Chapitre 806
« De toute façon, les gens sont destinés à mourir. »
« Ouf, ça fait du bien. »
« Roman, occupe-toi de la ville. »
« Enkrid, merci. »
« Ah, c’était amusant. »
C’étaient les dernières paroles d’Oara avant sa mort, des phrases qui dépassaient le simple souvenir et s’étaient gravées en lui, indélébiles, impossibles à oublier.
Il avait beau revivre cette journée encore et encore, certains souvenirs ne s’effaçaient jamais de son esprit.
N’existait-il pas un dicton selon lequel ceux qui répétaient le même jour étaient privés du don de l’oubli ?
Le Passeur le lui avait dit, à un moment donné.
Crépite, crépite.
La fumée du feu de camp monta jusqu’au plafond de la grotte.
Là, elle s’infiltra dans la pierre et disparut.
L’odeur âcre lui chatouilla les narines.
Oara, qui avait autrefois décapité le fragment de Beelrog.
Oara, qui, dans ses rêves, avait été capturée par Beelrog.
Oara, qui faisait de son serment un bouclier et de son rire une épée.
La Chevalière Oara, qui avait fini par défendre la ville, y graver son nom, puis partir, était maintenant assise devant Enkrid et lui faisait signe d’approcher.
« Hé, viens par ici. On va discuter. »
Enkrid s’approcha, attiré par son ton familier.
En avançant, il balaya rapidement du regard ce qui se trouvait derrière Oara, puis reporta les yeux sur elle.
Allait-elle soudain dégainer son épée et l’attaquer ?
Ses yeux allaient-ils rougir tandis qu’elle le défierait en combat ?
Il avait le pressentiment que non.
Oara était assise sur un petit rocher ; un autre, du même genre, se trouvait près du feu de camp.
Enkrid s’y installa.
Oara prit alors la parole.
« Comment tu vas ? »
« Très bien. »
« Ça se voit. Tu es chevalier, maintenant, non ? »
« Oui. »
« Alors, je suppose que je devrais commencer à t’appeler Sir Enkrid. »
Elle lui sourit chaleureusement en disant cela.
Elle n’avait pas l’air le moins du monde surprise de le voir.
La lueur rouge du feu de camp éclairait un côté pâle de son visage.
Enkrid ne voyait que son sourire familier, inchangé.
Comme il ne répondait pas, elle reprit la parole.
« Comment va Roman ? »
« Cet idiot a failli se faire dévorer par une Bête parasite. Il était parti tout seul pour “améliorer ses compétences”. »
« Roman a fait ça ? »
Oara éclata de rire, puis ajouta :
« Raconte-moi la suite. »
Ils bavardèrent longuement.
Il ne faisait ni chaud ni froid et, bien qu’ils fussent dans une grotte, l’air n’était ni humide ni sec.
L’endroit était douillet, calme et paisible.
C’était comme ces instants, au cœur de l’hiver, où l’on rentrait chez soi après avoir lutté contre une tempête de neige, où l’on se lavait, puis s’asseyait pour discuter devant un chocolat chaud fumant.
« Quels idiots. »
De temps à autre, Oara riait ou fronçait les sourcils, désapprobatrice.
Elle se comportait comme quelqu’un de bien vivant.
Mais elle ne l’était pas.
La nuit où ils avaient tué le fragment de Beelrog, elle avait été capturée par le démon dans son rêve.
« Le Collecteur d’âmes. »
C’était un autre nom de Beelrog.
Avant qu’il ait le temps de demander ce qui s’était passé, Oara lui adressa un doux sourire et dit :
« Ce salaud était coriace. »
La personne qui se tenait là n’était qu’une partie d’Oara.
Le Tuteur à l’épée démoniaque… C’était quelque chose qu’il avait aussi vécu avec Aker, l’arme laissée par la chevalière.
La seule différence, c’était qu’Oara, contrairement à Aker, s’était retrouvée piégée ici parce que Beelrog l’avait tuée.
« Bon, ça m’arrangerait si tu pouvais me libérer. J’ai essayé toute seule, mais je n’y suis pas arrivée. »
L’atmosphère douillette, calme et paisible disparut aussitôt.
Le sourire d’Oara ne changea pas, mais l’ambiance, elle, avait basculé.
« Les voilà. »
Elle se leva avec un petit grognement.
Une chevalière accomplie n’avait aucune raison de grogner en se levant ; elle signalait simplement à Enkrid qu’elle était debout.
« Fais attention. »
Elle le disait du fond du cœur.
L’endroit ressemblait à une vaste clairière.
Contrairement aux tunnels qu’ils avaient traversés, le plafond était haut et les murs s’étendaient au loin.
D’après les estimations d’Enkrid, des centaines de personnes auraient pu y tenir sans difficulté.
Le sol était plat et il n’y avait aucune construction digne de ce nom.
La seule particularité était que les murs se rapprochaient à mesure qu’ils montaient.
La lumière de la lune s’écoulait peu à peu par une ouverture étroite au plafond.
Cette nuit, la lune était rouge.
C’était une Lune rouge. Les deux lunes avaient entièrement viré au rouge et baignaient le corps d’Oara de leur lumière.
Elle s’avança hors de la lueur du feu de camp et, tandis qu’elle s’éloignait, les flammes semblèrent la suivre, avant de s’enrouler autour de son bras gauche.
Fouuush.
Le flot de flammes s’enroula trois fois autour de sa main, puis le reste retomba.
À terre, le fouet de flammes se replia en une spirale serrée, tel un serpent ardent prêt à étouffer et brûler tout ce qu’il toucherait.
Dès qu’il avait aperçu Oara, Enkrid avait remarqué son ombre.
Deux cornes jaillissaient de sa tête et, derrière elle, des ailes repliées, assez vastes pour l’envelopper tout entière si elle les déployait.
Le démon se débarrassa lentement de l’enveloppe de l’âme qu’il avait collectée et révéla sa véritable apparence.
Il avait délibérément choisi d’apparaître sous les traits d’Oara et avait attendu.
À première vue, l’ombre de Beelrog ressemblait désormais trait pour trait à celle d’Oara.
Alors, l’ombre était-elle Oara, maintenant ?
Ou bien Beelrog et Oara s’étaient-ils mêlés ?
Non, ce n’était qu’une illusion.
Tout était voulu : un humour tordu.
« Enchanté », dit-il.
Enkrid se leva à son tour et le salua.
Le corps d’Oara grandit, peu à peu recouvert d’un noir de jais ; ses muscles gonflèrent et sa carrure s’élargit.
La forme qu’il avait aperçue dans l’ombre prenait maintenant corps devant lui.
Craac.
Le monstre errant, qui venait de se faire pousser deux cornes, étira le cou comme pour se détendre et expira longuement : « Huu… »
Son souffle fut suivi d’une brève flambée, dans un whoosh.
« Alors, tu sais aussi cracher du feu… »
remarqua Enkrid, qui l’observait tranquillement.
Puis le maître des fragments baissa les yeux vers lui et parla.
— Tu as fait tout ce vacarme pour m’appeler. Alors me voilà.
À vrai dire, il n’avait pas utilisé ses cordes vocales : il avait transmis sa pensée par sa Volonté.
Un mode de communication qui ne nécessitait aucune langue.
Rien d’étonnant.
Le Passeur faisait de même.
« Eh bien, quand je t’appelle, tu te pointes. »
Enkrid répondit sans la moindre hésitation.
La peau de la créature était entièrement noire et, dans ses pupilles, des flammes rouges brûlaient avec férocité à la place des iris.
La spirale de feu qui tournoyait autour d’elle était son œil.
— Je suis Beelrog, le Maître du Labyrinthe. Mortel, m’as-tu invoqué dans ta quête de l’immortalité ?
« Non. »
— Je m’en doutais.
Enkrid rit.
Après tout, il venait de tomber sur quelqu’un qu’il était incroyablement difficile de trouver.
Le monstre surnommé le Démon des luttes éclata soudain de rire à son tour.
Un humain et un monstre se faisaient face en riant.
Si un artiste avait été là, il n’aurait pas pu résister à l’envie de les peindre sur-le-champ.
La scène était saisissante à ce point.
Le sourire de Beelrog attira le regard d’Enkrid.
Les commissures de sa bouche se retroussèrent, dévoilant des crocs blancs.
Pourquoi avait-il les dents aussi blanches ?
Tandis qu’Enkrid le dévisageait, Beelrog ouvrit de nouveau la bouche.
— Ça va être amusant.
En percevant l’impatience, la joie et l’exaltation contenues dans cette phrase, Enkrid ressentit une étrange frustration et, suivant son instinct, lança :
« C’est ma réplique, espèce de salaud. »
Beelrog était un monstre redoutable, si puissant qu’on le surnommait le Démon des luttes.
Il avait même démontré qu’il pouvait disperser tout le groupe dans cet endroit.
Enkrid ne savait pas exactement ce qui venait de se passer et ne comprenait pas entièrement la situation, mais il en avait une assez bonne idée.
C’était le pouvoir d’un démon.
Les démons n’étaient pas de simples créatures.
Leurs pouvoirs en faisaient des êtres que nul n’osait même convoiter.
Le pouvoir de Beelrog consistait à transformer son domaine en labyrinthe.
Alors, pourquoi Enkrid s’adressait-il aussi familièrement à un adversaire pareil ?
Il n’y avait presque aucune raison à cela.
Il ferait tout ce qu’il faudrait pour gagner.
Enkrid combattait à sa manière.
Les démons devaient eux aussi avoir des émotions. S’il pouvait les déstabiliser, il le ferait ; il cherchait délibérément à bafouer la dignité de Beelrog.
Un chevalier ordinaire n’aurait même pas osé tenter le coup, ni même envisagé de le faire.
Ce qui était drôle, c’était que Beelrog faisait plus ou moins la même chose : il essayait, lui aussi, de jouer un tour à Enkrid.
— De tous ceux qui sont venus ici, tu es le seul encore en vie. Les autres ne devaient pas être bien vaillants.
Sans perdre une seconde, Enkrid répliqua :
« D’après ce que j’ai croisé avant d’arriver ici, rien de ce que tu peux faire ne tuerait qui que ce soit. »
Il avait affronté trois chevaliers prisonniers du labyrinthe.
C’étaient d’excellents partenaires d’entraînement.
— Tu crois que c’est tout ce que j’ai en réserve ?
La voix de Beelrog était chargée d’une énergie menaçante.
Il suffisait de relâcher sa vigilance un instant pour avoir l’impression que ses poumons et son cœur se recroquevillaient de terreur.
C’était donc là la source d’une véritable Intimidation.
Et ses paroles visaient clairement à ébranler la détermination d’Enkrid.
L’inconnu était la peur elle-même, une source de terreur.
Beelrog essayait d’insinuer le doute dans le cœur d’Enkrid.
Mais le fou condamné à revivre la journée lui retourna cette tactique.
« Oh. »
Il fit semblant d’être pris au dépourvu et feignit de laisser une ouverture.
Beelrog le comprit aussitôt.
Que cachait le surnom de « Démon des luttes » ?
Il ne suffisait pas d’aimer les combats : il avait gagné ce titre parce qu’il se donnait entièrement dans chaque affrontement.
— … Espèce de salaud.
Même Beelrog se mit à parler grossièrement, comme un mercenaire dans une taverne, loin de la réputation qui était la sienne.
Il en fut lui-même un peu surpris.
Un humain qui ne tremblait pas devant une présence aussi écrasante et qui avait encore le culot de dire ce qu’il pensait : même en repensant à sa longue vie, Beelrog en avait rarement rencontré.
« Tu n’es pas tombé dans le panneau. »
Enkrid marmonna comme pour lui-même. « Ouverture feinte », une technique d’Escrime orthodoxe à sa manière, avait échoué.
Beelrog se tut. Enkrid déplaça souplement ses appuis et s’ancrant au sol.
Il abaissa son poids, prêt à bondir : la posture d’une taille descendante.
Cette attaque, issue de la technique d’épée continue d’Oara, ferait un cadeau de bienvenue parfait pour le visage arrogant de Beelrog.
Enkrid s’élança, repliant l’espace lui-même avec sa lame. Beelrog bloqua le coup de son bras nu.
Clang !
Une onde de choc se propagea depuis le point où ils se faisaient face. Fouuush.
Le fouet enflammé de Beelrog s’embrasa avec fureur, comme s’il avait sa propre volonté.
— Dis bonjour. Voici Salamandra.
Beelrog leva l’avant-bras jusqu’à son front en parlant.
Ses yeux croisèrent ceux d’Enkrid : l’un était bleu, l’autre rouge.
Son œil enflammé brûlait avec férocité.
Au même instant, son fouet, semblable à un serpent de feu vivant, s’abattit sans prévenir.
Les flammes qui s’enroulaient sur elles-mêmes tentèrent de saisir la cheville d’Enkrid. Il recula par instinct et abattit de toutes ses forces son épée sur l’avant-bras de Beelrog.
Dawnforged répondit à l’appel de son maître et affûta encore son tranchant.
C’était une Arme gravée imprégnée de Volonté.
Le temps d’un instant, son pouvoir tranchant surpassa même celui de Penna, le trésor des fées.
Boum, boum, boum.
Pourtant, la lame ne parvint pas à atteindre son but.
Pas la moindre égratignure, pas même une marque, sur l’avant-bras de Beelrog, toujours souriant.
De quoi ses bras sont-ils faits, au juste ?
Pendant ce temps, le fouet de flammes, apparemment doué de conscience, se mouvait de lui-même, à sa guise.
Les muscles de son bras n’ont même pas bougé.
En réalité, aucun de ses muscles ne semblait bouger ; ni ceux de ses bras ni ceux du reste de son corps.
Le fouet avait attaqué de son propre chef, sans le moindre avertissement ni signe annonciateur.
Dans un grésillement, le fouet de feu rampa sur le sol, puis releva la tête.
À le voir, on aurait facilement cru à une bête-serpent vivante, capable de se déplacer toute seule.
— Celui-ci, c’est Surtr.
Beelrog présenta ensuite l’épée qu’il tenait dans sa main droite, parcourue de flammes.
Fait inhabituel, celles-ci étaient noires au lieu d’avoir leur couleur habituelle.
La lame était au moins trois fois plus grande que le Lever du jour de Ragna.
Le corps de Beelrog ne dépassait que légèrement celui d’Audin. Pour manier une telle arme, il lui fallait donc une épée gigantesque, aussi longue qu’épaisse.
Quand il déploya ses deux ailes, sa silhouette parut trois ou quatre fois plus grande.
À cet instant, Beelrog dégagea une aura qui semblait écraser et submerger toutes les créatures vivantes présentes.
Il était l’Intimidation à l’état pur.
J’avais l’impression que tout mon corps était entravé par des chaînes brûlantes, chauffées à blanc, et qu’un rocher plus gros qu’une maison allait m’écraser la tête.
Je vais perdre.
Je vais perdre.
Impossible de gagner.
Surpasser un être pareil est impossible.
Les humains ne peuvent pas accomplir de telles choses.
Et si j’étais un géant ? Est-ce que ce serait possible ?
Est-ce que ça changerait quelque chose si j’étais un dragonide ?
Tandis que ces pensées traversaient mon esprit, ma Volonté s’anima d’elle-même et les rejeta.
Elle déchira et repoussa l’Intimidation que Beelrog dégageait.
Les chaînes se brisèrent et le rocher qui pesait sur mon Royaume imaginaire disparut.
Enkrid parvint à surmonter la force oppressante de son adversaire, mais comprit alors qu’une large brèche s’était ouverte en lui.
Beelrog ne profita pourtant pas de cette ouverture pour attaquer.
— Tu t’adaptes vite. Bien.
Il semblait même ravi.
Il n’avait jamais eu l’intention de frapper.
Une sorte d’épreuve ?
Il ne faisait que tester mes capacités ?
Ou il voulait simplement montrer qu’il gardait son sang-froid ?
Cela importait peu.
Enkrid ne se laissa pas ébranler.
Quoi que fasse son adversaire, il n’oubliait jamais ce qu’il avait à faire.
Trancher.
Il y engagea tout son cœur et toute sa Volonté.
L’espace d’un instant, il comprit le procédé auquel Ragna avait eu recours tout à l’heure.
La transformation de la Volonté.
Il s’agissait d’insuffler autre chose dans les propriétés fondamentales de la Volonté.
Comment ?
En y infusant ma propre intention.
J’avais observé Ragna, puis je m’étais entraîné d’innombrables fois, profitant de chaque instant libre pour réfléchir et tâtonner. J’avais aussi acquis de l’expérience en affrontant les trois chevaliers sur ma route.
Tout cela s’assembla et demeura sur la lame.
La lueur bleu pâle de Dawnforged s’affina et s’aiguisa le long du tranchant.
De même qu’un coup porté de tout son cœur se chargeait naturellement d’une grande force de coupe, pousser ce principe à son paroxysme faisait de la lame une manifestation de la Volonté elle-même.
C’était à la fois le prolongement de ce que j’avais appris jusque-là et la découverte de quelque chose de totalement nouveau.
Peu importait comment j’en étais arrivé là : désormais, le fil de la lame d’Enkrid était souligné d’un éclat bleu ciel.
Poum.
Que cette lumière bleu ciel brille ou non sur l’épée d’Enkrid, Beelrog bondit dans les airs depuis l’endroit où il se tenait.
En plein saut, il disparut brusquement.
Il réapparut derrière Enkrid.
Le regard bleu d’Enkrid suivit deux lignes dans l’air, chacune décrivant un arc autour de son corps pour former un demi-cercle.
Enkrid pivota et balança son épée.
La lame, assez acérée pour trancher l’acier comme du tofu, rencontra l’épée Surtr et fut bloquée.
Poum.
Le choc ne produisit presque aucun bruit.
À la place, les flammes noires s’embrasèrent, un peu plus haut qu’auparavant.
Fouuush.
Beelrog semblait dire que Dawnforged n’avait rien d’inquiétant, qu’il pouvait bloquer sans effort une attaque de cette ampleur.
À travers les flammes, le poing de Beelrog s’abattit.
Enkrid rentra les genoux et les coudes, puis saisit le poignet de Beelrog pour tenter de le briser en plein mouvement. Mais le coup de poing de Beelrog accéléra, modifiant sa vitesse et son rythme.
Boum !
Il encaissa le coup de plein fouet.
Même après avoir enchaîné l’Épée de la Chance, les calculs, la réflexion optimisée et l’Épée brise-vague, il restait dépassé.
Le corps d’Enkrid décolla du sol et fut projeté contre la paroi de la grotte.
Beelrog ouvrit aussitôt le poing qui venait de frapper, saisit le manche de son fouet et le fit claquer contre le mur.
Le mouvement était d’une vitesse incomparable à celle du fouet lorsqu’il agissait de lui-même.
La tête du Serpent de feu enfla, se transformant en une énorme massue, puis frappa le mur plus vite que le son.
Boum— ! Crac !
Le fouet heurta le mur, qui explosa comme s’il avait été frappé par un rocher.
Dans la confusion, Enkrid roula hors de portée.
Du sang coulait de ses lèvres tandis qu’il roulait, comme si ses organes internes avaient été blessés.
Ça ne marche pas.
Aussi tranchante qu’une épée puisse être, une lame de même nature peut la bloquer.
C’était exactement ce que Beelrog avait fait.
Un démon errant, une légende vivante : il en était capable.
« C’est tout ce que tu as ? »
Beelrog prit la parole.
Son épée Surtr ressemblait beaucoup à celle d’Enkrid : sa lame était faite de flammes.
À la voir, on aurait dit une épée constituée de feu ardent.