.
« Vous ne vous souvenez pas de moi ? » Le visage de Gu Hai s’assombrit.
« Oh ! Je me rappelle. Vous m’inspirez un sentiment d’intimité. Je sens que votre sang coule dans mes veines ? » L’Interprétation captivante regarda Gu Hai comme si elle se souvenait de quelque chose.
« Tant mieux. C’est bien que vous le sentiez », dit sérieusement Gu Hai.
« Je me sens très proche de vous, très intime. Vous devez beaucoup compter pour moi, pas vrai ? » L’Interprétation captivante le regarda soudain avec espoir.
« Peut-être. » Gu Hai fronça les sourcils, pressentant que quelque chose clochait.
« Vous êtes si bon avec moi, et votre sang coule dans mes veines. Alors… vous devez être mon père, pas vrai ? Père ! » s’écria soudain l’Interprétation captivante, ravie, en voulant se jeter dans les bras de Gu Hai.
Clac !
Gu Hai lui donna une gifle.
« Père, pourquoi m’avez-vous frappée ? » L’Interprétation captivante se tint la joue, au bord des larmes.
Gu Hai répondit d’un air sombre : « Vous avez vraiment tout oublié ? Je devrais peut-être reconstruire votre personnalité, alors. »
L’expression de l’Interprétation captivante changea. Elle prit aussitôt un air d’une gravité extrême. « Maître, donnez-moi vos ordres. L’Interprétation captivante les exécutera ! »
Long Wanqing : « … »
Vénérable Liu Nian : « … »
Shangguan Hen : « … »
C’était donc ça, l’Interprétation captivante ? Quelle personnalité éhontée !
Elle avait prétendu avoir perdu la mémoire et tenté de se faire passer pour un membre de la famille de Gu Hai. C’était d’un sans-gêne incroyable. Et la dignité, alors ?
Gu Hai aussi avait le visage assombri.
« Très bien. Déliez-les de l’emprise de la conception artistique de la Voie de la musique », ordonna Gu Hai après un moment de silence.
« Bien, Maître ! » répondit l’Interprétation captivante avec sérieux.
Puis, elle agita la main.
Frouf !
La conception artistique de la Voie de la musique cessa aussitôt d’entraver les joueurs de cithare, qui retrouvèrent leur liberté.
Frouf !
Dès qu’ils furent libérés, les nombreux joueurs de cithare mobilisèrent leur énergie pour se protéger et dégainèrent leurs armes.
« Yun Mo, Manoir de la Montagne de la Lune d’argent, quelle machination ! L’amitié entre ma secte et votre Manoir de la Montagne de la Lune d’argent s’arrête ici ! »
« Manoir de la Montagne de la Lune d’argent, mon maître viendra vous demander des comptes ! »
« Manoir de la Montagne de la Lune d’argent ? Pff ! »
Les joueurs de cithare se mirent à invectiver avec rage le Manoir de la Montagne de la Lune d’argent.
Une fois libérée, Fée Waner se hâta de s’écarter et lança un regard furieux à Yun Mo, tout près.
« C’est fini ! C’est fini ! Hahaha ! » dit amèrement Yun Mo.
« Monseigneur ! » Un groupe de joueurs de cithare se précipita vers Sima Changkong, qui tressaillait encore.
« Yun Mo, comment avez-vous osé attaquer un fonctionnaire de la cour céleste ? Votre Manoir de la Montagne de la Lune d’argent se rebelle-t-il ?! » cria l’un des joueurs de cithare, furieux.
Yun Mo voulut répliquer.
« À genoux ! » retentit soudain une voix.
C’était le triple esprit du Seigneur du manoir. Libéré de ses entraves, il pouvait de nouveau parler. À présent, ses trois esprits n’étaient plus transparents et émettaient une lueur verte scintillante.
« Sei… Seigneur du manoir ? » Yun Mo le regarda, stupéfait.
Les trois esprits se superposèrent, et le Seigneur du manoir apparut, les yeux rivés sur Yun Mo.
Le visage de Yun Mo se raidit, puis il s’agenouilla lentement.
Les joueurs de cithare et les cultivateurs arrivés de l’extérieur regardèrent froidement le Seigneur du manoir.
Jusqu’alors, le Seigneur du manoir jouissait d’un grand prestige. Mais désormais, personne ne respectait plus ni lui ni le Manoir de la Montagne de la Lune d’argent. Pourtant, nul ne fit de scandale : tous fixaient le jeune Seigneur du manoir.
Le Seigneur du manoir se tourna vers eux, puis ses esprits s’agenouillèrent brusquement devant tous.
« Seigneur du manoir ! » s’exclamèrent les disciples du Manoir de la Montagne de la Lune d’argent.
Le Seigneur du manoir continua pourtant de s’agenouiller devant les joueurs de cithare.
« Mes amis, je n’ai pas su éduquer la génération suivante. Je vous prie de m’excuser. » Puis le Seigneur du manoir se prosterna devant eux.
« Ah ? Seigneur du manoir, ne faites pas ça ! » s’exclamèrent les disciples du Manoir de la Montagne de la Lune d’argent.
« Seigneur du manoir, vous ne pouvez pas faire ça ! » cria également Yun Mo.
Le Seigneur du manoir avait un esprit indomptable ; jamais de sa vie il ne s’était soumis à qui que ce soit. Même à l’arrivée de l’Empereur céleste Qian, il ne s’était pas agenouillé pour le saluer.
Le Seigneur du manoir avait toujours suivi une voie droite et s’était tenu debout, sans jamais courber l’échine devant personne.
Même lorsque le duc Lu Yang était venu, il l’avait traité en égal.
Au Manoir de la Montagne de la Lune d’argent, les étrangers s’inclinaient en le voyant. Quand l’avait-on vu s’incliner devant quelqu’un ? Et encore moins s’agenouiller ?
Les joueurs de cithare des environs froncèrent les sourcils. Leurs regards froids de tout à l’heure les mettaient maintenant un peu mal à l’aise.
« Seigneur du manoir, vous n’avez pas à faire ça. Ce n’est pas votre faute », dit Vénérable Liu Nian avec un sourire amer.
Les autres ne dirent rien, mais certains semblaient déjà incapables de supporter de voir le Seigneur du manoir agir ainsi.
Cet homme avait été quelqu’un qu’ils respectaient et admiraient. À présent, il s’agenouillait devant eux et implorait leur pardon.
« Je suis incapable. Je n’ai pas su empêcher le Manoir de la Montagne de la Lune d’argent de commettre cette atrocité et de vous causer des ennuis. Vous méritez tous ces excuses. Vous avez failli mourir à cause du Manoir de la Montagne de la Lune d’argent. Que vaut mon agenouillement en comparaison ? » dirent amèrement les esprits du Seigneur du manoir.
« Seigneur du manoir ! » Les disciples du Manoir de la Montagne de la Lune d’argent s’agenouillèrent soudain à leur tour et se mirent à pleurer.
« Seigneur du manoir, vous n’y êtes pour rien. Tout est ma faute ! Tout est ma faute ! Relevez-vous. Personne ne peut vous faire courber l’échine, personne ne le pourra jamais. Vous ne vous êtes même pas agenouillé quand l’Empereur céleste Qian vous a rendu visite. Yun Mo reconnaît ses torts ! J’ai eu tort. J’ai gravement fauté. Tout est ma faute ! » Yun Mo s’avança en pleurant, avançant à genoux.
« Les fautes d’un disciple sont celles de son maître. Vos fautes sont les miennes. Les fautes du Manoir de la Montagne de la Lune d’argent sont les miennes. » Le Seigneur du manoir secoua la tête.
« Je vous en prie, pardonnez-nous. Je présente mes excuses à tous au nom du Manoir de la Montagne de la Lune d’argent. Je n’ai pas su bien les éduquer et je vous ai causé des ennuis », dit le Seigneur du manoir en se prosternant de nouveau.
Les joueurs de cithare froncèrent les sourcils, l’air quelque peu amer.
« Seigneur du manoir, n’en parlons plus. Vous m’avez autrefois donné des conseils. Je ferai comme si rien ne s’était passé aujourd’hui. »
« Seigneur du manoir, relevez-vous, je vous en prie. Vous avez offert une cithare à mon maître. Ce n’est pas la peine. Je ferai comme si rien ne s’était passé. »
« Seigneur du manoir, je ne tiendrai pas le Manoir de la Montagne de la Lune d’argent pour responsable. Veillez simplement à les remettre dans le droit chemin à l’avenir. »
Les graines de bonté semées jadis par le Seigneur du manoir germèrent enfin, et leurs effets se firent sentir. Les différents joueurs de cithare soupirèrent, puis finirent par pardonner au Manoir de la Montagne de la Lune d’argent.
Le Seigneur du manoir occupait toujours une place importante dans le cœur des cultivateurs de la Voie de la musique. Quand un personnage aussi éminent s’agenouillait et se prosternait pour implorer leur pardon, leur ressentiment s’évanouissait, aussi profond fût-il.
« Merci ! Merci ! » dit le Seigneur du manoir en se prosternant.
« Seigneur du manoir, j’ai eu tort ! J’ai eu tort ! » pleura Yun Mo, agenouillé devant lui, sans oser relever la tête.
Yun Mo connaissait le caractère du Seigneur du manoir. Celui-ci chérissait sa fierté et avait toujours fait preuve de bonté et de vertu envers les autres. Il aurait préféré mourir plutôt que de manger une plante qui prolongeait la vie. Il était obstiné parce que sa droiture était profondément enracinée.
À présent, les frasques de Yun Mo avaient réduit à néant tous les efforts du Seigneur du manoir, alors que celui-ci était sur le point de mourir. Pire encore, il l’avait contraint à s’agenouiller et à se prosterner devant ces gens, dont certains lui inspiraient du mépris.
Si Yun Mo méprisait ces gens, le caractère du Seigneur du manoir ne pouvait que l’empêcher de les estimer. Pourtant, il s’était prosterné devant eux et avait imploré leur pardon pour expier les fautes de Yun Mo.
Yun Mo pleurait à chaudes larmes. Non seulement il n’avait pas aidé le Seigneur du manoir, mais il l’avait poussé à subir une telle humiliation.
Les disciples du Manoir de la Montagne de la Lune d’argent pleuraient eux aussi, agenouillés au sol sans bouger.
Le Seigneur du manoir se releva et tapota la tête de Yun Mo. Il lui adressa un sourire bienveillant et dit : « Ce n’est rien. Yun Mo, si tu survis à cette épreuve et que tu grandis, mon agenouillement en aura valu la peine. Souviens-toi de ce que disait Maître Yinyue autrefois. Si tu veux fabriquer des cithares, commence par être un homme. En toute chose, tu dois d’abord apprendre à être quelqu’un de bien. »
« Snif ! Snif ! Snif ! Snif ! Snif ! J’ai compris. Seigneur du manoir, j’ai eu tort. Je vous ai forcé à vous agenouiller devant les autres », pleura Yun Mo, dévasté.
« À genoux ? Hahaha ! Peu importe. Je me suis agenouillé devant le portrait du fondateur, Maître Yinyue, et devant mon maître. Je ne m’étais simplement jamais agenouillé devant des étrangers. Mais ce n’est pas bien grave. Ce ne sont que des genoux posés à terre. Ne sois pas triste. Prends soin de toi à l’avenir. Ne ternis plus la réputation du Manoir de la Montagne de la Lune d’argent. » Le Seigneur du manoir lui sourit avec bienveillance.
« Oui ! Yun Mo jure de ne plus jamais commettre d’acte immoral. Plus jamais ! Snif ! Snif ! Snif ! Snif ! » pleura Yun Mo.
Le Seigneur du manoir acquiesça avec un léger sourire. Puis il tourna la tête vers Sima Changkong.
Les joueurs de cithare présents regardaient le Seigneur du manoir avec des expressions mitigées, sans savoir s’ils devaient lui pardonner ou non. Sima Changkong tressaillait encore. De simples excuses suffiraient-elles ?
Les esprits du Seigneur du manoir s’approchèrent lentement.
« Monsieur Sima, le Manoir de la Montagne de la Lune d’argent vous a fait du tort. Ce vieil homme est incapable et n’a rien pu faire aujourd’hui. Vos trois esprits ont été blessés. Je vais vous donner mon âme céleste et mon âme mortelle pour les nourrir et réparer le mal que vous avez subi », dit le Seigneur du manoir avec un soupir.
« Ah ? Quoi ?! » s’exclamèrent les personnes alentour.
« Seigneur du manoir, ne faites pas ça ! » cria Yun Mo, horrifié, en relevant vivement la tête.
Bzzz !
Les esprits du Seigneur du manoir se séparèrent en trois. Deux d’entre eux semblaient hébétés, et des tourbillons paraissaient tourbillonner au-dessus de leur tête. Seul le troisième avait l’air lucide.
« J’ai retiré ma marque de mon âme céleste et de mon âme mortelle. Elles ne sont plus que de l’Énergie de l’Âme ordinaire. J’y ajoute ma conception artistique de la Voie de la musique. J’espère que cela pourra réparer le tort que vous avez subi », dit le troisième esprit.
Bzzz !
L’âme céleste et l’âme mortelle pénétrèrent soudain dans le corps de Sima Changkong. Les joueurs de cithare à côté ne les en empêchèrent pas et se contentèrent de regarder le Seigneur du manoir avec des expressions mitigées.
« Sima Changkong a tiré profit de ce désastre ! »
« Quelle est la puissance de la conception artistique de la Voie de la musique du Seigneur du manoir ? Même en n’en absorbant que dix pour cent, on en tirerait d’immenses bénéfices. »
« Le Seigneur du manoir est capable de créer des fées ! »
Les joueurs de cithare alentour les envièrent.
Bzzz !
Sima Changkong trembla légèrement, puis s’apaisa. L’âme céleste et l’âme mortelle du Seigneur du manoir semblaient l’avoir grandement nourri, lui permettant de se remettre de toutes les blessures de ses esprits.
Sima Changkong ouvrit lentement les yeux et regarda le Seigneur du manoir avec perplexité. Bientôt, il comprit.
Il eut un sourire amer et dit : « Seigneur du manoir, vous n’auriez pas dû faire ça. Changkong vous remercie sincèrement pour ce don ! »
Le Seigneur du manoir hocha la tête. Le dernier esprit terrestre regarda faiblement Gu Hai.
« Monsieur Gu, je ne m’étais pas trompé sur vous. Vous avez réussi à l’emporter sur tant de joueurs de cithare », dit le Seigneur du manoir en souriant à Gu Hai.
« J’ai simplement eu de la chance. » Gu Hai eut un sourire amer.
« Le vainqueur est le vainqueur. Monsieur Gu est trop modeste. Je vous remercie pour tout à l’heure. Sans vous, Yun Mo aurait commis une faute grave », dit amèrement le Seigneur du manoir.
À côté, Fée Waner fit la moue.
Gu Hai eut un sourire amer, sans savoir quoi répondre.
Après avoir regardé tout le monde, le Seigneur du manoir se tourna de nouveau vers Yun Mo et les disciples du Manoir de la Montagne de la Lune d’argent.
« Je vais bientôt partir. À l’avenir, écoutez Yun Mo », dit le Seigneur du manoir, à regret.
« Seigneur du manoir ! Snif ! Snif ! Snif ! Snif ! Snif ! » Les disciples du Manoir de la Montagne de la Lune d’argent pleuraient à genoux.
« Yun Mo, prends soin de toi. Je veillerai sur toi depuis le ciel. Haha ! Le ciel ? Je ne peux plus y monter. Je n’ai plus d’âme céleste. Mais il me reste une âme terrestre, et je pourrai me réincarner. Peut-être qu’un jour, je renaîtrai en joueur de cithare et trouverai une cithare guqin qui me convienne. J’espère vraiment revoir le Manoir de la Montagne de la Lune d’argent à ce moment-là. J’espère que tu me forgeras une guqin. Yun Mo, je te confie le Manoir de la Montagne de la Lune d’argent. Sauras-tu fabriquer une guqin qui me donnera envie de revenir au Manoir de la Montagne de la Lune d’argent ? » Le Seigneur du manoir lui sourit avec bienveillance en lui tapotant la tête.
« Oui, j’en suis capable. Je le ferai. Seigneur du manoir, je vous fabriquerai la meilleure cithare qui soit. Je vous forgerai à coup sûr une cithare de rang céleste. Seigneur du manoir, Yun Mo vous a déçu. Snif ! Snif ! Snif ! Snif ! Snif ! » Yun Mo pleura à chaudes larmes, agenouillé au sol.
« Imbécile ! » Le Seigneur du manoir eut un léger sourire.
Puis, l’âme terrestre du Seigneur du manoir s’évanouit lentement sous les yeux de tous.
« Seigneur du manoir ! Snif ! Snif ! Snif ! Snif ! Snif ! Snif ! Snif ! » Les disciples du Manoir de la Montagne de la Lune d’argent pleurèrent tous, agenouillés sur la place.