Chapitre 858
Chapitre 856 – Le bâtard de la pluie
« Il pleut. »
Cypress accueillit la remarque d’Ingis.
« Oui, en effet. »
Était-ce une bonne chose ?
Au vu de la situation, il était juste de considérer que oui.
Au moins, les griffons ne voleraient pas.
Cypress ne regarda pas les chevaucheurs de griffons, mais les hordes de Noyés qui surgissaient du sol.
En temps normal, les jours de pluie étaient les pires sur le front sud.
Nombre de soldats avaient juré en se réveillant et en voyant tomber la pluie.
« La fatigue s’accumule. »
Pas seulement lui : tous les soldats postés au front devaient la ressentir.
Au lieu des boules de feu, des lances de glace et des pierres lancées par les chevaucheurs de griffons, la pluie tombait sur la terre, concevant et donnant naissance aux Noyés.
Désormais, le problème n’était plus les griffons, mais les esprits maléfiques et les Noyés qui apparaissaient dans les tranchées, les goules qui rôdaient au-dehors et les gnolls furtifs.
« Il y a trop de monstres. »
Ils ne représentaient pas une menace pour Cypress ou les chevaliers, mais ils en constituaient une réelle pour les soldats.
Rien n’était facile.
Si le front sud avait été une personne, il aurait été blessé et malade de partout.
« Je devrais peut-être demander de l’aide à la Déesse de la fortune ? »
Est-ce vraiment ce que tu veux ?
Tu es sérieux ?
Cypress ne défia pas les cieux.
À la place, il grava simplement un nouveau vœu dans son cœur.
« Une aura maléfique est omniprésente. »
Ingis réitéra son inquiétude.
« Les soldats la ressentiront aussi. Nous sommes des vétérans qui avons livré d’innombrables batailles. Impossible qu’ils ne perçoivent pas cette atmosphère funeste. Alors, n’essaie pas de remonter artificiellement le moral des troupes. »
Ingis cligna des yeux.
Dans un moment pareil, ne devrait-il pas prendre les devants pour encourager les soldats ?
S’il lui disait de ne pas faire ce qui semblait évident, c’est qu’il avait une raison.
Que devait-il faire s’il ne connaissait pas la réponse ?
Demander.
Ingis ouvrit la bouche.
« Que devons-nous faire dans un moment pareil ? »
Il était récemment devenu chevalier.
À part son talent, il manquait encore d’expérience pour diriger une unité, du moins aux yeux de Cypress.
Il le reconnaissait lui-même et interrogeait son maître dès que quelque chose lui échappait, comme il le faisait à présent.
Poser des questions était une bonne attitude.
C’était la preuve qu’il ne s’était pas laissé gagner par un sentiment de toute-puissance, qu’il ne s’était pas laissé dévorer par l’arrogance et qu’il n’avait pas perdu sa curiosité.
« Attends une occasion. »
Maître Cypress se caressa la barbe humide, alourdie par la pluie.
« Attendre ? »
Ingis l’incita à poursuivre. Cypress leva la main qui lui caressait la barbe et mima une estocade.
« Si tu ne vois pas d’ouverture, crée-en une. »
Nul besoin d’encouragements forcés.
Il suffisait d’un exploit, comme s’avancer pour trancher la tête du commandant ennemi.
Le commandant de Lihin-Stetten ne livrerait pas directement bataille à leurs forces.
Ils se contentaient d’envoyer les monstres qui jaillissaient du Royaume démoniaque et les chevaucheurs de griffons.
S’ils avaient engagé une bataille rangée, ils ne seraient pas dans une situation aussi désespérée.
Ce qu’il fallait au front sud, à présent, c’était une bataille.
Si Cypress, Ingis ou le troisième chevalier tranchait la tête du général ennemi, le moral de l’unité remonterait naturellement.
« Ou un exploit d’une ampleur comparable ferait l’affaire. »
À mesure que le pouvoir de la relique sacrée s’amenuisait, l’atmosphère funeste qui régnait dans le camp était sur le point de se manifester sous forme de monstres.
Si le moral tombait au plus bas ici…
« Cette bataille est-elle perdue avant même d’avoir commencé ? »
On nous a frappés.
Il était curieux de connaître le visage du stratège du Sud.
Avant d’être frappé, il ne s’en était pas rendu compte, mais maintenant, il comprenait.
« C’est une stratégie préparée pierre après pierre. »
Il avait déjà connu des situations semblables.
Qu’avait-il fait, alors ?
« J’ai foncé droit devant, avec toute ma bravoure. »
Quand on manquait de jugeote, on pouvait toujours régler les choses par la force.
Rassemblant ses pensées, Cypress savoura le vœu qu’il venait de graver en lui.
« Je serai le premier chevalier à mourir. »
Un vœu était le fondement de la Volonté d’un chevalier.
Il en avait accumulé pour devenir une divinité gardienne protégeant la ligne de front.
Du moins, c’était ainsi que les soldats et Ingis le voyaient.
« Oui, maître. »
Ingis baissa la tête en réponse.
Une fois de plus, il grava l’enseignement de son maître dans son cœur.
Les conseils de Cypress étaient extrêmement condensés, mais ils ne se connaissaient pas depuis seulement un jour ou deux.
Après tout, c’était Cypress qui avait guidé Ingis jusqu’à ce qu’il devienne chevalier.
Une énergie funeste s’était abattue sur le front.
La seule nouvelle un tant soit peu rassurante, peut-être, était que le roi était arrivé en personne avec une armée la nuit précédente.
Ils affronteraient les Noyés nés de la pluie à la place de l’armée épuisée.
***
Les membres de l’Ordre des Chevaliers Fous portaient des capes brodées d’un motif en marches, symbole d’un rempart.
La cape vert foncé était devenue leur emblème.
La plupart des chevaliers en portaient une.
Celle d’Enkrid était un peu plus spéciale, mais les capes des autres les protégeaient elles aussi de la pluie.
À l’exception de Themares et de Luagarne, les capes offertes par les elfes suffisaient à les garder au sec.
Elles repoussaient la pluie et ne se mouillaient pas facilement.
Il leur suffisait de rabattre sur leur tête la capuche en cuir huilé, cousue en double épaisseur, pour rester au sec.
Le Dragonkin, qui n’avait pas de cape de ce genre, laissa la pluie tremper tout son corps sans s’en soucier.
Le Dragonkin avançait seul ; la maladie n’osait même pas l’effleurer.
Telle était la majesté d’une race née avec l’aptitude naturelle à manier la Volonté.
Bien sûr, sa bouche était loin d’être aussi majestueuse.
« Pourquoi tu ne peux pas tenir ta langue ? »
marmonna Luagarne.
Le Dragonkin répondit sans se retourner vers Frog.
« Parce que je n’en ai pas besoin. »
Voilà bien les paroles d’une race arrogante.
Le Dragonkin venait de lire dans ses pensées et de révéler la même idée qu’elle s’était répétée intérieurement : elle était sa seule compagne.
Shinar acquiesça calmement, comme pour le reconnaître.
« Bien sûr. Moi seule. »
Quoi que dise le Dragonkin, Shinar aussi avait depuis longtemps dépassé les limites de la normalité.
Même selon les critères des elfes, et tout le monde le savait.
Aussi personne ne fut surpris de l’entendre parler ainsi, le visage impassible.
Shinar accepta les paroles du Dragonkin.
Elle n’avait aucune raison de dissimuler ses pensées.
« On m’a dit que tisser ce fil n’avait pas été facile. »
Enkrid ignora distraitement la remarque de Shinar et marmonna.
Cette cape s’élargissait ou se resserrait d’elle-même, bloquait la plupart des attaques et repoussait la pluie.
Il se rappela les paroles d’une membre du clan des Driades, dont les yeux d’un jaune-vert chatoyant brillaient :
« L’essence de notre clan est contenue dans ce tissu. »
Le clan dont elle parlait était celui des Driades.
Les elfes eux-mêmes étaient divisés en plusieurs clans.
Nombre d’entre eux possédaient des talents aussi particuliers.
« Même si l’on compte un certain Garde du Bois qui fume des feuilles, les elfes qui ne sont pas normaux sont nombreux. »
Pourtant, à en juger par le forgeron qui avait réparé Penna, il semblait simplement passionné par son travail.
Enkrid serra puis relâcha la poignée de Penna, attachée en diagonale à sa hanche droite.
Les distractions.
Une faille née d’un surplus de disponibilité.
Enkrid n’était ni irrité ni abattu par le déluge.
Si son cœur avait été ébranlé par ces gouttes de pluie funestes, il serait encore prisonnier d’un jour passé.
Ou peut-être serait-il mort avant de revivre la journée présente.
Savoir garder son calme, même sans atteindre la tranquillité parfaite, était l’un des talents d’Enkrid.
Son habitude de provoquer les autres d’un ton posé reposait sur cette disposition.
« Je suis simplement reconnaissant qu’ils m’aient offert une cape à ma taille. »
Audin marmonna.
Il avait vraiment l’air ravi.
Le cadeau des elfes était sincère.
Ils avaient même fourni une cape à la taille d’Audin.
C’était le premier vêtement qu’il ait jamais reçu en cadeau.
À l’époque où il était moine, il devait coudre trois pièces de tissu ensemble pour se confectionner des vêtements à sa taille.
« Eh bien, ils ont réussi à prendre tes mesures correctement, j’imagine. »
marmonna Rem.
Audin trouvait étrange de porter un tissu comme une cape, plutôt qu’en guise de tente.
Mais il était tout aussi satisfait.
Teresa frotta la cape entre son pouce et son index.
Sa texture était vraiment unique.
Elle n’était même pas humide par un jour pareil.
Et, en plus de ne pas prendre l’eau, l’air à l’intérieur était vivifiant.
C’était le fruit du savoir-faire des elfes en matière de tissage et de leur magie.
« Si tu veux faire du feu, dis-le-moi. Je suis l’elfe qui maîtrise le feu. »
Shinar releva légèrement le menton.
Une arrogance à la hauteur de celle du Dragonkin.
Hiii.
Un cheval hennit, réagissant à l’atmosphère funeste mêlée à la pluie.
Shinar lui caressa doucement la tête.
Ce voyage n’avait rien d’une promenade joyeuse et agréable.
La journée était sombre, lugubre, morne et étouffante, pourtant ils semblaient presque à l’abri de son influence.
Ils plaisantaient et racontaient des bêtises.
Personne ne se plaignait de maux de tête et leurs corps ne leur semblaient pas lourds.
Toute la compagnie continuait d’avancer sans s’arrêter, même en bavardant.
Ils marchaient d’un bon pas.
Il n’était pas difficile de trouver son chemin.
Ils n’avaient qu’à continuer tout droit en gardant quelques sommets sur leur gauche ; n’importe qui, sauf Ragna, pouvait s’orienter en regardant le soleil levant.
« Réveille-moi si tu crois que tu vas te perdre. »
Ragna marmonna une remarque anodine et se mit à somnoler.
« D’accord. »
répondit Enkrid sans trop y penser.
Après la plaine, ils durent traverser des collines ondulantes.
La terre était couverte d’herbe rase.
Une forêt se dessinait sur la gauche.
S’ils faisaient un large détour vers l’est à partir de là, ils atteindraient le territoire du vicomte Harrison.
On disait que plus ils descendaient vers le sud, plus les Noyés étaient nombreux à surgir.
Naturellement, par temps de pluie, ils apparaissaient partout.
Une pluie persistante comme celle-ci était particulièrement propice à leur activité.
C’était le résultat des observations, des expériences et des recherches de centaines de savants.
Les Noyés naissaient de l’eau.
La force qui avait été répandue de force sur le continent par les monstres — le Royaume démoniaque — était désormais partout.
Les Noyés étaient les bâtards conçus et mis au monde lorsque la pluie venait arroser cette semence imposée et dispersée.
Tels étaient l’air et la pluie qui émanaient du Royaume démoniaque.
Certains savants les qualifiaient même d’avant-garde lancée à l’assaut du continent.
« Ça ne devient pas pénible, tous ces trucs qui débarquent ? »
demanda Rem en regardant la horde de Noyés.
Il y avait une limite à ce qu’on pouvait appeler un combat.
Ces choses n’étaient que des obstacles qui encombraient la route.
Du moins, c’était ainsi qu’ils les voyaient.
L’atmosphère funeste, la morosité et la tristesse répandues par le Royaume démoniaque, les monstres et les bêtes magiques ?
Rem était habitué à ce temps.
Il connaissait aussi ce genre d’atmosphère.
« C’est mieux qu’aux abords de Silence. »
De plus, l’endroit où il avait grandi se trouvait juste à côté d’un Domaine démoniaque nommé « Silence » ; quiconque se laissait affecter par cette aura funeste n’aurait même pas pu manier la sorcellerie.
Il était toujours aussi solide et robuste qu’au moment de quitter la Garde-frontière.
Rem plissa les yeux et laissa retomber le bras qui tenait la Hache.
La pluie ruisselait le long de son avant-bras et de la lame de la Hache.
Sa Hache ne rouillerait pas pour si peu.
Ce qu’il tenait était une arme héritée.
La lame de la Hache vibra comme un cœur palpitant tandis que l’énergie de sorcellerie s’agglutinait.
« Hein ? C’est pas vrai, ça ? »
demanda encore Rem, les lèvres retroussées en un sourire sinistre.
Il n’attendait pas de réponse.
Il vit les silhouettes surnaturelles émerger de la pluie et contracta les muscles de son avant-bras.
Malgré la visibilité brouillée par la pluie et le brouillard, Enkrid compta les monstres qui leur barraient la route.
Ce n’était pas difficile.
La vue d’un chevalier n’était pas gênée par si peu.
De plus, il avait estimé d’innombrables fois le nombre d’ennemis en tant qu’éclaireur, avec sa vie en jeu.
Il traça mentalement un cercle, compta les Noyés à l’intérieur, puis multiplia le résultat en élargissant la zone couverte afin d’estimer leur nombre total.
« Il y en a plus de deux cents ? »
Était-ce beaucoup ?
Oui.
Assez pour qu’un marchand itinérant ou une caravane ordinaire se retrouve en crise s’ils les croisaient.
Ou pour qu’ils battent aussitôt en retraite.
Mais pas pour eux.
« Bon. J’aimerais bien me dégourdir les jambes, moi aussi, mais difficile de partir avant le retour de Bizarre-Yeux. »
dit Shinar.
L’elfe était la seule à pouvoir calmer les chevaux anxieux.
Elle caressait toujours doucement la tête de plusieurs chevaux et rassurait les bêtes de somme.
« Alors, j’y vais. »
Luagarne s’avança.
La pluie du Sud était dense, froide et violente, mais Frog aimait les averses, quelles qu’elles soient.
C’était pourquoi seuls elle et le Dragonkin ne portaient pas de cape.
La pluie près du Royaume démoniaque ne lui plaisait pas particulièrement non plus, mais qu’importe ?
Elle donna un petit coup de coude au Dragonkin et demanda :
« Tu as déjà entendu parler des “frais d’amitié”, Themares ? »
« Qu’est-ce que c’est ? Un nouveau concept ? »
« Ça veut dire recevoir des pièces d’or pour jouer avec quelqu’un. Comme je ne vais pas recevoir de pièces d’or de ta part, je vais devoir prendre autre chose à la place. »
Themares réfléchit un instant à la remarque de Luagarne, puis répondit :
« Tu veux que je me transforme en femme pour devenir la compagne de cet homme ? »
« … Qu’est-ce qui peut bien te faire tirer une conclusion pareille ? »
Shinar, qui observait la scène, s’emporta.
Elle abandonna son expression impassible d’elfe et leva un sourcil.
Cette expression de l’elfe n’avait plus rien de rare.
Elle était clairement en colère.
Pour un humain, cela se résumait toutefois à un léger tressaillement et à un haussement de sourcil.
Luagarne gonfla les joues et rit d’un gloussement gargouillant, puis lança :
« Bats-toi. Élimine ceux qui barrent la route à celui que tu suis. Themares, il est temps de payer le prix de notre petit jeu. »
Le Dragonkin acquiesça sans hésiter.
« Je vais le faire. »
Une transaction supposait un échange.
Le Dragonkin comprenait le principe de la transaction.
Il savait qu’il fallait payer un prix pour être un ami ou un compagnon.
Enkrid dégaina lui aussi son épée.
Il oublia le manque de communication.
Les monstres ne manquaient pas pour recevoir ses coups d’épée.
Quelle magie inconnue se cachait dans cette pluie ?
Peut-être était-ce parce que le Royaume démoniaque se rapprochait.
Les courants d’eau se rassemblèrent au centre de la horde de Noyés, et un esprit maléfique translucide apparut.
C’était un spectre d’eau.
À mi-chemin entre un Noyé et un esprit maléfique, il était considéré comme un présage de mort par les soldats et les mercenaires ordinaires.
« On devrait accélérer un peu ? »
Enkrid jugea inutile de ralentir à cause de la pluie.
« Celui-là est à moi ! »
cria Dunbakel en bondissant.
Ses pas étaient si rapides que les images rémanentes, mêlées à la pluie, éclatèrent et se dispersèrent derrière elle.
L’eau éclaboussait comme des graines de pissenlit.
« Cette bête puante. »
Rem fit la moue, puisqu’elle lui avait ravi la priorité.
Quelques Noyés, qui avaient remarqué Dunbakel, agitèrent les mains.
Leurs griffes teintées de violet lacérèrent l’air.
Dunbakel s’accroupit, puis bondit en l’air et écrasa la tête d’un Noyé sous son pied.
Crac !
La tête éclata et le sang noir se mêla à la pluie.
Dunbakel s’envola vers le spectre d’eau, s’élançant comme si elle volait, puis taillada de son cimeterre imprégné de Volonté le spectre qui tenait bon au centre.
Tout se passa en deux respirations.
Une entaille vive, rapide et audacieuse.
À sa mort, le spectre projeta des lames d’eau dans toutes les directions. Mais la Beastkin agile les dévia d’un mouvement de cimeterre en plein vol, puis fit une roulade après avoir atterri.
Lorsque des Noyés se ruèrent sur elle entre-temps, elle alterna entre lame, pied et poing, tranchant et fracassant la tête et le torse des monstres.
« Haha ! Je suis Dunbakel, la plus belle femme de l’Est ! »
cria-t-elle en tournoyant sur place.
Dans son sillage, les courants d’eau autour de Dunbakel tourbillonnèrent et éclaboussèrent partout comme un maelström.
La cape plaquée contre son corps suivait ses mouvements à l’unisson.
Elle comptait peut-être se trouver un nouveau surnom à chaque bataille.
« Quel boucan. »
marmonna Ragna en avançant.
« Cette cinglée n’arrête pas de mentir alors qu’on ne peut même pas vérifier. »
Rem ricana.
Mais celle-là était plutôt mignonne.
L’Est était-il inhabité ?
Ceux qui trouveraient Dunbakel belle après avoir senti son odeur aigre ne devaient pas être nombreux.
Il ne leur fallut pas longtemps pour éliminer les deux cents Noyés.
La compagnie fendit la horde et poursuivit sa route jusque dans la nuit.
La pluie s’était calmée, mais elle n’avait pas cessé.
Une journée morne, sans le moindre coin de ciel dégagé.
On aurait dit qu’un dieu avait pris le parti du Royaume démoniaque.
Plus ils s’approchaient du Sud, plus l’aura funeste s’épaississait.
Et les attaques de monstres ne s’arrêtaient pas.
Naturellement, la compagnie ne s’arrêtait pas non plus.
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