Chapitre 91
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Traducteur/éditeur : Mordor
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◈ Échapper à la Flèche en difficulté Enfer ◈
Épisode 91
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C’était un matin de semaine.
Pendant que tout le monde partait au travail, je distribuais tranquillement des friandises dans la pièce des lapins.
Quand ma détermination de Chasseur faiblissait, regarder les gens souffrir dans les transports du matin n’était pas une mauvaise idée. Aucun travail au monde n’était facile.
Je soupirai en contemplant les lapins qui envahissaient la pièce.
Parfois, je les enviais.
En tout cas, leur nombre avait explosé.
Les lapines mettaient au monde plusieurs petits chaque mois, portée après portée… Chaque fois que j’entrais dans la Tour et en ressortais, ils étaient visiblement plus nombreux.
Et pourtant, même en contrôlant leur cycle de reproduction et en donnant des lapins de compagnie de Chasseur aux gens qui en voulaient, voilà où nous en étions.
Pour info, Heentteok était toujours le chef des lapins.
Peut-être parce qu’il avait été un monstre sauvage, il n’avait toujours aucun rival. Nous avions même fait venir plusieurs mâles de l’extérieur pour prévenir les maladies génétiques, mais ça n’avait rien changé.
Pendant que Yuki préparait le petit-déjeuner dans la cuisine, Orca passa examiner la santé des lapins.
« Hum… Ils sont globalement en bonne santé, mais il faudrait bientôt stériliser les quatre premières femelles. »
« Pourquoi ? »
« Les lapines courent un risque extrêmement élevé de cancer de l’utérus. Pour qu’elles vivent en bonne santé, il faut les stériliser au bon moment. Et il faut aussi contrôler leur population, non ? »
Une vraie experte, comme prévu.
Était-elle aussi douée aux jeux d’argent ?
Non, si c’était le cas, elle ne se serait pas retrouvée endettée.
Tandis qu’Orca stérilisait rapidement les lapines, je tendis la main vers Heentteok.
« Viens ici. »
Il accourut aussitôt.
« Et celui-là ? »
« Il vient de la nature, mais il n’a ni maladie ni parasite. Il n’a pas l’air particulièrement stressé non plus… Tu as dû vraiment bien t’occuper de lui. »
« Je lui ai donné un peu d’Élixir céleste quand il est arrivé. »
« Quoi ? »
L’expression d’Orca valait le détour.
« Tu es le plus grand alchimiste de tous les temps ou quoi ? Tu as des élixirs à ne plus savoir qu’en faire ? »
« Je ne lui en ai donné qu’une quantité infime. »
« Ah… D’accord. Voyons ce qu’il en pense. »
Intrigué, Orca lança un sort pour communiquer avec les animaux.
Les gémissements de Heentteok furent automatiquement traduits.
« Des friandises ! Donne-m’en encore ! Le truc vert de la dernière fois était vraiment délicieux ! »
« … Il faut réduire les friandises. Tu vois bien qu’il commence à grossir, non ? »
« Tu as raison. »
« Gémiiis… »
C’est alors que Yuki nous appela depuis la cuisine pour nous dire que le petit-déjeuner serait bientôt prêt.
Je tressaillis par réflexe, et Heentteok éclata de rire.
« T’es vraiment pitoyable ! »
« … Qu’est-ce que tu as dit ? »
« J’ai dix femelles à mes ordres et elles tremblent toutes au moindre mot de ma part ! Pourtant, le maître s’agite pour un seul mot d’une femme… »
Au moins, il me reconnaissait comme son maître.
Mais sa façon de parler me faisait bouillir de rage.
Je me levai d’un bond.
« Espèce de sale petit bâtard, reste là. Même s’il faut que je fouille toutes les animaleries du monde, je trouverai un lapin qui ressemble trait pour trait à Yuki. »
« Argh ! A-attends ! »
Ce n’est qu’alors qu’il paniqua.
« J’ai eu tort ! Maintenant que j’y pense, il n’y a pas l’air d’avoir le moindre problème ! »
« Voilà. Ne prends plus la grosse tête. »
« … »
Orca ferma les yeux très fort et dissipa le sort.
Après l’examen, je partis tranquillement pour le siège de l’Association.
Le Blocus économique imposé par les Seigneurs chasseurs des autres races se poursuivait.
Le problème était si important que des réunions se tenaient aussi avec d’autres pays.
Je devrais vérifier où en est la vente aux enchères.
J’avais mis aux enchères l’Élixir d’amélioration de la Compétence de base.
Quand je consultai le terminal acheté à la Boutique de la Tour…
Le prix avait déjà dépassé les cinquante mille pièces d’or l’unité en une seule nuit.
Le prix de départ tournait autour des dix mille. Il atteindrait probablement les cent mille sans trop de difficulté.
C’était le genre d’objet qu’on ne pouvait pas acheter, même avec l’argent nécessaire.
Yuki se pencha à côté de moi pour jeter un coup d’œil en douce.
« Ça marche bien ? »
« Plus ou moins. »
« Si on vend ça, ils lèveront le blocus ? »
« Et s’ils ne le font pas, qu’est-ce qu’ils vont faire ? »
Je ne croyais pas beaucoup à leur unité.
Et s’ils nous payaient nos marchandises, puis refusaient simplement de nous vendre quoi que ce soit ?
Ça ne ferait que leur nuire.
Ce n’était pas comme si la valeur de l’or que nous possédions allait chuter brutalement. Leurs recettes à l’exportation, elles, baisseraient, c’est tout.
« L’humanité a vraiment autant d’influence ? »
« Bien sûr. Nous sommes un marché de huit milliards de personnes. »
La proportion de Chasseurs était extrêmement faible, mais cela ne changeait rien à la taille de notre population.
J’exploitais déjà des usines, organisées de façon à n’avoir à m’occuper personnellement que des composants essentiels.
En route pour la réunion, sans grand enthousiasme, j’aperçus dans le hall un visage qui m’était vaguement familier.
Un étranger âgé en fauteuil roulant venait d’entrer avec une jeune femme.
Ils se ressemblaient un peu. Ils étaient manifestement de la même famille.
Dès qu’il me vit, le vieil homme s’illumina.
« Oh ! Vous assistez à la réunion, vous aussi ? »
« Ah, oui. Bonjour. »
C’était Queenbell Hartman, le principal bienfaiteur de l’Association américaine des chasseurs.
Cela faisait un moment.
C’était quelqu’un de si influent que je devais le contacter dès que j’avais le moindre lien avec l’Amérique. Jusqu’ici, nous avions entretenu de bonnes relations.
« Qu’est-ce qui vous amène en personne ? »
« Ce Blocus économique est très grave. L’Association américaine est en plein chaos. Tous les pays n’ont pas les capacités de production et l’autonomie de la Corée en matière de biens destinés aux Chasseurs. »
C’était logique.
L’Association et moi fournissions déjà la plupart des biens en Corée, mais les autres pays devaient être en difficulté.
Après l’ouverture de la Boutique dimensionnelle, les prix avaient dégringolé. À présent, ils avaient été multipliés plusieurs fois presque du jour au lendemain.
Il me présenta la femme qui l’accompagnait.
« Voici ma petite-fille, Olson. Dis bonjour. »
« Bonjour, Chasseur. »
« Bonjour. »
C’était agréable de le voir voyager avec sa petite-fille.
Elle ne l’avait pas accompagné la dernière fois.
Queenbell Hartman tenta de s’éclipser.
« Dans ce cas, les jeunes pourraient discuter… »
« Allons, ils n’auront pas grand-chose à se dire. Elle n’est même pas Chasseuse. »
Yuki intervint derrière moi.
Ce n’était pas son genre de couper la parole comme ça.
« Allons-y, chef d’équipe. Le monde entier attend votre décision. »
« J’ai déjà pris ma décision… »
Après avoir rencontré les représentants de Chasseurs d’autres pays et entendu ce qu’ils avaient à dire, je dus admettre que la situation était particulière.
« Ils faisaient du commerce avec les morts-vivants ? Et nous sommes les seuls à ne pas l’avoir fait ? »
« Eh bien… Ils ne commercent probablement pas non plus avec les Faucheurs, si ? »
« Bien sûr que non ! Qui irait commercer avec des morts-vivants ? »
« Le problème, c’est qu’un mort-vivant suffisamment conscient de lui-même était forcément un Chasseur puissant de son vivant. Devenir mort-vivant ne fait pas disparaître toutes les relations nouées de son vivant… »
C’était quoi, ce club de réseautage ?
Comment un Chasseur sans relations était-il censé gagner sa vie ?
Après avoir discuté un moment avec les autres Chasseurs, la réunion commença.
La plupart nous demandèrent d’augmenter la production d’équipement de Chasseur fabriqué en Corée ou de partager notre technologie.
J’assistais à la réunion en tant que chef de l’Équipe Alpha, mais, franchement, ce genre de réunions n’était pas fait pour moi.
Tandis que je cherchais du regard un moyen de filer, j’aperçus Go Jiho, qui affichait une expression semblable à la mienne.
Enfin, quelqu’un aborda autre chose que des demandes d’équipement et de technologie.
« Je vous prie de prêter attention à mon terminal de communication interdimensionnelle. Les coordonnées d’une faction de morts-vivants y sont enregistrées. »
« Quoi ? Il n’y a pas un accord stipulant que les échanges avec les races étrangères d’autres dimensions doivent être décidés lors d’une réunion internationale… ? »
« C’est pour ça que j’en parle maintenant. Ils sont prêts à commercer avec nous. »
Une faction de morts-vivants.
Eux aussi travaillaient dur à la ferme dans la Tour ; ils devaient donc vendre leur butin.
Mais, puisque les autres races les chassaient, ils ne pouvaient sans doute pas le vendre à un prix équitable.
Ils devaient subir de lourdes pertes.
« Comment s’appelle leur chef ? »
« Leur chef ? »
« Les morts-vivants sont dirigés par un puissant Nécromancien. Seul celui-ci, ainsi qu’une poignée de proches lieutenants, possède une véritable conscience de soi. »
« Merci pour ces précisions. J’ai entendu dire qu’il s’appelait Modus. »
Modus, le Roi lâche.
Alors, c’était ici qu’il entrait en scène.
Ma première impression n’avait pas été bonne, puisqu’il n’avait cessé de m’envoyer des lames d’énergie.
Commercer avec les autres races ? Même un lâche comme lui se donnait du mal pour s’en sortir.
Je me levai aussitôt.
« Veuillez consigner officiellement mon opposition. »
« Ah, pourquoi donc, Chasseur Kang Hyun ? »
« Chef d’équipe, je viens avec toi. »
Yuki me suivit dehors.
En tant que Prêtre de la mort, soutenir le commerce avec les morts-vivants ne serait pas très cohérent.
Après avoir pris un café, je retournai tranquillement dans la salle de réunion et vis le visage de Modus projeté devant l’assemblée.
La communication n’était pas encore terminée ?
« Oh ! Nous devrions bien nous entendre, désormais. »
Son visage s’éclaira en me voyant.
À vrai dire, c’était plutôt de la moquerie.
Je laissai échapper un soupir bien sonore, exprès.
« Ah… Je m’y suis opposé, mais la majorité a voté en faveur. Je n’y peux rien. »
« Un vote à la majorité ? Quelle drôle d’idée. Enfin, je me réjouis de travailler avec vous. Commerçons de façon à ce que chacun y trouve son compte. »
Modus s’exprimait d’un ton suffisant.
Pour une âme prisonnière d’une armure ancienne, il avait une attitude remarquablement insouciante.
Peut-être était-ce pour cette raison que, malgré sa lâcheté, il avait tant cherché à devenir immortel.
Au fond, si la vie n’était pas amusante, pourquoi s’acharner à vivre éternellement ?
Après avoir révélé avec empressement la liste des marchandises du premier échange, il ajouta autre chose.
« Ah, et maintenant que nous sommes officiellement partenaires commerciaux… Les Nécromanciens présents dans votre dimension ne sont pas mes subordonnés. Veillez à les éliminer ou à les chasser à temps, pour éviter tout dommage. »
… Quoi ? Il y a des Nécromanciens dans notre dimension ?
D’autres avaient-ils traversé comme Orca ?
Le problème avec la Terre, c’était qu’elle était tout simplement trop grande.
Lors de la dernière réunion internationale des Chasseurs, j’avais clairement averti tous les pays qu’ils devaient bien gérer leurs Tours.
Il était évident qu’ils n’avaient pas donné suite.
Des endroits comme l’Afrique s’étaient effondrés depuis longtemps ; il n’y avait donc même plus moyen d’intervenir.
Je n’arrivais pas à me résoudre à demander où ils se trouvaient.
Cela révélerait que nous ne gérions pas correctement la situation.
Mais à voir les expressions des participants, Modus avait probablement déjà compris.
Modus s’exprima comme s’il nous rendait service.
« Votre dimension compte un très grand nombre d’êtres vivants. C’est exactement le genre d’environnement qui plaît aux Nécromanciens. Le mana y est un peu faible, mais ils peuvent de toute façon le créer à partir des cadavres et des âmes. Soyez prudents, tout le monde. »
Dès que la projection de Modus disparut, tout le monde se mit à passer des appels dans tous les sens.
Queenbell Hartman, assis à côté de moi, me rassura.
« Nous allons immédiatement chercher grâce aux satellites. Les zones où se trouvent des Tours sont déjà surveillées, cela ne devrait donc pas être difficile. »
« Je vous en prie. »
Les résultats ne tardèrent pas.
« Ils en ont trouvé un près de la troisième Tour d’Australie ? »
« Il y en a un au Japon aussi… »
« Le Japon n’a que deux Tours. Pourquoi ne les gèrent-ils pas correctement ? »
Quel désastre.
Devais-je me réjouir que la Corée n’ait qu’une seule Tour, la Tour de Gwanghwamun ?
Puis quelqu’un, dans la salle de réunion, marmonna une phrase qui changea complètement l’ambiance.
« Attendez, les morts-vivants, c’est de la main-d’œuvre gratuite, non ? »
« Allons… probablement pas. Même s’ils se déplacent grâce au mana, ils doivent avoir leurs limites. »
« Mais ce ne sont pas des personnes, donc ils n’ont pas besoin de droits humains, si ? On fait déjà tout un scandale à propos de l’arrivée des poupées automatisées conçues en Corée… »
« … Hein ? »
Malheureusement, la réunion semblait bien partie pour durer encore plus longtemps.
Les participants se mirent aussitôt à discuter des mesures à prendre contre les Nécromanciens.
Je restai encore un moment, puis m’excusai pour aller aux toilettes.
Bip !
Mon terminal reçut un signal, et c’était une bonne nouvelle.
« Ah, les enchères ont dépassé les cent mille pièces d’or. »
« Vraiment ? »
Je pensais que la mise en vente d’une grande quantité d’Élixirs d’amélioration de la Compétence de base ferait baisser le prix.
Au lieu de ça, la concurrence l’avait fait grimper.
Était-ce parce qu’il s’agissait d’une ressource stratégique ?
Un peu plus tard, l’Association me contacta directement.
« Chef d’équipe Kang Hyun ! Un Seigneur elfe demande si vous pouvez fournir régulièrement cet élixir… »
Ces salauds avaient compris que je détenais la recette.
Ou alors, ils s’étaient rendu compte que nos capacités de production étaient assez importantes pour assurer un approvisionnement régulier.
« Dites-leur de lever le blocus d’abord. Nous pourrons en discuter après. »
« Compris ! »
« Yuki, je crois que j’ai surestimé leur unité. »
« Ils disent qu’ils commerceront avec les morts-vivants. Ce serait étrange qu’ils ne puissent pas commercer avec nous. »
Au bout du compte, le Blocus économique fit long feu.
Le lendemain matin, j’appris qu’un Nécromancien avait demandé l’asile en Corée.
Go Jiho me l’annonça en personne.
« Euh… Pourquoi la Corée, entre tous les pays ? »
« Ils ont trouvé le Nécromancien au Japon, et il a dû entendre que tu étais en Corée. Il a probablement pensé qu’il serait plus facile de vivre dans un pays où un Chasseur puissant le protège. »
Cette nouvelle me laissa partagé.
Quoi qu’il en soit, j’étais un Prêtre de la mort.
Un Nécromancien ne devrait-il pas m’éviter ?
On dirait que ma prestance de Prêtre de la mort laissait encore à désirer.
« Le Japon a accepté ? »
« Bien sûr. Ils ont besoin de recevoir de l’équipement de notre part. »
Avoir pris les devants dans le domaine de la technologie des Réacteurs à énergie dimensionnelle avait été une excellente décision.
« Et si c’était un espion au service d’un Seigneur chasseur mort-vivant ? »
« Ne t’inquiète pas. Nous avons déjà un moyen fiable de vérifier ça. Fais-le travailler dans une entreprise coréenne pendant un mois environ, et nous aurons notre réponse. »
« Gloups… »
À bien y réfléchir, pendant la réunion d’hier, tout le monde s’était immédiatement mis à parler des droits humains et du travail.
Je décidai de faire confiance à Go Jiho et de me détendre.
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