Chapitre 7
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Traducteur/éditeur : Mordor
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◈ Échapper à la Tour en difficulté Enfer ◈
Chapitre 7
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Au bout de l’escalier de pierre, j’aperçus la lueur d’une torche.
La Zone interétages.
Le seul endroit de la Tour qui ressemblait vraiment à une tour, avec son intérieur de pierre humide et lugubre.
À cet instant, pourtant, l’endroit ressemblait au paradis.
« Humain ! Te voilà de retour ? »
Même le sourire narquois du Goblin Merchant me fit plaisir à voir.
J’étalai mon butin sous la lumière de la torche.
Même si je n’avais pas eu le choix, j’avais tué quelqu’un.
J’aurais préféré que ce soit un salaud irrécupérable.
Cette personne avait un visage si ordinaire.
Je voyais encore très nettement son regard, tandis qu’elle me fixait.
Mais ceux qui restaient derrière devaient continuer à vivre.
Ignorant mes pensées, le gobelin gloussa.
« Tu en as abattu un. Humain, te voilà devenu un vrai Chasseur. »
Apparemment, être un vrai Chasseur, c’était être une belle ordure ou un meurtrier.
Je ramassai d’abord le fusil.
Parmi l’équipement du Chasseur mort, c’était ce qui avait l’air de meilleure qualité.
Un fusil de fabrication soviétique, qui tirait des balles de sept millimètres.
« Il a un silencieux. »
J’en fus sincèrement reconnaissant.
Il était aussi bien entretenu ; on aurait dit qu’il était prêt à servir.
À vrai dire, dans le jeu Évasion de la Tour, ce n’était qu’une arme au bon rapport qualité-prix…
Mais, maintenant que je le tenais pour de vrai, j’étais aux anges.
En revanche, le gilet pare-balles était dans un état lamentable.
Quand je le sortis, il était affreusement cabossé par les innombrables tirs qu’il avait encaissés.
Sa durabilité était déjà au plus bas.
Et il était un peu trop grand pour moi.
« Combien m’en donneriez-vous si je vendais ça avec l’uniforme ? »
« Je serai généreux. Trente-sept pièces d’or. »
La décote était dingue.
Je le vendis tout de même sans protester.
Si je le gardais, ce ne serait qu’un poids mort.
J’en profitai pour retirer aussi mes Vêtements pour le froid.
J’avais superposé plusieurs couches, alors je portais encore des vêtements ordinaires dessous.
Il fallait aussi que je fasse une lessive.
« Vous avez de la lessive, hein ? »
« Treize pièces d’or. Tu sais d’où vient l’eau, pas vrai ? »
Le gobelin allait vite s’enrichir en faisant des affaires ici.
« Et pour des vêtements ordinaires ? »
« J’ai largement ce qu’il faut en tailles pour hommes. Cinquante pièces d’or pour cet ensemble. »
En y regardant de plus près, mes vêtements étaient irrécupérables, même après un lavage. Je décidai donc d’en acheter de nouveaux.
J’avais transpiré dedans pendant une semaine. Rien d’étonnant.
Le Chasseur mort avait aussi quelques pièces d’or sur lui, mais…
Comme je m’y attendais, il n’avait presque pas de nourriture.
Peut-être n’avait-il pas osé errer seul au cinquième étage pour en chercher.
De toute façon, la nourriture se faisait rare au cinquième étage.
Après avoir vendu la majeure partie du butin, je jetai un dernier coup d’œil à la peau de troll.
Elle me rapporterait un peu d’argent, mais je n’avais rien d’urgent à acheter.
Il me restait encore de quoi manger pendant une semaine environ.
« … Quelles grenades avez-vous ? »
« Celles-ci coûtent cent cinquante pièces d’or chacune. Les fumigènes, cent. »
C’était à rendre fou.
Deux grenades coûtaient autant qu’un pistolet.
Mais il n’existait pas de meilleur consommable, alors je vidai mon portefeuille pour les acheter.
« Et les potions de récupération ? »
« Prix spécial : cinq cents pièces d’or. »
Mon cul, le prix spécial.
Je renonçai sans hésiter.
Les potions n’étaient pas de simples médicaments efficaces. Leurs effets miraculeux justifiaient leur prix exorbitant.
Un élixir qui guérissait instantanément n’importe quelle blessure externe.
Après avoir aussi acheté des munitions pour le pistolet, je réglai la visée du fusil.
Elle était ajustée pour le Chasseur mort ; je devais donc la modifier.
Une cible de tir se trouvait dans un coin de la Zone interétages.
Les balles sont précieuses… Pas le choix. Mais comment je règle la visée de ce truc ? Ah, il a un viseur à point rouge. Je peux m’en servir.
Pchou, pchou !
Je finis par régler la visée après avoir vidé un chargeur entier, aussi précieux fût-il.
J’en profitai pour vérifier le fonctionnement du fusil : il marchait parfaitement.
Alors que je reprenais enfin mon souffle, j’aperçus une grande bassine dans un coin.
Elle était assez grande pour qu’une personne puisse y entrer.
« Je peux m’en servir ? »
« La louer ? Trois pièces d’or. »
Heureusement, l’eau était gratuite.
Je remplis mes gourdes, puis versai de l’eau dans la bassine.
Ensuite, j’y plongeai le Cœur inextinguible et fis lentement chauffer l’eau.
« Oooh… »
Mon premier bain depuis une éternité.
Je me frottai pour faire partir la crasse et l’odeur.
Je me sentis enfin de nouveau humain.
Mon bras gauche allait parfaitement bien aussi.
J’ai déjà descendu deux étages.
Les deux étages les plus dangereux des sept que comptait la Tour étaient derrière moi.
J’avais obtenu deux compétences supérieures ; les choses devraient donc s’améliorer peu à peu à partir de maintenant…
Le problème, c’étaient les autres Chasseurs.
Plus je descendrais, plus ils seraient nombreux.
La plupart ne seraient probablement pas très doués.
N’importe qui pouvait entrer dans les étages supérieurs.
En ressortir vivant, voilà ce qui était difficile.
Mais ils sont assez forts pour me tuer.
Même avec des compétences supérieures, je ne pouvais ni arrêter les balles ni revenir d’entre les morts.
Est-ce que je peux vraiment m’échapper ?
Le cinquième étage était un complexe industriel abandonné, attenant à une gare.
Les monstres y étaient nombreux et les combats éclataient souvent.
J’étais vraiment content d’avoir mis la main sur une vraie arme.
Il y avait une Sortie directe, mais ça risquait d’être difficile.
Elle ne s’ouvrait qu’après avoir vaincu le boss…
Et les concurrents qui visaient une sortie directe ne manquaient pas.
En pillant correctement les usines du cinquième étage, on pouvait repartir avec une fortune.
Je devais donc encore emprunter une Sortie descendante.
Si j’évitais les usines, ça devrait être gérable.
Je n’avais rien de particulier à chercher au cinquième étage ; je devais donc descendre le plus vite possible.
Je ne pouvais pas franchir seul la Sortie directe du cinquième étage…
Et le quatrième étage dépendait entièrement de la chance, sans aucune garantie.
À mon avis, je ne pourrais m’échapper complètement qu’à partir du troisième ou du deuxième étage.
Mais je n’avais vraiment aucune envie de descendre au deuxième étage.
Cet endroit était un enfer, grouillant de tous les minables et de toutes les hyènes de la Tour.
« Ouf. »
Après ce bain revigorant, j’achetai encore quelques gourdes et les remplis d’eau.
Clic !
Je glissai le pistolet chargé dans son étui. J’étais prêt.
L’absence de sûreté me rendait toujours nerveux, mais c’était mieux que rien.
Le fusil, dans mes mains, m’était étranger, mais sa présence me rassurait.
« Combien de minutes me reste-t-il ? »
« Dix minutes, humain. »
« … À la prochaine. »
Je quittai la Zone interétages dix minutes avant la fin de mon séjour.
Flash !
Si j’atterrissais au bon endroit, je pourrais peut-être m’échapper aussitôt.
À la place, je fus accueilli par les bruits caractéristiques d’une usine.
Crîîîîîc…
Une usine abandonnée, sombre.
Les machines ne tournaient plus depuis longtemps, mais des golems gardiens traînaient des pièces cassées derrière eux en errant dans les environs.
C’étaient des monstres lents, mais robustes, qui ne mouraient que si l’on touchait précisément leurs points faibles.
Il fallait que je tombe ici ?
Je pensais pouvoir m’en sortir en évitant les usines, mais j’avais atterri à l’intérieur de l’une d’elles.
Au moins, je connaissais déjà ce genre d’endroit.
Puisque j’étais déjà sur place, je jetai un coup d’œil aux alentours pour voir s’il y avait quelque chose à récupérer…
Une épaisse trousse rectangulaire reposait sur une étagère en métal.
Je la pris, en espérant que ce n’était pas ce que je croyais.
C’était bien ça.
[Tenue thermique]
Le matériel utilisé au sixième étage.
En temps normal, la stratégie habituelle consistait à récupérer des Tenues thermiques ici avant de s’attaquer au sixième ou au septième étage.
Mais ça ne me servait absolument à rien.
Waouh… C’est pas un peu cruel, là ?
Atterrir dans le quartier des usines était déjà assez pénible ; il avait fallu que je tombe dans une usine de Tenues thermiques.
Il n’y avait rien à récupérer ici.
Je ferais mieux de partir tout de suite.
Je me concentrai et aiguisai mes sens.
L’intérieur de l’usine abandonnée était sombre et compliqué.
C’était l’endroit idéal pour exploiter pleinement mes deux compétences supérieures : Sens complets et Marche dans l’ombre.
Je ne connaissais pas du tout la configuration de l’usine, mais…
Au bout d’un moment, je commençai à repérer de nombreuses ressemblances avec Évasion de la Tour.
La reproduction de la carte du jeu était étonnamment fidèle.
Il y avait peut-être plus de données, mais c’était bien mieux qu’au septième étage.
Après être passé par une fenêtre brisée pour sortir, j’aperçus plusieurs bâtiments qui se ressemblaient.
C’était un secteur extrêmement dangereux, où les Chasseurs risquaient de s’en prendre les uns aux autres.
[Niveau de la compétence Sens complets passé à 2.]
Les compétences supérieures pouvaient elles aussi gagner des niveaux ?
Le fusil que je tenais me semblait affreusement peu maniable.
J’avais fait mon service militaire obligatoire, mais je n’étais pas particulièrement doué au tir.
Pour être honnête, je n’étais pas sûr de moi.
Je dois vite rejoindre la périphérie.
Des orques armés patrouillaient aux abords du quartier des usines.
De temps à autre, des coups de feu retentissaient au loin.
Pan, pan !
C’était bien le cinquième étage, où les affrontements éclataient sans cesse parce que le secteur était relativement exigu.
L’environnement poussait naturellement les gens à se battre, faute d’espace pour bouger.
C’était à vous donner envie de mourir.
Mais, comme la carte était sacrément petite, la Sortie descendante se trouvait tout près.
La voilà.
L’une des Sorties descendantes du cinquième étage : une entrée d’égout.
Mais je ne m’en approchai pas sans réfléchir.
Dans Évasion de la Tour, mourir après s’être dirigé tête baissée vers une sortie figurait parmi les causes de décès les plus fréquentes.
Sans surprise.
Je me cachai dans l’ombre et observai les alentours avec calme…
Des Chasseurs se dissimulaient partout.
Cinq Chasseurs encerclaient complètement la sortie.
Quiconque s’en approcherait sans précaution finirait criblé de balles.
Je devrais lancer une grenade fumigène ? Non. Ces salauds ont sûrement des grenades eux aussi.
Le mieux serait de renoncer à cette sortie.
Sans hésiter, je me dirigeai vers un autre secteur.
Mais les autres endroits grouillaient d’orques armés.
Il avait toujours été difficile d’y entrer, puisqu’ils se trouvaient en plein territoire des monstres.
M’y aventurer en comptant seulement sur Marche dans l’ombre était trop dangereux.
Ça prendrait plus de temps que prévu.
J’en tins compte et me mis à chercher un endroit où me cacher pour la nuit.
Dans Évasion de la Tour, je n’avais jamais songé à une telle chose…
À bien y réfléchir, cette carte ne comportait aucun véritable endroit où se cacher.
Dans le jeu, il n’y avait jamais eu la moindre raison de passer une journée entière sur une même carte.
La carte était trop petite et les trajets des Chasseurs trop limités. Ma seule option était de me planquer dans une pièce isolée d’un bâtiment.
Même comme ça, je risquais fort de me faire repérer.
Sortir la nuit posait toutefois un autre problème : les lunettes de vision nocturne.
Si les autres Chasseurs en portaient, Marche dans l’ombre risquait de ne servir à rien.
J’avais entendu dire que les lunettes de vision nocturne modernes étaient si perfectionnées que beaucoup intégraient même une imagerie thermique.
Comment je savais ça ?
Je m’étais renseigné.
Quand on réalisait des vidéos de stratégie, il fallait meubler avec quelques anecdotes au hasard pour remplir facilement le temps.
Je longeais le bord de la carte à la recherche d’une cachette…
Quand Sens complets lança soudain une alerte intense.
Hein ?
La sensation me picota la peau et je fis instinctivement un écart.
Je tournai brusquement la tête et aperçus un éclat étrange.
Le reflet d’une lunette de tireur d’élite à longue portée.
Je n’avais aucune expérience en la matière, mais je sus instinctivement ce que c’était.
L’éclat venait du haut d’un poste de garde.
Dans le jeu, les monstres tireurs d’élite étaient souvent postés là.
Je suis foutu !
Évasion de la Tour était connu pour son injustice et ses coups bas.
Parmi ses pires aspects, les monstres tireurs d’élite étaient particulièrement vicieux.
Dans la plupart des jeux, un tireur d’élite visait simplement le joueur et tirait.
Évasion de la Tour fonctionnait autrement.
Le tireur tentait d’abord d’abattre le joueur ; s’il n’avait pas de ligne de tir dégagée, il envoyait une patrouille à l’endroit où on l’avait vu pour la dernière fois.
Et il tirait, évidemment, avec une précision parfaite.
Une balle de gros calibre capable de transpercer un gilet pare-balles de haute qualité vous tuait d’un seul coup.
Ses réflexes étaient aussi écœurants de rapidité. Il suffisait de montrer la tête pour se la faire transpercer.
En plus, les abords du poste de garde étaient naturellement piégés, avec des pièges à fil et des pièges de fortune, ce qui rendait la récupération du butin difficile.
Comme ils causaient souvent la mort soudaine des joueurs, les connaisseurs éliminaient d’abord les tireurs d’élite.
C’est n’importe quoi. Je dois régler ça vite.
Je me réfugiai instinctivement dans un angle mort, mais…
Si je ne l’abattais pas tout de suite, une patrouille allait rappliquer en masse.
En pleine crise, ma compétence Sens complets donna le meilleur d’elle-même.
Fouuuush.
J’eus l’impression que mes sens s’étendaient depuis tout mon corps.
Même le bruit du vent devint net.
Mais ce poste de garde était trop loin.
Il se trouvait à au moins trois cents mètres.
Un seul coup de poignard suffirait à tuer ce truc.
Pourquoi fallait-il que je naisse dans un monde où le premier idiot venu avait un flingue ?
Alors que je râlais intérieurement, les informations que me transmettait Sens complets changèrent légèrement.
Rien d’inhabituel ne s’était produit autour de moi.
La perception, qui couvrait jusque-là une zone circulaire, commença peu à peu à s’étirer vers le poste de garde.
Hein ? Je peux maîtriser ça… ? Ça ne se limite pas à détecter ce qui m’entoure ?
Quand je me concentrai vraiment sur le fusil…
Mes sens s’étendirent au loin, à travers lui.
Je percevais nettement le vent devant le canon.
C’était bien plus clair que ce que je voyais de mes yeux.
Je pouvais aussi m’en servir pour tirer.
Ça pourrait marcher.
Une confiance sans le moindre fondement monta en moi.
De toute façon, je n’ai pas le temps.
Dès qu’une patrouille passerait près du poste de garde, le tireur donnerait ses ordres.
Et tout serait fini.
Je sortis la boîte de conserve que j’avais si bien utilisée la dernière fois.
Elle était déjà vide, mais ce n’était pas un problème.
Fouish !
Pan !
Au moment où je la lançai violemment depuis ma cachette, la balle du tireur traversa la boîte de part en part !
Comme prévu, un tir parfait.
Il avait dû croire que c’était le reflet de ma lunette.
Je pointai mon fusil pendant qu’il rechargeait.
Mes sens s’étendaient au-delà du canon.
Je ne percevais plus rien autour de moi.
À cet instant, il n’y avait plus que le fusil, le tireur et les trois cents mètres qui nous séparaient.
Mes pensées s’accéléraient, mais ma lunette se fixa avec précision sur sa tête.
J’avais oublié de respirer depuis longtemps.
Comme en transe, j’appuyai sur la détente.
Pchou !
Le bruit mat et étouffé, caractéristique d’un silencieux.
Je vis distinctement un petit trou s’ouvrir dans sa tête.
[Niveau de la compétence Sens complets passé à 3.]
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