Chapitre 18
Livre 1, chapitre 17 : Les troubles naissent de l’inégalité, pas de la pénurie
Boum !
Un grand fracas retentit tandis que de nombreux habitants de Ville de Song enfonçaient les portes d’une autre boutique de Gu Hai, dans les rues de la ville.
« Hahaha ! D’après le décret impérial, tout le monde peut participer à la destruction de tous les commerces du Vieux Démon Gu dans la Nation Song ! »
« N’approchez pas ! C’est du vol ! »
« C’est vous qui volez ! Chiens du Vieux Démon Gu, dégagez ! »
« À moi ! Le brûle-parfum est à moi ! »
« Ce vase à fleurs raffiné est à moi ! Ne me le prenez pas ! »
« Ah ! Ne me piétinez pas ! »
« Dégagez ! Tout est à moi ! »
Une foule d’habitants ordinaires se déversa dans la boutique de Gu Hai et se rua sur les articles.
L’affaire de l’Argenterie Gu Song avait montré que les habitants qui l’avaient pillée étaient innocents. La cour royale avait même encouragé tout le monde à agir ainsi.
Innocents, malgré le pillage ?
Cette nouvelle sembla prendre des ailes et se répandit aussitôt dans toute Ville de Song.
Tous ceux qui avaient un peu de jugeote à Ville de Song pensèrent immédiatement aux richesses de l’Argenterie Gu Song. Il s’agissait d’une somme effarante. Pour la cour royale, ce n’était peut-être qu’une goutte d’eau dans l’océan. Mais pour les gens du peuple, c’était une fortune astronomique.
Ils n’avaient pas besoin de travailler ni de se fatiguer. Il leur suffisait de prendre. Ce qu’ils parviendraient à emporter leur appartiendrait. En plus, cela représenterait bien davantage que ce qu’ils pourraient gagner en plusieurs vies.
Les rapides obtiendraient quelque chose, les retardataires n’auraient rien. Devais-je y aller ou non ?
Même l’empereur nous encourageait à y aller. Allions-nous rester comme des idiots à regarder depuis chez nous ? Si nous attendions encore, il ne resterait plus rien.
Si l’empereur nous y encourageait, c’est qu’il nous l’offrait. Comment refuser un cadeau de l’empereur ?
C’était une montagne d’or. Si je pouvais en prendre, elle m’appartiendrait de plein droit. Pourquoi m’en priver ?
Nul besoin d’organisateurs ni de meneurs. Tous ceux qui avaient un peu de jugeote se précipitèrent aussitôt vers une boutique de Gu Hai. Ceux qui s’étaient retenus par scrupule moral ne purent plus rester les bras croisés en voyant leurs connaissances suivre le décret et piller.
Rrrr… !
Toute la ville devint folle. Dès qu’il s’agissait d’une boutique de Gu Hai, une foule innombrable s’y engouffrait. On aurait dit que tous les habitants de la ville s’y précipitaient.
Presque toutes les boutiques de Gu Hai fermèrent leurs portes au même moment. Mais cela ne suffit pas à freiner l’ardeur des habitants.
Et alors, si les portes étaient fermées ?
« Poussez-vous ! Poussez-vous ! Nous avons apporté des outils pour défoncer la porte ! » cria quelqu’un.
En se retournant, les gens aperçurent les gardes de Ville de Song qui transportaient des engins de siège.
« Hein ? Les gardes de la ville ? Vous ne devriez pas patrouiller dans Ville de Song ? Pourquoi venez-vous vous joindre à la fête ? » lança quelqu’un.
« Pourquoi patrouillerions-nous ? Avec une telle occasion, comment la laisser passer ? Écartez-vous. C’est un bélier, fait pour attaquer les villes. Nous l’avons sorti en douce de l’entrepôt. Allez, poussez-vous ! »
« Certainement pas ! Tss. Vous êtes si nombreux, les gardes ! Nous étions là les premiers, alors nous sommes prioritaires. Si nous vous cédons la place, il ne nous restera rien ! »
« C’est vrai. On ne va pas vous céder la place. Inutile de défoncer la porte pour nous, on s’en chargera nous-mêmes ! »
« Bande de vauriens ! Comment osez-vous ? Vous n’êtes qu’une populace dépravée. Si vous ne vous écartez pas, nous vous arrêterons tous ! » s’emportèrent les gardes.
« Comment osez-vous ?! Je travaille pour le précepteur impérial en exercice. Vous avez l’audace de m’arrêter ? »
« Je travaille pour le vice-ministre des Rites. Allez-y, arrêtez-moi ! Premier arrivé, premier servi. Si vous voulez participer au pillage, tentez votre chance ! »
« Je travaille pour le vice-ministre de la Guerre ! Tss, allez-y, essayez donc de m’arrêter ! »
Il y avait là toutes sortes de gens. Les boutiques de Gu Hai étaient autant de montagnes d’or disséminées dans la ville. Personne n’y était indifférent.
Les gens du peuple rêvaient de s’enrichir du jour au lendemain. Les innombrables serviteurs des puissants ne voulaient pas non plus laisser passer cette occasion. Plusieurs fonctionnaires avaient même été informés de première main. Les gardes de la ville négligeaient leurs devoirs pour venir participer au pillage.
Toute Ville de Song sombra dans le chaos.
Les vacarmes, les pillages, les cris, les rires, les rugissements furieux et toutes sortes d’émotions éclatèrent en un instant.
Gu Hai et Gu Han se tenaient au sommet d’un grand bâtiment de la ville et observaient l’agitation alentour. Toute la ville était en furie. À certains endroits, des incendies brûlaient même tandis que les habitants pillaient les boutiques au milieu d’une épaisse fumée.
Les cris affolés ne cessaient pas. Même de loin, les deux hommes entendaient des hurlements jaillir de toutes parts.
« Père adoptif, la Résidence Gu a subi de lourdes pertes matérielles cette fois ! » dit Gu Han avec un sourire amer.
« De lourdes pertes matérielles ? Haha ! Tu crois que j’ai vraiment perdu quelque chose ? » demanda Gu Hai avec un sourire.
« Je disais ça comme ça. Et alors si nous perdons toutes nos boutiques ? Même si elles étaient réduites en ruines, avec votre réputation, je vous garantis que toutes les banques de la Nation Song seraient prêtes à vous prêter sur-le-champ tout ce que vous demanderiez. En une journée, vous pourriez rebâtir les boutiques de mon clan Gu, et les rendre plus prospères encore ! » répondit Gu Han avec assurance et fierté.
Gu Hai ne le contredit pas. Il sourit plutôt légèrement et dit : « Que vaut la richesse du monde profane ? Que valent les commerces de la Nation Song ? Tout ce que l’argent peut acheter ne vaut rien. »
Rrrr… !
Des clameurs éclatèrent partout dans Ville de Song. Les serviteurs des différents nobles commencèrent même à se battre pour le butin. La fumée montait de toutes parts ; les cris de détresse retentissaient sans fin. Ville de Song offrait le spectacle d’un enfer terrestre.
À ce moment-là, quelques personnes avisées achetèrent rapidement des chevaux et partirent au galop vers les autres villes de la Nation Song.
Quand les habitants des autres villes apprendraient que le décret autorisait le pillage des boutiques de Gu Hai, ils deviendraient fous à leur tour. Ces hommes avisés devaient se hâter, avant que les autres habitants ne réagissent. Ils pourraient ainsi rafler davantage de richesses.
« Père adoptif, ce chaos soudain ressemble à un grand brasier qui gagne les autres villes de la Nation Song. Et il semble que les flammes ne feront que croître. Les gens pilleront avec toujours moins de retenue. Les habitants vont devenir encore plus fous ! » soupira Gu Han après avoir écouté le rapport de ses subordonnés, puis il regarda Gu Hai.
« Une étincelle peut mettre le feu à toute la prairie. Dès qu’une brèche s’ouvre, l’ambition submerge toute pensée et pousse les habitants à enfreindre la loi, à devenir fous. Mais cela ne suffit pas encore. Une fois que la première vague de pillages aura déferlé sur le pays, nous devrons détruire leur dernière ligne de défense pour les plonger dans un chaos absolu ! » déclara Gu Hai avec gravité.
« La première vague ? Ha ! Les pillages se propageront à la vitesse d’un cheval au galop. Ils seront féroces et intenses. Père adoptif, personne ne pourra arrêter cette vague. »
——
En effet, tandis que les chevaux partis de Ville de Song fonçaient vers les villes voisines, la vague de pillages s’y répandit comme une traînée de poudre. Nul besoin d’agir davantage : une simple étincelle embrasa des villes entières, comme si elles étaient couvertes d’huile.
Trois… dix… vingt… Il n’y avait pas de plus rapide, seulement des gens toujours plus rapides. Le décret autorisant le pillage des boutiques de Gu Hai provoqua une catastrophe pire qu’une invasion de sauterelles.
En quelques jours à peine, toute la Nation Song sombra dans le chaos.
Le quatrième jour, les villes les plus éloignées, à la frontière même de la Nation Song, sombrèrent à leur tour dans le chaos.
Des flammes s’élevaient dans les villes frontalières, et d’innombrables habitants pillaient les boutiques de Gu Hai. Les cris de détresse, les hurlements et les appels frénétiques retentissaient sans fin.
——
Résidence officielle du seigneur de la ville, dans l’une des villes frontalières :
[Note du traducteur : les fonctionnaires chinois disposaient de résidences officielles où ils travaillaient et vivaient. Imaginez la Maison-Blanche, mais une pour chaque fonctionnaire.]
À cet instant, Gao Xianzhi toisait un homme d’âge mûr vêtu d’habits somptueux.
« Seigneur Wang, le chaos a déjà éclaté dans la ville. Comment avez-vous pu laisser vos serviteurs aller piller les boutiques ?! » exigea Gao Xianzhi, furieux.
« Non, non, non ! Hahaha ! Commandant Gao, vous vous faites des idées. C’est un décret impérial. Nous ne pouvons pas désobéir au décret impérial. Tout le monde peut détruire les boutiques de Gu Hai. Je ne fais qu’obéir aux ordres. Si je n’envoie pas mes hommes les piller, d’autres le feront. Pourquoi êtes-vous si pressé, commandant Gao ? » rétorqua le seigneur Wang en prenant une tasse de thé.
« Non, quelque chose cloche. J’ignore ce qui s’est passé dans la capitale impériale. Seule une quinzaine de jours s’est écoulée ; comment Sa Majesté a-t-elle pu autoriser les habitants à commettre de tels crimes ? C’est le signe qu’un royaume sombre dans le chaos ! » lança Gao Xianzhi, furieux et inquiet.
« Général Gao, vous vous faites vraiment des idées. Nous pillons les boutiques de Gu Hai conformément au sentiment populaire. Les habitants se sont soulevés, furieux, et détruisent en ce moment même les commerces de Gu Hai. Cela unira les habitants de la Nation Song et nous permettra de mieux nous prémunir contre les manigances de Gu Hai. Commandant, j’ai entendu dire que vous aviez déjà rassemblé cinquante mille soldats. Il paraît même que certains de vos hommes sont allés piller les boutiques de Gu Hai. Au lieu de discipliner vos troupes, pourquoi venez-vous vous mêler de mes affaires ? » répliqua froidement le seigneur Wang.
« Les déserteurs de mon armée seront tous jugés selon le droit militaire. Seigneur Wang, voyez-vous les incendies dans la ville ? Les habitants sont devenus fous. Ils sont tombés dans le piège de Gu Hai ! » dit Gao Xianzhi, anxieux.
« Ça suffit. Commandant Gao, c’est un décret impérial. Vous n’avez pas le pouvoir d’intervenir. Nous vous avons confié huit cent mille soldats, et vous les avez tous gaspillés sans résultat. L’empereur a déjà fait preuve d’une grande clémence en ne vous punissant pas. Pourtant, au lieu de réfléchir à vos erreurs, vous cherchez à vous opposer au décret impérial. Prétendez-vous que tous les fonctionnaires civils et militaires de la cour royale ne valent pas mieux que vous, un simple militaire ? Tss ! Vous n’êtes pas au front. Ici, c’est une ville frontalière, et c’est moi qui en ai le pouvoir ! » déclara le seigneur Wang en le fusillant du regard.
« Vous ! » Gao Xianzhi lui rendit son regard.
« Mon bureau est très occupé. Je ne retiendrai pas le commandant Gao davantage. Gardes ! Raccompagnez notre invité ! » ordonna le seigneur Wang.
« Tss ! » Gao Xianzhi renifla froidement et tourna les talons.
Au moment où Gao Xianzhi atteignait la porte de la salle, un intendant s’y précipita.
« Maître, mauvaise nouvelle. Nous avons agi un peu trop tard et n’avons réussi à piller qu’une boutique, pour quelques milliers de taëls d’argent ! » annonça l’intendant, amer.
« Bon sang ! Nous aurions dû agir plus tôt. J’ai été trop hésitant. J’aurais dû me décider plus vite ! » s’exclama le seigneur Wang, furieux et plein de regrets.
Gao Xianzhi prit un air sombre et quitta lentement la résidence officielle du seigneur de la ville.
——
Ville de Song, après le premier jugement de l’affaire de l’Argenterie Gu Song :
Dès que le jugement concernant le premier pillage se répandit, toute la ville fut secouée par des clameurs incessantes. D’innombrables habitants ordinaires se mirent à piller les boutiques de Gu Hai et à se battre entre eux. Des flammes s’élevaient partout : le chaos régnait.
Les rixes se multiplièrent dès le premier jour. Le lendemain, à l’assemblée royale, les nombreux fonctionnaires étaient nerveux.
[Note du traducteur : l’assemblée royale avait lieu presque tous les jours jusqu’à la dynastie Ming, où l’on décida qu’elle faisait perdre du temps. Même lorsqu’il n’y avait rien à traiter, les fonctionnaires se réunissaient, puis étaient congédiés.]
Personne ne s’était attendu à ce que cela arrive si vite. Les habitants avaient pillé tous les commerces de Gu Hai dans la capitale impériale. Tout était allé trop vite, si vite que les différents fonctionnaires n’avaient pas pu réagir.
Tous les fonctionnaires réunis à l’assemblée royale se demandaient s’ils n’avaient pas mal jugé la situation la veille. Pourtant, personne n’en parla pendant l’assemblée.
Deux autres jours passèrent et Ville de Song retrouva peu à peu son calme. Tous les fonctionnaires civils et militaires poussèrent un soupir de soulagement.
« Père impérial, il ne s’est rien passé. Les habitants n’ont pillé que les boutiques de Gu Hai. Ils sont unis et font front ensemble contre ses manigances ! » déclara le Prince héritier Song en s’avançant de lui-même, le sourire aux lèvres.
« En effet. Votre Majesté, Gu Hai ne peut plus mettre ses plans à exécution. Nous pouvons nous appuyer sur le sentiment populaire. En une seule assemblée royale et en une seule journée, nous avons tout détruit ! »
« Votre Majesté, ce Gu Hai ne sait que comploter. Quand la Nation Song est unie, il ne peut rien faire ! »
Tous les fonctionnaires civils et militaires présents à l’assemblée royale ne tarirent pas d’éloges sur ce jugement. L’Empereur Song hocha la tête et poussa un long soupir.
——
Dans une taverne de Ville de Song, Gu Hai et Gu Han étaient assis dans un coin.
« Père adoptif, ces deux derniers jours ont été très calmes. Ceux qui ont pillé les boutiques de la Résidence Gu se sont arrêtés. Tout le monde s’est apaisé, comme si rien ne s’était passé », dit Gu Han avec un sourire.
« Ils se sont arrêtés ? Ils ont seulement cessé de piller. Mais les pensées de tous les habitants de la Nation Song sont déjà devenues frénétiques. Nous contrôlons désormais leur esprit », répondit Gu Hai avec un sourire froid.
« Oh ? »
« Écoute ce qu’ils racontent. » Gu Hai sourit et but une gorgée de vin.
À cet instant, de nombreuses personnes étaient venues boire à la taverne et discutaient des événements récents.
« Ce maudit Sun Er ! Il a réussi à rafler une statue de Bouddha en or et s’est ensuite vanté devant moi ! »
« Haha ! Ne lui en veux pas. Tu as juste été trop lent ! »
« Trop lent, mon œil ! J’ai juste dormi un peu trop longtemps. Quand je suis arrivé, je n’ai pu récupérer qu’un lingot d’argent ! »
« Estime-toi heureux. Moi, je n’ai rien eu. Les commerces de Gu Hai ne regorgent-ils pas d’argent et de trésors ? Comment se fait-il qu’il y en ait eu si peu ? »
« Les rapides ont raflé le butin, les retardataires sont repartis les mains vides. J’ai entendu dire que certains avaient réussi à s’emparer de dizaines de milliers de taëls d’argent. »
« Des dizaines de milliers de taëls d’argent ? Bon sang ! »
« Si j’avais une autre chance, je ne dormirais pas. J’attendrais devant les boutiques pour être le premier à les piller ! »
« Qui n’en aurait pas envie ? Tu n’as pas idée. Depuis deux jours, ma femme n’arrête pas de me reprocher d’avoir été trop lent. Ce maudit Sun Er, à côté, a réussi à obtenir une statue de Bouddha en or. Avant, sa famille était misérable et ne faisait même pas le poids face à la mienne. Avec un seul objet, il m’a tout de suite dépassé. »
« Tout ça, c’est la faute de Gu Hai, qui n’a pas assez de boutiques. S’il en avait eu davantage, ça aurait été formidable ! »
« Exactement. Je suis vraiment furieux contre ceux qui ont réussi à rafler davantage que moi ! C’est tellement frustrant ! »
« Frères, ne soyez ni tristes ni furieux. Buvons ! Buvons ! À la vôtre ! »
Des conversations semblables remplissaient la taverne.
Gu Hai et Gu Han écoutaient en silence.
« Père adoptif, tous ceux qui n’ont rien réussi à prendre sont pleins de ressentiment et de haine ! » dit Gu Han avec un sourire.
« Voilà le danger chez les gens du peuple : les troubles naissent de l’inégalité, pas de la pénurie. Si les richesses avaient été réparties équitablement, personne n’aurait rien dit. Mais leur répartition inégale a créé un point de ressentiment. Piller les boutiques qui m’appartiennent ouvertement n’était qu’un premier appât. Le cœur de ce plan, c’est de piller celles qui m’appartiennent en secret. À présent, ils y ont pris goût et veulent recommencer. Dans ce cas, satisfaisons-les. Faisons de toutes les boutiques de la Nation Song leurs prochaines cibles. Tout le monde deviendra criminel et sombrera dans le chaos. Le cœur des habitants se pervertira, et la Nation Song sera complètement paralysée ! » dit Gu Hai avec un sourire froid.
« Père adoptif, je vais m’en occuper tout de suite ! » s’exclama Gu Han, tout excité.
« Inutile. Attendons encore deux jours. Laissons d’abord ce sentiment se renforcer dans le cœur des habitants. Laissons leur déception s’approfondir. Ainsi, ils seront encore plus fébriles, encore plus chaotiques ! » dit Gu Hai en secouant la tête.
« Oui ! » répondit Gu Han.
Une fois toute la Nation Song devenue frénétique, elle se calma rapidement. Mais les cœurs restaient agités. Chacun affichait un regard envieux, le cœur bouillonnant d’une frénésie incontrôlable. On aurait dit que de l’herbe poussait dans le cœur de chacun, provoquant des démangeaisons insupportables. Quand les gens marchaient parmi les innombrables boutiques des rues, ils ne les contemplaient plus avec envie de choisir des marchandises à acheter. Leurs yeux brillaient désormais de cupidité.