Chapitre 174
Livre 2 : Chapitre 109 : De nombreuses broutilles
Dans la grande salle de la Résidence Li :
Li Shenji était assis au siège du maître, la main posée sur l’accoudoir en tête de tigre. Il observait froidement un disciple du Bataillon de la Stratégie divine qui lui faisait son rapport.
Un cercueil rudimentaire reposait au milieu de la salle, tandis que tous les autres se tenaient debout par respect.
« Vous prétendez que Gu Hai a tué Haoran ? » demanda Li Shenji en plissant les yeux.
« Oui ! Oui ! » insista avec entêtement le disciple du Bataillon de la Stratégie divine.
« Hahahaha ! Le Bataillon de la Stratégie divine… Ah, le Bataillon de la Stratégie divine ! Je l’ai confié à Li Haoran, et voilà ce que vous en avez fait ? Vous osez encore me mentir ? » lança froidement Li Shenji.
« Je… je ne mens pas ! » répliqua le disciple du Bataillon de la Stratégie divine en serrant les dents.
« Oncle, c’est Gu Hai qui a tué mon frère aîné ! » intervint un homme élégamment vêtu, prenant la défense du disciple.
« Le deuxième jeune maître a raison ! » renchérirent deux autres disciples du Bataillon de la Stratégie divine.
Li Shenji les désigna d’un doigt furieux. « Vous, vous et vous ! Gardes, emmenez-les et exécutez-les sur la place ! »
« Oui ! » Un groupe de subordonnés s’avança aussitôt.
« Oncle, qu’est-ce que vous faites ? » s’écria le deuxième jeune maître.
« Maître, pourquoi me faites-vous exécuter ? Pourquoi ? » hurlèrent les trois hommes qu’on emmenait.
Mais Li Shenji avait déjà donné son ordre ; ses subordonnés continuèrent donc à les traîner dehors.
« Deuxième jeune maître, sauvez-nous ! Deuxième jeune maître ! » crièrent les trois hommes, terrifiés.
Le deuxième jeune maître aussi était sous le choc.
« Chef de clan, j’ai eu tort ! C’est le deuxième jeune maître qui m’a dit de raconter ça ! C’est lui ! Chef de clan, épargnez-moi ! » hurlèrent avec effroi les trois hommes qu’on emmenait.
Mais Li Shenji avait déjà donné son ordre. Personne n’osa intercéder en leur faveur.
« Exécution ! » lança une voix depuis l’extérieur de la salle.
« Aaah ! »
« Aaah ! »
« Aaah ! »
Trois cris déchirants retentirent, faisant trembler tous ceux qui se trouvaient dans la salle.
« Oncle… » s’exclama le deuxième jeune maître, le visage décomposé.
Li Shenji tourna la tête vers lui et déclara d’un ton indifférent : « Abandonne tout ce que tu fais et pars demain pour la mer du Nord. Tu garderas l’île qui s’y trouve. »
Le deuxième jeune maître blêmit et voulut implorer sa clémence.
Mais quelqu’un, à côté de lui, le retint et lui murmura : « Deuxième jeune maître, vous avez bien fait de réclamer justice pour le premier jeune maître. Mais vous avez menti au chef de clan. Il se montre déjà clément en ne vous faisant pas exécuter. »
Le deuxième jeune maître releva les yeux. En effet, le regard de Li Shenji était glacial. Il se mit à trembler et n’osa plus rien dire.
Li Shenji promena alors un regard froid sur tous ceux qui se trouvaient dans la salle.
« Bien. Que quelqu’un me raconte tout depuis le début. Que s’est-il passé exactement lorsque Li Haoran s’est rendu dans la Mer des Mille Îles ? » demanda froidement Li Shenji.
Les survivants du Bataillon de la Stratégie divine lui firent ensuite un récit détaillé des événements. Cette fois, ils ne mentirent ni ne déformèrent la vérité.
Li Shenji les écouta en silence, tapotant doucement du doigt l’accoudoir en tête de tigre, les yeux plissés.
Quand les disciples du Bataillon de la Stratégie divine eurent terminé leur rapport, le silence retomba dans la salle. Tous les regards se tournèrent vers Li Shenji.
« Le coupable caché ? Haha ! Ah, Li Haoran, tu as vraiment le don de t’attirer des ennuis. La princesse Xiaoyue est donc morte de ta main ? Ha ! » Une lueur glaciale passa dans les yeux de Li Shenji.
Li Shenji se leva et s’approcha lentement du cercueil.
Whoosh !
Dès qu’il souleva le couvercle, une énergie glaciale s’en échappa. Elle servait manifestement à conserver le corps. Li Shenji examina ensuite avec soin la dépouille de Li Haoran.
L’explosion lui avait déjà arraché la tête, et son corps était couvert de blessures. Ses bras, cependant, n’étaient plus que des os desséchés.
D’un air grave, Li Shenji ramassa lentement un os sec.
« La moelle a été entièrement drainée ? » fronça-t-il les sourcils.
« Chef de clan, quoi qu’il en soit, Gu Hai est impliqué dans la mort de mon frère aîné. Mon deuxième frère s’est simplement laissé emporter par la colère ! » dit un autre homme à côté de lui.
« Gu Hai ? » Li Shenji plissa les yeux.
« Li Shenji, recevez l’édit ! » Soudain, un cri puissant retentit depuis l’extérieur de la salle.
Tous ceux qui s’y trouvaient changèrent aussitôt d’expression.
Li Shenji se précipita dehors et aperçut un homme en robe officielle, debout sur une grande grue et tourné vers l’entrée de la salle.
« Votre humble serviteur, Li Shenji, salue l’envoyé céleste ! Vive Sa Sainte Éminence ! Que Sa Sainte Éminence vive dix mille ans ! » salua aussitôt Li Shenji.
« Sa Sainte Éminence a donné un ordre verbal : Li Shenji devra réorganiser le Bataillon de la Stratégie divine dans les trois mois et se tenir prêt à recevoir ses instructions ! » déclara gravement le fonctionnaire perché sur la grande grue.
« Oui. Votre serviteur reçoit l’édit ! » répondit Li Shenji en s’inclinant respectueusement.
Le fonctionnaire se mit alors à sourire. « Félicitations, seigneur Li ! Dans trois mois, veuillez conduire votre Bataillon de la Stratégie divine à la capitale de la dynastie pour rencontrer Sa Sainte Éminence. Sur ce, votre humble serviteur prend congé ! »
« Je vous salue respectueusement, Monseigneur ! » répondit Li Shenji.
Kouh !
La grande grue poussa un cri retentissant et emporta le fonctionnaire dans les airs.
« Chef de clan, vous avez retrouvé votre poste ? »
« Chef de clan, à votre appel, tous vos anciens subordonnés reviendront aussitôt ! »
« Chef de clan, Sa Sainte Éminence vous a-t-elle pardonné ? »
Tous se réjouirent, comme si la mort de Li Haoran leur était indifférente.
« Où est l’Insigne de la Stratégie divine ? » demanda Li Shenji sans émotion.
« Gu Hai l’a pris ! » répondit d’un ton grave un membre du Bataillon de la Stratégie divine.
« Encore Gu Hai ? Ha ! Il semblerait que je doive le rencontrer avant de partir pour la capitale. » Les yeux de Li Shenji brillèrent d’un éclat glacial.
——
Palais céleste, dynastie céleste Han :
Gu Hai était assis sur le trône, vêtu de robes impériales noires et coiffé d’une couronne. Il observait froidement les deux rangées de fonctionnaires. Gu Qin se tenait en tête de la rangée de gauche, avec les anciens intendants. Gao Xianzhi, Chen Tianshan, Balafré et les autres nouveaux venus se trouvaient dans la rangée de droite.
Pan !
Gu Hai frappa l’accoudoir du trône et lança un regard glacial aux fonctionnaires de la rangée de gauche.
Les fonctionnaires changèrent d’expression.
« Cela ne fait même pas un mois que j’ai fondé la dynastie céleste Han, et voilà que j’apprends que certains vendent des titres de noblesse ! On peut acheter un poste officiel en versant un pot-de-vin ?! » Gu Hai les fixa froidement.
« Votre Majesté, la dynastie céleste Han possède un territoire immense, et de nombreux postes restent à pourvoir. Nous avions préparé nombre de personnes compétentes, mais cela ne suffit toujours pas. Nous avons eu cette idée afin de pourvoir rapidement les postes et d’établir une administration digne de ce nom. Nous pourrons ainsi remplir les caisses de l’État sans tarder ! » soutint avec entêtement l’un des fonctionnaires.
« Ceux qui achètent ces postes sont des membres de vos propres familles, n’est-ce pas ? Remplir rapidement les caisses de l’État ? Êtes-vous responsable du trésor public ? » rétorqua froidement Gu Hai.
Les nombreux fonctionnaires n’osèrent plus répondre.
« Père impérial, il nous manque effectivement des effectifs. Nous avons acquis de vastes territoires en très peu de temps et nous ne parvenons pas à établir une administration partout », soupira Gu Qin en plaidant la cause des anciens intendants.
« Si nous ne pouvons pas établir d’administration, alors nous attendrons. Ne vous ai-je pas demandé de préparer les examens impériaux ? Sélectionnez les talents grâce à ces examens. Cela ne suffira-t-il pas ? » dit sérieusement Gu Hai.
Gu Qin baissa la tête.
« Meng Tai ! » appela Gu Hai.
« Votre serviteur est présent ! » Meng Tai s’avança.
« Environ un mois a passé. Où en est la création de la Garde à l’uniforme brodé ? » demanda Gu Hai.
« J’ai déjà recruté trois mille hommes. Ce ne sont pas des élites, mais nous pourrons les améliorer avec le temps. La Garde à l’uniforme brodé est déjà opérationnelle ! » répondit Meng Tai.
« Bien. Nous vous remettons l’Insigne des neuf dragons. Inspectez toutes les villes. Selon les lois de la dynastie céleste Han, punissez quiconque vend des postes officiels, accepte des pots-de-vin, édicte des mesures à son profit ou sème le trouble parmi le peuple. Partout où vous irez, l’Insigne des neuf dragons nous représentera. Sa présence équivaudra à la nôtre ! » Gu Hai lui tendit un insigne.
« Votre serviteur obéit au décret ! » Meng Tai recula après avoir reçu l’insigne.
Les anciens fonctionnaires poussèrent des soupirs. Mais aucun ne se doutait qu’un bain de sang était sur le point de commencer.
« Balafré ! »
« Votre serviteur est présent ! » Balafré s’avança respectueusement.
« Mobilisez les soldats des différentes villes et faites-les participer à l’opération aux côtés de la Garde à l’uniforme brodé ! » ordonna Gu Hai.
« Votre serviteur obéit au décret ! » répondit Balafré.
« Où en est la prise de contrôle des cinq autres régions mortelles de l’Île des Neuf-Cinq ? » demanda Gu Hai en regardant Gu Qin.
« Père impérial, la prise de contrôle de trois régions mortelles s’est déroulée sans le moindre problème. Mais il n’en va pas de même pour les deux autres : leurs habitants nourrissent encore des espoirs », rapporta Gu Qin en fronçant les sourcils.
« Chen Tianshan ! »
« Votre serviteur est présent ! »
« Prenez la tête des troupes frontalières et ouvrez la voie. Reliez toutes les régions mortelles de l’Île des Neuf-Cinq. Commencez par les deux régions qui refusent de se soumettre à ma dynastie céleste Han. En même temps, prenez en charge les trois régions mortelles qui ont accepté de se soumettre ! » ordonna Gu Hai.
« Votre serviteur obéit au décret ! »
« Gao Xianzhi ! »
« Votre serviteur est présent ! »
« Nous avons besoin d’une armée d’élite. Vous pouvez choisir parmi toutes nos troupes. Sélectionnez huit cent mille soldats d’élite et formez d’abord le Premier corps. Vous les entraînerez et les engagerez dans la bataille de ces deux régions mortelles. Nous voulons une armée invincible. Nos ennemis n’auront aucun cultivateur du Royaume inné dans cette bataille, et vous non plus. Nous voulons que la puissance de la dynastie céleste Han repose non seulement sur de grands commandants, mais aussi sur de bons soldats ! » déclara Gu Hai.
« Votre serviteur obéit au décret ! » répondit Gao Xianzhi.
Gu Hai distribua divers ordres durant l’assemblée impériale. Bien qu’il eût pris aujourd’hui des décisions arbitraires, personne ne les contesta.
« Votre Majesté, Shangguan Hen demande audience ! » annonça respectueusement un garde.
« Ah ? Qu’on le laisse entrer ! » dit Gu Hai, intrigué.
Shangguan Hen n’avait pas voulu accepter de poste officiel dans la dynastie céleste Han, et Gu Hai s’était résigné à sa décision. Il devait avoir une raison importante de demander audience en pleine assemblée impériale.
Quand Shangguan Hen entra dans la salle, les deux rangées de fonctionnaires le dévisagèrent avec étonnement.
« Votre Majesté, Yao Zhengtian est ici. Il attend à l’extérieur de la salle du palais et semble porteur de mauvaises nouvelles », annonça gravement Shangguan Hen.
« Ah ? Yao Zhengtian ? » Gu Hai parut inquiet.
Yao Zhengtian était un baxia. Avant la fondation de son royaume par Gu Hai, il lui avait demandé de résoudre l’énigme de go inscrite sur sa carapace et lui avait remis la Chronique de la dynastie céleste. À l’époque, il avait promis à Gu Hai de faire tout son possible pour l’aider s’il avait besoin de quoi que ce soit.
Gu Hai lui était très reconnaissant. Après tout, la Chronique de la dynastie céleste n’avait peut-être pas grande valeur sur le Continent divin, mais elle lui était indispensable.
Gu Hai ne prit pas de grands airs. Il se leva aussitôt et suivit Shangguan Hen hors de la salle du palais.
Les nombreux fonctionnaires suivirent Gu Hai.
Yao Zhengtian se tenait sur la place, à l’extérieur de la salle du palais, et souriait à Gu Hai.
« Félicitations, Monsieur Gu. Non, félicitations, Empereur de la dynastie Han ! Dès l’instant où vous avez fondé votre royaume, vous avez établi une dynastie céleste ! » dit Yao Zhengtian avec un sourire.
« Monsieur Yao, je ne mérite pas tant d’éloges. Puis-je vous demander ce qui vous amène aujourd’hui ? » demanda Gu Hai, intrigué.
Le visage de Yao Zhengtian devint grave. « Lorsque Monsieur Gu a fondé son royaume, votre humble serviteur avait des affaires à régler et n’a pas pu venir. J’espère que vous me le pardonnerez. Cette fois, toutefois, je vous apporte de mauvaises nouvelles. J’espère qu’elles vous seront utiles ! »
« Ah ? » fit Gu Hai.
« Il y a quelque temps, d’innombrables cultivateurs du Royaume inné et du Royaume du Noyau d’or sont accourus après avoir appris que Monsieur Gu avait obtenu une Pêche immortelle de longévité séculaire. À présent, vous avez mis la main sur une veine de dragon. Son attrait est bien plus puissant encore que celui d’une Pêche immortelle de longévité séculaire. Certains maîtres d’île, maîtres de secte et souverains du Royaume de l’Âme naissante n’ont pas résisté à la tentation et se sont précipités vers l’Île des Neuf-Cinq. J’ai appris la nouvelle récemment. Vingt cultivateurs du Royaume de l’Âme naissante se sont déjà alliés pour venir s’emparer de votre veine de dragon ! » annonça Yao Zhengtian avec un sourire amer.
« Ah ? Vingt cultivateurs du Royaume de l’Âme naissante ? » Le visage de Gu Hai s’assombrit.
À peine Gu Hai eut-il parlé que l’expression de Yao Zhengtian changea brusquement. Il afficha un sourire amer, puis déclara : « On dirait que ce vieil homme arrive trop tard. Ils sont déjà là ! »
Vingt rayons de lumière éclatants surgirent du sud lointain. Partout où ils passaient, des vents violents se levaient.
Boum !
Les vingt rayons s’arrêtèrent soudain devant le Palais céleste, soulevant des bourrasques dans toutes les directions.
Gu Hai leva la tête et observa froidement les vingt silhouettes qui venaient d’apparaître.