Chapitre 948
Chapitre 946 – Tu peux rester
Enkrid, Rem, Dunbakel et Juol finirent par revenir auprès de l’Ours Ancien.
« Bon retour. »
Hira, désormais Ancienne Chamane, les accueillit à l’entrée de la ville.
Elle avait senti que quelque chose avait changé dans l’air et était sortie à leur rencontre avant même qu’ils aient dit un mot.
« Qu’est-ce que vous avez fait, les garçons ? Vous auriez abattu l’un de ces Oiseaux Noirs qui nous donnent du fil à retordre ces derniers temps ? »
Hira posa la question, impatiente de connaître la réponse.
Plusieurs monstres particulièrement dangereux sévissaient alors dans l’Ouest.
La chamane Hira avait fait un rêve de bon augure la nuit précédente et supposait qu’Enkrid et Rem avaient probablement chassé quelques-unes de ces bêtes pendant leur absence.
Les monstres n’avaient-ils pas soudainement proliféré dans l’Ouest, ces derniers temps ?
La théorie dominante voulait que l’ouverture du commerce avec le continent ait poussé les monstres à se regrouper, acculés par les populations qui les chassaient de leurs territoires.
C’était une théorie avancée par Aile Noire, et elle paraissait tout à fait plausible.
Hira avait beaucoup de respect et de confiance en leurs prouesses martiales.
Elle s’attendait à ce qu’ils aient abattu quelques monstres sans y penser sur le chemin du retour, comme ils avaient éliminé cette bande de géants brigands qui leur avait causé tant d’ennuis.
« Non. »
Rem secoua la tête.
Hira cligna des yeux, perplexe.
Vous êtes vraiment allés voir le Royaume démoniaque ?
Vous n’avez croisé aucun Oiseau Noir en chemin ?
Alors pourquoi cette aura de chance écrasante émane-t-elle de vous ?
Elle s’apprêtait à poser ses questions quand Juol, incapable de se retenir davantage, lâcha :
« On a tué Silence. »
Hira était une chamane exceptionnelle.
Elle était ouverte d’esprit et d’une tolérance remarquable.
Elle pouvait entendre presque n’importe quoi et garder un calme imperturbable.
Son attitude faisait d’elle un modèle pour nombre d’habitants de l’Ouest.
Elle semblait stoïque, mais se montrait profondément affectueuse et dévouée.
« Il y avait un monstre qui s’appelait Silence ? » demanda-t-elle.
« On peut dire que c’était un monstre », acquiesça Enkrid.
Elle comprit vite de quoi il retournait.
Comme on pouvait s’y attendre de l’Ancienne Chamane de l’Ouest.
« Bon, tu n’as pas tort de le voir comme ça, mais pour l’instant, Hira n’a pas pigé un traître mot de ce que tu viens de raconter », ajouta Rem, apportant les précisions nécessaires.
« Vous n’avez pas faim ? »
Dunbakel, qui avait épuisé une quantité absurde d’énergie lors du combat récent, renifla et posa la question.
« Je vous offre un agneau rôti lentement à la perfection. »
Tandis que Juol répondait à cette proposition alléchante, les pupilles de Hira tremblèrent violemment.
Silence ?
Un monstre ?
Le Royaume démoniaque ?
Elle ouvrit de nouveau la bouche, une avalanche de questions au bord des lèvres.
« Vous avez fait quoi ? »
« Silence a disparu. Il n’en reste que des vestiges. Va leur annoncer la nouvelle, Hira. Tu as senti quelque chose et tu es sortie plus tôt que prévu, non ? C’était bien pour entendre exactement ça ? Je le répète : va le leur dire. Le Silence du Royaume démoniaque, c’est terminé. Vous n’avez plus à craindre que des Humains démoniaques violets ou des Aiguilles caudales en sortent en rampant. Silence est mort. »
Rem, qui parlait rarement aussi longtemps, venait de prononcer un discours inhabituellement long.
Son ton était calme, mais ses mots brûlaient d’une ardeur indéniable.
Même lui ne pouvait rester insensible à ce qu’ils avaient accompli.
Les mains de Hira tremblèrent.
Elle ne lui demanda pas s’il disait vrai.
Elle se retourna simplement et aperçut Ayul, qui se tenait là.
« Ayul », l’appela Hira.
Ayul passa devant elle et s’avança.
Elle fixa Rem d’un regard aussi ardent qu’un brasier et prit la parole.
« Vous avez fait quoi ? »
Au lieu de se lancer dans un nouveau long discours, Rem hocha simplement la tête.
« Silence a disparu. »
Dans l’Ouest, le nom du Silence du Royaume démoniaque était synonyme de plaie béante.
Trop de gens étaient morts dans ce Royaume démoniaque.
D’innombrables personnes y avaient perdu des membres de leur famille, des amants et des amis, victimes de ses horreurs.
Certains voyaient en Silence leur ennemi mortel, d’autres le considéraient comme une entité intouchable, presque divine.
Parfois, quelques chamanes dérangés allaient jusqu’à débiter que Silence devait être vénéré comme une nouvelle divinité.
Le Silence du Royaume démoniaque était à l’origine de toutes les tragédies qu’avait connues l’Ouest.
« Le soleil brille particulièrement fort aujourd’hui. »
Enkrid leva les yeux vers le ciel, puis regarda Ayul, qui observait Rem en silence depuis l’arrière.
Ayul avait l’air stoïque.
Ou plutôt, elle n’en avait que l’air.
Pour un chevalier maniant la Volonté, les fluctuations chaotiques et déchiquetées de son aura sautaient aux yeux.
C’était la manifestation physique de la tempête qui faisait rage dans son cœur.
« Si vous avez besoin d’un témoin, je peux témoigner. »
Enkrid, celui qui avait abattu la créature de ses propres mains, leva la main pour se proposer.
Bien entendu, aucun témoignage n’était réellement nécessaire.
Pendant toute la journée qui suivit leur retour, tous ceux qui réclamaient des réponses les assaillirent de questions.
« Silence est un Royaume démoniaque. Qu’est-ce que vous voulez dire par “l’avoir éliminé” ? Ce n’est pas une simple colonie de monstres, c’est un Royaume démoniaque. Ça n’a aucun sens ! »
Menés par Aile Noire, plusieurs habitants de l’Ouest habitués à la vie sur le continent exprimèrent leurs doutes.
À part eux, nombreux étaient ceux qui peinaient encore à comprendre ce qui s’était réellement passé.
Pourtant, personne ne prit Enkrid et Rem pour des Chats moqueurs qui racontaient des histoires à dormir debout.
Un habitant de l’Ouest qui doutait de leurs paroles ?
Dans le climat actuel, une telle personne aurait été aussi difficile à trouver qu’un mirage.
Ils les croyaient.
C’était précisément pour cette raison qu’ils étaient si profondément déconcertés.
« S’il s’agit de mon mari, bien sûr qu’il en est capable. »
Parmi eux, Jiba leur témoignait une foi absolue et inébranlable.
« Vraiment, un homme qui traîne une tempête partout où il va. »
Leona, elle, ne put que s’émerveiller.
Était-il vraiment possible de « tuer » un Royaume démoniaque ?
Elle avait des doutes, mais puisqu’ils affirmaient y être parvenus, elle n’avait rien à ajouter.
Sa confiance en eux était inébranlable.
Les autres habitants de l’Ouest étaient-ils différents ?
À leurs yeux, Enkrid était le Sauveur.
Rem était un génie qui avait grandi parmi eux ; il était de la famille.
Mais cela ne signifiait pas qu’ils pouvaient simplement hocher la tête, les féliciter et passer à autre chose.
« Nous devons vérifier. »
Le Chef de la Grande Aile s’avança.
Il leur était favorable, mais savait parfaitement qu’un événement d’une telle ampleur ne pouvait être balayé d’un simple « Je comprends ».
Si c’était vrai, il fallait absolument l’annoncer clairement à tout le monde.
Si c’était faux, ils devraient exiger de savoir quelle fichue farce ils étaient en train de jouer.
Pendant qu’on organisait les vérifications, Enkrid prit un repos bien mérité, savourant les plats préparés par Juol et les boissons que Jiba lui apportait.
« Cette femme ne va pas nous faire obstacle, hein ? »
Jiba était devenue une sacrée petite maligne depuis la dernière fois qu’il l’avait vue.
Elle posa la question dès que Leona s’approcha.
« Tu as deux autres obstacles bien plus terrifiants que moi dont tu devrais te soucier, petite effrontée. »
Leona rit et sortit une boisson préparée à partir de l’Arbre du Paradis.
Une timbale en terre cuite était remplie d’un liquide laiteux qui scintillait légèrement.
Enkrid en prit une gorgée, et Leona lui demanda aussitôt :
« Alors ? »
Enkrid s’émerveilla de la richesse du goût et du parfum qui lui emplissaient la bouche.
Cette boisson avait bel et bien une valeur à la hauteur de ses ambitions commerciales.
La douceur, la légère pointe acidulée sur la langue et le délicat arôme fruité qui persistait en bouche étaient un vrai régal.
« Si Krais y goûte, je pense qu’il exigera qu’on discute d’investissements sur-le-champ. »
Le compliment était de taille.
Un immense sourire illumina le visage de Leona.
« Je pense qu’elle sera encore meilleure après quelques ajustements. »
Même avec d’excellents ingrédients, se contenter de les fournir aux boutiques ne suffisait pas.
Le produit n’avait de valeur que si les gens comprenaient ce qui le rendait si bon et si raffiné.
C’était le seul moyen de créer une demande considérable pour cette boisson.
Pour y parvenir, Leona comptait ouvrir et gérer elle-même des salons de thé ou des restaurants.
Naturellement, un projet pareil nécessitait de nombreuses personnes compétentes.
Une personne en particulier avait attiré son attention.
« Pour la cuisine, laisse-moi faire. »
C’était Juol.
Justement, il débordait d’idées pour ouvrir un restaurant spécialisé dans la cuisine de l’Ouest.
Les yeux de Leona s’illuminèrent.
Le Sangrodo, le plus précieux trésor de la Guilde marchande Rockfreed, détaillait tout un éventail de spécialités locales provenant des quatre coins du continent.
Elle pouvait s’appuyer sur ce savoir pour ouvrir des restaurants spécialisés dans les plats célèbres de différentes régions.
Son instinct commercial aiguisé lui dessinait déjà plusieurs projets grandioses.
La première étape consisterait à ouvrir un restaurant de cuisine traditionnelle de l’Ouest, ici même, au bout de la Route de pierre.
« Juol, veux-tu que je t’ouvre un restaurant ? »
Elle avait naturellement repris son rôle de marchande.
Enkrid garda le silence et se contenta de profiter du spectacle en spectateur.
Sous ses yeux, Leona venait de se découvrir un nouveau rêve et était fermement décidée à le réaliser.
« Je vais placarder le nom “Restaurant Rockfreed” dans tout le continent. »
Elle marmonna pour elle-même.
C’était un rêve semblable à celui de Salon de Krais.
Bien entendu, Enkrid l’encouragea lui aussi.
« Bonne chance. »
« Si jamais tu te retrouves sans travail, fais-moi signe. Le poste de vice-capitaine sera toujours libre pour toi. »
« Je te préviens, si ton vrai vice-capitaine entendait ça, il en serait profondément blessé. »
« Non, si c’était toi, personne ne s’y opposerait. »
Ces plaisanteries anodines étaient le meilleur remède pour oublier les heures atroces passées à subir des hallucinations dans Silence.
Un moment qui aurait pu sembler insignifiant à un observateur était pour Enkrid une joie profonde, quelque chose qu’il ne voulait jamais perdre.
Protéger les jours ordinaires.
Protéger non seulement ceux qui se trouvaient derrière lui, mais aussi leur quotidien.
Enkrid affina une nouvelle fois son rêve.
La nouvelle de la mort de Silence se répandit dans toutes les localités alentour en moins de quinze jours.
Quiconque verrait un champ d’orge pousser en une nuit juste devant la frontière de Silence se frotterait sans aucun doute les yeux, incrédule.
Ils vérifièrent, acceptèrent la nouvelle, furent stupéfaits, puis se réjouirent.
Ensuite, il y eut une immense fête.
« Mangez et buvez ! »
Avant même que le Chef de la Grande Aile — le père d’Ayul — ait pu crier l’ordre, chacun avait déjà sorti ses provisions réservées.
On disait que les habitants de l’Ouest aimaient naturellement faire la fête.
Comme ils vivaient dans un environnement rude et impitoyable, ils survivaient en rationnant strictement leurs réserves toute l’année ; mais une tradition s’était installée : une fois par an au moins, ils mettaient tout en commun et célébraient sans retenue.
Ce jour était arrivé.
« Le Tueur du Royaume démoniaque ! »
Enkrid avait gagné un nouveau titre.
Ce jour-là, il ne restait pas la moindre trace des flocons qui étaient tombés à leur arrivée.
C’était le printemps.
Il faisait chaud.
Le printemps était enfin arrivé, et le vent charriait une véritable chaleur.
Pendant plusieurs jours, Enkrid fut assailli de titres comme « Sauveur » et « Héros ».
Il reçut les remerciements sincères d’Ayul, et le Chef lui-même vint s’incliner jusqu’à terre devant lui.
Jiba désigna sa mère et se proclama fièrement beauté certifiée, tandis que Hira, dans son rôle d’Ancienne Chamane, lança une bénédiction au nom de tout l’Ouest.
La nuit où il reçut cette bénédiction, le Passeur sans visage se moqua interminablement de lui dans ses rêves.
« Vas-y, essaie donc de faire appel à la bénédiction d’un dieu. Même si tu deviens le consort de la Déesse, ma malédiction est éternelle. Elle est immortelle. Elle ne te quittera jamais. »
Les désirs de chaque Passeuse sans visage pouvaient différer, mais toutes partageaient une rancœur profonde envers les dieux.
Enkrid s’en rendit une nouvelle fois compte et hocha la tête en réponse.
« J’ai hâte d’y être. »
Son voyage était encore loin d’être terminé.
Sa volonté d’encourager les rêves de chacun n’avait pas changé d’un iota.
Si le souhait du Passeur sans visage se révélait être quelque chose qu’il pouvait lui aussi accepter…
Le moment venu, au lieu de dire « Je refuse » ou « Je n’en ai pas envie », il encouragerait volontiers ce rêve lui aussi.
« Tu es vraiment un sacré arrogant. »
Le Passeur sans visage avait lu dans les pensées d’Enkrid.
Le coin de sa bouche se déchira jusqu’à son oreille en un sourire grotesque, mais il ne ressemblait pas à une grimace moqueuse.
« Je l’admets, je n’ai jamais rencontré de salaud comme toi. »
C’est ce qu’elle dit.
Le Passeur sans visage avait accueilli d’innombrables mortels.
Elle les enveloppait de sa malédiction, observait avec eux, ressentait avec eux et savourait les moments épars de leur vie.
C’était son seul divertissement, sa seule joie restante.
Elle accablait de critiques acerbes et de condamnations ceux qui ne pouvaient même pas tenir un jour, et se moquait de ceux qui persistaient jour après jour, leur répétant qu’ils ne franchiraient jamais le mur.
Que désirait vraiment une Passeuse sans visage comme elle ?
Enkrid ne prit pas la peine de le demander.
Il n’essaya même pas de le deviner.
Ce n’était pas le moment de chercher des réponses.
Cette pensée lui était venue naturellement.
Il n’avait pas entrevu l’avenir, mais une profonde certitude avait surgi dans son cœur.
Ce n’est pas le moment de provoquer cette malédiction, cette entité collective de folie qu’est le Passeur sans visage.
« Tu essaies de savoir lequel de nous deux est le plus fou ? »
Si Krais l’avait su, c’est exactement ce qu’il aurait dit.
Après sa rencontre avec le Passeur sans visage, Enkrid passa ses journées aux côtés d’Aile Noire, à entraîner les talents prometteurs de l’Ouest et à les guider.
« Bande de morveux, et vous osez vous prétendre les piliers de l’Ouest ?! »
Rem entra dans une colère noire pendant l’entraînement.
Ce n’était rien de grave.
Enkrid courait simplement avec les « élites » de l’Ouest, puis leur enseignait la discipline par des combats d’entraînement.
Personne n’osait le traiter de démon en face, mais leurs pupilles tremblaient violemment lorsqu’ils demandaient combien de temps ils devraient encore continuer.
Quand plus de cinq d’entre eux abandonnèrent avant même de s’évanouir, Rem perdit son sang-froid.
« Beurk. »
À côté de lui, Aile Noire vida violemment le contenu de son estomac.
Là encore, ce n’était rien de grave.
Un instructeur ne devrait-il pas être capable d’accomplir des exploits que ses élèves n’oseraient même pas tenter ?
Aile Noire devait montrer l’exemple, et il le fit.
Il suivit un entraînement ascétique cinq fois plus éprouvant que celui d’un guerrier ordinaire.
Enkrid affronta Aile Noire plus de quarante fois en deux jours et lui roua le corps de coups.
Le corps couvert d’ecchymoses jaunes et bleues, à l’exception du visage, Aile Noire était entouré de plusieurs chamanes qui lui prodiguaient des soins.
« Ai-je enfin atteint le royaume où jouent les Généraux divins ? »
Aile Noire marmonna, étendu sur le dos et le regard perdu dans le ciel.
« Non, si tu y vas, tu mourras », lui répondit aussitôt l’Ancienne Chamane.
« Je vois une rivière », intervint un autre guerrier.
« Mon grand-père mort me fait signe », ajouta le guerrier à côté de lui.
Eh bien, bon nombre d’habitants de l’Ouest débitaient des absurdités du même genre.
« Vous êtes des guerriers minables et faibles ! »
Rem entra de nouveau dans une colère noire.
Si Enkrid les rouait de coups un jour, Rem s’en chargeait le lendemain.
Ni l’un ni l’autre ne cherchait le moins du monde à les tourmenter.
Pourquoi tout cela ?
Il y avait plusieurs raisons.
« Chef de la Grande Aile, Silence est peut-être mort, mais le Royaume démoniaque subsiste », déclara Rem.
Il aurait été merveilleux de pouvoir tout raser d’un seul coup, mais un Royaume démoniaque qui avait pris racine ici depuis des siècles ne disparaîtrait pas du jour au lendemain.
Il était fort probable que des colonies de monstres tentent de s’y installer à l’avenir.
En réalité, si personne n’agissait, ce serait pratiquement inévitable.
Que fallait-il faire pour empêcher cela ?
Rem énonça sa conclusion.
« Il faudra que d’innombrables guerriers y entrent et le nettoient. »
Le Chef de la Grande Aile accueillit ses paroles et prit la parole.
« Alors tu dois rester et les diriger. »
Il ajouta aussitôt son raisonnement.
« Tu es le mari de ma fille et le père de ma petite-fille. Ne trouves-tu pas ma demande naturelle ? »
Il n’avait pas tort.
Enkrid, assis avec eux, leva sa tasse de thé et intervint.
« Tu peux rester, Rem. »
Enkrid n’en voudrait jamais à Rem s’il choisissait de rester ici.
Rem le savait, Enkrid le savait, et Ayul le savait.
Au bout du compte, tout dépendait simplement de son propre choix.
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