Chapitre 923
Chapitre 921 – Ils étaient cinq
Les survivants de l’armée du Sud rentrèrent à Lihin-Stetten.
Sur le chemin du retour, le fils du Grand Empereur — désormais roi, fraîchement couronné — prit la parole.
« Nous avons perdu. Et les vaincus n’ont pas voix au chapitre. »
L’un de ses aides de camp répondit avec prudence.
« Il reste des jusqu’au-boutistes dans le pays, Majesté. »
Ces jusqu’au-boutistes s’accrochaient encore à la volonté du Grand Empereur. C’étaient des idiots qui croyaient que la seule raison d’être de Lihin-Stetten était de dominer le monde.
« Pourquoi ? Tu me crois si faible que je me laisserais influencer par eux ? »
« Pas du tout. »
Avant sa mort, le Grand Empereur avait pris de nombreuses dispositions, dont l’une était précisément destinée au fils qui hériterait de tout.
Désormais, Lihin-Stetten ne se battrait plus pour convoiter les terres étrangères, mais pour protéger ceux qui vivaient à l’intérieur de ses frontières.
Le fils du Grand Empereur avait beau sembler frêle, s’il avait réellement été faible, il ne serait jamais arrivé jusque-là.
Après tout, il était parvenu à protéger la majeure partie de son armée grâce au traité.
Le Traité de la Digue.
Tel était le nom officiel de l’accord.
Il serait inscrit dans les livres d’histoire et proclamé sur tout le continent.
« Lihin-Stetten devient la Digue. »
La principale condition du traité était qu’ils serviraient de rempart pour empêcher le Royaume démoniaque de déferler sur le reste du continent.
« L’Ordre des Chevaliers de la Cape Pourpre vous apportera son aide. »
Telle était la promesse de Krang.
Le Roi était un homme d’une tout autre trempe.
Les deux nations convinrent de bâtir une cité fortifiée là où se trouvait autrefois la ligne de front, et de se prêter assistance. Elles discutèrent également du déploiement de leurs ordres de chevalerie respectifs.
Lihin-Stetten n’avait d’autre choix que de tenir sa promesse.
Naurillia avait l’avantage ; le choix revenait donc à Krang.
Mais au lieu d’employer sa puissance pour opprimer Lihin-Stetten, Krang choisit de discuter de leur coexistence.
« Je vous remercie encore une fois. »
Juste avant de se séparer, le Roi du Sud s’inclina.
Krang rit et balaya cette formalité d’un geste.
« J’espère que nous pourrons aussi nouer une amitié. »
Krang avait le teint blême, sans doute à cause des lourdes épreuves des derniers jours.
Le Roi du Sud supposa qu’il en était la cause.
Bien sûr, il se trompait.
Si Krang avait le teint pâle, c’était entièrement à cause de son ami, qui venait de revenir de justesse du seuil de la mort.
Quoi qu’il en soit, la guerre entre Naurillia et Lihin-Stetten prit enfin fin, après des décennies de conflit.
Il n’était pas tout à fait un « Chevalier de la Fin », mais le nom de l’Ordre de chevaliers qui avait mis un terme à la guerre se répandit partout.
Si l’Ordre des Chevaliers de la Cape Pourpre avait protégé, les Fous avaient achevé le travail.
Voilà l’histoire qui circulait sur le continent.
« Vous connaissez le nom de l’homme qui a mis fin à la guerre grâce à son charme démoniaque ? »
« Enkrid le Fou ! »
De nombreux bardes composèrent des chansons à son sujet.
Garrett, qui avait autrefois été commandant de bataillon à Perle verte, arriva un peu tard et manqua les festivités. Il se joignit tout de même aux autres et apprit quelques chansons pour les reprendre avec eux.
« J’ai envie de crier sur tous les toits que tout ça était évident, que je l’avais prédit ! »
Noah, le Pape de la Légion de la Ville sainte et ami proche d’un certain individu, prononça ces mots en souriant.
La lumière du soleil qui traversait la fenêtre était particulièrement chaude, ce jour-là.
Les feuilles d’une plante en pot, posée sur le rebord, baignaient dans la lumière.
Un assistant debout derrière le Pape répondit :
« Vous avez prié et fait des vœux pour que cela arrive un nombre incalculable de fois. »
À ces mots, le Saint dépenaillé éclata d’un rire sonore.
« C’était une prière très sincère. »
Après l’accession de Noah à la papauté, le saint errant avait mis ses propres affaires de côté pour devenir le conseiller du Pape.
Puisqu’il se trouvait dans la Légion, le Saint dépenaillé avait également entendu parler des exploits d’Audin.
Il trouvait que cela lui ressemblait tout à fait.
« Tu as toujours préféré aider les gens plutôt que les combattre. »
En apparence, il avait l’air d’une brute spécialisée dans les passages à tabac, mais son cœur était tout autre.
« Cela dit, il n’a rien contre les combats non plus. »
Il savait simplement quelles étaient ses priorités.
Et il avait rencontré un Capitaine qui partageait ce même tempérament.
« Voilà pourquoi il le suit. »
Le Saint dépenaillé, père adoptif d’Audin, contempla le ciel bleu par la fenêtre.
« Alors, tu es satisfait, maintenant ? »
Tandis qu’il posait intérieurement la question à son fils, Noah leva les yeux vers le même ciel.
« Ce que tu souhaitais s’est réalisé. »
Le chevalier qui rêvait de mettre fin à la guerre y était vraiment parvenu.
Difficile d’imaginer ce qu’il ressentait à présent.
« Es-tu heureux ? »
Il se contenta de poser la question dans son cœur.
Il décida de lui écrire pour lui demander de venir lui rendre visite s’il en avait l’occasion.
Il voulait entendre de sa bouche le récit de ses exploits.
De son côté, en apprenant la nouvelle, le roi d’Aspen discuta d’un ton grave des moyens de devenir un allié éternel.
Le conseil chargé des Cités marchandes envisagea même de prêter allégeance au Roi de Naurillia.
Certains endroits restèrent relativement calmes, mais la plupart s’intéressaient surtout aux prochaines décisions du Roi de Naurillia et d’Enkrid.
Quant à Krang, sans imposer de serment de loyauté à qui que ce soit, il rentra simplement à la capitale et organisa une cérémonie en mémoire des morts.
Enkrid fit de même.
De retour à la Garde-frontière, il reprit le cours de sa vie, comme avant.
La seule particularité, c’était qu’il fallut plus d’un mois à l’Ordre des Chevaliers Fous pour rentrer après la fin de la guerre.
Ils avaient besoin de temps pour récupérer avant de pouvoir reprendre la route.
Très peu de gens étaient au courant qu’Enkrid avait eu un trou dans le ventre.
« Je croyais que tu étais en retard parce que tu avais caché un pot de miel dans le Sud, mais c’était parce que tu avais un trou dans le ventre ? »
Krais, le visage pâle comme un linge, fit semblant de prendre la chose à la légère.
« Tu t’inquiétais ? »
« M’inquiéter ? Comme si. Si le Capitaine était mort, j’aurais tout plaqué, je serais parti et j’aurais enfin réalisé mon ambition de longue date. »
Même si Enkrid était vraiment mort, Krais ne se serait pas enfui.
Il portait trop de responsabilités sur ses épaules pour ça.
Le sachant, Nurat, sa garde du corps et sa compagne, resta silencieusement à ses côtés.
« Tu as failli mourir ? »
Esther aussi lui souhaita la bienvenue.
Elle ouvrit la porte et entra tandis qu’Enkrid se changeait dans ses quartiers.
La Sorcière s’approcha à pas feutrés et passa la main sur la cicatrice de son ventre.
« La blessure est profonde. »
« Pourtant, j’ai survécu. »
Enkrid répondit simplement.
Esther n’ajouta rien.
Il était rentré.
À la Garde-frontière, un endroit qu’il pouvait désormais appeler chez lui sans mentir.
« Ça fait du bien d’être en vie ? »
Enkrid enfila quelques vêtements et sortit. Rem gloussa et lui posa la question qu’il lui répétait depuis tout le trajet du retour.
« Absolument. »
Enkrid ne mentit pas.
« Ce qui s’est passé ici relève du mystère. »
Temarress répéta ce qu’il avait déjà dit en chemin.
Le Dragonkin aurait pu simplement partir, mais il était resté aux côtés d’Enkrid sans dire un mot.
Et quand Enkrid était tout juste revenu à la vie, Temarress s’était entaillé la paume d’un ongle sans la moindre hésitation pour lui donner son sang.
« Mon sang est un trésor que toute l’humanité convoite. Bois. »
Sur ce ton autoritaire, Enkrid en avait avalé quelques gouttes.
Les paroles de Temarress n’étaient pas un mensonge.
Son sang décuplait aussitôt l’énergie du corps.
Même la Volonté d’Enkrid réagit et se mit à jaillir.
C’est ce qui lui permit de tenir pendant ces cinq jours.
Temarress ajouta que son sang avait beau être comme un remède, il n’aurait pas toujours cet effet.
« Même quand je t’en ai fait boire d’innombrables fois, ça n’a servi à rien. »
Temarress marmonna.
Si personne ne s’en étonna, c’était parce que Temarress avait déjà accompli le même geste plusieurs fois.
« La Déesse de la fortune a peut-être succombé à ton charme démoniaque. »
Luagarne plaisanta, ravie.
« Tu séduis même une déesse ? »
Shinar entra dans son jeu.
Pas une seule personne ne se réjouissait pas de le savoir en vie.
Ragna plus que tous les autres, puisque le Capitaine avait failli mourir en combattant à ses côtés.
Si Enkrid était mort, Ragna serait entré dans le Royaume démoniaque sans hésiter.
Il aurait pointé son épée sur tous les êtres qui y vivaient.
Rem réfléchissait et élaborait des stratégies, mais Ragna, lui, était différent.
Il n’était pas du genre à écouter qui que ce soit si on tentait de l’arrêter.
« Tu dois te reposer correctement pendant au moins une semaine. Je vais te préparer un remède ; bois-le ce soir et dors. »
Anne déclara cela après avoir examiné l’état d’Enkrid.
Il avait des cernes sous les yeux et la peau rêche.
Son énergie était épuisée comme jamais.
Bien sûr, après avoir vu les blessures de Ragna, elle lui avait aussi donné son remède.
« Tu ne t’es pas fait surprendre. »
En voyant la blessure, Jaxen comprit comment Enkrid avait été vaincu.
Il avait perdu dans un affrontement direct.
De plus, l’épée de son adversaire avait transpercé net même le cuir de Beelrog.
« Comment ? »
Une estocade raffinée.
Parfaitement maîtriser la Volonté ou l’intention meurtrière, concentrer sa force en un point pour transpercer.
Le regard de Jaxen s’assombrit.
Dès qu’il vit la blessure d’Enkrid, il se plongea dans ses pensées.
L’estocade en elle-même relevait d’un tout autre niveau.
« Est-ce que j’en suis capable ? »
Jaxen évalua intérieurement s’il pouvait porter un coup d’une puissance équivalente.
Avec assez de détermination, c’était possible.
À condition d’avoir une relique comparable à une Arme inscrite — spécialisée dans les estocades, en particulier — et le temps d’affiner son intention meurtrière.
« Mais l’exécuter instantanément en plein combat ? »
Ça, c’était difficile.
Jaxen fronça les sourcils.
S’il lui fallait dire s’il en était capable tout en faisant face au salaud qui ne savait pas s’orienter et au Capitaine, il garderait le silence.
Comme il ne pouvait pas se résoudre à dire qu’il en était incapable, même sous la torture, il choisit de ne rien répondre.
Enkrid comprit ce qui lui traversait l’esprit.
Tout l’Ordre de chevaliers, Rem, Ragna et Audin compris, avait déjà suivi un processus similaire.
Le plus drôle, c’était qu’ils étaient tous devenus silencieux.
Ils ne voulaient pas admettre qu’ils n’en étaient pas capables.
« La prochaine fois qu’on se verra, je le découperai. »
Ragna déclara cela.
« Qu’est-ce qu’il peut faire si je lui balance des pierres de loin ? Hein ? »
Rem fanfaronna, et chacun énuméra ses spécialités.
« Ce frère-là a déjà une place réservée auprès du Seigneur. Si on reste près de lui, il n’aura pas l’occasion de manier son épée, même si je ne connais ni son nom ni son visage. »
Même Audin s’en mêla.
Enkrid, lui, ne dit pas grand-chose.
Quand il était revenu d’entre les morts, il avait lutté pour ne pas mourir de nouveau. Et lorsqu’il avait enfin repris son souffle, il n’avait pas eu l’énergie de regarder autour de lui, occupé qu’il était à repenser à ce qu’il avait compris en revivant « aujourd’hui ».
À présent, il se réjouissait simplement d’être en vie et de retrouver la ville.
« Tu es rentré ? Félicitations pour la victoire. »
Il était particulièrement heureux de revoir Vengeance, le shérif qui était devenu père.
C’était pour des gens comme lui que son combat avait eu un sens.
« Ouais. On a gagné. »
La guerre était terminée.
Le héros qui y avait mis fin suivit à la lettre les ordres de la guérisseuse.
Enkrid se concentra sur sa convalescence et repassa un à un les événements qui avaient suivi le combat, plus précisément ceux qui s’étaient produits après son réveil, cinq jours plus tard.
Une succession d’événements difficiles à ignorer.
« Je devrais te féliciter ? Je ne savais pas que tu tuerais le Démon parasite. Tu avais caché le Dragonkin là exprès ? »
Cela s’était passé juste après qu’on lui eut refermé le trou dans le ventre.
Après qu’il eut survécu de justesse au cinquième jour.
C’était aussi le moment où il avait retrouvé un peu d’énergie, après avoir souffert trois jours de plus sans même rêver, puis s’être réveillé et avoir avalé péniblement quelques cuillerées de bouillie.
Enkrid regarda le soldat qui s’approchait de lui et lui adressa brusquement la parole.
En y regardant de plus près, ses globes oculaires étaient entièrement noirs.
On aurait dit qu’il était possédé par quelque chose, ou par un mauvais esprit.
« Tu ne pourrais pas commencer par te présenter ? »
Enkrid porta une cuillerée de soupe à sa bouche.
La cuillère y pénétra.
« Enchanté. Je suis le Roi des bêtes. »
dit le soldat.
À voir sa bouche et ses membres grincer, on comprenait aisément ce qui se trouvait à l’intérieur.
De plus, il avait entendu la présentation.
L’un des Seigneurs du Royaume démoniaque.
Il poursuivit sans montrer la moindre irritation devant le calme d’Enkrid.
« Combattons ensemble. Je ne te demande pas de te placer sous mes ordres. Je te donnerai une place à mes côtés, d’égal à égal. »
À ce stade, il n’avait pas le choix : il fallait poser la question.
« Et qu’est-ce que j’y gagne ? »
Qu’est-ce qu’il lui proposait pour venir le trouver ainsi ?
Enkrid porta la cuillère à sa bouche, la retira, puis laissa retomber sa main.
Le Roi des bêtes, par les yeux du soldat envoyé avec un fragment de sa conscience, observa la cuillère que tenait la main pendante d’Enkrid.
Il avait choisi une cuillère pour arme plutôt que l’Aube brisée.
Quel que soit l’angle sous lequel on le regardait, c’était un type vraiment étonnant.
Malgré son corps en piteux état, il se tenait prêt à combattre, une simple cuillère à la main.
Un type qui ferait pleurer même Beelrog, le Démon de la Discorde.
Sans tenir compte de ses pensées, le Roi des bêtes répondit sans hésiter :
« Des informations, la vie et tout ce que tu désires. »
Il ne tourna pas autour du pot.
Inutile de le faire.
Il suffisait de dire ce qu’on voulait ; en cas de refus, l’affaire en resterait là.
« Des informations ? »
Enkrid lui demanda de répéter.
« Il y a en tout six Seigneurs qui règnent sur le Royaume démoniaque. Tu en as tué un. Je te dirai à l’avance ce que font les autres. »
Autrement dit, il se proposait de devenir un espion.
Enkrid compta les chiffres comme s’il n’avait même pas entendu l’offre.
« Il en reste cinq. »
Le Roi des bêtes accueillit sa remarque sans se troubler.
« Exact. Éliminons ensemble les quatre autres. N’est-ce pas ce que tu voulais ? Ensuite, nous pourrons nous battre tous les deux. »
Sa proposition était douce comme du miel.
Elle paraissait séduisante, raisonnable et avantageuse.
« Je ne te demande pas de venir au Royaume démoniaque pour y faire quoi que ce soit. Je provoquerai un conflit de mon côté ; tu n’auras qu’à me prêter main-forte. »
« Bref, tu ne choisis que des coups tordus à faire dans ton coin. »
De la suie noire apparut derrière le soldat, et une nouvelle voix s’interposa.
Le ton parut étrangement prudent à Enkrid.
C’était comme un murmure qui ne s’adressait qu’à lui, alors que l’entité aurait pu faire résonner les environs d’un simple mot si elle l’avait voulu.
Après le Roi des bêtes, c’était un message du Roi des spectres.
Une partie de sa conscience s’approcha sous la forme de suie pour transmettre sa volonté.
« Tu ferais mieux de t’allier à moi. Je suis bien supérieur à ce cerveau de piaf puant. »
Le Roi des bêtes se moqua de lui.
Il transmettait sa volonté par le seul ton de sa voix, sans changer d’expression. Il fallait bien reconnaître qu’il avait un talent hors du commun.
« Il faut être sacrément arrogant pour se proclamer supérieur soi-même. »
Bien qu’ils ne laissent rien paraître, la relation entre les deux n’avait pas l’air particulièrement cordiale.
Enkrid examina son propre état physique.
Il était bel et bien gravement blessé.
À l’heure actuelle, il aurait du mal à battre même Fel.
Mais cela l’empêchait-il de dire ce qu’il avait à dire ?
S’il avait été ce genre d’homme, il ne serait pas arrivé jusque-là.
« Attendez. »
Enkrid s’adressa aux deux Seigneurs du Royaume démoniaque.
Ses mots étaient chargés de Volonté.
Une volonté profonde, semblable à la Langue des dragons crachée par un Dragonkin.
Ou peut-être était-ce plutôt un serment.
Une résolution aussi ferme que le vœu de Cypress.
« Je vais tous vous tuer. Alors restez là où vous êtes. »
Aucun compromis.
Aucune négociation.
Enkrid avait arrêté sa décision, sans la moindre hésitation.
« … Un type encore plus difficile à comprendre que moi. »
« Un type plus pénible que le Destructeur blanc pur. »
« S’il traînait avec Méfiance, ils s’entendraient très bien. »
Le Roi des bêtes prit la parole le premier ; les autres ajoutèrent chacun un mot, puis ils se dispersèrent comme de la fumée et disparurent.
En voyant le soldat s’effondrer lourdement, Rem, Ragna et les autres s’avancèrent à leur tour.
« Exact. Éliminons-les tous. Je serai à tes côtés. »
Shinar joignit sa volonté à celle d’Enkrid.
« Tu serais triste si tu me laissais de côté, non ? Hein ? »
Rem ajouta son grain de sel.
La visite du démon était l’un des événements survenus après qu’il eut franchi le mur appelé « aujourd’hui ».
Mais il restait d’autres affaires impossibles à ignorer.
« Emmène aussi Aurelia. »
Les paroles que Cypress prononça brusquement en faisaient partie.
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