Chapitre 172
Livre 2 : Chapitre 107 : dynastie céleste Han
Boum !
Gu Hai repoussa les pierres brisées et les éclats de bois qui l’entouraient, puis sortit des décombres.
Gu Qin, Shangguan Hen, Chen Tianshan et quelques anciens intendants de la Résidence Gu s’approchèrent.
« Maître, allez-vous bien ?
— Père adoptif, ça va ?
— Monseigneur, pourquoi la Pagode céleste s’est-elle effondrée ?
Tous regardèrent Gu Hai avec inquiétude.
« Tout va bien ! » Gu Hai tourna la tête vers la Pagode céleste effondrée.
« Puisqu’elle s’est écroulée, soit. Dans ce cas, la nouvelle salle d’assemblée royale s’appellera le Palais céleste ! » ordonna Gu Hai.
« Oui ! » répondit Gu Qin.
« Envoyez des gens remettre les lieux en ordre. Récupérez soigneusement tous les livres qui s’y trouvent ! » ordonna Gu Hai.
« Oui ! » répondirent-ils tous.
——
Un mois passa en un éclair.
De nombreuses régions des cinq anciennes nations n’étaient pas encore correctement organisées. Cependant, les grandes lignes de la structure et du système étaient déjà en place. Gu Hai disposait des trois mille scélérats et des trois mille cultivateurs recrutés par Chen Tianshan. Il envoya ces six mille cultivateurs dans tout son territoire pour aider les différentes villes à préparer la fondation de la nation et prévenir tout désordre ou problème.
De nombreux palais avaient été érigés à l’extérieur de ce qui avait été la Résidence Gu, dans la passe de Hulao. Bien que leur construction fût encore rudimentaire, le plus grand d’entre eux était d’une majesté impressionnante : on l’avait nommé le Palais céleste.
Plus de trois cent mille soldats en armure encerclaient le Palais céleste. Au centre se tenait une foule d’hommes vêtus de robes de lettrés : les futurs fonctionnaires, qui n’avaient pas encore reçu leur investiture. Tous se tenaient là avec le plus grand respect.
Parmi les innombrables cultivateurs qui s’étaient rendus à la Secte de la Pivoine, beaucoup étaient restés sur l’Île des Neuf-Cinq. Ils observaient la cérémonie depuis des montagnes lointaines.
Une haute estrade avait été dressée entre le Palais céleste et les futurs fonctionnaires. Au milieu de la place, elle ressemblait à un autel.
De nombreux gardes se tenaient à l’entrée du Palais céleste.
« L’heure propice est arrivée ! Gu Hai, veuillez monter à l’autel et adresser votre requête au Ciel et à la Terre ! » cria le maître de cérémonie, posté devant le Palais céleste.
Trois cent mille personnes se tenaient solennellement, témoins silencieux de la scène.
Grincement !
Les portes du Palais céleste s’ouvrirent soudain.
Gu Hai sortit du Palais céleste d’un pas mesuré.
Il portait une couronne, une robe impériale noire et des chaussures ornées de motifs de dragons dans les nuages. Les dragons de sa robe impériale étaient brodés de fil d’or. Le vêtement traînait loin derrière lui, d’une longueur presque extravagante.
[Note du traducteur : La couronne mentionnée ici n’est pas le diadème auquel on pense habituellement. Le terme chinois n’a pas d’équivalent en anglais, mais il désigne bien une coiffe portée par un souverain, l’équivalent d’une couronne. Voici à quoi elle ressemble : http://5b0988e595225.cdn.sohucs.com/images/20171025/bf78897cb59c4ae793de7e450888b755.jpeg. Cette coiffe n’était pas réservée à l’empereur : les hauts fonctionnaires en portaient aussi, mais dans un style différent, qui permettait de reconnaître leur rang. Ce n’était pas la seule coiffe portée par les empereurs chinois ; d’autres modèles furent utilisés sous différentes dynasties.]
[Note du traducteur 2 : Les robes impériales étaient des vêtements richement ornés de motifs de dragons, en particulier de dragons à cinq griffes pour l’empereur. Les princes et les hauts fonctionnaires pouvaient parfois porter des robes impériales, mais avec des dragons ayant moins de griffes. Les usages variaient bien sûr selon les dynasties. Littéralement, on pourrait traduire ce terme par « robe du dragon ».]
Le visage grave, Gu Hai tenait de la main droite le Sceau impérial divin qui réprime le Ciel et, de la gauche, un rouleau de soie dorée.
Tous le regardèrent avec respect tandis qu’il se dirigeait vers l’autel tout proche.
Gu Hai en gravit les marches et atteignit le sommet. En contrebas, tous demeuraient debout, pleins de respect.
Une table se trouvait sur l’autel. Gu Hai y déposa le Sceau impérial divin qui réprime le Ciel et le rouleau de soie dorée.
Après avoir posé le sceau impérial, Gu Hai déroula la soie dorée : elle était vierge. Il prit une profonde inspiration, puis salua en joignant les mains contre sa poitrine.
[Note du traducteur : Il existe de nombreuses façons de saluer dans la culture chinoise ancienne. Le salut, les mains jointes contre la poitrine, exprime révérence et respect envers une personne de rang supérieur. Voici à quoi il ressemble : http://5b0988e595225.cdn.sohucs.com/images/20200323/b6aca15e43254c63b025c28e4acf4b3c.jpeg.]
« En ce jour, moi, Gu Hai, de l’Île des Neuf-Cinq, dans la Mer des Mille Îles, demande au Ciel et à la Terre d’être témoins. Aujourd’hui, je fonderai ma nation. J’offre mon sang en sacrifice au Ciel et à la Terre, en témoignage de ma sincérité. Moi, Gu Hai, traiterai bien mes citoyens et prendrai soin de cette nouvelle nation ! » proclama-t-il.
Tout en parlant, Gu Hai sortit un couteau d’or et s’entailla lentement la paume droite. Le sang se mit à couler.
Puis, avec son sang, Gu Hai traça en grand le caractère Han (瀚) sur le rouleau de soie dorée.
Ensuite, il aspergea l’autel de son sang.
« Je fonde à présent cette nouvelle nation, cette nouvelle dynastie. Elle portera le nom de Han : la dynastie céleste Han. Le Sceau impérial divin qui réprime le Ciel sera le symbole du pouvoir impérial, le pilier de la nation et de sa providence. Le Palais céleste sera le cœur de la dynastie céleste Han, où se rassemblera toute la providence ! Je prie le Ciel d’accepter la fondation de ma nation ! Je prie la Terre d’accepter la fondation de ma nation ! » proclama Gu Hai.
Tout en parlant, il leva lentement le Sceau impérial divin qui réprime le Ciel et l’apposa sur le caractère Han inscrit sur le rouleau de soie dorée.
Boum !
Lorsque le sceau impérial marqua le nom de la nation, un violent coup de tonnerre sembla retentir.
Des nuages sombres apparurent soudain dans le ciel tandis que des vents violents soufflaient.
« Trois prosternations devant le Ciel ! » lança le maître de cérémonie.
« Nous prions le Ciel d’accepter la fondation de la dynastie céleste Han ! » crièrent d’une seule voix plus de trois cent mille personnes.
Tous s’agenouillèrent alors avec Gu Hai et se prosternèrent.
——
Au même moment, dans toutes les villes des cinq anciennes nations, les nouveaux fonctionnaires avaient fait sortir les habitants pour les rassembler sur les places.
Des officiants leur lurent les paroles prononcées par Gu Hai devant le Palais céleste, lorsqu’il avait fait ses offrandes au Ciel. Après tout, il s’agissait d’une cérémonie importante. Chaque mot de Gu Hai avait été soigneusement préparé depuis longtemps.
Les officiants suivirent le calendrier établi et diffusèrent les paroles de Gu Hai dans tout le pays presque simultanément.
« Trois prosternations devant le Ciel ! » retentirent les voix des fonctionnaires dans les différentes villes.
« Le vieux maître Gu fonde sa nation ? Quelle bonne nouvelle ! C’est grâce à lui que notre famille a survécu ! »
« À présent, nous devrions l’appeler Votre Majesté ! »
« Oui ! Oui ! Votre Majesté ! »
Les habitants chuchotèrent entre eux en s’agenouillant.
« Nous prions le Ciel d’accepter la fondation de la dynastie céleste Han ! » lancèrent-ils vers le ciel.
« Nous prions le Ciel d’accepter la fondation de la dynastie céleste Han ! »
« Nous prions le Ciel d’accepter la fondation de la dynastie céleste Han ! »
Dans des centaines de villes, d’innombrables habitants implorèrent le Ciel en signe de dévotion. Leurs voix déferlantes semblaient atteindre les profondeurs mêmes du monde.
Le Ciel sembla entendre leur appel. Des vents violents soufflèrent partout sous l’estrade de Gu Hai, comme s’ils répondaient à la prière pour la fondation de la nation.
——
À l’entrée du Palais céleste :
Gu Hai se prosterna trois fois devant le Ciel, avec le plus grand sérieux. En contrebas, ses subordonnés l’imitèrent, tout aussi solennels.
Les nuages sombres se dissipèrent et une brise légère sembla danser en tous lieux. Pourtant, un vent violent souffla en direction du Sceau impérial divin qui réprime le Ciel, puis s’en échappa et se dirigea vers le majestueux Palais céleste, tout proche.
Le vent puissant se transforma en un souffle léger qui tournoya dans les airs.
Gu Hai leva les yeux et vit que le souffle qui tournoyait au-dessus du Palais céleste brillait d’un faible éclat doré.
« La providence ? Est-ce celle des citoyens ? Elle s’est rassemblée au-dessus du Palais céleste ? Fonder une nation me permet donc d’accumuler la providence. » Les yeux de Gu Hai s’illuminèrent.
Toutefois, il ne s’attarda pas sur la question, car le maître de cérémonie reprit la parole.
« Trois prosternations devant la Terre ! » cria-t-il.
« Nous prions la Terre d’accepter la fondation de la dynastie céleste Han ! »
« Nous prions la Terre d’accepter la fondation de la dynastie céleste Han ! »
Presque tous les habitants de la passe de Hulao et des centaines de villes crièrent en même temps.
Grondement… !
Le vœu des habitants pénétra dans la Terre, qui se mit à trembler légèrement.
« La cérémonie est achevée ! Levez-vous ! » cria le maître de cérémonie.
Grondement… !
Tous ceux qui se tenaient devant le Palais céleste se relevèrent et regardèrent Gu Hai, debout sur l’autel.
Du haut de l’autel, Gu Hai, vêtu de sa robe impériale, contempla tous les fonctionnaires.
« En ce jour, Nous avons fondé la dynastie céleste Han, une dynastie de vertu aquatique. Nous investissons à présent les différents fonctionnaires. Ensemble, nous bâtirons la dynastie céleste Han ! » proclama Gu Hai.
[Note du traducteur : Le caractère Han signifie océan ou immensité. Il symbolise aussi la générosité d’âme, l’érudition et la vertu. Ce caractère Han (瀚) diffère de celui employé pour la dynastie Han (汉) de l’histoire chinoise. Dans le nom de la dynastie Han et dans celui de Gu Han, le caractère Han désigne le peuple, les hommes ou les Han, le principal groupe ethnique de Chine.]
« Vive mon empereur ! Puisse mon empereur vivre dix mille ans ! »
« Vive la dynastie céleste Han ! Puisse-t-elle régner dix mille ans ! »
Tous ceux qui se tenaient en contrebas poussèrent ces cris.
Le maître de cérémonie prit alors un rouleau et proclama : « Investi du Mandat céleste, l’empereur nomme Gu Qin prince héritier de la dynastie céleste Han ! »
Gu Qin s’avança et un officiant lui passa aussitôt une robe officielle. « Moi, Gu Qin, accepte l’investiture au poste de prince héritier. Je vous remercie, Votre Majesté. Vive Votre Majesté ! Puissiez-vous vivre dix mille ans ! »
« Nommez Tang Chu ministre du Revenu de la dynastie céleste Han ! »
Un vieil homme aux cheveux blancs s’avança et un officiant lui passa aussitôt une robe officielle. « Moi, Tang Chu, accepte l’investiture au poste de ministre du Revenu. Je vous remercie, Votre Majesté. Vive Votre Majesté ! Puissiez-vous vivre dix mille ans ! »
« Nommez Gao Xianzhi commandant du premier corps d’armée de la dynastie céleste Han ! »
Gao Xianzhi s’avança et salua, les mains jointes contre la poitrine. « Moi, Gao Xianzhi, accepte l’investiture au poste de commandant du premier corps d’armée. Je vous remercie, Votre Majesté. Vive Votre Majesté ! Puissiez-vous vivre dix mille ans ! »
« Nommez Chen Tianshan commandant du deuxième corps d’armée de la dynastie céleste Han ! »
Chen Tianshan fut légèrement surpris. Il ne s’était pas attendu à être nommé commandant du deuxième corps d’armée.
« Moi, Chen Tianshan, accepte l’investiture au poste de commandant du deuxième corps d’armée. Je vous remercie, Votre Majesté. Vive Votre Majesté ! Puissiez-vous vivre dix mille ans ! »
« Nommez Balafré ministre de la Guerre de la dynastie céleste Han ! »
« Moi, Balafré, accepte l’investiture au poste de ministre de la Guerre. Je vous remercie, Votre Majesté. Vive Votre Majesté ! Puissiez-vous vivre dix mille ans ! »
À proximité, Chen Tianshan fut de nouveau surpris.
Pourquoi Balafré n’avait-il pas été nommé commandant, mais ministre de la Guerre ?
Cependant, puisque Gu Hai en avait décidé ainsi, il ne posa pas de question.
Les nominations se poursuivirent.
Lorsque les anciens intendants qui suivaient Gu Hai revêtirent leurs robes officielles, leurs visages s’illuminèrent de joie.
Ces intendants suivaient Gu Hai depuis longtemps dans le développement de ses affaires. Il connaissait donc parfaitement leurs capacités. Même si, désormais, ils passaient de la gestion d’une entreprise à celle d’une nation, Gu Hai était convaincu qu’ils feraient leurs preuves.
« Nommez Meng Tai commandant de la Garde à l’uniforme brodé de la dynastie céleste Han ! »
Cette proclamation fit afficher une expression étrange à Chen Tianshan, Balafré, Gao Xianzhi et aux autres. Même les innombrables cultivateurs que Meng Tai avait terrifiés à la Secte de la Pivoine s’agitèrent.
« Quoi ? Meng Tai ? Il n’est pas mort dans le puzzle mortel ?
— Gu Hai ne l’a pas tué ? Pourtant, il a une rancune contre lui, non ?
— Ce Meng Tai, ce traître froid et fourbe ? Gu Hai en fait un fonctionnaire ?
— Je me trompe, pas vrai ? »
D’innombrables cultivateurs observèrent avec incrédulité le groupe des fonctionnaires.
Meng Tai s’avança effectivement avec respect, vêtu d’une somptueuse robe brodée, le visage froid et sévère.
« Moi, Meng Tai, accepte l’investiture au poste de commandant de la Garde à l’uniforme brodé. Je vous remercie, Votre Majesté. Vive Votre Majesté ! Puissiez-vous vivre dix mille ans ! »
Un murmure de stupeur !
La réputation féroce de Meng Tai intimidait toujours les cultivateurs. Au loin, on entendit des inspirations brusques.
« C’est vraiment Meng Tai ? Gu Hai ne manque pas d’audace !
— Commandant de la Garde à l’uniforme brodé ? En quoi consiste ce poste ?
— Meng Tai ? Cet ambitieux impitoyable ? Il s’est vraiment soumis à Gu Hai ?
Les nominations se poursuivirent au milieu de la stupeur générale.
Presque tous ceux qui suivaient Gu Hai reçurent un poste de fonctionnaire, plus ou moins important. Seul Shangguan Hen restait assis dans une cour voisine, à boire seul.
« Monseigneur, pourquoi n’avez-vous pas… » demanda un subordonné à ses côtés, les sourcils froncés.
Shangguan Hen secoua la tête avec un sourire. « Sa Majesté s’apprêtait à me nommer commandant d’un corps d’armée. Mais je ne le suivrai que vingt ans ; je lui ai donc demandé de ne pas m’accorder de poste et de me laisser simplement membre de la Division de l’Eau de la Salle d’élite. »
« Oui ! » répondit le subordonné en hochant la tête, toujours perplexe.