Chapitre 1 018
Jiang Gautama, Gautama mortel et Gautama céleste explosèrent de rage. Jiang Gautama et Gautama mortel se ruèrent aussitôt vers lui.
À cet instant, Vairocana éclata de rire. « Hahahaha ! Monsieur Gu, faites entrer la fourmi venimeuse au sang divin sans tarder. Je vais les retenir tous les trois ! »
Vairocana joignit les paumes.
« Monde de Sahā ! Que le monde descende ! » lança-t-il froidement.
Des chants sans fin résonnèrent dans tout le Firmament immortel du royaume secret.
« Lorsque le Bodhisattva Avalokiteśvara eut profondément compris la Sagesse suprême, il se rendit compte que les cinq agrégats qui composent une personne n’étaient qu’une illusion et fut ainsi délivré de toute douleur et de toute souffrance. Ô Śāriputra… »
[Note du traducteur : Le passage ci-dessus est tiré du Soutra du Cœur. Voici la page Wikipédia consacrée au Soutra du Cœur : https://en.wikipedia.org/wiki/Heart_Sutra. Les cinq agrégats et Śāriputra sont expliqués dans le résumé du soutra figurant sur cette page.]
« Ainsi ai-je entendu. Un jour, le Bouddha séjournait au monastère d’Anāthapiṇḍika, dans le bosquet du prince Jeta, près de la grande cité de Śrāvastī… »
[Note du traducteur : Le passage ci-dessus est tiré du Soutra du Diamant, un discours du Bouddha adressé à un moine éminent, Subhuti. Voici sa page Wikipédia : https://en.wikipedia.org/wiki/Diamond_Sutra.]
…
Soudain, les chants d’innombrables bouddhistes retentirent et emplirent le monde d’une puissante aura bouddhique. Jiang Gautama et Gautama mortel, qui s’apprêtaient à se ruer sur Gu Hai, changèrent brusquement d’expression. Le visage de Gautama céleste s’assombrit lui aussi.
Vairocana protégeait Gu Hai, assis en tailleur sur son Lotus doré à neuf pétales. Les paumes jointes, il affichait une expression digne. Des lumières éclatantes apparurent derrière lui et firent surgir des silhouettes à la fois matérielles et immatérielles.
C’étaient divers bouddhas et bodhisattvas : Avalokiteśvara [Bodhisattva Guanyin], Samantabhadra, Mañjuśrī, Kṣitigarbha, le Bouddha de la Lumière universelle, le Bouddha de la Clarté universelle, le Bouddha de la Pureté universelle…
[Note du traducteur : La liste ci-dessus comprend des figures éminentes du bouddhisme.]
Les divers bouddhas et bodhisattvas dépassaient tous les trente kilomètres de haut et imposaient une majesté stupéfiante. Ils étaient plus d’un million, tous prosternés devant Vairocana et récitant des soutras bouddhiques.
Les soutras se rassemblèrent lentement pour former une grande svastika dans les airs, comme s’ils avaient créé un monde nimbé d’une aura de puissance.
Monde de Sahā ! Que le monde descende !
Jiang Gautama changea d’expression, mais fut le premier à se précipiter.
« Attention ! » cria Gautama mortel.
Les millions de bouddhas et de bodhisattvas prirent soudain une expression impassible. D’un geste de Vairocana, ils attaquèrent tous Jiang Gautama de concert.
L’espace sembla s’effondrer. L’assaut combiné de ce million de silhouettes ressemblait à un coup porté par le Ciel.
Boum !
Jiang Gautama fut projeté en arrière comme un boulet de canon et s’écrasa contre une montagne lointaine. Pourtant, sa vitesse ne diminua pas : il continua de voler en arrière. Son bras droit avait été broyé par l’impact, et du sang coulait de tous les orifices de son visage. L’horreur se lisait désormais sur ses traits.
Bzz !
Gautama céleste apparut derrière Jiang Gautama et posa une paume dans son dos, dissipant la force du choc.
« Le Monde de Sahā ? » s’exclama Gautama céleste, stupéfait.
Gautama mortel changea lui aussi d’expression. « Je n’ai pas encore établi le monde de la Voie bouddhique ; et toi, tu en as déjà créé un ? Non, ce n’est pas ça. Ce monde n’est qu’un reflet manifesté par ta volonté ? Ce n’est pas le Monde de Sahā ? Le véritable Monde de Sahā n’est pas ici ? »
Tandis que le million de bouddhas et de bodhisattvas récitait les soutras, la scène grandiose stupéfia les trois Démons célestes Gautama.
Gu Hai passa alors à l’action de toutes ses forces.
Boum !
La Mer d’énergie bouddhique tout entière, ainsi que la fourmi venimeuse au sang divin, s’élevèrent, prêtes à pénétrer dans le Firmament immortel de Gu.
« Comment oses-tu ?! » Le Démon céleste lança un regard furieux, prêt à intervenir.
À cet instant, la fourmi venimeuse au sang divin sentit une menace et se débattit avec violence.
Bang ! Bang ! Bang !
Trois des chaînes qui entravaient la fourmi venimeuse au sang divin se brisèrent.
La force de ses mouvements ébranla également le Firmament immortel de Gu.
De vastes pans du Firmament immortel de Gu s’effondrèrent. Il semblait sur le point d’éclater.
« Quoi ? » Gu Hai changea d’expression et tendit la main pour arrêter le mouvement.
Whoosh !
La Mer d’énergie bouddhique et la fourmi venimeuse au sang divin retombèrent au sol, sans pénétrer dans le Firmament immortel de Gu.
La fourmi venimeuse au sang divin continua de rugir de fureur, faisant trembler le monde.
« À quel point cette fourmi venimeuse au sang divin est-elle puissante ? Comment peut-elle être plusieurs fois plus forte que Jiang Gautama ? » s’exclama Gu Hai, stupéfait.
La fourmi venimeuse au sang divin rejeta la tête en arrière et rugit. Gu Hai ne parvint pas à l’attirer dans le Firmament immortel de Gu. Les trois Démons célestes Gautama poussèrent intérieurement un soupir de soulagement, puis se détendirent.
Vairocana, lui, semblait inquiet. « Monsieur Gu, vous n’y arrivez pas ? »
« Ça ne marche pas ? Non. Elle veut dévorer l’Empereur blanc. Je creuserai, même s’il faut lui arracher un morceau de chair ! » Gu Hai tendit la main et sortit le Sabre de l’Exécuteur de vie.
Boum !
Gu Hai abattit son sabre sur la tête de la fourmi venimeuse au sang divin.
Clang !
Un bruit de métal frappant la pierre retentit. Le Sabre de l’Exécuteur de vie ne laissa qu’une légère marque sur la tête de la fourmi, qui disparut aussitôt.
« Elle est si dure ? Même sans barrière, le Sabre de l’Exécuteur de vie ne peut pas entailler son corps ? » s’exclama Gu Hai, horrifié.
« Toux ! Toux ! Toux ! Hahaha ! Tu veux venir à bout de la défense de la fourmi venimeuse au sang divin ? Tu es bien trop faible. Même moi, je ne peux pas la briser ; alors toi, encore moins ! » lança Jiang Gautama en crachant du sang.
« Époux, abandonne-moi ! Va-t’en, vite ! » cria douloureusement l’Empereur blanc. À présent, seule la moitié de sa tête dépassait.
« Je ne partirai pas sans t’emmener ! » rugit Gu Hai, l’air anxieux.
Gu Hai ouvrit les Yeux de la vie et de la mort.
De son côté, Vairocana prit un air sombre. « Monsieur Gu, avez-vous besoin de mon aide ? »
« Humph ! Vairocana, tu ferais mieux de penser d’abord à toi-même. Le Monde de Sahā ? Ce n’est pas le véritable Monde de Sahā. Tu ne fais que manifester un reflet par ta volonté, au moyen de la Voie divine. Si tu peux faire apparaître un tel Monde de Sahā, moi aussi ! » cria Gautama mortel.
« Hein ? » Vairocana fut légèrement surpris.
« Lotus doré à neuf pétales ! » cria Gautama mortel.
Jiang Gautama sortit le Lotus doré à neuf pétales.
Gautama mortel monta sur le Lotus doré à neuf pétales et engagea le combat contre Vairocana.
« La svastika est au cœur du Monde de Sahā ! J’ai déjà tout préparé ! » cria Gautama mortel.
Gautama mortel joignit les paumes. La svastika dorée sur son front se détacha soudain de lui et s’envola dans le ciel, où elle grandit jusqu’à dépasser les trente kilomètres. Elle se plaça face au Monde de Sahā et à la svastika créée par les chants du million de bouddhas et de bodhisattvas.
« Terre sainte de la Montagne spirituelle, j’annonce à tous les disciples : obéissez à mes ordres ! Récitez mes soutras bouddhiques et formez le monde bouddhique dans vos cœurs ! » déclara Gautama mortel.
« Terre sainte de la Montagne spirituelle, j’annonce à tous les disciples : obéissez à mes ordres ! Récitez mes soutras bouddhiques et formez le monde bouddhique dans vos cœurs ! » cria simultanément Jiang Gautama.
Bzz !
Le Lotus doré à neuf pétales trembla, et la voix de Jiang Gautama parvint mystérieusement jusqu’à la Terre sainte de la Montagne spirituelle.
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À l’entrée de la Salle de la Grande Force, dans la Terre sainte de la Montagne spirituelle :
Les cinq millions de disciples de la Terre sainte de la Montagne spirituelle avaient été privés de leur cultivation. Le teint livide, ils étaient assis sur la place de la Terre sainte.
Soudain, la voix de Jiang Gautama retentit.
« La voix du Seigneur Bouddha ? » Les cinq millions de disciples frémirent, stupéfaits. Puis leurs visages s’illuminèrent d’une joie débordante.
« Que se passe-t-il ? » Le visage de Gao Xianzhi s’assombrit.
Pourtant, les disciples de la Terre sainte de la Montagne spirituelle ne prêtèrent aucune attention à Gao Xianzhi. Ils se mirent soudain à réciter des soutras.
C’est la voix du Seigneur Bouddha ? Il veut que je récite les soutras ?
Dois-je rester prisonnier de Gu Hai, ou résister aux côtés du Seigneur Bouddha pour retrouver mon autorité ? Est-ce qu’il y a seulement à hésiter ?
Sous la conduite du Bouddha du Passé, tous les disciples de la Terre sainte de la Montagne spirituelle se mirent à réciter des soutras.
« Ainsi ai-je entendu. Tout prend naissance sur la Montagne spirituelle, qui purifie les foules… »
Les disciples de la Terre sainte de la Montagne spirituelle récitaient à voix basse, comme plongés dans un état de rêve. Ils ne firent aucun remous et continuèrent simplement leurs récitations ; on aurait dit qu’ils étaient possédés.
« Qu’est-ce que vous récitez ? Arrêtez ! » cria Gao Xianzhi.
Mais les cinq millions de disciples de la Terre sainte de la Montagne spirituelle étaient en transe et ne semblaient pas vouloir s’arrêter.
Ao Shun déclara : « Seigneur Gao, laissez-les réciter. Nous avons scellé leur cultivation ; ils ne peuvent plus résister. Qu’est-ce qui vous inquiète ? En plus, ils ne font que réciter des soutras, ils ne provoquent aucun remous. Sa Révérence n’a-t-elle pas dit de bien les traiter ? Après tout, nous devons les laisser au prince héritier Gu Han. »
Gao Xianzhi fronça légèrement les sourcils et secoua la tête. « Tant de gens qui récitent ensemble… quelque chose cloche. Sa Révérence m’a appris à ne jamais négliger le moindre détail inhabituel. »
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Dans le Firmament immortel du royaume secret.
Alors que les cinq millions de disciples de la Terre sainte de la Montagne spirituelle continuaient de réciter, leurs consciences apparurent soudain autour de Gautama mortel, guidées par le Lotus doré à neuf pétales.
Les consciences des disciples de la Terre sainte de la Montagne spirituelle apparurent dans la lumière de la svastika dorée, qui les transforma en silhouettes de bouddhas et de bodhisattvas.
Cinq millions de silhouettes de bouddhas et de bodhisattvas apparurent aussitôt autour de Gautama mortel. Une puissante aura de la Voie bouddhique se précipita alors vers Vairocana.
« Le Monde de Sahā, un état rudimentaire formé par des consciences ? » Vairocana changea d’expression.
« Le tien est le Monde de Sahā, mais le mien l’est aussi. Le tien n’est qu’un reflet manifesté par ta volonté, tandis que le mien rassemble des consciences. Même s’il n’en est qu’à ses débuts, tous ceux qui le composent sont mes disciples les plus fidèles ; il sera donc plus puissant que le tien ! » cria Gautama mortel.
À ces mots, tous les bouddhas et bodhisattvas se ruèrent sur le Monde de Sahā de Vairocana.
Vairocana changea d’expression. « Amitābha ! »
Les silhouettes du million de bouddhas et de bodhisattvas du Monde de Sahā de Vairocana se ruèrent sur Jiang Gautama.
Boum !
Les deux Mondes de Sahā s’entrechoquèrent. Des milliards de trous noirs apparurent dans l’espace, et le monde commença à s’effondrer.
Deux endroits seulement demeurèrent intacts. Le premier était la zone protégée par Vairocana, où se trouvaient Gu Hai et la fourmi venimeuse au sang divin. L’autre était le ciel, recouvert de nuages cramoisis.
« Vairocana, hahaha ! On dirait que tu as perdu le lien avec ton Monde de Sahā. Ainsi, le reflet manifesté par ta volonté ne peut pas puiser sa force dans le véritable Monde de Sahā ? Dans ce cas, comment ta volonté pourrait-elle rivaliser avec les consciences de mes cinq millions de disciples ? On dirait bien que ton Monde de Sahā va se briser ! » cria Gautama mortel avec arrogance.
Le Monde de Sahā de Gautama mortel avait pris l’avantage et écrasait celui de Vairocana.
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À l’entrée de la Salle de la Grande Force :
Gao Xianzhi observait avec inquiétude les cinq millions de disciples de la Terre sainte de la Montagne spirituelle réciter leurs soutras, sans savoir quoi faire. Un soldat de l’Armée démoniaque vint alors lui faire un rapport alarmé. « Monseigneur, la situation est grave. Un groupe de gens a forcé le passage depuis le bas de la montagne. Nous ne pouvons pas les arrêter ! »
« Qui est-ce ? » Le visage d’Ao Shun s’assombrit tandis qu’il regardait en bas de la montagne.
Son expression changea. « Mais… n’est-ce pas celui qui figurait sur le portrait que Sa Révérence m’a montré ? Ce serait Jiangchen ? »
« Jiangchen ? » Gao Xianzhi fut légèrement surpris, incrédule.
« C’est forcément lui. Lui seul dégage une telle majesté. Mais pourquoi monte-t-il la montagne ? » s’étonna Ao Shun.
Gao Xianzhi changea d’expression. La récitation frénétique des disciples de la Terre sainte de la Montagne spirituelle l’inquiétait déjà. Sa Révérence m’a chargé de surveiller les cinq millions de disciples de la Terre sainte. Et maintenant, Jiangchen monte la montagne ?
Gao Xianzhi lança d’une voix ferme : « Soldats de l’Armée démoniaque, obéissez à mes ordres ! Les disciples de la Terre sainte de la Montagne spirituelle refusent de se soumettre ; leur mort ne sera pas regrettée. Tuez-les ! »
« Quoi ? » s’exclama Ao Shun, stupéfait.
Mais Sa Révérence veut les laisser au prince héritier Gu Han.
« Un commandant doit savoir quand faire preuve de clémence. J’ignore ce qu’ils manigancent, mais ce n’est certainement pas bon. Je suis ici le plus haut gradé. J’assumerai toute la responsabilité. Tuez ! » Une lueur impitoyable brilla dans les yeux de Gao Xianzhi.
« Oui ! » répondirent les deux cent mille soldats de l’Armée démoniaque.
Les deux cent mille soldats de l’Armée démoniaque levèrent leurs armes.
Boum !
Des millions d’énergies de sabre exécutèrent presque instantanément les cinq millions de disciples de la Terre sainte de la Montagne spirituelle.
Floutch !
Au moment où les énergies de sabre leur tranchèrent la tête, tous les disciples de la Terre sainte de la Montagne spirituelle se réveillèrent. Déconcertés, ils regardèrent les énergies de sabre des soldats de l’Armée démoniaque.
Le Bouddha du Passé était du nombre. Lorsqu’il reprit conscience, une épée l’avait déjà transpercé au niveau de son Palais céleste, l’empêchant de résister.
« Non ! »
Des myriades de disciples de la Terre sainte de la Montagne spirituelle poussèrent des cris d’horreur et de panique, puis cessèrent de respirer. À présent, ils regrettaient tous leur choix : celui d’avoir résisté et obéi aux ordres du Bouddha du Présent en récitant les soutras.
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À l’instant où les soldats de l’Armée démoniaque exécutèrent les disciples de la Terre sainte de la Montagne spirituelle, tous les bouddhas et bodhisattvas du Monde de Sahā de Gautama mortel tremblèrent soudain, puis disparurent.
Le Monde de Sahā de Gautama mortel semblait sur le point de briser celui de Vairocana, mais il se fracassa soudain le premier.
« Quoi ? »