Chapitre 32
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Traducteur/éditeur : Mordor
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◈ Échapper à la Tour en difficulté enfer ◈
Chapitre 32
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Avec les Sens complets activés…
Je percevais les émotions rien qu’au bruit des pas.
La personne qui avançait était une chasseuse.
Ses pas trahissaient de la prudence, de l’impatience et… de l’impatience joyeuse.
Elle semblait être seule, elle aussi.
De l’impatience joyeuse, au huitième étage ?
Elle avait perdu la tête ?
Peut-être se réjouissait-elle à l’idée de me tuer et de me prendre mes provisions.
Je pointai mon fusil et l’arrêtai.
« Halte ! »
La chasseuse qui débouchait du couloir ouvrit de grands yeux, surprise.
Moi aussi.
« Attends. Cette femme… »
Je la connaissais.
Yuki, la chasseuse japonaise que j’avais rencontrée au quatrième étage, lors de ma première évasion.
Elle avait été séparée de son équipe, mais elle m’avait écouté et avait réussi à s’en sortir sans encombre.
Qu’est-ce qu’elle foutait ici ?
Se retrouver coincée en plein quatrième étage avait déjà dû être assez horrible… et pourtant, elle était entrée dans un donjon une nouvelle fois.
Enfin, qui étais-je pour parler ?
« … Yuki ? »
« Te voilà ! Je savais que c’était la voix de mon Bienfaiteur. »
Le visage effrayé de Yuki s’éclaira aussitôt.
J’avais un peu de mal à tirer sur quelqu’un qui me souriait ainsi.
J’abaissai légèrement mon fusil.
En la regardant de plus près, elle avait bien davantage l’allure d’une chasseuse qu’avant.
« Qu’est-ce que tu fais ici ? »
« J’ai entendu dire que tu tentais de franchir le huitième étage, alors je t’ai suivi ! Il ne doit pas y avoir beaucoup de chasseurs ici, alors je me suis dit qu’on pourrait tomber dans la même Tour… »
« Quoi ? »
Elle était entrée au huitième étage juste pour me retrouver ?
… Pourquoi ?
Mais passons.
Elle s’attendait à ce qu’on entre dans la même Tour ?
C’était du pur vœu pieux.
Qu’aurait-elle fait si elle avait atterri dans une autre Tour ?
J’avais entendu dire que le Japon manquait cruellement de pièces d’or ces derniers temps.
L’Association japonaise des chasseurs l’avait-elle poussée à faire ça ?
Je n’aurais vraiment pas dû dire ça…
Mais il fallait que je le lui dise.
« T-tu pourrais mourir en faisant ça… »
« Ce n’est pas grave. J’ai pu te revoir, Bienfaiteur. »
Son équipement était aussi simple que le mien.
Des vêtements de combat résistants, un fusil à double canon raccourci et une sorte de machette dans la main gauche.
Son sac à dos était un Sac à dos de sous-espace.
À la voir, on aurait dit une chasseuse expérimentée, capable d’explorer le huitième étage.
« À bien y penser, Yuki était entrée la première au cinquième étage, non ? »
Elle avait dû recevoir une Compétence de base de rang A en s’échappant.
Elle aurait dû être traitée aux petits soins…
Et pourtant, elle était entrée seule au huitième étage juste pour me suivre.
Et comme j’avais annoncé à la dernière minute que je tenterais de franchir l’étage, elle n’avait probablement pas eu beaucoup de temps pour se préparer.
« … Qu’est-ce que tu comptais faire après m’avoir retrouvé ici ? »
« Te remercier, bien sûr. »
Elle s’inclina profondément.
« Tu devais être dans une situation difficile, toi aussi, à l’époque… Merci infiniment de m’avoir aidée. J’ai pu m’en sortir sans encombre grâce à toi. »
« … Mais entrer au huitième étage, qui est encore plus dangereux, après avoir réussi à t’échapper, ça va à l’encontre du but recherché, non ? »
« Qu’est-ce que tu racontes ? J’ai pu te revoir. »
Cette femme me prenait-elle pour une sorte d’expert en évasion hors pair ?
J’étais le premier chasseur de rang EX au monde. La plupart des gens devaient me voir ainsi.
Elle avait l’air de vouloir franchir le huitième étage tranquillement et sans risque avec moi.
Comme prévu.
« Tu es venu au huitième étage pour sauver un membre de ton équipe, c’est ça ? C’est incroyable. Laisse-moi t’aider, cette fois ! Je ferai tout ce que tu me diras… »
Mes sens détectèrent quelque chose d’étrange.
J’avais rencontré pas mal de chasseurs, depuis…
Mais ce que je ressentais chez Yuki était un peu différent.
Pourquoi ?
Même si ce malaise étrange me hérissait la peau, je réfléchis sérieusement à sa proposition.
À deux, on avait évidemment plus de chances qu’en restant seul.
Et puis, Yuki n’était pas une parfaite inconnue.
Je pouvais peut-être lui faire un peu confiance.
Surtout, je n’étais pas en grande forme.
J’avais maintenu les Sens complets activés trop longtemps et livré plusieurs combats. J’étais épuisé.
Si je tenais encore debout, c’était uniquement parce que le niveau de la compétence avait tellement augmenté.
Avant, je me serais écroulé depuis longtemps.
« … Allons d’abord ailleurs. »
« D’accord ! »
« Tu as trouvé un endroit sûr où t’installer ? Jusqu’où as-tu exploré ? »
« Ah, j’ai commencé dans cette zone résidentielle, là-bas. »
C’était là que je venais de régler son compte à l’Unité de garde.
C’était donc Yuki qui avait défoncé le râtelier d’armes.
« Ensuite, je suis partie par là, mais c’était une vieille réserve presque vide. Ah, mais il y a une sortie, par là. »
« Vraiment ? »
Yuki avait bien exploré, elle aussi.
Je la suivis et découvris un petit tunnel de pierre.
Ça ressemblait bel et bien à une sortie.
Nous avions ainsi assuré notre voie de repli.
Elle se trouvait un peu trop loin, à la périphérie, pour être pratique…
Mais nous pourrions fuir si les choses tournaient mal.
Yuki me regarda d’un air anxieux.
« Euh… j’ai bien fait ? »
« Oui. Ça nous a aidés. »
Elle ne se détendit qu’à ce moment-là.
Puisqu’elle m’avait donné des informations, je devais lui en donner aussi.
« Ce passage mène à une station d’épuration. On peut y trouver de l’eau. Il y a aussi un escalier à proximité qui conduit au neuvième étage. »
« Le neuvième étage ? Il y en avait un aussi ? »
Après un moment de réflexion, nous retournâmes dans la zone résidentielle.
Il n’y avait pas d’autre endroit où nous reposer convenablement.
La zone résidentielle était restée calme après que j’avais réglé son compte à l’Unité de garde.
« Yuki, monte la garde ici. Il y a des pièges, par là, alors fais attention à ne pas marcher dessus… »
« D’accord ! Et n’hésite pas à me donner des ordres. Après tout, c’est toi le chef d’équipe. »
Chef d’équipe et membre de l’équipe.
Ça m’allait.
Pendant que Yuki montait la garde, je démontai rapidement les pièges restants.
J’avais épuisé tous les pièges que j’avais fabriqués en réinstallant ceux de la zone résidentielle…
Mais il me restait les Pièges à cartouches.
J’en avais posé une dizaine, mais seuls trois s’étaient déclenchés.
L’un d’eux avait même raté son coup.
La pièce de métal censée frapper l’amorce avait été écrasée.
Je ne récupérai même pas ce piège-là : il n’était pas assez fiable.
« J’ai récupéré toutes les munitions restantes… »
Yuki montait la garde sans même me regarder.
Elle aurait dû être nerveuse ou curieuse de savoir ce que je faisais.
On aurait dit un chien de garde docile.
Je ne pouvais quand même pas baisser la garde.
Je ne pouvais plus utiliser mon ancienne cachette. Il m’en fallait donc une nouvelle.
Cette fois, je décidai de la camoufler près d’une bouche d’aération.
« Yuki, tu es déjà entrée dans cette bouche d’aération ? »
« Ah, elle débouche dans le couloir, là-bas. »
« Vraiment ? »
Ce n’était pas mal.
En cas d’urgence, nous pourrions évacuer par là.
J’organisai rapidement les meubles et le filet de camouflage.
Mes mains commençaient à trembler de fatigue.
« Je peux t’aider ? »
« J’ai presque fini, de toute façon. »
« Waouh, de l’extérieur, on ne voit vraiment rien. »
Une fois le camouflage terminé, je vérifiai les affaires de Yuki.
Elle m’expliqua fièrement :
« J’ai regardé la vidéo que tu as mise en ligne et j’ai préparé des choses similaires. »
J’avais autrefois réalisé une vidéo sur l’équipement à emporter pour explorer le huitième étage sans dépasser les dix kilos.
Ces informations étaient publiques, de toute façon. Inutile de les cacher.
Évidemment, ce que j’avais réellement emporté était un peu différent.
J’avais gardé secrètes les informations de l’Équipe Alpha sur les artéfacts.
Yuki avait emporté de la nourriture, de l’eau potable, des vêtements, diverses fournitures d’urgence et des armes simples.
Une idée me vint soudain et je lui demandai :
« Euh, ta compétence… »
« Ah. Ma compétence ? Je vais te montrer tout de suite. Hop ! »
Fwhoosh !
Quand Yuki activa sa compétence, quelque chose qui ressemblait exactement à une poupée à son effigie apparut.
Non, je n’étais même pas sûr que ce soit vraiment une poupée.
« Attends, qu’est-ce que c’est ? »
« Ma compétence s’appelle Technique de clonage. »
« Technique de clonage ? »
« Je peux le contrôler même à distance… et il peut aussi effectuer des tâches physiques. »
Il n’y avait qu’un seul clone, mais Yuki pouvait le déplacer à sa guise.
« Je vois aussi ce que le clone voit. »
« Waouh… tu peux aussi partager tes sens avec lui ? »
J’étais sincèrement impressionné.
Parmi toutes les compétences que j’avais vues jusque-là, c’était peut-être la meilleure.
En dehors des miennes, bien sûr.
Elle était incroyablement polyvalente.
Le clone pouvait explorer, se battre et faire diversion.
Il pouvait même tenir une arme.
Elle avait une bonne raison d’être entrée seule au huitième étage pour me retrouver.
« Ça ne te fatigue pas, de l’utiliser ? »
« Si je l’utilise trop, je subis un contrecoup, mais une fois invoqué, je peux le maintenir environ trois heures. À condition de ne pas lui faire faire quoi que ce soit, cela dit. »
C’était vraiment impressionnant, mais…
Je n’en pouvais plus.
Mon corps avait atteint ses limites.
Je décidai de manger vite et de dormir au moins un peu.
Alors que je commençais à préparer le repas, Yuki sortit une boîte de conserve.
« Ah, attends ! J’ai apporté ça… pour le jour où je te reverrais. Qu’en penses-tu ? »
« Hein ? C’est… »
Elle avait sorti une boîte de poisson.
La même que je lui avais refilée après avoir obtenu des pièces d’or au quatrième étage.
C’était tellement mauvais que je n’avais pas réussi à en manger.
« C’était vraiment délicieux. Je voulais tellement en remanger avec toi, Bienfaiteur. »
« … Vraiment ? »
On disait que la faim était le meilleur assaisonnement ; le poisson avait donc dû lui sembler bon à l’époque.
Mais si j’en mangeais maintenant, n’allait-elle pas comprendre que je lui avais refilé ce truc dégoûtant ?
Sans se soucier de ma réaction, elle sortit du matériel de cuisine de son sac à dos.
Il avait l’air petit et léger, conçu pour le camping.
À première vue, ça semblait cher.
« Ah, je peux faire un feu ? »
« … Prends ça. »
Elle fut ravie quand je lui prêtai le Cœur inextinguible.
« C’est tellement pratique. Tu l’as eu après avoir vaincu le Dresseur de molosses infernaux au septième étage, c’est ça ? Attends un peu. Je vais te préparer quelque chose de bon. C’est déjà délicieux comme ça, mais grillé… »
Grésille…
Elle ouvrit la boîte remplie de petits poissons et en versa le contenu dans la poêle.
La boîte contenait déjà de l’huile, inutile d’en ajouter.
Après les avoir fait griller un instant, elle me tendit la poêle entière.
« Tiens, sers-toi d’abord. »
« … Merci pour le repas. »
Je pris un morceau en me répétant de garder une expression neutre.
Si la faim était le meilleur assaisonnement, je devrais pouvoir apprécier le poisson, moi aussi.
Mais quand j’y goûtai…
C’était étonnamment bon.
Les poissons étaient petits, comme des harengs, légèrement salés et avec un petit goût de noisette.
Impossible qu’un simple passage à la poêle ait transformé ce poisson en boîte infect en un plat aussi bon…
La boîte que j’avais mangée était-elle défectueuse ?
« J’ai eu de la chance de ne pas faire une intoxication alimentaire. »
Je terminai le repas avec des crackers. C’était excellent.
Yuki avait l’air sincèrement soulagée.
« C’était bon. »
« Ah, ce n’était rien ! Je suis contente que ça t’ait plu. Je n’arrive pas à croire que je puisse être ici avec toi, Bienfaiteur… »
« … Pourquoi es-tu entrée dans la Tour, Yuki ? »
Elle semblait fébrile à chacun de mes mots.
Je devais connaître ses motivations avant de pouvoir me détendre, ne serait-ce qu’un peu.
Pour être honnête, tout ce que j’avais vu d’elle jusque-là me faisait penser qu’elle était complètement dingue.
« Ah, moi ? »
Yuki hésita un instant, puis répondit :
« En fait, j’y suis entrée parce qu’une amie m’avait recommandé ça. Je n’avais rien de spécial dans lequel j’excellais, ni rien que j’aie particulièrement envie de faire… mais j’ai entendu dire que les chasseurs gagnaient beaucoup d’argent. »
Des raisons financières.
La raison la plus courante pour laquelle les gens se lançaient dans la chasse.
N’importe qui pouvait entrer, après tout.
Bien sûr, ils regrettaient amèrement leur choix peu après.
« Tout le monde me complimentait pendant ma formation à l’Association des chasseurs, alors je pensais que tout irait bien… Mais quand les choses ont mal tourné au quatrième étage, ils m’ont abandonnée et se sont enfuis les premiers. C’est là que je t’ai rencontré. »
Elle s’était donc déjà séparée de son ancienne équipe.
Aucune chance que ces enfoirés s’en soient sortis sans encombre, de toute façon.
« Je me suis dit que je pourrais continuer à entrer dans la Tour si j’étais avec toi. »
Elle guettait ma réaction, puis ajouta d’un ton anxieux :
« Ah, désolée. C’était long et ennuyeux, hein ? J’ai envie de mourir… »
L’ambiance changea du tout au tout.
C’était un signe classique de dépression.
Je le savais pour avoir rencontré quelques personnes comme ça pendant mes streams.
Je compris enfin ce qui m’avait dérangé chez elle tout à l’heure.
Yuki n’était pas entrée dans la Tour pour obtenir quelque chose, comme les autres chasseurs.
Elle y était entrée pour mourir.
Sinon, elle ne serait pas entrée de son plein gré au huitième étage.
Cela dit, lorsqu’elle avait vraiment failli mourir, elle avait eu peur et s’était enfuie.
Je posai d’abord une règle en tant que chef d’équipe.
« Si tu veux faire partie de mon équipe, ne dis pas des choses comme “j’ai envie de mourir”. »
La stabilité émotionnelle, mon œil.
Je ne voulais simplement pas entendre ce genre de choses.
« Ah, compris. Tu es vraiment quelqu’un de bien, Bienfaiteur. Ah… au fait, j’ai laissé plein de commentaires sur tes vidéos… Tu les as vus ? »
Yuki changea de sujet, comme pour détendre l’atmosphère.
Je me figeai un instant.
« … Yuki, tu es l’utilisatrice qui s’appelle Yuki ? »
« Oui ! C’est bien moi, Yuki. »
Yuki bomba fièrement le torse en l’affirmant.
Un frisson me parcourut l’échine.
Je n’étais pas idiot. Quand j’avais vu le nom d’utilisateur Yuki, elle avait été la première personne à laquelle j’avais pensé…
Mais j’avais une raison de ne pas vouloir faire le lien.
Je laissai échapper un petit soupir, puis repris :
« Yuki, je vais te poser une dernière question. »
« Oui ! Autant que tu veux ! »
« À chaque fois que je mets une vidéo en ligne, tu cherches la bagarre avec les autres abonnés. Dès que Yuna apparaît dans un stream commun, tu l’insultes. Quand tu te fais bannir, tu crées un nouveau compte, tu truques le nombre de mentions “J’aime” et tu reviens. À chaque fois que je commence un stream, tu inondes les communautés de chasseurs nationales et étrangères de messages avec des programmes illégaux. Les dons, ça va, mais à chaque fois, tu utilises toute la limite de caractères pour écrire un message comme une lettre… »
« … »
La liste était vraiment longue, maintenant que je m’étais lancé.
Cette spectatrice malveillante avait fait beaucoup trop de choses.
Mais je n’avais pas fini.
« Tu as créé des sous-titres pour mes spectateurs en japonais et en anglais, mais tu n’as correctement traduit que mes passages, alors que tu as massacré la plupart de ceux de Yuna. Tu as harcelé les entreprises qui faisaient de la publicité avec Yuna pour qu’elles me prennent aussi comme égérie. Tu montes les meilleurs moments de mes streams mieux que moi, tu les publies en vidéos courtes, et tu ne cesses de poser des questions aux marchands gobelins sur les consommables que j’achète souvent, jusqu’à ce que l’information me parvienne. Tu es en train de me dire que c’est bien toi, cette Yuki ? »
Ça faisait déjà un bon moment que j’étais streamer…
Mais, dans toute l’histoire du streaming, il devait être difficile de trouver une spectatrice malveillante aussi singulièrement détestable que Yuki.
On aurait dit un fantôme du cyberespace sorti tout droit de l’enfer.
Après un long silence, Yuki prit la parole.
« … Maintenant que j’y pense, tu dois me confondre avec quelqu’un d’autre. »
« … C’est ça ? »
Ce n’était pas que les femmes ne m’intéressaient pas.
Mais cette femme était une bombe à retardement qui ruinerait ma vie à la moindre occasion.
Un explosif qu’il fallait toujours garder à bonne distance.
« Bon, je vais me reposer. Toi aussi, repose-toi, Yuki. »
« D’accord ! Merci de penser à moi. »
N’arrivant plus à lutter contre la fatigue qui m’accablait, je m’allongeai dans la bouche d’aération.
L’air y était très frais.
Je n’avais pas de sac de couchage, alors j’étalai des morceaux de tissu récupérés dans la zone résidentielle.
J’aurais voulu emporter la Peau de troll des neiges…
Mais cette satanée limite de poids m’en avait empêché.
Froufrou.
Je posai mon fusil à côté de ma tête.
Mais je cachai un pistolet et un poignard sous ma couverture.
Comme ça, je pourrais m’en servir à tout moment.
Je fermai les yeux et fis semblant de dormir. Yuki ne fit rien.
Elle se contenta de se reposer à proximité.
À bout de forces, je finis par m’endormir.
J’ignorais combien de temps j’avais dormi quand je me réveillai, parfaitement reposé.
« Ouf. »
Je me levai, m’étirai légèrement, puis mélangeai une capsule de purification à ma gourde et bus son contenu.
Pour le petit-déjeuner, je mangeai une ration de combat.
Elle était assez équilibrée sur le plan nutritionnel et bien nourrissante.
Yuki mangea à côté de moi, puis finit de se préparer.
« Où allons-nous maintenant, Bienfaiteur ? »
« Nous avons déjà sécurisé la périphérie du huitième étage, alors avançons plus loin. »
Yuki, apparue au départ dans la zone résidentielle, avait emporté de la nourriture par lots de dix kilos. Nous n’avions donc pas à nous en inquiéter pour un moment.
Nous pouvions aussi refaire le plein d’eau potable quand nous le voulions.
« D’abord, il nous faut trouver d’autres armes et des munitions. »
Le Goblin Merchant m’avait conseillé de chercher un Entrepôt de potions.
Le huitième étage semblait abriter plusieurs sortes d’entrepôts.
Un entrepôt d’armes devait donc exister aussi.
Si nous devions encore livrer un combat d’une ampleur similaire, je serais à court de munitions.
Je récupérai le butin sur les corps de l’Unité de garde, dans la zone résidentielle.
Une gemme lâchée par une Gargouille.
Et un pistolet lâché par la Poupée commandante.
Le pistolet était plutôt inhabituel.
« Un Mauser… non, un Luger ? »
Même pas un neuf millimètres, mais un Luger de sept virgule soixante-cinq millimètres.
On y trouvait vraiment de tout.
C’était une Tour ou une sorte de musée des armes à feu ?
Les munitions n’étaient pas compatibles avec mon pistolet…
Mais c’était quand même un artéfact, alors je le gardai pour le moment.
« Je passe devant. Avançons aussi discrètement que possible. »
« D’accord ! »
Elle répondait bien, au moins.
J’aurais aimé qu’elle soit aussi discrète dans les commentaires de ma chaîne.
En compagnie de Yuki, je me dirigeai vers la porte de pierre qui menait à la Zone centrale.
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