Chapitre 186
Livre 3, chapitre 11 : Dispute au Pavillon de la Cithare
Dépenser de l’argent pour un subordonné du Royaume acquis ? Mille pierres spirituelles de qualité supérieure ?
Ces deux idées, quelle que soit la façon de les associer, sonnaient étrangement. Mu Chenfeng n’était pas le seul à le penser : depuis deux jours, ses subordonnés étaient tout aussi stupéfaits.
Au départ, les disciples de la Division du Bois étaient plutôt réticents à l’idée de garder un groupe de cultivateurs du Royaume acquis. Après tout, lorsqu’ils sortaient, ils devaient forcément dépenser un peu d’argent, quelle que soit la situation.
Pourtant, quand les fonctionnaires de la dynastie céleste Han quittèrent la Résidence secondaire Xiaoyue, les disciples de la Division du Bois comprirent enfin ce que signifiait le mot « prodigue ».
Au début, ils s’étaient demandé s’ils iraient à pied ou s’ils prendraient un carrosse tiré par une grue immortelle.
Mais ils cessèrent d’y réfléchir dès qu’un fonctionnaire de la dynastie céleste Han prit la parole.
« Combien coûte la location d’un carrosse tiré par une grue immortelle pour une journée ?
— Une pierre spirituelle de qualité moyenne.
— Quoi ?! C’est si bon marché ! Réservez-m’en cinquante pour deux jours !
— Hein ?
— Cinquante carrosses tirés par des grues immortelles pour deux jours, ça ne coûte qu’une pierre spirituelle de qualité supérieure ? C’est vraiment donné !
——
« Oh ? C’est une épée ?
— C’est une épée gravée d’un réseau rituel de flammes. Elle est très puissante. Regardez ! Quand vous la maniez, une lueur flamboyante apparaît.
— Combien ?
— Une pierre spirituelle de qualité moyenne.
— Quoi ? C’est si bon marché ? Sortez-moi un exemplaire de chaque type d’épée que vous avez en boutique. On prend tout !
— Ah ?
— Une pierre spirituelle de qualité moyenne pièce. C’est vraiment donné !
——
« Combien coûte cette pilule médicinale ?
— C’est une pilule pour soigner les blessures. Elle coûte une pierre spirituelle de qualité moyenne. Non, comme c’est la première fois que ce client vient ici, je vous accorde dix pour cent de réduction. Quatre-vingt-dix pierres spirituelles de qualité inférieure pièce.
— Quoi ? Une pilule médicinale aussi efficace ne coûte que si peu ? Donnez-m’en cinq cents pour commencer. À l’avenir, si nous tombons malades, il nous suffira d’en prendre une pour guérir. C’est formidable !
— Hein ?
— Oh, c’est vrai. Donnez-nous aussi cinq cents de ces pilules médicinales pour les cultivateurs du Royaume acquis, là-bas. Elles ne coûtent vraiment pas cher !
——
Les disciples de la Division du Bois comprirent enfin pourquoi les fonctionnaires de la dynastie céleste Han avaient loué cinquante carrosses tirés par des grues immortelles d’un seul coup : ils s’en servaient pour transporter leurs achats. Ces gens étaient de véritables flambeurs. D’où leur venait tout cet argent ?
Les disciples de la Division du Bois prirent donc l’initiative de nouer de bonnes relations avec les fonctionnaires de la dynastie céleste Han. Ceux-ci se montraient également très polis et généreux ; il leur arrivait d’acheter des choses aux disciples de la Division du Bois, ce qui renforça considérablement leurs liens.
Mais ce groupe provoqua un véritable remue-ménage.
Les boutiques avaient déjà vu des groupes faire de gros achats. Mais qui avait jamais vu des cultivateurs du Royaume acquis dépenser avec autant d’insouciance ?
Parfois, ces cultivateurs du Royaume acquis n’avaient même pas le réflexe de prendre un couteau en entrant dans une boutique. Ils avaient pourtant de l’argent et achetaient aussitôt les articles sans sourciller. Ils avaient cependant une requête : ils demandaient à chaque propriétaire de leur montrer les comptes de sa boutique.
*Je ne marchande pas et j’ai acheté beaucoup de choses. Me laisser jeter un œil à vos comptes, ce n’est pas grand-chose, non ?*
De nombreuses boutiques leur remirent aussitôt leurs comptes, mais certaines refusèrent.
Tant pis si elles refusaient ; dans ce cas, ils n’achèteraient rien.
Le groupe insolite devint ainsi l’une des curiosités du quartier commerçant.
Tout au long du trajet, les fonctionnaires de la dynastie céleste Han ouvrirent la voie à coups d’argent. Pareils à des dieux de la fortune, ils dépensaient leurs pierres spirituelles comme de l’eau. Tous les commerçants appréciaient les clients de leur genre. Cela continua jusqu’à leur arrivée au Pavillon de la Cithare numéro un au monde.
Au départ, tout s’était passé sans accroc pour cette bande de fonctionnaires prodigues. Mais au Pavillon de la Cithare numéro un au monde, ils se retrouvèrent dans une situation désastreuse.
Les gardes du Pavillon de la Cithare numéro un au monde les avaient tous retenus.
Retenus ?
À l’autre bout de la rue, plusieurs commerçants se mirent en mouvement en apprenant la nouvelle. Ils avaient discrètement augmenté leurs prix, dans l’espoir de voir entrer ces agneaux bien engraissés.
Ils les avaient retenus ? Qu’est-ce que ça voulait dire ?
Certains commerçants ne purent rester les bras croisés et allèrent se renseigner. Mais on les chassa.
Pris au dépourvu, les fonctionnaires de la dynastie céleste Han furent capturés sur-le-champ.
Ils ne pouvaient rien faire. Leur niveau de cultivation était trop faible : ils n’étaient que du Royaume acquis. Ils n’avaient tout simplement aucun moyen de résister.
Mais les fonctionnaires étaient malins et ne perdaient pas de temps : ils renoncèrent aussitôt à résister. Dans le même temps, ils glissèrent quelques pierres spirituelles de qualité supérieure aux disciples de la Division du Bois et leur demandèrent d’aller rapidement rendre compte de la situation.
——
La nouvelle parvint alors à Gu Hai.
Quand Gu Hai, Long Wanqing, le Vénérable Liu Nian et Mu Chenfeng entendirent le rapport, leurs expressions changèrent.
« Qu’est-ce que vous regardez ? Allez ! Rassemblez des hommes. Nous allons au Pavillon de la Cithare numéro un au monde les récupérer ! » lança Long Wanqing d’un regard noir.
« Le Pavillon de la Cithare numéro un au monde ? C’est l’affaire du duc Lu Yang ! » s’exclama Mu Chenfeng, le visage bouleversé.
« J’assumerai toutes les conséquences ! Dépêchez-vous ! » cria Long Wanqing.
« Je suis désolé de vous donner cette peine, Maître de division Mu », dit Gu Hai en fronçant les sourcils.
Mu Chenfeng regarda Gu Hai. Dans d’autres circonstances, il n’aurait pas voulu prendre un tel risque. Mais il avait toujours sur lui l’invitation à l’événement qu’il avait reçue grâce à Gu Hai. Il ne pouvait oublier une telle faveur ni refuser de lui venir en aide.
« D’accord. Je vais rassembler mes hommes sans tarder ! » répondit Mu Chenfeng en hochant la tête, les dents serrées.
Mu Chenfeng rassembla aussitôt plus de deux mille disciples de la Division du Bois. Puis ils suivirent le groupe de Gu Hai jusqu’au Pavillon de la Cithare numéro un au monde.
Gu Hai était effectivement riche et prodigue. D’un geste de la main, il fit venir vingt grands carrosses tirés par des grues immortelles, y embarqua tous les disciples de la Salle d’élite et fila droit vers le Pavillon de la Cithare numéro un au monde, avec une belle prestance.
En chemin, Mu Chenfeng lança quelques regards étranges à Gu Hai. Il se retint longtemps, mais finit par demander : « Maître de division Gu, j’ai entendu le maître de salle dire que vous aviez cultivé dans le monde des mortels et n’aviez jamais eu affaire aux pierres spirituelles. Un an à peine s’est écoulé. Comment avez-vous obtenu autant de pierres spirituelles ?
Gu Hai réfléchissait à la situation au Pavillon de la Cithare numéro un au monde et n’avait pas l’esprit à répondre en détail à Mu Chenfeng. Il se contenta donc de répondre distraitement : « Hein ? Oh, j’ai simplement fait quelques affaires et gagné un peu d’argent.
Quelques affaires ? Quel genre d’affaires pouvait rapporter autant en si peu de temps ? Il avait braqué une banque ? Est-ce qu’il y avait seulement des banques dans un endroit aussi arriéré que la Mer des Mille Îles ?
[Note du traducteur : Dans la Chine ancienne, il existait des banques, mais à une échelle bien moindre qu’aujourd’hui. À l’époque, on utilisait des pièces de métal ainsi que des lingots d’argent ou d’or comme monnaie. Certains eurent l’idée d’ouvrir des boutiques où l’on remettait des billets à ordre, échangeables à tout moment contre de la monnaie métallique. Le concept finit par se répandre, au point que certains commerces acceptèrent ces billets comme moyen de paiement. Toutefois, ils n’étaient valables que dans les boutiques où ils avaient été échangés, ou dans leurs succursales. Certaines boutiques finirent par s’associer et acceptèrent les billets des unes et des autres. Comme il s’agissait de banques privées, sans garantie de l’État, cela comportait des risques : si la banque faisait faillite, ses billets ne valaient plus rien. Mais c’était pratique, surtout pour les grosses transactions. L’or, après tout, est assez lourd.]
Mu Chenfeng resta profondément perplexe, mais ne dit rien.
Les carrosses tirés par les grues immortelles volaient très vite. Ils arrivèrent bientôt au Pavillon de la Cithare numéro un au monde.
À cet instant, de nombreuses personnes s’étaient déjà rassemblées autour du Pavillon. Des disciples de la Division du Bois se disputaient encore avec les gens du Pavillon de la Cithare numéro un au monde. Tout autour, d’innombrables cultivateurs et commerçants observaient la scène à distance.
« Le Pavillon de la Cithare numéro un au monde bafoue les règles du commerce. Comment peut-il confisquer l’argent de ses clients ? C’est digne d’une bande d’escrocs !
— Chut ! Parlez moins fort. C’est l’affaire du duc Lu Yang.
— Mais je ne peux pas leur reprocher de trouver ça étrange. Moi aussi, je trouve ça bizarre. Pourquoi ce groupe de cultivateurs du Royaume acquis a-t-il autant d’argent ?
— Pourtant, j’ai entendu dire qu’ils appartenaient à la Salle d’élite !
— Et alors ? Nous sommes dans la province de Ying, sur le territoire du duc Lu Yang !
Tandis que la foule discutait, vingt carrosses tirés par des grues immortelles s’arrêtèrent non loin. Cent personnes descendirent de chacun d’eux : deux mille cultivateurs en armes, qui fixaient le Pavillon de la Cithare numéro un au monde d’un air menaçant.
« Regardez ! Le Maître de la Salle d’élite arrive avec ses hommes !
La foule s’écarta précipitamment, stupéfaite et effrayée.
« Maître de division ! Maître de division ! Vous voilà enfin !
— Ah ! Maître de salle, vous êtes là aussi. C’est formidable. Ils ont blessé nos hommes !
Des dizaines de disciples de la Division du Bois s’exclamèrent avec anxiété.
Gu Hai et Long Wanqing marchaient en tête. Le Vénérable Liu Nian et Mu Chenfeng les suivaient de près.
Gu Hai affichait un air sombre, Long Wanqing semblait inquiète, le Vénérable Liu Nian demeurait calme et Mu Chenfeng paraissait préoccupé.
« Qu’est-ce que vous faites ? Vous cherchez des ennuis ? Si vous ne partez pas, nous vous arrêterons tous ! » cria quelqu’un à l’entrée.
« Tous nous arrêter ? Qui vous en a donné le droit ? Nous sommes les hommes de l’armée personnelle de Sa Sainte Éminence. Quel toupet ! » Long Wanqing le foudroya du regard.
« Hein ? » Le garde à l’entrée se figea en apercevant Long Wanqing.
« Dégagez ! » cria Long Wanqing.
« Le Pavillon de la Cithare numéro un au monde n’est pas un endroit où vous pouvez faire ce que bon vous semble ! » rugit le garde.
Le garde allait s’avancer quand le Vénérable Liu Nian fit voler une perle de prière bouddhique d’un mouvement du doigt.
Boum !
Le garde fut soudain projeté à l’intérieur du Pavillon de la Cithare numéro un au monde.
Long Wanqing et Gu Hai entrèrent.
« Votre Majesté ! Votre Majesté ! Nous sommes là !
— Votre Majesté, ce fonctionnaire a failli à son devoir. Ils nous ont pris toutes nos pierres spirituelles !
— Votre Majesté, ils nous ont pris toutes nos pierres spirituelles !
Un groupe de fonctionnaires de la dynastie céleste Han ligotés criait non loin de là.
Autour d’eux, des cultivateurs du Pavillon de la Cithare numéro un au monde, vêtus de jaune, tenaient des fouets et les interrogeaient.
Voyant que les fonctionnaires étaient encore en vie, Gu Hai laissa discrètement échapper le souffle qu’il retenait.
Des disciples de la Division du Bois étaient eux aussi étendus en désordre sur le sol.
« Qui vous a donné le droit de retenir les gens de ma Salle d’élite ?! » cria Long Wanqing en les foudroyant du regard.
« Alors, cette bande de voleurs appartient à la Salle d’élite ? Petite sœur Wanqing, les gens de ta Salle d’élite sont des voleurs ? » lança un rire acerbe.
« Hein ? » Tous tournèrent la tête, les sourcils levés.
Le Pavillon de la Cithare numéro un au monde avait une architecture originale, semblable aux grands centres commerciaux que Gu Hai avait vus sur Terre. Un vaste atrium s’ouvrait au centre, entouré à chaque étage de coursives circulaires. On pouvait regarder vers le bas à travers la grande ouverture au milieu de chaque étage. Les différentes zones d’exposition longeaient ces coursives.
Tous levèrent les yeux.
Ils aperçurent un jeune homme vêtu de blanc, assis sur un balcon en saillie au troisième étage. Une tasse de thé à la main, il les observait d’en haut avec un sourire glacial.
Un homme portant un sabre d’or se tenait derrière le jeune homme vêtu de blanc. À côté d’eux, on avait exposé un tas de pierres spirituelles : celles que l’on avait prises aux fonctionnaires de la dynastie céleste Han. On aurait dit que le jeune homme les avait placées là exprès pour que les gens de Long Wanqing les voient et s’emportent.
« Lu An ? » Long Wanqing haussa les sourcils.
« Jeune Maître An ? » Mu Chenfeng changea d’expression.
Le Vénérable Liu Nian plissa les yeux, tandis que le visage de Gu Hai s’assombrit.
« Petite sœur Wanqing, le monde est vraiment petit. Voilà donc que tu es venue, toi aussi, à Ville de la Lune d’argent ! Oh, ces voleurs sont des gens de ta Salle d’élite ? Ils n’en ont pas l’air. Je croyais que la Salle d’élite n’acceptait que des gens d’élite. Ce groupe n’est que du Royaume acquis. Depuis quand les critères de ta Salle d’élite sont-ils devenus si bas ? Et en plus, vous recrutez des voleurs et des bandits ? Tu veux que je m’en occupe à ta place, pour éviter qu’ils ne ternissent davantage la réputation de ta Salle d’élite ? » dit Lu An avec un sourire.
« Des voleurs ? Quelles preuves avez-vous ? Ils seraient voleurs simplement parce qu’ils ont de l’argent ? » demanda froidement Long Wanqing en fronçant les sourcils.
« C’est le Pavillon de la Cithare numéro un au monde. Si je dis que ce sont des voleurs, alors ce sont des voleurs. Et toutes leurs pierres spirituelles m’appartiennent ! » ricana Lu An.
Long Wanqing voulut répliquer, mais Gu Hai la retint.
« Inutile de discuter. Ce sont mes hommes. Je m’en occupe », dit Gu Hai avec un léger sourire.
« Mais… » Long Wanqing semblait un peu inquiète.
Gu Hai s’avança pourtant déjà.
« Le Pavillon de la Cithare numéro un au monde ? Hum. Qui est le directeur général, ici ? » demanda soudain Gu Hai.
« Oh ? Gamin, je parle à Long Wanqing. Qui es-tu, toi ? Comment oses-tu m’interrompre ? » Lu An regarda Gu Hai d’un air glacial.
« Je suis le Maître de la division de l’Eau, Gu Hai. Les voleurs capturés par le Jeune Maître An sont mes subordonnés », répondit Gu Hai avec un léger sourire.
« Humph ! Tu n’as pas la parole. Dégage ! » lança froidement Lu An.
Gu Hai l’ignora et se mit à regarder autour de lui.
« Un royaume a ses lois, une boutique ses règles. Le Pavillon de la Cithare numéro un au monde est une figure incontournable du commerce de Ville de la Lune d’argent. Allez-vous détruire votre réputation ? Ou bien le directeur général ne compte-t-il plus faire affaire à Ville de la Lune d’argent ? » Son regard finit par se poser sur un vieil homme maigre qui se tenait près de Lu An.
« Je suis le directeur général du Pavillon de la Cithare numéro un au monde, Jiang Tianyi. Ce Pavillon appartient au duc Lu Yang. Que sa réputation soit ternie ou non, ce n’est pas à un gamin immature comme toi d’en décider. Au Pavillon de la Cithare numéro un au monde, la parole du Jeune Maître An fait loi ! » Le vieil homme maigre regarda Gu Hai avec froideur, le dédain brillant dans les yeux.
« Humph ! Disciples de la Salle d’élite, entrez et ramenez nos hommes ! » rugit Long Wanqing, furieuse.
Vroum… !
Deux mille disciples de la Division du Bois se ruèrent aussitôt à l’intérieur, armes au poing, prêts à reprendre les fonctionnaires de la dynastie céleste Han.
« Maître de salle, ne vous emportez pas ! » cria Mu Chenfeng, inquiet.
Mais Long Wanqing ne prêta aucune attention à ses paroles et s’apprêta à lancer les deux mille disciples de la Division du Bois à l’assaut.
« Humph ! Dans mon Pavillon de la Cithare numéro un au monde, vous obéissez à mes règles ! » dit froidement Lu An.
Vroum… !
Soudain, une foule d’archers apparut aux étages supérieurs.
Ils avaient encoché leurs flèches et bandé leurs arcs, qu’ils pointaient sur les deux mille disciples de la Division du Bois. Plus de trois mille archers, tous le visage féroce. Il ne leur manquait qu’un ordre pour décocher leurs flèches.
« Attendez ! Attendez ! Jeune Maître An, discutons d’abord ! Disciples de la Division du Bois, rangez vos armes ! » s’écria aussitôt Mu Chenfeng.
« Lu An, tu avais tout préparé et tu nous attendais ici ? » Long Wanqing le foudroya du regard.
« Petite sœur Wanqing, qu’est-ce que je t’ai dit ? C’est mon territoire, alors tu dois obéir à mes règles. Je dois interroger ces voleurs comme il se doit pour découvrir comment ils m’ont dérobé mon argent. Quand j’aurai fini, je les remettrai aux autorités. Tu pourras aller les réclamer là-bas. Mais ils auront peut-être perdu des bras et des jambes d’ici là. À ce moment-là, ce ne sera plus mon problème. » Lu An sourit.
« Comment oses-tu ?! » rugit Long Wanqing, furieuse, en le foudroyant du regard.
« Oh ? Je ne comprends vraiment pas. Pourquoi vous souciez-vous autant de cette bande de fourmis du Royaume acquis ? » Lu An semblait perplexe.
Long Wanqing était sur le point d’exploser de rage, mais Gu Hai l’arrêta doucement.
« Jeune Maître An, ces gens sont mes subordonnés. Je dois les emmener aujourd’hui. Fixez votre prix, Jeune Maître An. Je les rachèterai et les emmènerai ! » dit Gu Hai après avoir pris une profonde inspiration.
« Votre Majesté, ce fonctionnaire mérite la mort ! » Les fonctionnaires de la dynastie céleste Han s’agenouillèrent devant Gu Hai.
Lu An fronça les sourcils en regardant Gu Hai. « Maître de la division de l’Eau de la Salle d’élite ? Ha ! Je n’avais pas remarqué que tu étais quelqu’un d’important, toi aussi. Tu es vraiment riche, hein ? Tu parles de les racheter ? Cette bande de déchets du Royaume acquis n’a même pas osé résister quand nous les avons arrêtés. Et tu veux racheter cette bande de déchets ?
« C’était sur mon ordre : ils devaient se protéger avant tout. Jeune Maître An, fixez votre prix », répondit Gu Hai.
Lu An plissa les yeux en le regardant.
Mu Chenfeng resta bouche bée.
*Ces bouseux de la Mer des Mille Îles sont-ils tous riches et prodigues ? Que tes subordonnés jettent l’argent par les fenêtres, passe encore, mais toi aussi ? Tu veux régler ça avec de l’argent face au Jeune Maître An ? Tu crois que le Jeune Maître An n’a jamais vu d’argent ?*