Chapitre 860
Chapitre 858 – Celui qui n’oublia pas une bonté
« Sœur, nous devons nous éloigner un instant. »
Audin observa les alentours.
De nombreux endroits empestaient.
Rencontrer le roi et les défenseurs de ces lieux était une affaire qui concernait son commandant.
Une tâche plus urgente l’attendait.
Audin était un clerc qui n’avait pas oublié son devoir.
« Il nous a dit de ne pas détourner le regard des malades et des souffrants. »
Il était aussi de ceux qui suivaient les paroles de leur maître et père.
« Oui. »
Teresa acquiesça.
Elle aussi suivait les enseignements de l’Écriture sainte.
Nombreux étaient ceux qui considéraient les Apôtres de la Guerre comme des fanatiques assoiffés de bataille, mais au fond, c’étaient aussi des croyants qui suivaient la parole de Dieu.
« Frère », appela Audin en direction d’Enkrid.
Le regard d’Ingis suivit lui aussi l’homme à la carrure d’ours.
Enkrid acquiesça.
Lui aussi trouvait l’atmosphère inquiétante.
Toute la menace qu’il avait ressentie en chemin s’était accumulée ici, où elle stagnait.
La pluie ruisselait dans les fossés, mais la malveillance qu’elle apportait avait envahi le camp, le transformant en un lac.
Un lac de malveillance, de menace et de gris cendre.
« Faites comme bon vous semble. »
Enkrid connaissait la divinité que possédaient tous deux.
Lui aussi sentait la puanteur.
Dunbakel se pinçait déjà le nez depuis un moment.
« À ce thythme, mon odorat va être paralythé. »
Comme elle parlait en se bouchant le nez, on la comprenait mal.
« Elle a dit : “À ce rythme, mon odorat va être paralysé.” »
Le Dragonkin fit la traduction.
« N’importe qui aurait compris ça », dit Luagarne.
« Je vois », répondit le Dragonkin.
Il demanda si cela comptait aussi dans ses frais d’amitié, et Luagarne lui répondit que non.
Ingis jeta un bref regard en arrière, puis raffermit une fois de plus son cœur vacillant.
« Comment veux-tu que tes bras ne tremblent pas si ton centre est instable ? »
C’était un principe fondamental de l’escrime.
C’est ce qu’il avait appris.
Une Épée Droite naît d’un cœur droit.
Il fallait être imperturbable pour manier l’épée avec précision.
Son esprit, brièvement troublé par ces bavardages insensés, se redressa.
Ingis observa l’Ordre des Chevaliers Fous.
« Ils sont différents. »
Il avait l’impression que l’atmosphère lugubre ne s’attardait pas autour d’eux.
Pour le dire plus simplement :
« Leur aura est différente. »
Elle était légère.
Même sans connaître les détails de ce qui s’était passé, un chevalier devait pouvoir mesurer la gravité d’une situation à la seule atmosphère.
Pourtant, Enkrid ne se laissait pas troubler.
Et il n’était pas le seul : aucun d’eux ne l’était.
« Pourquoi ne sens-tu pas la puanteur qui émane de ton propre corps ? »
Enkrid taquina les hommes-bêtes.
Son ton n’avait rien de sérieux.
« Même les bêtes sauvages ne remarquent pas vraiment leur propre odeur. C’est pour ça que les chasseurs se couvrent d’excréments de créature quand ils chassent », expliqua Rem, un chasseur expérimenté.
« Tu veux dire que tu voudrais t’enduire de mes crottes ? »
demanda Dunbakel en lâchant son nez.
Elle aussi était chevalière.
Elle savait maîtriser ses sens.
C’était simplement que l’odorat des hommes-bêtes était si sensible qu’il lui fallait un instant pour s’y habituer.
« Non. Je dis que je vais te fendre le crâne et m’enduire de ton sang. »
Rem répliqua avec férocité à l’absurdité de Dunbakel.
« Ah, sérieusement. Il sort ce genre de conneries pour un oui ou pour un non. C’est dingue. »
Dunbakel lui rendit la pareille.
« La ferme, bande de casse-pieds. »
Ragna ne tardait alors pas à s’en mêler.
« Merde, autant qu’on crève tous. »
Rem répondait avec un sourire tordu et, comme d’habitude, tout partait en vrille.
« On parie sur le nombre de goules ? Réglons ça ici. Le perdant reste avec l’Ordre des Chevaliers de la Cape Pourpre. »
Fel la ramenait à côté d’eux.
« Rester avec cet ordre de chevalerie est déjà un grand honneur, espèce de péquenaud », rétorqua Ropord.
« Alors reste, pauvre crétin. »
« Ça marche. Faisons en sorte qu’un seul d’entre nous revienne vivant aujourd’hui. »
Les pupilles d’Ingis tremblèrent de nouveau, imperceptiblement.
« Rester avec l’Ordre des Chevaliers de la Cape Pourpre, c’est une punition ? »
Un juron, qu’il avait prononcé moins de trois fois dans toute sa vie, faillit lui échapper.
Il l’ignorait, mais pour Enkrid, la situation ne relevait pas de la crise.
Un air menaçant ?
Une armée accablée par la tristesse ?
C’était sinistre.
Morose, étouffant, comme si l’on livrait une bataille dont l’issue était déjà connue.
On aurait dit qu’une immense bête magique avait ouvert la gueule et s’apprêtait à lui croquer la tête pour l’avaler tout rond.
Pourtant, ses alliés avaient des armes en main et la force de résister.
Devait-il regarder un enfant mourir parce qu’il manquait de force ?
Non.
Devait-il rester là à regarder ceux qui se trouvaient derrière lui mourir parce qu’il était incapable de tuer ne serait-ce qu’un monstre ?
Non plus.
Les jours où il avait échoué à protéger les autres par manque de force l’avaient conduit jusqu’ici.
Sa résonance était insuffisante, mais l’Arme inscrite appelée Aube reposait à sa hanche, et les Fous étaient à ses côtés.
S’il y avait des choses qu’il pouvait faire et qu’il en avait la force.
S’il lui restait encore une marge de progression sans avoir à renoncer.
Il n’y avait aucune raison que son cœur se brise pour si peu.
« Vous ne pouvez pas vous battre ici », dit Ingis en tentant d’arrêter les chevaliers.
Clang.
Le bruit d’une épée tirée résonna clairement dans l’air.
Que la pluie fasse baisser la température ou non, l’Ordre des Chevaliers Fous avait toujours le sang chaud.
Personne n’écouta Ingis.
Une agitation éclata dans le camp du Sud.
Comme on parlait de compagnons d’armes qui cherchaient à s’entretuer, certains soldats des environs crurent à tort que des esprits maléfiques avaient possédé les chevaliers, et le tumulte s’amplifia quelque peu.
Les possédés débitaient souvent des paroles incohérentes.
Par exemple, un soldat pouvait soudain se proclamer sauveur de cette terre, exiger que tout le monde le suive, puis tirer son épée et tenter de se suicider.
Il arrivait, quoique très rarement, que des gens possédés par des esprits maléfiques se comportent ainsi.
« Toujours aussi bruyants. »
Ce n’était pas la plus grande tente, mais c’était la plus propre.
Devant l’entrée, inclinée pour barrer la pluie, un ami aux cheveux blonds regarda Enkrid et prit la parole.
Un long piquet soutenait l’entrée de la tente, et l’eau de pluie ruisselait le long de la toile en pente.
« Ce serait plus étrange qu’on soit silencieux », répondit Enkrid en séparant sans ménagement ses chevaliers qui se battaient.
Krang sourit.
« Bienvenue, Enki. »
***
Audin observa la balance juchée au sommet d’un piquet.
C’était le symbole de la déesse qui tenait la balance dans ses bras.
« Il n’y a aucun prêtre sur ce front ? »
demanda Audin à un soldat qui passait.
Le soldat portait un casque cabossé sous le bras.
Il se retourna avec un regard féroce, puis répondit d’un ton humble.
Quelle que soit sa colère, on se montrait poli devant la carrure et les poings d’Audin.
À moins d’être possédé par un esprit, impossible de faire autrement.
« Qui êtes-vous ? »
Le soldat faisait son devoir.
Ils se trouvaient dans le camp, donc c’était forcément un allié, mais il ne l’avait jamais vu.
Audin ne s’était pas identifié par le motif à étages de sa cape.
Le soldat ne connaissait pas le nom de l’Ordre des Chevaliers Fous.
« Je suis un serviteur du Dieu de la Guerre. »
« Ah, un prêtre guerrier. »
Il avait effectivement la carrure qui allait avec.
La femme derrière lui, Teresa, aussi.
Le soldat les prit pour des renforts envoyés par le royaume.
Mais cela soulevait une question.
Était-ce vraiment un prêtre guerrier dont ils avaient besoin en ce moment ?
Un prêtre de la divinité ne serait-il pas plus utile ?
Le soldat réfléchit un instant, puis répondit :
« Si vous cherchez des prêtres qui maîtrisent la divinité, ils sont tous alités. »
Audin et le soldat discutaient devant une relique sacrée juchée sur un piquet.
« Et… » marmonna le soldat en remuant plusieurs fois les lèvres.
Il cherchait ses mots.
Audin attendit patiemment qu’il parle.
Cela lui rappela l’époque où il entendait les confessions.
Ceux qui avaient réellement péché, ceux qui croyaient avoir péché, ceux qui avaient le cœur lourd, ceux qui avaient l’impression d’avoir une pierre sur la poitrine, et ceux dont les mains tremblaient après avoir jeté une pierre sur quelqu’un.
Il avait vu tant de gens.
Ceux qui avaient réellement péché, ceux qui croyaient avoir péché, ceux qui avaient le cœur lourd, ceux qui avaient une pierre sur la poitrine, et ceux dont les mains tremblaient après avoir jeté une pierre sur quelqu’un d’autre.
Plus précisément, celui d’un serviteur du Seigneur qui cachait son désespoir.
« Au mieux, il leur reste un mois à vivre. »
Malgré ces paroles d’un cynisme apparent, son visage se tordait d’angoisse.
« Y a-t-il quelque chose que vous souhaitez dire ? »
« Non. Rien. »
Teresa observait tranquillement Audin.
« Renvoyez-les. Ce ne sont pas des gens qui devraient mourir ici. »
Le soldat se détourna.
Son casque cabossé sous le bras, il s’éloigna d’un pas lourd.
Il s’appelait Rapild.
Le soldat Rapild pensa au groupe de prêtres, désormais malades et alités.
« Si l’on a besoin de nous ici, nous devons rester », avait dit l’un d’eux.
C’était un ordre de prêtres sans nom.
Cinq d’entre eux s’étaient éveillés à la divinité ; les cinq autres n’étaient que des gens ordinaires.
Ils s’étaient occupés des malades et des blessés.
« Ta petite sœur est malade ? Heureusement, je connais un herboriste dans le coin. Donne-lui mon nom et procure-toi des remèdes. »
Rapild avait laissé chez lui une sœur malade.
Toute sa famille était morte depuis longtemps ; elle était la seule parente qui lui restait.
Il s’était porté volontaire pour le front sud et envoyait la moitié de sa solde à sa sœur.
Il ne désirait qu’une chose : qu’elle vive.
Même si elle ne pouvait pas guérir, même si elle gémissait de douleur, il voulait qu’elle survive.
« Est-ce qu’il y a quelque chose à manger ? » demandait souvent sa sœur.
La ville où Rapild avait vécu était misérable.
Les taudis s’étendaient à perte de vue, et le seigneur n’était pas un homme bon.
C’était une petite ville au sud du territoire de Jaltenbuck, juste devant une forêt où apparaissaient souvent des bêtes magiques.
Une bête morte faisait une bonne prise.
La plupart des habitants de la ville étaient des chasseurs.
Plus précisément, on les appelait des chasseurs de bêtes magiques.
C’était la ville natale de Rapild.
C’est là qu’il avait élevé sa sœur.
Dans un environnement où il était difficile d’espérer de l’aide de qui que ce soit.
Il était devenu dur, de profondes rides lui barraient le front, il avait du mal à faire confiance aux autres et ne savait pas prier pour quelqu’un d’autre.
« Ô Seigneur. »
Il leva la main qui tenait son casque et la porta contre sa poitrine.
Rapild se tint à l’écart, près d’une tente, et pria.
« Prenez-moi à sa place. »
Ô Déesse de la Balance.
Je vous en prie, placez ma vie de l’autre côté de la balance.
Je vous en prie, prenez-moi à la place du prêtre qui a sauvé ma sœur.
Il faisait partie de l’ordre de prêtres venu jusqu’ici.
Cet homme avait payé les médicaments de sa sœur.
Ce prêtre était-il riche ?
Sa soutane en lambeaux et ses bottes usées témoignaient de ses biens.
Rapild avait senti une odeur semblable à celle de son enfance.
L’odeur de la pauvreté.
Il se rappela le rire du prêtre, qui s’était un jour retrouvé avec un trou dans le pied après avoir marché sur un caillou pointu, la semelle de sa botte étant trop fine.
Il ne connaissait aucun herboriste.
Il avait simplement donné la fortune qu’il avait économisée en errant sur les champs de bataille, en servant et en vivant.
« Pourquoi avez-vous fait ça ? » avait demandé Rapild.
Le prêtre avait souri avant de répondre :
« C’était une attention de Dieu. La sollicitude du Seigneur. C’est grâce à la bénédiction que la Déesse de la Balance a placée de l’autre côté de la balance. »
Tout n’était que coïncidences.
La rencontre entre le prêtre et Rapild, puis le fait que Rapild lui parle de sa sœur.
Par hasard, le prêtre connaissait une herbe capable de guérir la maladie de sa sœur et avait les moyens de l’aider.
Alors il l’avait fait.
C’était tout.
« Faut-il une raison pour aider quelqu’un ? »
Rapild sentit une chaleur lui monter de la poitrine.
Il tomba à genoux et pleura à chaudes larmes, secoué de sanglots.
« Le Seigneur veillera sur vous. »
Sa sœur avait vécu.
Elle avait guéri.
Au fil du temps, depuis que le prêtre était tombé malade jusqu’à aujourd’hui, Rapild s’était porté volontaire pour des patrouilles de reconnaissance et était parti à la recherche d’herbes médicinales.
« Espèce de malade, arrête ça. Le nombre de monstres a augmenté. Si tu t’éloignes trop, tu vas tomber dessus. Partir seul comme ça, c’est de la folie », lui disaient ses camarades.
Mais il ne pouvait pas rester là sans rien faire.
Il venait de finir d’inspecter minutieusement les herbes autour du Royaume démoniaque.
L’aide venue de la capitale ne suffisait pas.
À vrai dire, trouver des herbes ne servirait peut-être même à rien.
Ce n’était qu’un combat désespéré.
Un combat né de l’impossibilité de ne rien faire et de laisser les choses suivre leur cours.
« Quand je me réveillerai, je repartirais. »
Il ne laisserait pas mourir son bienfaiteur.
Si nécessaire, il sacrifierait sa propre vie pour l’en empêcher.
La pluie du Royaume démoniaque éveillait la malveillance des hommes.
C’est pourquoi tout le monde devenait irritable et que le monde entier prenait une teinte gris cendre lugubre.
La pluie du Royaume démoniaque tombait, et des Noyés naissaient dans le camp.
C’était l’influence du gris cendre.
Mais même en un pareil instant, la flamme de l’humanité ne s’éteignait pas tout à fait.
La flamme allumée par cet ordre de prêtres sans nom brûlait encore.
***
« Combien de jours cela fait-il ? »
La pluie tombait sans discontinuer.
« Comptons les jours. »
Le soldat compta, la tête sur le point d’exploser.
Une semaine.
Il n’avait plu qu’une semaine, à peine plus qu’une bruine.
« On dirait qu’on endure ça depuis des années. »
Il avait l’impression qu’on posait un burin sur son crâne et qu’on le frappait au marteau.
S’il le pouvait, il aurait voulu s’ouvrir le crâne et en extraire la partie douloureuse.
Beaucoup se plaignaient de maux de tête.
Un autre soldat faisait des cauchemars chaque nuit.
Ce n’était pas l’œuvre d’une succube.
Si ç’avait été le cas, les chevaliers l’auraient remarqué.
Beaucoup avaient aussi l’impression que tout cela — les maux de tête et les cauchemars — n’avait aucun sens.
Ils sombraient dans la léthargie, s’assoupissaient pendant leur tour de garde ou restaient là, le regard vide.
Et pourtant, l’unité tenait bon.
« Sir Cypress. »
Certains soldats répétaient le nom de l’homme qui protégeait ces lieux.
Le nom du rempart et de la digue de la forteresse, rouillés et usés, mais qui ne s’effondraient pas.
« Protégez les prêtres. »
Un autre soldat se rappela la bonté dont il avait bénéficié.
Parce que ceux qui avaient reçu une grâce ne l’oubliaient pas, ils tenaient encore bon.
***
Si l’on cherche la bagarre, alors il faut se battre.
Pour un soldat et un guerrier, c’est la voie naturelle.
Mais avant cela, qu’en est-il des gens qui vivent dans ce pays ?
Il n’avait jamais rencontré le roi de Lihin-Stetten.
Et pourtant, s’il le croisait maintenant, il avait envie de frapper ce salaud en pleine face.
De tout son cœur.
Dans un avenir lointain, quand le temps aurait passé et que les blessures de la guerre auraient guéri, il ne prendrait pas une décision qu’il regretterait en repensant à cette époque.
Enkrid écouta le discours de Krang.
Quel être humain incroyable.
Son cœur n’était pas seulement vaste : il était comme déchiré, élargi à l’extrême.
Inutile d’essayer d’en mesurer l’ampleur.
C’était pour cela qu’il servait cet homme, son ami et son roi.
Ceux qui partaient au combat jouaient leur vie.
Ils tuaient et se faisaient tuer.
C’était dans l’ordre des choses.
Krang, lui, ne considérait pas cela comme allant de soi.
Il ne se contentait pas de rêver à un monde d’après-guerre.
Il expliquait pourquoi il fallait mettre fin aux combats aussi vite que possible, en limitant les pertes au minimum.
« Oui, faisons comme ça. »
Enkrid était un chevalier, l’épée du roi.
Il deviendrait sans faillir celle de Krang.
« C’est tout ce que j’avais à dire. »
Krang savait qu’il n’était pas un stratège.
Son rôle consistait à fixer une direction et à définir un objectif.
Le roi s’en était chargé.
À l’extérieur, la Garde royale que Krang avait amenée s’occupait des Noyés dès leur apparition.
Ils lançaient leurs lances, brandissaient leurs épées et levaient leurs boucliers.
Sir Cypress n’avait-il pas dit qu’il préférait sortir tuer un Noyé de plus plutôt que de rester là sans rien faire ?
Ils portèrent des estocades avec leurs lances, brandirent leurs épées et levèrent leurs boucliers.
Ils avaient veillé toute la nuit, chaque nuit, pendant une semaine à cause des cavaliers de griffons.
« Rem. »
« Quoi ? »
« Emmène Dunbakel avec toi. Nettoyez les alentours du camp. »
Ils avaient croisé un bon nombre de monstres en chemin.
Maintenant qu’ils étaient arrivés au camp, il comprenait pourquoi.
Il y avait encore plus de monstres ici.
Il était temps de mettre à profit l’odorat de Dunbakel et l’expérience de Rem comme chasseur.
« Compris. »
Rem se leva d’un bond.
Si Sir Cypress et ses chevaliers avaient besoin de repos, ils s’en chargeraient d’abord.
Pour l’instant, ils ne pouvaient pas se reposer, même s’ils le voulaient, à cause des monstres qui rôdaient dans les environs.
Plus tard, après avoir envoyé Rem dehors, Enkrid partit inspecter les environs et tomba sur quelqu’un à qui il ne s’attendait pas.
« Enkrid ? »
L’autre l’avait reconnu le premier.
On n’oubliait pas facilement un visage comme celui d’Enkrid.
C’était bien normal.
Les beaux hommes aux cheveux noirs et aux yeux bleus ne couraient pas les rues.
L’homme fronça les sourcils et poursuivit :
« Je me suis dit que ça ne pouvait pas être toi. »
Un lien venu du passé.
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