Chapitre 861
Chapitre 859 – D’une manière ou d’une autre, ça s’arrangera
C’était un jour de pluie fine.
La pluie froide glaçait le corps et une odeur infecte piquait les narines.
Des dizaines de personnes tremblaient violemment d’anxiété.
Un pays où les greniers étaient en pierre, tandis que les maisons des gens n’étaient faites que de planches.
Voilà la réalité des villages agricoles qui nourrissaient la ville.
Une terre fertile, celle de l’okto.
Quels mots pourraient le mieux décrire cet endroit ?
Un repas sanglant, du grain imbibé de sang.
À l’intérieur de la ville, le soleil brillait peu à cause des hautes murailles.
On ne pouvait pas installer de champs dans la ville.
Les villages agricoles avaient donc été bâtis à faible distance de la ville, avec des greniers en pierre pour se protéger des attaques de monstres et de bêtes magiques.
Les fermiers risquaient leur vie pour sortir cultiver leurs terres.
Le grain était protégé par des murs de pierre, tandis que les habitants mouraient en défendant leurs maisons.
C’était ainsi que fonctionnait la ville.
Fallait-il accepter cela, sous prétexte qu’une ville ne pouvait accueillir qu’un nombre limité d’habitants ?
L’Enkrid d’autrefois n’y parvenait pas.
Il escortait une noble dame lorsqu’on l’avait arrêté en chemin.
« C’est tout ce que nous avons. »
C’était un vieil homme dont les doigts étaient noircis par une vie entière passée à travailler la terre.
Son dos voûté ne semblait pas près de se redresser.
Il ne relevait pas la tête.
La palissade de bois autour du village, la pluie qui s’abattait dessus et les gens qui vivaient là.
Les soldats détenaient les clés du grenier de pierre, et le seigneur, censé protéger la ville, ne protégeait « que » la ville.
Chassés hors des murs, les fermiers ne pouvaient abandonner leurs terres, sachant qu’ils deviendraient pauvres s’ils renonçaient à la récolte de l’année.
Ils avaient mis leurs biens en commun pour engager des mercenaires.
C’était une histoire banale, qu’on pouvait entendre partout.
Un manque d’argent et du grain couvert de sang.
Des gens qui luttaient pour survivre.
Un dirigeant qui fermait les yeux.
Les objets de valeur apportés par le vieil homme voûté n’étaient qu’une bague de cuivre et un bibelot en verre grossier.
Enkrid avait l’œil et une longue expérience d’escorte de nobles ; il connaissait donc la valeur de ces objets.
« Ça ne vaut même pas une pièce d’or. »
C’était une somme dérisoire pour engager une compagnie de mercenaires.
C’était l’une des raisons pour lesquelles ils l’avaient arrêté.
« Je vous en prie, aidez-nous », dit le vieil homme.
Enkrid ne prit que la bague de cuivre.
« Je suis seul, alors ça suffira. »
L’un des jeunes hommes qui les observaient lui lança un regard hostile.
Ses cheveux trempés lui collaient à la joue.
La pluie tombait sans relâche.
« Nous pouvons nous défendre nous-mêmes. »
« Ne dis pas de bêtises, on n’y arrivera pas sans épéiste. »
Le vieil homme se disputait avec un homme bien plus jeune, d’au moins vingt ans.
Cette terre avait eu de la chance.
Il y avait eu quelques incursions de bêtes, mais ils les avaient repoussées sans difficulté.
Cela ne voulait pas dire que personne n’était mort, mais ils n’avaient jamais connu le véritable désespoir.
« Sale Tom, je me vengerai », marmonna un homme en crachant par terre.
Il avait un regard meurtrier.
Enkrid observa les gens rassemblés et garda le silence.
C’était un groupe qui ne changerait pas, même avec un bon commandant.
À vrai dire, il avait déjà fort à faire de son côté.
Il aurait pu ignorer le village, mais il ne le fit pas.
Sous la pluie de fin d’été, une meute de bêtes magiques pointa le bout de son museau.
Il s’agissait principalement de loups et de renards.
La meute ne visait pas le grenier de pierre.
Elle s’en prenait aux humains.
Des humains mal armés constituaient des proies faciles.
« … Ils sont trop nombreux. »
L’un des jeunes hommes marmonna, et Enkrid acquiesça intérieurement.
Il y avait plus de vingt bêtes magiques affamées.
Mais devaient-ils simplement se laisser tuer ?
Tous les hommes capables de se battre s’étaient rassemblés, à l’exception des femmes et des enfants.
Il leur cria de se battre dos à dos et, même après qu’une bête lui eut mordu la jambe, il fracassa le crâne d’un renard d’un coup de masse.
Il n’avait jamais négligé son entraînement quotidien, même à cette époque ; sa force physique était donc exceptionnelle.
Mais ce n’était pas une crise qu’on pouvait surmonter en étant simplement un peu plus fort que les autres.
Il était à deux doigts de finir en excrément de bête avec le reste du village.
Il tenait bon, clopinant sur ses membres mordus, en portant une Estocade avec son épée et en balançant sa masse.
« Celui-là, c’est un sacré cinglé. »
C’était une compagnie de mercenaires.
L’homme qui marchait à sa tête venait de parler.
« Cette pluie, c’est le déluge biblique, putain », lança le capitaine des mercenaires.
Il reprit la parole et abattit son épée.
Aux yeux de l’Enkrid de l’époque, c’était un homme très doué.
D’un seul coup, il fit glapir et reculer le renard qui bondissait sur eux.
Les autres le suivirent.
Ils étaient quinze guerriers armés, tous bien plus doués qu’Enkrid.
« Quoi, quelqu’un a offert sa fille pour que tu ailles aussi loin ? » lança gaiement l’un des mercenaires.
Il voulait savoir pourquoi ils se battaient avec un tel acharnement.
La crise était passée, et ils étaient encore en vie.
« Non, sérieusement, tu n’es même pas si doué. À quoi tu pensais ? » demanda encore le capitaine des mercenaires.
« Je ne pouvais pas les abandonner. »
« … Toi, t’es un nouveau genre de cinglé. »
Après cet incident, Enkrid rejoignit la compagnie de mercenaires et apprit énormément.
Ce n’était pas quelqu’un qu’Enkrid aurait appelé son premier maître, mais c’était l’homme qui l’avait recueilli et avait veillé sur lui.
« Tu devrais poser ton épée. Ce serait la bonne décision. Si tu ne peux vraiment pas t’y résoudre, alors fréquente les nobles dames. »
Lui avait-il aussi donné ce conseil ?
Le souvenir de ce jour de pluie se superposa au présent.
Enkrid regarda l’homme qui lui revenait en mémoire.
« … Tim ? »
« Putain, c’est qui, ce type ? Je m’appelle Bunion. »
« Ah, oui. »
Enkrid hocha la tête.
Bunion.
C’était son nom.
« Si tu ne t’en souviens pas, ne dis rien. Pourquoi essayer un autre nom ? » marmonna Ropord.
« Il a toujours été comme ça. Pourquoi tu demandes, alors que tu le sais déjà ? » répliqua Fel.
Fel rétorqua.
Depuis leur arrivée ici, Ropord était plus tendu que d’habitude.
Ses paroles en étaient le résultat.
Peut-être était-ce là le front où il était censé se trouver depuis le début.
La vie n’est qu’une suite de coïncidences ; on ne sait jamais ce qui changera, ni comment.
Les choix entre la vie et la mort avaient le pouvoir de tout changer.
« Vous n’étiez pas assez proches ? »
Enkrid pencha la tête, ayant entendu Ropord marmonner.
Bunion fixa le devant de lui et sourit, sans tenir compte de ces remarques étranges.
Lui aussi avait un don pour ce genre de sottises.
« Je n’aurais jamais cru ça. Toi, commandant de l’Ordre des Chevaliers Fous ? Enfin, tu étais promis à un grand avenir depuis le début. »
Bunion parla en plissant le nez.
C’était une habitude qu’il avait quand il souriait.
Ses cernes et l’épuisement qui pesait sur son corps étaient évidents, mais il souriait tout de même.
« Tu ne m’avais pas dit un jour d’abandonner l’épée ? »
« Ah bon ? Quand ça ? » Bunion haussa les épaules d’un air offensé.
Enkrid esquissa un sourire et lui tendit la main.
Ce culot était la marque de fabrique de Bunion.
Ils se serrèrent la main.
« Je suis tellement content de te revoir que je pourrais pleurer. »
« Ta tête dit le contraire. »
« Ouais, enfin, ma fierté m’interdit de pleurer pour un homme. »
Il se permettait de lui parler familièrement.
Bunion était chef d’escouade et commandait dix soldats.
Les unités du Front sud se relayaient, mais certaines restaient ici en permanence.
Bunion faisait partie de l’une d’elles.
Naturellement, Bunion endossa le rôle de guide.
Il leur indiqua où se trouvaient les tentes et leur expliqua la situation actuelle.
Après l’avoir écouté, Enkrid demanda :
« Comment as-tu fini par rester ici ? »
« Quelqu’un doit bien le faire. Je suis juste celui qui s’en charge. »
Ce n’était qu’une façade.
Il avait plus à dire, mais ne semblait pas disposé à en parler pour l’instant.
Comme lors de leur première rencontre, cet homme avait le cœur tendre pour quelqu’un qui gagnait sa vie l’épée à la main, sur le continent.
C’était pour cela qu’il avait recueilli et pris soin de l’Enkrid d’autrefois.
« Tu es venu nous aider, pas vrai, Enkrid ? Alors, je t’en prie, donne-nous un coup de main. Aide-nous à défendre cette terre. »
La bonté, la gratitude.
On pouvait dire que ces liens les unissaient.
Bunion, capitaine de mercenaires, avait sauvé la vie d’Enkrid et lui avait appris bien des choses.
Même sa façon de plaisanter sans la moindre honte, il l’avait apprise de Bunion.
« Ne t’inquiète pas. »
La bonté finit par faire le tour.
Ceux qui donnent reçoivent un jour en retour.
Bunion avait été surpris d’apprendre que le commandant de l’Ordre des Chevaliers Fous était Enkrid ; aujourd’hui, il le voyait de ses propres yeux.
« La situation changera-t-elle simplement parce qu’un ordre de chevalerie s’est joint à nous ? »
Et s’ils fonçaient au-delà du Front sud ?
Devaient-ils livrer une bataille à grande échelle ?
C’était difficile.
Vraiment difficile.
L’un des atouts de Lihin-Stetten était une baliste antipersonnel.
Cette arme avait été modifiée, et chacun de ses carreaux était plus épais qu’une lance de bois.
« Même un chevalier aurait du mal à passer. »
Son point faible était qu’elle ne pouvait être utilisée qu’à poste fixe, mais le terrain entre ici et la position de l’armée du Sud était plein de passages étroits et de collines.
Pour percer de front, il leur faudrait gravir des collines et traverser des passages étroits, tout en encaissant les tirs des balistes, dont les projectiles étaient plus épais que des lances de jet et plus rapides que des flèches.
Autrement dit, ce ne serait pas facile.
« Et si on contournait ? »
Un petit groupe de chevaliers pourrait sans doute percer les lignes et revenir, mais les chevaliers du Sud resteraient-ils sans rien faire pendant ce temps ? La perspective était sombre.
Bunion le savait.
Il savait que l’arrivée d’un ordre de chevalerie ne changerait pas grand-chose.
Et comment étaient-ils censés s’occuper des monstres qu’on appelait les chevaliers griffons ?
« D’une manière ou d’une autre, ça s’arrangera. »
dit Enkrid.
Il avait entendu parler de la situation.
Il n’avait pas de réponse immédiate.
Il le dit quand même.
Le plus étonnant, c’était qu’à ces mots, les joues, les yeux et les doigts de Bunion tremblèrent.
« … Tu as rencontré le chevalier Cypress ? » demanda Bunion.
« Non, pas encore. »
Enkrid secoua légèrement la tête.
À quoi pensait le commandant du Front sud ?
Il n’en savait rien.
Et il ne se souciait pas non plus de savoir pourquoi celui-ci ne s’était pas montré.
Il avait rencontré Krang et déterminé ce qu’il fallait faire.
Cela suffisait à Enkrid.
« Vraiment ? C’est étrange », dit Bunion.
Enkrid l’ignorait, mais « D’une manière ou d’une autre, ça s’arrangera » était la phrase fétiche de Cypress.
« Il ne sait pas renoncer. »
Un homme qui brillait même dans le désespoir.
Tel était le chevalier qui protégeait cette terre.
La plupart des soldats qui défendaient le Sud étaient comme Bunion.
C’était une terre où il était difficile de tenir sans un sens du devoir hors du commun.
Quand il pleuvait, les Noyés surgissaient en masse ; des monstres déferlaient régulièrement, et l’armée de Lihin-Stetten attaquait au milieu du chaos.
Récemment, les chevaliers griffons et l’affaiblissement des reliques sacrées s’étaient conjugués, faisant de cette période la pire qu’ils aient jamais connue.
Et pourtant, personne ne désertait.
Même dans ces conditions, ceux qui restaient sur le champ de bataille ne fuyaient pas leurs responsabilités.
Ils montaient la garde en boitant et combattaient, le corps couvert de bandages.
Les reliques sacrées ne fonctionnent plus ?
Alors, il leur suffisait de serrer les dents et de se battre encore plus fort.
L’ennemi vous attaque à distance ?
Alors, il leur suffisait de se mettre à couvert et de tenir jusqu’à ce qu’une occasion se présente.
Et pendant ce temps, ils protégeaient aussi ceux qui les avaient rejoints pour combattre dans le Sud.
C’était un groupe qui ne savait renoncer à rien.
***
« Pouvons-nous entrer ? »
Audin et Teresa trouvèrent la tente où logeaient les prêtres.
Une odeur de mort flottait aux alentours.
Au milieu de l’odeur âcre de la pluie du Royaume démoniaque, se mêlait la senteur particulière des mourants.
En tant que moine, Audin avait rencontré beaucoup de gens dans cet état.
Cette odeur de moisi et d’urine, celle qui se dégage des mourants.
La tente en était désormais imprégnée.
À la question du géant, un soldat contracta le ventre et répondit.
« Vous avez dit que vous étiez qui ? »
Le soldat avait l’esprit lent.
Les maux de tête et la pluie du Royaume démoniaque lui embrumaient le cerveau.
Ses capacités de compréhension et de réflexion étaient réduites de plus de moitié.
Il se concentrait simplement sur son devoir.
En réalité, s’il ne le faisait pas, un esprit risquait de le posséder facilement.
« Un serviteur du Dieu de la Guerre. »
Le soldat hésita.
Les gens dans la tente étaient de toute façon en train de mourir.
Laisser entrer quelqu’un ne poserait pas de problème.
De plus, c’était un prêtre.
Mais sa Mission consistait à les protéger.
Audin aurait pu entrer de force, mais il ne le fit pas.
Il respectait ces hommes.
« Nous sommes au milieu du camp. Si je fais quoi que ce soit de suspect, vous n’aurez qu’à pointer votre lance sur moi. »
De toute façon, s’il n’avait pas été un allié, il ne serait pas arrivé jusque-là.
Et les prêtres dans la tente derrière lui étaient condamnés.
Le soldat n’avait donc qu’à s’écarter, mais il ne céda pas si facilement le passage.
« Laissez-les passer. »
Une voix s’éleva derrière Audin.
C’était Rapild.
Il était supérieur au garde de faction.
Il allait se chercher un peu de sommeil.
Il cherchait les fidèles du Dieu de la Guerre.
Il ne fut pas difficile de les trouver.
Après tout, ils étaient bâtis comme des géants.
En outre, ils se tenaient tous deux devant la tente de son bienfaiteur.
« Soldat de première classe Rapild. »
« J’ai dit de vous écarter. »
Il parla et repoussa le soldat sur le côté.
Le garde de la tente cligna des yeux, toujours embrumés, puis s’écarta.
« Vous allez entrer ? Si vous y allez sans précaution, vous risquez d’attraper la maladie », dit Rapild.
Depuis le début, il n’avait souhaité qu’une chose.
Les gens qui souffraient dans cette tente étaient trop bons pour mourir ici.
Même sans la pluie, cette terre épuisait les gens.
Il espérait simplement qu’on puisse les emmener en ville, dans un endroit sûr.
« Oui, tout ira bien, frère au visage triste. »
Quand Audin eut parlé, Rapild fronça les sourcils, puis se détendit.
« Voilà un drôle de titre. »
Le soldat s’écarta et Rapild souleva le rabat de la tente.
Audin inclina la tête en signe de remerciement et entra.
Il vit des gens étendus parmi les relents d’urine et de pourriture.
Ils étaient dix ; les prêtres de l’ordre étaient réunis dans la petite tente.
À côté d’eux se trouvaient des bols d’eau et des linges secs.
Même dans ces circonstances, on avait pris soin d’eux.
« Ils mourront si on les laisse seuls », dit Rapild derrière lui.
À vrai dire, ils pouvaient mourir d’un instant à l’autre.
Malgré tout, si c’était possible, si ne serait-ce qu’un seul pouvait être sauvé…
Contre toute attente, il ne put que prononcer des paroles pleines de réalisme.
« Si vous ne pouvez pas les sauver, récitez au moins une prière pour le repos de leur âme. »
La voix de Rapild était étouffée par les larmes.
Le poids de son impuissance face au malheur de son bienfaiteur l’accablait tout entier, et il ne pouvait que chercher Dieu au fond de lui.
« Ô Seigneur, si vous pouviez exaucer mon souhait, je vous en prie… »
Sauvez-les.
« Si vous les sauvez, je vous adorerai et vous servirai jusqu’à la fin de mes jours. »
C’était une prière où il mettait en jeu sa foi, sa vie, son avenir, tout ce qu’il avait.
Sa prière était désespérée.
« Nous sommes arrivés un peu tard », dit Audin.
À ces mots, Rapild sentit le désespoir l’envahir davantage encore.
Même s’il le savait déjà, l’entendre confirmé lui faisait mal.
« Il leur faudra au moins un mois de convalescence. »
Les mots qui suivirent le laissèrent sans voix.
« Ma sœur, chantez, je vous prie. »
« Oui. »
Au chant qui s’éleva et à la scène qui se déroula sous ses yeux, il tomba à genoux.
Aaaah…
Teresa imprégna son chant de divinité.
Ce n’était pas un chant funèbre.
Son cantique remplaça une relique sacrée.
Les dix prêtres souffraient d’une peste propagée par le Royaume démoniaque.
Bien sûr, ils n’étaient pas les seuls.
La peste s’était répandue sur tout le champ de bataille.
Rapild assista à un miracle.
La lumière jaillit des paroles du chant et sauva les dix prêtres.
La lumière effleura la peau couverte de taches noires d’un homme qui respirait avec peine, par petites bouffées. Le prêtre qui avait sauvé sa sœur ouvrit alors les yeux.
« … Que s’est-il passé ? »
Il n’avait pas ouvert les yeux depuis trois jours et on lui retournait le corps pour prévenir les escarres.
Cet homme ouvrit les yeux, tourna la tête et parla.
« Rapild ? »
Quand le prêtre tourna la tête, son regard se posa d’abord sur Rapild, qui priait encore et encore en remerciement, puis sur Audin et Teresa.
« Vous êtes vivant, mon père. »
Rapild s’approcha à genoux et pleura, les épaules secouées de sanglots.
Les humains pleurent de tristesse, mais aussi d’une joie qui les submerge.
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