Chapitre 935
Chapitre 933 – Vers l’ouest
Jaxen se fondit discrètement dans son environnement.
« Assimilation. »
Une technique permettant de dissoudre sa présence dans le décor. C’était une spécialité des Fées, mais ceux qui faisaient de l’assassinat leur métier devaient eux aussi la maîtriser. Au niveau chevaleresque, on pouvait effacer entièrement sa présence en faisant circuler sa Volonté, mais même avant cela, n’importe qui pouvait apprendre cette technique en s’entraînant. Autrement dit, c’était la base de la furtivité. Une compétence essentielle pour un assassin.
« Assimilation et estocade meurtrière. »
C’étaient les spécialités de Jaxen.
Il savait que la bonne réponse consistait à perfectionner les bases et à dépasser ses limites.
En fait, il était convaincu que personne dans l’Ordre de chevaliers, pas même Enkrid, ne pourrait la parer.
« Ça ne marche plus sur lui. »
Dès qu’il confirma les capacités d’Enkrid, des dizaines de méthodes lui traversèrent l’esprit.
Dans son imagination, il prit Enkrid pour cible à d’innombrables reprises.
Le prendre à revers, s’approcher pour lui trancher la gorge, le poignarder de loin avec une épée longue, l’étrangler avec un cordon, ou encore l’effleurer de ses ongles enduits de poison.
« Paré. »
Rien ne fonctionnait.
Cette prise de conscience l’amena tout naturellement à décortiquer ce qu’il possédait, pièce par pièce.
Son duel contre cet enfoiré de Rem avait été une lutte désespérée pour affronter ses limites et s’en libérer.
Un effort acharné pour avancer.
Jusque-là, Enkrid avait toujours été celui qui s’y employait, mais cette fois, c’était son tour.
« L’assassinat repose sur cinq méthodes. »
La perception, la psychologie, la tromperie, le calcul et la réalisation.
La perception, c’était connaître sa cible.
La psychologie, c’était lire l’esprit de l’adversaire au moment voulu.
La tromperie, c’était exploiter les failles de cet esprit.
Le calcul, c’était prendre en compte tous les facteurs jusqu’à l’exécution, anticiper la situation et tuer son adversaire d’innombrables fois dans sa tête.
La réalisation, c’était mettre à profit tout ce qu’on avait préparé jusque-là pour mener la mission à bien.
Parce qu’il excellait dans ces cinq méthodes, Jaxen était le Maître de la Rosée de l’Aube.
Le meilleur des Dagues de Georg.
Bien qu’il eût dépassé, à force d’approfondissement et d’entraînement, le niveau d’un Maître de guilde des assassins, le présent ne lui suffisait pas.
« Assimilation et assassinat. »
Puis, il y ajoutait des arts sensoriels : recouvrir ses cinq sens de Volonté pour percevoir tout ce qui l’entourait grâce à une perception extrasensorielle.
Jaxen ressassait ses spécialités.
Une voix interrompit ses pensées.
« Là-bas ? »
Sur un sentier qui grimpait le long d’une chaîne de montagnes.
Entre les arbres gigantesques, capables d’écraser une maison s’ils venaient à tomber, on apercevait un œil gris.
Le salaud qui avait repéré précisément sa position lança une hache.
Elle ne produisit aucun bruit.
Avant même que le son ne parvienne, une hachette en forme de disque fendit l’air et s’enfonça dans l’arbre où Jaxen était caché.
Boum !
L’air se déchira et l’arbre explosa.
Un pan du tronc éclata, projetant des éclats dans toutes les directions.
Jaxen avait déjà quitté son emplacement, mais il savait qu’il n’aurait pas eu une mort bien glorieuse si l’arme l’avait frappé de plein fouet.
« Je suis en train de me faire repousser. »
Mon Assimilation avait été éventée, et ma tentative d’assassinat avait échoué.
Il avait essayé plusieurs fois de prendre Rem à revers pour lui porter une estocade fatale, mais cet œil gris le suivait, traçant une longue ligne dans les airs.
Ce salaud de Rem parait ses estocades avec une rapidité de réaction instantanée.
Jaxen en avait fait l’expérience à maintes reprises.
« À moins qu’il ne soit résolu à tuer… »
Il n’était pas facile de le toucher.
Après son affrontement contre Enkrid, ce salaud avait lui aussi aiguisé ses sens comme jamais auparavant.
On pouvait dire qu’il était dans son élément.
Le propriétaire de l’œil gris dissimulait subtilement son aura, tel un fauve, et repérait sans mal Jaxen, pourtant caché.
C’était un homme qui, par habitude, se déplaçait dans le vent ; un style de combat qui révélait sa nature de chasseur.
Jaxen ne restait jamais longtemps au même endroit.
S’il s’attardait, la hache de Rem volerait vers lui.
Tout en bougeant sans cesse, il réfléchissait à toute vitesse.
Il répétait ses calculs, guettant un seul instant d’inattention.
Mais ses prévisions s’écartaient de la norme.
Jaxen entrevit un avenir où l’issue changerait si les choses continuaient ainsi.
« Euh, t’es pas juste un vieux chat de ruelle bon à rien ? »
Ce salaud de Rem parlait avec l’assurance de quelqu’un qui se croyait supérieur à lui.
Son attitude le trahissait.
Le nez en l’air, il le regardait de haut.
Les coins de ses yeux se plissaient sous l’effet du rire. C’étaient des yeux que Jaxen avait envie de lui crever, quitte à vendre son âme à un démon pour trois jours.
« Ah, c’est vrai. Toi. Tu t’appelais comment, déjà ? »
Ragna l’ignora.
Comme si l’être humain nommé Jaxen n’avait jamais existé.
« Petit frère, ne le prends pas trop mal. Être le plus jeune, ce n’est pas un problème, si ? Le plus jeune, c’est juste le plus jeune. D’une certaine façon, ça peut même être bien, d’être le plus jeune. »
Il n’avait prononcé qu’une phrase, mais avait employé cinq fois les mots « le plus jeune ».
Audin savait retourner ses entrailles avec une habileté diabolique, et il le ferait d’innombrables fois.
« Ah. »
Il le sentit.
Après avoir passé quelques jours avec lui, ce salaud de Rem avait compris quelque chose et s’approchait d’un nouveau domaine.
L’avenir que son inquiétude lui peignait stimulait Jaxen.
Jaxen eut une révélation à cet instant précis.
S’il se faisait repousser par ces tarés, il n’aurait aucun avenir.
Rien ne pourrait être plus douloureux.
« Une Volonté maladroite ne sert à rien. »
Suivant l’inspiration qui venait de surgir, Jaxen effaça la « couleur » de la Volonté en lui.
Il lui retira toute forme, puis la vida complètement.
« Qu’est-ce que… ? »
Même ce salaud de Rem s’immobilisa, les yeux écarquillés.
Jaxen bougea, désormais vidé de tout.
À cet instant, il se détacha du monde.
« Absence totale. »
Oublier le monde.
M’oublier moi-même.
Oublier l’arme dans ma main.
Jaxen se mit en mouvement vers un seul objectif, oubliant jusqu’à l’endroit où il se trouvait.
« Poignarder. »
Son intention surgit, mais il l’ensevelit et la dissimula dans une Volonté sans couleur.
Pouic…
Jaxen perça exactement là où il le voulait.
***
« Ce putain de salaud a fait un truc bizarre. »
À ces mots de Rem, Enkrid examina attentivement sa blessure.
Un trou lui perforait la cuisse gauche.
La blessure n’était pas profonde, mais il avait bel et bien été touché.
Comme Anne lui avait appliqué un onguent et bandé la plaie, impossible de déterminer l’angle d’entrée.
Il pourrait demander à Rem plus tard.
Ce n’était pas le plus important.
« Il t’a poignardé hors de ton champ de perception ? »
« Non. Je me suis rendu compte que j’étais poignardé seulement après coup. Merde, comment dire ? C’était vraiment dégueulasse. Vraiment. Beaucoup trop. Méfie-toi de ce salaud sournois. »
Comme à son habitude, Rem dénigra Jaxen.
Enkrid hocha la tête.
Pas parce qu’il était d’accord avec ces insultes, mais parce qu’il avait compris que Jaxen avait accompli quelque chose d’important.
« Rem se serait déjà préparé à contrer une Estocade du Vide classique. »
C’était encore une nouveauté.
Chaque fois qu’il entendait des récits de ce genre, son cœur s’emballait.
Il voulait s’entraîner avec lui.
Il voulait en faire l’expérience.
« Pas encore. J’ai du mal à maîtriser ça, alors je pourrais te tuer par erreur. »
Jaxen, qui était arrivé sans qu’on le remarque, lança ces mots, les bras croisés comme à son habitude.
Il s’était contenté de réagir à l’impatience qui transpirait d’Enkrid.
En entendant cela, le sourcil de Rem se dressa.
« Te tuer par erreur ? Tu crois que je me battais pour tuer, espèce d’abruti ? Et tu pourrais seulement me tuer, d’abord ? »
« Si tu veux crever, dis-le, espèce de barbare. Pour toi, je le ferai gratuitement. »
« Hé, tu crois que je suis en train de m’amuser ? »
Rem resserra sa prise sur sa hache.
Les veines saillirent sur le dos de sa main.
Sans que personne s’en aperçoive, Jaxen tenait une dague entre ses bras croisés.
Une aura féroce, plus tranchante que jamais, passa entre eux.
Quelques soldats qui observaient la scène déglutirent.
Ils s’étaient souvent battus auparavant, mais cette fois, c’était différent.
Une tension acérée comme une lame écrasait l’air.
Si les soldats avaient eu peu de courage, leurs jambes auraient flanché.
Heureusement, il s’agissait du terrain d’entraînement de l’Ordre des Chevaliers Fous.
Même un simple soldat ne pouvait y entrer sans avoir de solides nerfs.
Une fois à l’intérieur, il fallait endurer des entraînements si éprouvants qu’on se demandait si l’on n’était pas vraiment en enfer.
« Quel dommage. »
Enkrid laissa paraître ses émotions au milieu de cet échange d’intentions meurtrières.
Il était sincère, comme toujours.
Il avait vaincu tous les chevaliers de l’ordre, mais cela ne lui suffisait pas.
Il voulait aller plus loin, et voulait qu’ils le suivent.
C’était vraiment un homme d’une constance remarquable.
Dire que c’était dommage, maintenant, était une véritable expression de regret : il ne pouvait pas se mesurer à la nouvelle technique de Jaxen.
« Attends. »
L’intention meurtrière de Jaxen s’éteignit.
À sa place monta un enthousiasme ardent.
Les paroles du Capitaine avaient quelque chose de magique : elles touchaient le cœur des gens.
« Ouais, moi aussi, j’ai besoin de perfectionner un peu mes techniques. Attends. »
Rem renchérit en se grattant le cou avec le tranchant de sa hache, sans raison particulière.
Vu qu’une lame aussi féroce pouvait trancher l’acier, la désinvolture avec laquelle il se grattait le cou témoignait de la dureté de sa peau et de ses nerfs.
« Tu parlais d’une lettre ? »
Ce ne fut qu’à ce moment-là que Rem prêta attention à la lettre.
Il échangeait parfois des lettres avec Ayul par l’intermédiaire d’une guilde marchande.
Il l’ouvrit sans s’attendre à y trouver quoi que ce soit d’important.
« Hum ? »
Un grognement sourd lui échappa.
C’était la réaction de quelqu’un qui venait d’apprendre une nouvelle inattendue.
Les yeux de Rem parcoururent la lettre de gauche à droite.
Après l’avoir lue d’une traite, il déclara :
« Il faut que j’aille un moment dans l’Ouest. »
Enkrid n’avait de toute façon plus grand-chose à faire à la Garde-frontière.
Krais s’occupait de la ville.
Enkrid prenait les décisions, mais il se contentait le plus souvent d’acquiescer à ce que proposait Krais.
En outre, les temps étaient plus calmes que jamais : c’était une brève paix, conquise après la guerre contre le Sud.
Pourtant, de violents combats éclataient encore dans certaines régions, et la lettre racontait l’un de ces conflits.
Une faction du Clan des Géants, qui avait fui Lihin-Stetten, avait déferlé sur l’Ouest.
Bien sûr, si c’était tout, Rem ne se serait pas donné la peine de se déplacer lui-même.
Mais il relut encore et encore le passage sur les « cauchemars », puis annonça qu’il partirait.
« Allons-y ensemble. »
dit Enkrid.
Il avait envie de mettre en pratique ses nouvelles découvertes autrement qu’au cours d’un entraînement.
Et puis, Ayul était la compagne de Rem, et Enkrid avait lui aussi beaucoup de relations dans l’Ouest, non ?
« D’accord, faisons comme ça. On dirait qu’on pourra régler ça vite et rentrer. »
« Avec cette jambe ? »
demanda Dunbakel.
Quand ce n’était pas l’heure de l’entraînement, sa routine consistait à se prélasser par terre comme un chat paresseux.
À cet instant, elle était encore à moitié allongée sur une couverture chauffante posée au sol.
« C’est ton lit, maintenant ? »
À la remarque acerbe de Rem, Dunbakel pencha la tête.
« Non, mon lit est dans les quartiers. Là, c’est juste le sol. »
Dunbakel avait parlé avec le plus grand sérieux.
« On dirait qu’elle ne fait pas ça pour me provoquer, non ? »
Rem tourna la tête vers Enkrid et lui posa la question.
Enkrid dit la vérité.
« Elle a l’air sincère. »
Ce n’était pas une provocation, mais une remarque sincère d’une collègue qui disait simplement des bêtises avec franchise.
« Ça m’énerve encore plus. »
marmonna Rem.
Dunbakel se tut.
Elle avait appris à ses dépens qu’attaquer Rem quand il était d’humeur pareille ne menait à rien de bon.
Rem laissa passer avec un regard bourru et se prépara à partir sur-le-champ, prêt à faire tout le chemin à pied malgré sa jambe boiteuse.
« Comme l’a dit Dunbakel, marcher avec cette jambe, c’est déraisonnable. »
intervint Enkrid.
***
Alors qu’il s’apprêtait à trouver des chevaux, Krais s’arrangea pour qu’ils se joignent à la Guilde marchande Rockfreed, qui partait justement pour l’Ouest.
« Il s’est passé quelque chose dans l’Ouest ? Tss. J’ai entendu dire que des trucs bizarres n’arrêtaient pas de déferler dans toutes les directions depuis le Sud. Je vais leur dire de tout préparer et de partir au plus vite. »
Pour Krais, l’Ouest était un véritable trésor de ressources.
L’obsidienne qu’on y extrayait était déjà devenue un produit phare.
Deux jours plus tard, la jambe de Rem avait assez guéri pour qu’il puisse marcher, et tous deux rejoignirent la caravane en route vers l’Ouest.
Elle était commandée par Leona Rockfreed en personne.
« C’est un honneur, monsieur. »
Leona accueillit Enkrid avec un sourire.
« Si Shinar voyait ça, elle te dirait de baisser immédiatement ces coins de bouche. Ton sourire est dangereusement éclatant. »
Rem critiqua son sourire avec sécheresse.
« Si elle se fâche contre mon sourire, elle aurait probablement déjà enterré Dame Aurelia quelque part dans une montagne. »
Leona était à la tête d’une guilde marchande ; elle savait combien l’information était importante.
Aurelia venait de rejoindre l’Ordre des Chevaliers Fous, la principale force militaire chargée de protéger la ville.
Impossible que Leona ne s’y intéresse pas.
Elle savait déjà à quel point Aurelia était belle et qui était précisément son grand-père.
« Assez parlé de ces broutilles. Pourquoi te déplaces-tu en personne ? Le Maître de guilde a tant de temps libre que ça ? »
Pendant qu’Enkrid parlait, Leona se dirigea vers une voiture.
Après que les deux hommes y furent montés, Dunbakel grimpa sur le toit en se plaignant que l’intérieur était étouffant, tandis que Rem prit la place du passager, à côté du conducteur.
Le garde assis là regarda Rem avec nervosité.
« Quoi ? Pourquoi tu me regardes comme ça ? »
« … Rien. »
Rem n’avait pas encore tout à fait retrouvé son calme.
Il s’était fait poignarder la jambe à cause de ce salaud de Jaxen, et la gêne qu’il ressentait chaque fois qu’il essayait de courir l’agaçait au plus haut point.
« L’estocade de ce salaud était vraiment étrange. »
Il n’avait pas senti la lame avant d’être poignardé ; il ne l’avait sentie qu’une fois enfoncée dans sa chair.
Rem ferma les yeux sur le siège du passager.
Le plus important, c’était de récupérer.
Avec suffisamment de repos, son corps guérirait vite.
À en juger par la lettre d’Ayul, la situation elle-même ne devait pas poser de gros problème, mais la mention de « cauchemars », indépendamment des géants ou d’autres choses du genre, lui inspirait un mauvais pressentiment.
Au rythme des cahots de la voiture, Rem s’assoupit.
« Ce ne sont pas des soldats de la Garde-frontière. Ce sont des hommes recrutés par la guilde marchande ? »
demanda Enkrid en examinant les alentours.
Il évaluait les soldats qui escortaient la caravane.
Seuls Enkrid et Leona se trouvaient dans la voiture.
Comme Leona était la Maîtresse de guilde de la Guilde marchande Rockfreed, des gardes la suivaient généralement comme son ombre, du matin au soir.
Mais la personne assise en face d’elle était le Commandant de l’Ordre des Chevaliers Fous.
Si Enkrid décidait de s’en prendre à Leona, aucun garde ne pourrait l’arrêter.
Inversement, si quelqu’un tentait de lui faire du mal en traversant la calamité qu’était Enkrid, de simples gardes ne serviraient à rien non plus.
C’était pour cette raison qu’ils étaient seuls dans la voiture.
Ce choix de personnel donnait un aperçu de l’état d’esprit de Leona.
Elle privilégiait l’efficacité.
Si elle devait prendre un risque pour atteindre son objectif ultime, elle le prenait.
Si cela lui permettait d’obtenir un profit plus important par la suite, c’était efficace.
Il était évident qu’elle avait une grande capacité d’action.
Par exemple, même après être devenue propriétaire de la ville de Rockfreed et avoir obtenu le soutien des troupes de la Garde-frontière, elle n’avait pas lésiné sur les investissements pour former ses propres guerriers, chargés de protéger la guilde et la ville.
À première vue, cela semblait être un gaspillage d’or, mais en y réfléchissant bien, sa décision reposait sur des arguments solides.
« On dirait que vous me demandez pourquoi je ne me contente pas d’emprunter les forces de la Garde-frontière. Une guilde marchande qui ne peut pas se débrouiller seule finira par péricliter. »
dit Leona en claquant des doigts.
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