Chapitre 157
La cabane explosa dès que la porte se referma.
Des confettis, faits de morceaux de journaux déchirés, volèrent dans les airs. Leo et June Toler traversèrent la pièce en courant comme des chiots surexcités, tandis qu’Aster battait des mains avec emphase en criant quelque chose à propos du « trio d’anniversaire ».
Daniel manqua de trébucher sur son propre pantalon trop large en essayant d’accrocher un ruban. Marcus grimaça tandis que Sophia lui reprochait de trop bouger, et Victor se tenait là, les bras croisés, faisant semblant de ne pas sourire tout en savourant secrètement le moment. Kim John tenait son four à micro-ondes comme s’il s’agissait d’une offrande sacrée. Orion et Kaelen se tenaient près de Graham, arborant tous deux la même expression qui disait : « On a tout organisé. »
Graham frappa une fois dans ses mains. « Alors, on fête les trois anniversaires aujourd’hui. Comme ça, pas de jaloux. »
Leo cria : « TRIPLE ANNIVERSAIRE ! »
June cria : « TRIPLE GÂTEAU ! »
Aster cria : « TRIPLE CHAOS ! »
Maddy marmonna : « Triple stupidité… »
Mais elle ne partit pas. Elle resta appuyée contre le mur, les bras croisés, une cigarette coincée derrière l’oreille, faisant semblant de ne pas observer Roy, mais attendant aussi en secret le gâteau qu’elle avait vu l’un d’eux acheter et qui avait attiré son attention.
Kieran s’approcha de Roy avec un sourire en coin. « On dirait que tu vas t’évanouir. »
Roy marmonna : « Je ne m’attendais pas à… quoi que ce soit. »
Annie vint se placer à côté de Kieran, le sourire doux. « C’est mignon. »
Roy cligna des yeux. « Mignon ? »
Tanaka pointa Roy du doigt. « Il a dit “mignon” ! »
Roy le poussa gentiment. « La ferme. »
Lise passa devant Tanaka et lui donna une pichenette sur le front. « Tiens-toi bien. »
Tanaka fondit instantanément. « Oui, déesse. » Cet homme était exactement là où il voulait être.
Lys se tenait tranquillement près de la table, observant tout avec un doux sourire.
Aarti Nazaroff s’approcha de Roy, Mira Nazaroff sautillant derrière elle. « On a fait les décorations ! »
Roy regarda la bannière, couverte d’un fouillis de gribouillis, d’étoiles et de noms mal orthographiés.
« … Ça se voit. »
Mira sourit fièrement. « On a essayé ! »
Roy ne put s’empêcher de sourire.
Rin et Mella accoururent, tenant une assiette contenant quelque chose qui ressemblait étrangement à un gâteau brûlé.
« On a fait ça ! » dit Rin.
Mella ajouta : « C’est comestible ! »
Roy le fixa. « … Vraiment ? Enfin, merci. »
Victor s’éclaircit la gorge. « J’ai goûté. C’est comestible. »
Sophia marmonna : « À peine. »
Marcus chuchota : « Ça a le goût du désespoir. »
Kim John leva le four à micro-ondes. « Je peux le réchauffer ! »
Tout le monde l’ignora ; il en fut peiné, mais Roy le regarda et lui adressa un signe de tête, ce qui lui remonta le moral.
Graham s’avança de nouveau. « Bon. D’abord, les cadeaux. »
Tanaka se redressa. « Des cadeaux ?! »
Liam cligna des yeux. « J’ai droit à un cadeau ? »
Roy marmonna : « J’ai déjà eu le mien… »
Graham eut un sourire en coin. « Tu en as eu un. Tu vas en recevoir un autre. »
Roy le fixa. « Un autre ? »
Graham hocha la tête. « Un autre. »
Tanaka chuchota : « Mec… il te gâte. »
Roy lui répondit à voix basse : « Je ne sais pas trop quoi en penser. »
Kaelen s’avança avec une petite boîte. « Celui-là est pour Tanaka. »
Tanaka l’ouvrit et poussa un cri. « UN COLLIER ! »
Lise soupira. « Je l’ai choisi uniquement parce que c’était le moins cher. »
Tanaka le serra contre lui. « Et je le chérirai jusqu’à la fin de mes jours. »
Lise rougit légèrement à ces mots, mais se détourna pour qu’il ne puisse pas l’apercevoir.
Orion tendit un paquet emballé à Liam. « C’est pour toi. »
Liam l’ouvrit lentement.
À l’intérieur se trouvait une paire de gants renforcés, solides, manifestement conçus pour l’entraînement au combat.
Liam les contempla. « Ils sont… chers. »
Orion haussa les épaules. « Tu en as besoin. »
Liam déglutit. « Merci… »
Puis Graham se tourna vers Roy.
Tout le monde se tut.
Roy cligna des yeux. « Quoi ? »
Graham plongea de nouveau la main dans son manteau.
Roy ouvrit de grands yeux. « Encore un cadeau ? »
Graham hocha la tête. « Encore un. »
Il tendit à Roy une petite boîte plate.
Roy l’ouvrit.
À l’intérieur, il y avait—
Un cadre photo
Roy fixa le cadeau, perplexe.
Roy leva lentement les yeux. « Graham… qu’est-ce que c’est ? »
Graham eut un sourire en coin. « Ton cadeau. »
Roy le fixa. « Ça ne répond pas du tout à ma question. »
Graham haussa les épaules. « Ce n’était pas le but. »
Roy expira brusquement. « Merci… je suppose. »
Graham sourit. « Pas de problème. Ah oui… »
Graham cria alors : « Tout le monde, préparez-vous pour la photo ! »
La pièce éclata de nouveau de rires, de bavardages, de chaos et de bruit, tandis que chacun s’agitait aussi vite que possible. Roy resta là, tenant le cadre photo, entouré de gens dont il ne s’était pas attendu à ce qu’ils tiennent à lui.
Même si Liam et Tanaka ne comprenaient pas ce qui se passait, ils surent quoi faire avant même que Roy comprenne ce qui se tramait.
Graham passa un bras autour des épaules de Roy et lui dit : « Regarde par là. » Il désignait un appareil photo, près duquel se tenait un inconnu qui les prenait tous en photo.
Clic.
Tanaka exhibait son collier. Liam contractait ses nouveaux gants. Maddy, près de Sophia, souriait maladroitement à l’objectif. Kieran taquinait Annie. Aster prenait une pose théâtrale perchée sur Liam. Kim John tenait toujours le four à micro-ondes. Marcus essayait de ne pas tomber, tandis que Victor faisait semblant de ne pas s’amuser. Sophia discutait de placement avec Daniel. Orion et Kaelen chuchotaient à propos de quelque chose de sérieux. Aarti et Mira accrochaient d’autres rubans. Lise réprimandait Tanaka. Lys souriait en silence avec Rin et Mella.
Roy regarda autour de lui.
Et pour la première fois depuis longtemps… il eut l’impression d’avoir sa place quelque part.
Chacun se dispersa en petits groupes et s’amusa à sa manière. Toute la cabane était remplie de joie, de rires et de sourires. Roy regarda autour de lui, absorbant tout, l’imprimant en lui, le gardant précieusement. C’était agréable… mais… pourquoi cela lui semblait-il encore si…
Fade.