Chapitre 80
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Traducteur/éditeur : Mordor
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◈ Échapper à la Tour en difficulté Enfer ◈
Chapitre 80 : Épisode 80
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Dire qu’une légion de Faucheurs remplissait l’horizon aurait été un peu exagéré.
Ils n’étaient pas si nombreux, en réalité.
Mais la pression qu’ils dégageaient n’avait rien d’une plaisanterie.
Chacun d’eux était un chasseur qui avait gravi les étages supérieurs.
Et tous étaient correctement équipés d’accessoires de Faucheur.
« Ils sont combien ? »
« Environ trois cents ! Ces tarés sont vraiment venus préparés ! »
« C’est pas pratiquement une mobilisation générale ? »
Avec leurs accessoires, ça faisait plus de mille ennemis.
Certains avaient aussi un corps gigantesque.
Au premier coup d’œil, on aurait dit des armes de siège.
« Attaque ennemie ! Nous sommes attaqués ! »
« Bon sang, ouvrez la porte ! »
« Où est le Seigneur de Fer ?! »
Si personne ne s’attendait à ce que le Seigneur de Fer ferme les portes de la Citadelle intérieure, ce n’était pas sans raison.
Un grand nombre de civils se trouvaient encore à l’extérieur.
Ils tambourinaient désespérément contre les portes, mais celles-ci restaient hermétiquement closes.
« Ce salaud a abandonné les siens, lui aussi. »
« Qu’est-ce qu’on fait, Bellion ? La Tour est dans la Citadelle intérieure. »
Une fois les portes de la Citadelle intérieure fermées, impossible de battre en retraite si les choses tournaient mal.
Bellion calma les Prêtres de la mort, furieux.
« J’ai pris mes précautions. Nous ne resterons pas piégés ici si ça tourne mal. »
« Tu veux qu’on se batte pour quelqu’un qui ne daigne même pas venir sur le champ de bataille ? »
« Nous ne pouvons pas laisser les Faucheurs s’emparer de la Technologie des poupées. Et c’est une ville naine. »
À peine Bellion eut-il fini de parler que d’énormes armes se dressèrent au sommet des tours de guet.
Elles ressemblaient à des arbalètes agrandies plusieurs fois.
Les carreaux qu’elles avaient chargés tenaient plutôt de longues lances.
« En joue ! Ne tirez pas encore ! »
Ils comptaient attendre que les ennemis soient à portée avant de tirer.
Je me dépêchai de me préparer à tirer, moi aussi.
J’avais apporté environ six cents cartouches pour la Mitrailleuse lourde M2.
J’aurais voulu en prendre davantage, mais le poids et l’encombrement rendaient ça impossible.
Six boîtes de cent cartouches chacune.
Clac !
Au moment où je relâchai la poignée d’armement, les Faucheurs se mirent à charger.
De toute façon, les armes défensives avaient un angle de tir limité. Une fois les Faucheurs au pied des murs, elles ne représenteraient plus une grande menace.
Ils étaient peut-être tous chasseurs, mais ils allaient sacrément vite.
« Les voilà ! »
« En joue, feu ! »
Clac, boum !
Un carreau de baliste naine explosa au milieu des rangs ennemis.
Pourtant, les dégâts furent moins importants que prévu.
Boum !
Les Faucheurs qui servaient d’armes de siège avaient encaissé les coups avec leur corps.
Et même sans ça, la plupart des chasseurs disposaient d’une sorte de protection à usage unique.
« Rechargez ! Vite ! »
Tandis que les balistes se rechargeaient, les Faucheurs rapides et agiles finirent par nous foncer dessus.
Ils comptaient sans doute franchir les murs d’un bond et nous engager au corps à corps.
J’appuyai sur la détente papillon de la M2.
Thoum-thoum-thoum-thoum-thoum !
Les détonations étaient si sourdes et puissantes qu’elles ressemblaient à peine à des tirs.
Et en plus, le vacarme était incroyable.
Sans mon casque, mes tympans auraient peut-être éclaté.
Craac !
Un Faucheur qui chargeait en tête fut réduit en morceaux en un instant.
Son corps était tellement déchiqueté que je me demandai s’il en resterait assez pour récupérer quoi que ce soit.
Les Faucheurs qui avaient vu ça tressaillirent.
« C-C’est quoi, ça ?! »
Thoum-thoum-thoum-thoum !
Je rectifiai légèrement ma visée et tirai par courtes rafales maîtrisées.
Sa cadence était d’environ six cents coups par minute ; si je gardais le doigt sur la détente, je serais à court de munitions en un rien de temps.
Même les douilles qui giclaient sur le côté avaient l’air menaçantes.
« Aaaah ! »
« Juwon ! »
« Compris. »
Boum !
Quand le lance-grenades entra en action, cinq ou six Faucheurs furent neutralisés d’un coup.
La puissance de feu était telle que leur capacité de récupération particulière ne put même pas s’activer.
Les Faucheurs ne pouvaient plus avancer et les balistes finirent de se recharger.
« Feu ! »
Boum !
Des carreaux aussi gros que des pieux d’acier transpercèrent les Faucheurs qui servaient d’armes de siège.
Concentrer le tir sur eux un par un, en commençant par le plus proche, semblait porter ses fruits.
« Grrk, sales races inférieures… »
À la chute d’une arme de siège, ils commencèrent à paniquer.
« Rechargez ! »
Pendant que je changeais la bande de munitions, les autres Prêtres de la mort s’agglutinèrent autour de moi.
« Impressionnant. Voilà une véritable arme de Prêtre de la mort. »
« Ah, tu me gênes. Pousse-toi. »
« O-Oui… »
« Sérieusement, vous allez vous exploser les tympans. Allez là-bas et bouchez-vous les oreilles ! »
Boum !
Les Faucheurs finirent par contre-attaquer, mais les barricades bloquèrent la plupart de leurs assauts.
Je décidai d’arrêter d’économiser mes munitions.
Leur vitesse m’inquiétait.
Thoum-thoum-thoum-thoum !
Le canon commença presque aussitôt à chauffer.
J’avais apporté un canon de rechange, mais j’espérais ne pas avoir à m’en servir.
Boum !
« Chef d’équipe, je n’ai plus de grenades ! »
« Déjà ? »
« Si t’en as pas tué au moins dix avec ça, t’es dans la merde ! »
Ratata !
Kim Yuna cria en tirant avec son fusil.
J’ouvrais déjà ma quatrième boîte de munitions.
« Ils escaladent les murs ! »
« Lâchez les pierres et l’huile bouillante ! »
Les Nains s’efforçaient désespérément de les retenir, mais ils ne parvenaient pas à empêcher complètement les Faucheurs d’entrer.
Heureusement, les Prêtres de la mort étaient répartis tout autour de nous.
Vlan !
Bellion les abattait avec une agilité bien trop grande pour un Nain.
« Les vétérans en première ligne ! »
« Hé, ne reste pas en retrait. Tu n’es plus une recrue. »
Ils se chamaillaient, mais ils jouaient dans une autre catégorie et tenaient bien la ligne.
Le problème, c’était le mur opposé.
« Tss, ils concentrent leurs attaques à droite ! »
Les Prêtres de la mort étaient regroupés…
Les forces de soutien, dont les soldats étaient comparativement plus faibles, se faisaient repousser.
On n’y pouvait rien. Cette alliance avait été formée à la hâte.
Je m’adressai au comte Kwatum, qui se trouvait près de moi.
« Vous ne devriez pas être là-bas ? »
« Ceux-là n’avaient pas l’air très capables, alors je suis venu ici avant que ça dégénère. Les armes de siège vont bientôt atteindre la porte. On ne ferait pas mieux de descendre ? »
« Argh… »
Thoum-thoum-thoum-thoum-thoum !
Je vidai le reste des munitions de la Mitrailleuse lourde M2 en tir automatique.
Le canon était rouge vif. Il était déjà difficile d’espérer qu’il fonctionne normalement.
Le manuel recommandait de le remplacer après cent cinquante tirs consécutifs.
S’il avait tenu aussi longtemps, c’était uniquement grâce à l’Ultra-alliage.
Six cents cartouches, ça partait vraiment en un instant.
« Je n’ai plus de munitions non plus ! Repliez-vous de la ligne de défense ! »
« Repliez-vous vers la Citadelle intérieure ! »
Une fois que les Faucheurs les plus imposants auraient percé, nous ne pourrions plus tenir le mur.
J’utilisai Réversion pour absorber la mitrailleuse lourde, devenue inutile.
Tandis que je cherchais à toute vitesse un endroit où établir une seconde position défensive, plusieurs Faucheurs se lancèrent à notre poursuite.
Les Prêtres de la mort étaient déjà partis soutenir d’autres secteurs ou s’étaient repliés sur la deuxième ligne ; les combats s’étaient donc dispersés.
« Éliminez-les d’abord ! »
« Vous avez massacré nos frères ! »
Un Faucheur braqua une compétence sur moi.
J’activai la Transcendance en un instant.
[La compétence Œil de désassemblage a transcendé, la compétence Point d’effondrement a été activée.]
Le Point d’effondrement était une compétence imprégnée d’un trait tiré de l’âme d’un Faucheur.
Je logeai une balle de Canon à main dans le point faible ainsi exposé.
Pan !
Le Cristal d’âme se brisa net.
Avant même que j’aie pu recharger, ils se ruèrent sur nous.
Je rangeai le Canon à main et sortis le fusil à levier Marlin.
Pan ! Clac, pan !
L’équipe avait déjà pris des positions de tir stables et s’était muée en base de feu mobile centrée sur moi.
Malgré tout, leur charge était si féroce que nous n’avions pas le temps de recharger.
Pan !
Après avoir vidé le chargeur ridiculement petit du Marlin raccourci, je sortis le 2011 Nightfall Custom.
Même avec des Munitions améliorées, ce n’était que du neuf millimètres.
Sans savoir ce qui allait se passer, je tirai chaque balle dans le Point d’effondrement.
Pschitt ! Fchhh !
Ce son étrange, caractéristique de l’Enchantement Suppression du son.
Au début, le Faucheur ne broncha même pas, mais à mesure que les tirs s’accumulaient, il fut repoussé de plus en plus loin.
Comme je touchais toujours le même point, le Point d’effondrement ne cessait de s’agrandir.
Au moins, l’Enchantement en valait la peine.
Après avoir vidé le chargeur du Nightfall, je ressortis le Canon à main pour le recharger.
Un Faucheur robuste finit alors par franchir notre ligne de tir et abattit son bras en forme de faux.
Vlan !
La lame courbe du comte Kwatum trancha le bras net.
Le comte Kwatum avait sûrement prévu de rester à l’abri près de nous, de profiter de l’occasion, puis de repartir.
Pan !
Dès que j’eus fini de recharger, je brisai le Cristal d’âme et me remis à recharger.
« Repli ! »
Je lançai Écran de fumée et rechargeai toutes mes armes à feu.
« Aaaah ! »
« Les renforts de la Citadelle intérieure ne sont toujours pas là ? »
« Mais qu’est-ce que fout notre roi ?! »
Le bruit des combats avait déjà atteint les rues de la ville.
Et pourtant, la Citadelle intérieure ne s’était toujours pas ouverte.
Boum !
Les armes de siège des Faucheurs détruisirent complètement une partie du mur.
Les Faucheurs déferlèrent sur les décombres comme une marée.
Nous en avions éliminé un bon nombre, mais il en restait encore beaucoup trop.
« On passe au combat urbain ! »
C’était presque un soulagement.
Une fois les combats dans les rues, ils auraient plus de mal à s’occuper de retardataires comme nous.
Ils voulaient mettre la main sur la Technologie des poupées conservée par Holos, le Seigneur de Fer.
Ils ne perdraient pas de temps à traquer les traînards dans les environs.
« Par là ! Allons au clocher ! »
« … Ce n’est pas exactement le genre d’endroit où on mourrait si on se prenait un tir d’artillerie ? »
Quand Sang Hajun prit la parole d’un ton inquiet, Bellion, qui venait de revenir, lui répondit :
« C’est un bâtiment nain. Il ne s’écroulera pas facilement. »
« Mais le mur construit par les Nains vient de s’écrouler. »
« Il ne s’est pas écroulé ! Il est fatigué, alors il s’est couché pour se reposer un peu. »
« … »
Impossible de discuter avec lui.
Bellion aimait vraiment les siens.
« Orca, fais quelque chose ! »
Quand Yuki rabroua Orca, celle-ci finit par intervenir.
« Sérieusement, qu’est-ce que je suis censée faire en ville, en tant que Druide… »
Tout en maugréant, elle maîtrisa les plantes de la ville et créa tout un réseau de pièges et de murs.
Mais la deuxième ligne de défense ne tint pas longtemps.
« Repli ! »
En tant que chef d’équipe, il était temps que j’envisage sérieusement un repli général.
Bellion semblait le savoir lui aussi, à en juger par l’inquiétude qui perçait dans son regard.
Une foule de chasseurs s’était déjà rassemblée devant la porte menant à la Citadelle intérieure.
Les civils étaient naturellement très nombreux eux aussi.
« Ouvrez la porte, maintenant ! Sinon, on va la défoncer ! »
« La porte ne peut pas être ouverte ! Sur ordre du Seigneur de Fer, nous nous battrons jusqu’au bout ! »
Un Nain criait des absurdités du haut du mur.
L’instant d’après, ce Nain évolua en Nain volant.
Les autres soldats nains avaient poussé leur commandant dans le dos.
« Q-Quoi ? Aaaah ! »
Floc !
Hélas, toutes les évolutions ne réussissaient pas.
Quand le commandant se brisa la nuque, les autres Nains crièrent :
« Le commandant est à terre ! Ouvrez la porte, maintenant ! »
On aurait dit que même leurs familles n’avaient pas été autorisées à entrer dans la Citadelle intérieure.
Aucune chance qu’ils obéissent sans broncher.
Griiiic…
Ce ne fut qu’à cet instant que la porte commença lentement à s’ouvrir.
Mais elle était trop grande et trop lourde pour s’ouvrir ou se refermer en un instant.
En plus, les réfugiés se bousculaient pour entrer.
« Attendez, ne poussez pas ! »
« Tout le monde peut entrer, alors gardez votre calme ! »
Malgré tout, l’offensive des Faucheurs ne s’arrêta pas.
Ils avaient eux aussi subi de lourdes pertes, mais ne montraient aucun signe de retraite.
S’ils se retiraient maintenant, tous leurs sacrifices précédents n’auraient servi à rien.
Bellion regarda les réfugiés nains se pousser et se bousculer, le visage écœuré.
« Je te l’ai déjà dit. Les masses ne valent rien. »
Tout en maugréant, Bellion mit à profit le savoir-faire rapide et précis des Nains pour construire un obstacle provisoire.
« Même si tu les aides, ils te tourneront le dos dès qu’ils n’auront plus besoin de toi. »
Une femme tenait un bébé en pleurs dans ses bras.
Une personne âgée tremblait d’inquiétude à ses côtés.
Je ne pris pas la peine de les défendre.
Ces paroles venaient sûrement de ce que Bellion avait vécu lui-même…
Ce n’était pas quelque chose que je pouvais facilement changer.
À la place, je l’aidai.
Parfois, il n’était pas nécessaire d’apprendre ce qui était juste.
On le savait, instinctivement.
« Pourquoi les Nains d’ici servent-ils un seigneur pareil ? »
Même s’ils ne pouvaient pas remplacer le roi, ils auraient pu partir.
Bellion répondit tout en peaufinant la barricade de fortune.
« On s’habitue au malheur et à la douleur plus vite qu’on ne le croit. »
« … Vraiment ? Comment c’est possible ? »
« On s’ampute l’âme. Comme eux. »
Tandis que tout le monde se précipitait à l’intérieur, certains Nains restaient assis là, sans réaction.
Il y avait aussi le commandant des gardes, dont la tête avait été fracassée après l’échec de son évolution en Nain volant.
« Je ne veux pas faire ça. »
« Ce n’est pas non plus à la portée de n’importe qui. »
« L’ennemi arrive ! Ne vous arrêtez pas, entrez ! »
L’armée des Faucheurs continuait d’affluer sans avoir l’air de se fatiguer.
Je me versai une potion maison dans la bouche.
La dernière fois, les effets secondaires de la compétence Force du désespoir m’avaient laissé dans un état lamentable. J’avais donc préparé cette nouvelle potion.
J’y avais ajouté toutes sortes de fortifiants pour atténuer autant que possible les effets secondaires.
Dans la plupart des cas, mieux valait renforcer quelque chose pour éviter qu’il ne casse que de le réparer une fois brisé.
Je n’étais pas resté à me tourner les pouces à l’hôpital.
Le comte Kwatum prit la parole à côté de moi.
« Humain. Si tu as quelque chose de bon, fais-m’en goûter. »
« Potion d’amélioration de l’endurance et de l’agilité. Renifle-la. »
« Hum, hum… Ç-Ça prolonge les effets ? »
« Non. Je voulais juste te faire tousser. »
Mon équipe m’adressa silencieusement un pouce levé.
Dos aux civils, nous nous remîmes à tirer.
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